Cela s’est passé à la sortie du « Table Talk », un restaurant situé au cœur du quartier des expatriés à Kaboul. À peine son arme récupérée du casier de consigne et placée dans le holster, à peine le seuil du sas franchi, E. me touche les fesses. Je me retourne et l’embrasse à pleine bouche, tout en arrangeant mon voile de façon à ce qu’il couvre mes avant-bras dénudés. La rue somnole sous le soleil balsamique de l’après-midi. Soudain, un bruit strident de klaxon déchire l’air autour de nous. Nous avons été vus ! Serrés l’un contre l’autre. Le quartier entier entend un chauffeur de taxi hurler son approbation, tout en klaxonnant comme un forcené : « Yeah ! Good ! Good ! Good ! » D’un coup, viennent nous applaudir un vendeur ambulant de poissons rouges, un groupe de garçons à vélo, le gardien de la maison d’à-côté ainsi qu’une petite fille à moitié cachée sous un parapluie rose. Croyez-le ou pas, mais la révolution sexuelle à Kaboul débuta par cet incident, le 10 juin dernier.

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