photo : Hannah Assouline

Gil Mihaely : On n’a pas besoin de sondages pour sentir qu’il y a en France pas mal de déçus du sarkozysme. Admettez-vous que le quinquennat n’a pas tenu les promesses de la campagne ? Vous arrive-t-il de penser vous-même que vous attendiez trop de Nicolas Sarkozy ?

Henri Guaino : Est-ce que vous vous êtes rendu compte qu’il s’était passé quelques petites choses depuis l’élection présidentielle, comme par exemple une crise économique mondiale sans précédent depuis les années 1930 ? Qui a fait autant dans le monde entier que le Nicolas Sarkozy pour éviter que cette crise tourne au désastre ? Qui aurait pu faire mieux ?

Elisabeth Lévy : En somme, ce qui n’a pas marché, c’est la faute à la crise ? N’est-ce pas un peu court ?

H.G : Vous savez, la politique, ce n’est pas seulement appliquer un programme, c’est aussi affronter l’imprévu et l’homme d’Etat est autant celui qui tient ses promesses que celui qui sait vaincre ses préjugés quand la gravité d’une situation qu’il n’avait pas anticipée l’exige. La crise financière a été certes l’aboutissement logique d’un système financier qui marchait sur la tête mais personne ne pouvait prévoir quand et comment elle allait se produire. Reste qu’en juin 2006, dans son discours d’Agen, Nicolas Sarkozy candidat s’attaquait déjà aux dérives du capitalisme financier. La crise n’a pas disqualifié le projet sur lequel il s’est fait élire, au contraire, il a apporté la preuve qu’une économie de spéculation et de rente était une impasse et qu’il fallait absolument réhabiliter le travail et l’esprit d’entreprise.

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