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Ici Paris en concert le jeudi 5 décembre: Retour vers le futur

Avant, le rock était l’expression des conflits de génération. Mais ça c’était avant. La preuve avec le retour en fanfare du groupe rock Ici Paris, réorganisé autour d’une partie du noyau fondateur, complété d’une brochette de petits jeunes dont la chanteuse Azadée Alvina qui prend ainsi la suite… de sa mère.

Ici Paris se constitue en 1979, fondé comme il se doit sur les débris du punk. La mode est alors au psychobilly et, pour les chanteuses, à un certain retour au son des «girl groups» du début des années 60. Blondie ou B52’s en proposaient une version new-wave. En France, les Calamités ou Lio s’appuyaient sur des sonorités qui, illustrées par des textes dans la langue de Johnny, évoquaient les «yéyés».

En fait, Ici Paris fait penser à une version «frenchie» et donc un peu plus glamour des Rezillos : énergie punk et look sixties sur fond de références au cinéma de série B, aux extra-terrestres, aux fêtes foraines. «Stupide petit garçon» sonne comme un hit potentiel.

«Allo le monde… Ici Paris», premier album du groupe, sort en 1982 sous les vivas de la critique. Mais, malgré des passages télé remarqués et une tournée nationale en première partie des Ramones, le succès n’est pas au rendez vous. Didier Wampas, devenu une sorte de vieux sage du rock d’ici, explique avec humour et non sans raisons que le public rock n’a, il le regrette, jamais adhéré au côté pop et joyeux d’Ici Paris, préférant la «dark side» : Noir Désir, Bérurier Noir, Mano Negra…

Marie Alcaraz, la chanteuse, abandonne. Elle est remplacée par l’actrice Anicée Alvina, une fan. La pétillante Anicée est connue des érotomanes intellos pour ses rôles dans les films de Robbe-Grillet (Glissements progressifs du plaisir, Le jeu avec le feu) et du grand public pour la série Les 400 coups de Virginie. On peut s’attendre à ce que sa notoriété regonfle les voiles d’un groupe à la dérive. D’autant que le line-up est totalement refondu, avec en particulier l’arrivée à la guitare du «Baron» (Oli de la Celle, notre Mick Ronson à nous). Un single sort, Maman je n’veux plus aller à l’école, accompagné d’un clip vidéo et d’une bonne promotion.

Mais, faute du soutien du public hardcore et de concessions musicales suffisantes à un show-business alors adepte de la pop synthétique kitch (Rose Laurens, Desireless) Ici Paris doit jeter l’éponge.

En 2004, Anicée Alvina relance ses anciens partenaires et on parle d’une reformation d’Ici Paris. Malheureusement, Anicée est atteinte d’un cancer et meurt avant que le projet ne puisse se réaliser. Il a pourtant fini par arriver à terme, avec la mise au point de la formule actuelle. Celle-ci ne décevra pas les anciens fans car elle se situe musicalement dans la totale continuité des précédentes. On en comprend que mieux le rôle essentiel joué par Hervé «Shere Khan» Flament, guitariste et principal compositeur depuis les débuts. Le look délirant n’est plus, mais les textes légers et des compositions carrées aux mélodies entêtantes (Princesse, Choisir son camp), toujours là. Azadée tire largement son épingle du jeu et s’approprie avec charme et talent les classiques du groupe comme La Fusée de ton retour.

Rendez-vous sur scène, donc, ce jeudi au Bus Palladium.


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