L’événement aura été un rien occulté par la conf’ de presse présidentielle et les interminables explications de texte qui l’ont accompagnée, mais sa cruelle réalité demeure : pour la troisième fois en quelques semaines, le gouvernement a été mis en minorité au Sénat sur un texte hautement stratégique. En effet, après l’inénarrable loi Energie de Delphine Batho et la loi de programmation budgétaire, c’est le budget de la Sécu qui vient d’être retoqué par la Haute Assemblée.

Certes, aucun de ces textes n’est définitivement enterré pour autant, puisque c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot en cas de désaccord persistant entre les deux chambres. N’empêche, ça fait désordre, surtout quand on se souvient des discours triomphalistes qui avaient salué, il y à peine un an, la victoire « historique » de la gauche au Sénat.

Le scénario de cette nouvelle défaite socialiste est le même que celui des deux épisodes précédents : après le dépôt de nombreux amendements communistes, tous systématiquement rejetés par la « majorité » PS-EELV , les sénateurs PCF ont voté avec la droite et le centre plutôt que de laisser passer un texte qui d’après Eliane Assassi, la présidente du groupe communiste, prouve que « la gauche gouvernementale s’installe dans des choix de rigueur et non pas de justice sociale.»

On attend avec impatience la réaction forcément indignée d’Harlem Désir expliquant que c’est très très mal de voter avec la droite…

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