Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a tenu à New York des propos qui ont été injustement moqués. Devant un parterre de banquiers, d’économistes et de financiers, il a déclaré : « Macron c’est Jupiter, et moi je suis Hermès, son messager ». Des méchants se sont alors étonnés qu’un normalien, agrégé de lettres, confonde la mythologie grecque et la mythologie romaine.

En effet, Hermès est le messager de Zeus. Rendons donc à Jupiter ce qui revient à Jupiter : son messager, c’est Mercure ! On cherche quand même une bien mauvaise querelle à Bruno Le Maire. Les commentateurs aigris auraient mieux fait de s’intéresser à la très chic filiation du ministre.

Hermès est en effet le fils de Zeus (baptisé Jupiter par Bruno Le Maire). Le président de la République l’a donc fait avec une certaine, et très certainement charmante, Maïa. Hermès (Bruno Le Maire) est très doué. C’est lui qui a inventé le feu. Il est aussi très séduisant : la belle Aphrodite est tombée dans ses bras et ils ont engendré Hermaphrodite, une créature singulière et redevenue très à la mode de nos jours. On l’appelle assez platement Transgenre…

Un dieu qui sait parler aux hommes… qui ont de l’argent

De tous ses fils, Hermès est l’un des préférés de Jupiter. Et des fils, il en a à la pelle ! Car Jupiter descend régulièrement de son Olympe pour sauter sur tout ce qui bouge, sur tout ce qui est en marche. Son épouse Junon, qui est également sa sœur – c’était vraiment le bordel dans la demeure des dieux ! – ne lui en tient pas rigueur. Elle sait qu’il est comme ça, son Jupiter…

C’est pour ça qu’elle n’a pas bronché quand Jupiter a honoré ce bâtard d’Hermès (Mercure) en faisant de lui son messager et son ministre de l’Economie et des Finances. La pauvre Brigitte (oh pardon !) en a vu d’autres. Mais maintenant il nous faut redescendre sur Terre. Bien qu’on s’y amuse nettement moins que sur l’Olympe.

Benoit Hamon, qui était en verve, et qui a de la hargne à revendre, a, parlant devant ses partisans réjouis, habillé le malheureux Bruno Le Maire pour l’hiver. « Hermès est aussi le dieu des marchands et des voleurs » a-t-il rappelé fort à propos. Nous, on a mieux. Compte tenu de ce qu’il a dit à Wall Street, Hermès est aussi le dieu des flagorneurs !