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Droitisation: les leçons de la victoire de Giorgia Meloni

Meloni gagne les élections générales italiennes, et cela ne botte pas tout le monde

Droitisation: les leçons de la victoire de Giorgia Meloni
Giorgia Meloni devant les supporters de son parti, Rome, 25 septembre 2022 © Gregorio Borgia/AP/SIPA

Avec à sa tête le parti Fratelli d’Italia (26% des voix), l’alliance des droites obtient 44% des suffrages et une majorité confortable aux élections générales italiennes du dimanche 25 septembre.


Les victoires successives des droites conservatrices et nationales affolent des médias qui veulent y voir un retour « post-fasciste » comme est désormais qualifiée Giorgia Meloni, future présidente du conseil italien.

Il faudrait déjà s’entendre sur les termes. Soit Giorgia Meloni est fasciste, et l’on peut bien parler d’un retour et s’en indigner. Soit il s’agit d’autre chose (post-fascisme ? néofascisme ?), et dans ce cas il convient peut-être d’attendre de voir ce que Madame Meloni et la coalition de droite mettront réellement en place comme politique en Italie avant de pousser de grands cris.

Le temps de la « petite politique » terminé ?

Que se passe-t-il ? Rien que de très évident. L’exaspération a gagné toute cette majorité de la population européenne qui ne se reconnaît pas dans ses dirigeants européistes soumis aux exigences de commissions qui n’ont pas reçu l’assentiment d’un peuple théoriquement souverain. La révolte contre une immigration incontrôlée devient majoritaire. Le grand remplacement, sous quelque nom qu’on lui donne, devient une réalité visible. La peur de l’islam conquérant s’empare de populations jusqu’ici apparemment résignées. Le temps semble venu pour une révolte d’ampleur contre des bureaucraties et des technocraties indifférentes au sort des plus pauvres pour qui elles ne voient comme projet qu’une assistance qui se réduit en peau de chagrin et une surveillance généralisée.

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En France, la gauche de Jaurès et de Léon Blum avait représenté cette révolte et porté haut le drapeau des luttes sociales. Mais aujourd’hui que se passe-t-il en Italie, en Suède, et également en France malgré les apparences d’une victoire macroniste arrachée du bout des lèvres ? Pourquoi la gauche continue-t-elle de s’enfoncer dans les limbes de l’oubli, rejoignant ainsi un Parti communiste exsangue et dépassé ? Pourquoi la gauche se fait-elle avaler par l’islamo-gauchisme, alors qu’en même temps la droite pour ne pas se faire dévorer toute crue par le Rassemblement national et Eric Zemmour s’est faite avaler et digérer par le boa LREM ?

Les sociétés européennes, les unes après les autres se droitisent et la réalité semble rejoindre leur vision de la société. L’heure n’est plus à l’utopie d’un monde réconcilié dans lequel les pauvres cessent d’être pauvres grâce au combat pour une société égalitaire d’une élite de révolutionnaires ou de démocrates sociaux. La réalité est au rapport de forces, au choc des empires et des civilisations, à des interventions militaires, à la prévalence de la sécurité sur la liberté. Comme l’écrivait Nietzsche, rappelé par Pierre-André Taguieff sans sa dernière interview remarquable au Figaro, en 1886 dans Par-delà bien et mal : « Le temps de la petite politique est terminé: le siècle prochain déjà apportera la lutte pour la domination de la terre – l’obligation d’une grande politique ». Le danger vient d’autres puissances qui ne sont pas toujours étatiques et l’heure est aux décisions fermes et brutales, parce que la grande masse populaire ne supporte plus sa fragilité, l’amincissement progressif de sa peau sociale.

La fin d’un monde

L’heure et venue aussi du dévoilement des mensonges et de l’abaissement des masques : la révolution bolivarienne, les Palestiniens et leurs dirigeants milliardaires, les Chinois communistes capitalistes, les indépendances autrefois glorieuses d’une Afrique devenue quémandeuse en proie à la corruption.

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Le monde rêvé de la gauche s’écroule partout pour laisser la place à la dureté des rapports de force. En France l’intifada des banlieues dévoile une réalité sombre, celle des trafics, des délinquances et de l’islamisation, bien loin de l’image rêvée d’une chance pour la France. Les peuples demandent du châtiment et non de la bienveillance. L’espoir ne se mesure plus à l’utopie mais au degré de protection et de sécurité. Et c’est la dure réalité qui l’exige.

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“Partout en Europe, les forces conservatrices font des avancées considérables”

L’analyse de Philippe Bilger, au micro de Sud Radio:


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Essayiste et fondateur d'une approche et d'une école de psychologie politique clinique, " la Thérapie sociale", exercée en France et dans de nombreux pays en prévention ou en réconciliation de violences individuelles et collectives.

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