Élu par surprise à la tête de l’UMP, Monsieur Copé ne voit pas pourquoi le résultat des urnes devrait être remis en question. « Il y a des règles », nous apprend le vainqueur avec un légalisme qui fait plaisir à voir.

Et qu’en pense le perdant ? Que le gagnant a triché. « Je veux bien respecter le résultat des urnes, rétorque le Chevalier à la Triste Figure, encore faudrait-il qu’il soit honnête ». Certes, certes. Tout ceci est fort bien dit et fort bien raisonné, mais une anomalie demeure : c’est parce que chacun entend respecter la règle que la partie dégénère en pugilat.

Anomalie plus instructive encore, le gagnant est supendu au bon vouloir du perdant. « Ma seule responsabilité, nous apprend Monsieur Copé, c’est de sauvergarder l’unité de l’UMP ». D’accord, mais si le parti éclate ? Le gagnant n’aura-t-il pas tout perdu ?

Le perdant peut donc faire perdre le gagnant, de même que, dans la dialectique hégélienne, le Maître dépend de la reconnaissance de l’Esclave pour s’imposer. Tout ça n’est pas très drôle pour le Maître, et l’on serait presque tenté de le plaindre, si nous n’avions la certitude qu’il sera content à la fin. En politique, l’Esclave se cherche un Maître. Que les militants se rassurent, il finit toujours par le trouver.

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