Jean-Claude Brisseau est un des plus grands cinéastes français vivants. Il était donc normal que la Cinémathèque française organise une rétrospective en son honneur. Elle a été déprogrammée.

En cause, le comportement pour le moins scandaleux de Jean-Claude Brisseau en 2005. Cette année-là, il avait été condamné pour agression sexuelle. Le cinéaste avait eu une attitude peu décente à l’égard de deux jeunes actrices qui espéraient un rôle dans un de ses films.

La queue entre les jambes

Douze ans ont passé et Jean-Claude Brisseau reste toujours marqué au fer rouge. Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité hommes-femmes, avait vu dans la rétrospective une forme d’ « apologie du viol ». Des féministes avaient manifesté devant la Cinémathèque avec des pancartes « Stop au viol ».

Le patron de la Cinémathèque a aussitôt baissé la tête. Avec d’autant plus d’empressement que le malheureux avait eu l’affreuse idée de programmer peu de temps auparavant une rétrospective Polanski. Marlène Schiappa et les féministes s’étaient étranglées de fureur. L’affaire Polanski remonte à plus de quarante ans ! Le record de Brisseau, douze ans seulement, est largement battu.

Les nourritures terrestres

Ainsi nos modernes furies ont inventé une machine à remonter le temps. Et on ne voit pas pourquoi elles s’arrêteraient en si bon chemin. Pourquoi accepteraient-elles que les livres de Gide figurent toujours dans la Pléiade ? Comme harceleur, l’écrivain se posait un peu là : il allait faire son marché aux jeunes garçons à Tanger. Pour rester dans la même mouvance sexuelle, comment pourraient-elles supporter que Jean Cocteau soit encore à l’honneur avec ses poèmes, ses textes et ses films ?

Il est de notoriété publique qu’avec Jean Marais, un de ses nombreux amants, il écumait les cabarets pédérastiques (on disait comme ça à l’époque !) de Paris dans le but de s’achalander en chair fraîche, jeune et masculine.

Balance ton Piaf

Des femmes aussi ont excellé dans le harcèlement sexuel et devraient en bonne logique être clouées au pilori en place publique. Edith Piaf, auréolée de sa gloire, collectionnait les amants, bien moins âgés qu’elle et vigoureux. De jeunes chanteurs débutants à qui elle faisait miroiter de belles carrières pour les mettre dans son lit. En somme, le même genre de comportement qu’Harvey Weinstein avec les actrices.

Plus près de nous, et toujours vivante, Catherine Millet ramassait à la pelle tout ce qui portait pantalon. Elle ne s’en est pas caché dans ses livres. Auteur connue et reconnue, elle n’avait aucun mal à faire sa cueillette. Quand on regarde le succès du #balancetonporc, quand on regarde les procès à retardement faits à Polanski et à Brisseau, on se dit qu’un #balancetacochonne ne serait pas de trop.

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