L’euthanasie est à la mode, serpent de mer qui émerge sans crier gare, tout ce qui n’est plus rentable est destiné à disparaître. Il en est de même pour l’industrie finalement, quoi qu’en disent les experts appointés: les chômeurs prennent les devants, ils choisissent l’euthanasie douloureuse, la moins chère, un bidon d’essence. À Florange, l’agonie se prolonge, à Hayange, là où les hauts fourneaux achèvent de se délabrer, il est question ces jours-ci de fermer les vannes des cowpers du P3. Sans entrer dans les détails des histoires de chaufferie (sur le site mecilor.fr, vous trouverez d’utiles et jolies illustrations concernant le fonctionnement d’un haut-fourneau), le cowper – tour de chauffe qui porte le même nom qu’un merveilleux écrivain britannique – permet grâce au gaz de haut fourneau de chauffer le vent qui va ceinturer celui-ci. La poésie de la fonte passe par des vents et des gueulards. Les installations du P3, à l’arrêt depuis belle lurette, malgré la maintenance, sont dans un état de délabrement avancé.
Ici, le vent glacial des décideurs souffle tous azimuts, véhiculant ses nuages de bêtise, de cynisme et d’incompétence crasse. Et à Hayange, là où les hauts fourneaux de Patural achèvent de mourir, les vents chauds des cowpers ne soufflent plus. Ici, pas de délicatesses palliatives, pas d’euthanasie cool : le fourneau meurt de froid.

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