Lu dans le Figaro, « le débat sur l’interprétation des causes du djihadisme en France fait rage entre ceux qui y voient une révolte générationnelle et nihiliste et les tenants de la thèse culturaliste, qui font de l’islam la racine du mal. » C’est dans ces termes que le débat se livre entre spécialistes de l’Islam, de Gilles Kepel à Olivier Roy. Entre radicalisation de l’islam ordinaire et islamisation de la radicalité juvénile.

Voilà un exemple typique d’une fausse alternative qui enferme le débat dans une opposition binaire. Quel est le premier, de l’œuf et de la poule ?

En cette occurrence, comme en d’autres, il ne sert à rien de se demander si c’est l’offre qui crée la demande, ou bien si c’est l’inverse, puisque les deux sont islamistes.

Parmi les conditions qui rendent possible le recrutement du djihadisme en France parmi certains jeunes, il y a évidemment la tentation plus ou moins présente dans toute jeune génération, de se rebeller avant d’avoir trouvé une cause qui vaille qu’on s’engage à mort pour elle. À preuve Rebelle sans cause, le titre original du film de Nicholas Ray La fureur de vivre. À preuve Nuit debout.

Mais cette disponibilité générationnelle procède à chaque fois  de causes spécifiques qui sont propres à chaque génération.

Si l’on tient à chercher quelle est la cause première sur le plan chronologique de l’engagement de jeunes de France dans le djihadisme, on peut considérer que la principale cause première est la non-intégration de jeunes dont l’Islam est l’identité, leur refus islamique de s’adapter à la société moderne et à ses valeurs. Leur islamisme identitaire semble être la cause première de leur inadaptation psychologique et sociale et de leur mal-être dans notre société. Et le djihadisme l’issue adaptée à leur mal-être…

C’est pourquoi l’islamisme est, à mon sens, la cause identique de « la révolte générationnelle et nihiliste » et de l’issue djihadiste offerte à cette révolte.

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est professeur agrégé de philosophie.