Cécile Duflot est un ministre exemplaire. Vêtue d’un simple jean, elle emprunte les transports en commun pour gagner son lieu de travail ; elle visite les pauvres et les mal-logés ; elle apprend, me dit-on, les invocations et les formules très secrètes qui chassent le feu. Elle est aux anges, elle sourit béatement, elle a reçu la Visitation républicaine. On se souvient qu’elle avait réclamé, comme un dû, un ministère, d’abord pour elle-même et, accessoirement, pour ses compères. Elle l’obtint, bien sûr, puisqu’il est dit que, désormais, les chlorophylliens groupusculaires arbitreront les élégances jusqu’au plus haut sommet de l’État…

La secrétaire nationale d’Europe-Ecologie-Les-Verts ne quitte plus son bureau, on la soupçonne même d’y faire bouillir les navets bio dont elle se nourrit, et de confondre ainsi sa cuisine et sa « tambouille » électorale. Quand un vert est, sinon dans le fruit, du moins dans un ministère, que fait-il ? Eh bien, il invite tous les Verts à poursuivre leurs interminables débats, à comparer les mérites du macramé et du point de croix, du poncho en laine des Andes et de la doudoune en fibre équitable ! Pour un peu, Cécile tiendrait volontiers une réunion du bureau exécutif d’EELV sous les ors de son ministère ! C’est ce qu’avait cru comprendre Daniel Cohn-Bendit, et ce dont il s’offusquait, à juste titre, le 24 mai dernier, au micro de France info : « […] je trouve ça invraisemblable ! Il faut qu’EELV apprenne le b.a-ba de la démocratie : il y a les partis, et il y a un gouvernement ! ». Aussitôt, David Cormand, secrétaire national aux élections, faisait connaître que ladite réunion avait eu lieu « comme tous les vendredis, […] au siège parisien du mouvement écologiste. ».

DCB a-t-il voulu nuire à son « amie » Cécile ? Pas seulement ! Une autre verte, Marie Bové[1. Le Monde.fr, le 25/05/2012], nous apprend en effet que Mme Duflot, le 18 mai, aurait souhaité que la prochaine réunion du bureau exécutif, le 25, se tînt… au ministère dont elle a le maroquin ! Il y eut des protestations, notamment de la part de Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, de Jérôme Gleizes et de Marie Bové elle-même : « Cécile Duflot a rétorqué qu’elle était libre de convoquer qui elle souhaitait au ministère. ». Les déclarations de Daniel Cohn-Bendit, la peur du scandale, les prochaines élections législatives, eurent finalement raison de l’arrogance de Mme Duflot, et tout ce petit monde se retrouva au siège du parti.

Quelque chose me dit que nous entendrons encore parler des exploits de la dame qui joue avec ses téléphones « comme d’autres jouent avec leur sex-toy dans leur bain »[2. C’est la chute impertinente que Bruno Testa donne à son article dans L’Union, signalé d’ailleurs par Villaterne dans un autre fil, et qu’on lira, avec grand plaisir ici.]

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