Voici donc Brad Pitt sélectionné aux Oscars dans la catégorie « Meilleur second rôle masculin ».

Comme Manohla Dargis, je déplore que ce soit pour la bouse technicolor de Tarentino qu’il le soit, et non pour l’excellent Ad astra.

Mais comme l’explique fort bien l’excellente critique du New York Times, sa prestation dans le film de James Gray, tout en intériorité, est si supérieure à son indolence musclée dans celui de Tarentino que des Américains n’ont pu l’apprécier.

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Mais le point fort de son article est la malédiction — qu’elle épingle avec humour — qui accable Brad Pitt sur cette simple évidence : il est beau, il n’est donc pas un vrai acteur, puisqu’il se contente d’être. Une tautologie mortifère qui exclut du champ de la performance tous les acteurs ou actrices qui ont un physique avantageux — à moins qu’ils n’y renoncent. Daniel Day-Lewis, beau gosse s’il en est, fut récompensé lorsqu’il se déguisa en peintre irlandais tétraplégique (My left foot) ou se défigura avec une barbe lincolnienne. Charlize Théron — quelle splendeur — fut oscarisée lorqu’elle consentit à prendre 25 kilos et à s’injecter du collagène pour se défigurer, dans Monster.

Cette inflation pondérale est apparemment une condition sine qua non pour aspirer à la récompense suprême. De Niro a réussi le coup avec Raging Bull, tout comme Gary Oldman avec les Heures sombres. À moins que l’on ne récompense, à chaque fois, le diététicien qui leur a fait reprendre la ligne ?

Leonardo Di Caprio, si mignon dans Romeo + Juliette, a vite compris qu’il avait intérêt à épaissir et à prendre un faciès de brute burinée s’il voulait un jour brandir la ridicule statuette (ce qui fut fait pour le Loup de Wall Street et pour le Revenant, pour Titanic, il n’a même pas été nominé)…

Et l’on apprend au fil de l’article que Robert Redford n’a reçu qu’une nomination à…

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Jean-Paul Brighelli
anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.
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