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Caramels, bonbons, smics et chocolats

Quel est le point commun entre un magasin de chaussures, un laboratoire dentaire, une imprimerie, une entreprise de graphisme et une boutique de parfumerie ? Allez, un effort… C’est tout de même moins compliqué que la rencontre de la machine à coudre et du parapluie sur la table de dissection chère à Lautréamont.

Vous ne trouvez pas ? Eh bien, c’est tout simplement que dans ces secteurs, le plus petit salaire servant de base aux grilles salariales est inférieur au SMIC. L’air de rien, cela concerne tout de même 1 600 000 salariés. Mais comment cela est-il possible dans un pays comme le nôtre ? Avec ses travailleurs surprotégés par un code du travail kafkaïen et ses syndicats archaïques ? Et avec une gauche revenue au pouvoir qui s’apprête comme chacun peut le voir à ruiner le pays en préparant une transition active vers le socialisme réel ?

Eh bien de façon assez simple : pour respecter l’obligation légale du salaire minimum dont on sait que la récente et somptuaire augmentation, hors inflation, va tourner aux alentours de 6 euros et des bannettes par mois pour un temps plein, les patrons des branches mentionnées ci-dessus maquillent comme un carré d’as ces rémunérations inférieures en ajoutant aux minima des grilles d’autres éléments comme les primes de fins d’année ou les avantages en nature.

Conséquence annexe, c’est que les salaires plus élevés, grâce à l’obsolescence de ces grilles sectorielles, restent indexés sur les minima et se retrouvent eux aussi bridés. Les champions toutes catégories de ces manips sont les confiseurs qui gagnent haut la main avec une revalorisation du smic à 6764…francs, c’est à dire antérieure au passage à l’euro.

Et après, on va dire qu’il y en a qui se sucrent…


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Jérôme Leroy est écrivain et membre de la rédaction de Causeur. Dernier roman publié: Vivonne (La Table Ronde, 2021)

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