Rémunérer les grévistes? C’est en tout cas la décision fracassante prise par la mairie de Saint-Denis, dirigée par l’Insoumis Bally Bagayoko, pour les agents municipaux ayant participé à la mobilisation du 29 septembre. La ville a même affrété deux cars pour permettre à 300 salariés de rejoindre le cortège parisien ! L’opposition dénonce une mesure «tout simplement illégale», tandis que le préfet de Seine-Saint-Denis menace de saisir le tribunal administratif et que la présidente de Région Valérie Pécresse veut faire payer à l’édile les dégâts occasionnés par les graves débordements de lycéens dans la ville.
M. Bagayoko prix Nobel d’économie 2027 ? La question se pose, en effet. Le maire de Saint-Denis (93), figure montante et tonitruante de La France Insoumise, ne vient-il pas d’inventer une réforme salariale qui, non seulement, devrait changer du tout au tout la vie si pénible de nos travailleurs en général et de nos fonctionnaires en particulier, mais aussi contribuer dans une estimable mesure à l’amélioration du niveau de vie des classes (plus ou moins) laborieuses, problème sur lequel tous les économistes patentés se cassent le nez depuis des lustres.
Valeur travail
De quoi est-il question ? Tout simplement de rémunérer les grévistes, de payer leurs jours d’arrêt de travail. Je crois pouvoir dire que personne n’avait eu avant M. Bagayoko cette splendide idée. Rendez-vous compte : la valeur grève enfin mise sur le même plan que la valeur travail ! Voilà qui est proprement révolutionnaire. Et qui effectivement change tout. Le montant de la retraite, en particulier. Le gars partira désormais à la retraite avec tant de trimestres travaillés, très opportunément augmentés de tant de trimestres bullés. L’aubaine absolue. Quelle avancée ! Le fonctionnaire surmené pourra ainsi, tout au long de sa carrière, agrémenter ses éreintants semestres de grève en s’offrant de-ci de-là le vif plaisir de déposer sur le bureau de son chef un préavis de travail. Histoire de se changer les idées. La seule difficulté sera de parvenir à joindre ledit chef, lui-même étant enlisé dans la douce galère de la grève jusqu’aux sourcils.
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Du même coup – et c’est bien là que M. Bagayoko mérite amplement de se voir couronné du prix Nobel d’économie – le cancer qui gangrène nos sociétés depuis si longtemps se trouverait éradiqué à jamais. Je veux parler bien évidemment du chômage, qui n’aurait plus lieu d’être puisque la grève rémunérée viendrait avantageusement s’y substituer, avec primes de fin d’année et d’ancienneté, intéressement aux non-résultats, des semaines entières de grèves façon congés payés, et tout ce qu’on peut imaginer…
Une révolution dans les têtes
Les syndicats eux-mêmes devraient faire leur révolution, inscrire le droit au travail dans leurs revendications, juste pour avoir du slogan à se mettre sous la dent les jours de manifs et rompre avec l’inhumaine, la scandaleuse non-exploitation de l’homme par l’homme, de l’ouvrier par le patron, du fonctionnaire par le système. Sans parler de l’obligation qui leur serait faite de militer pour mettre en place partout dans le pays, dans ses entreprises, une médecine de la grève sur le mode de celle du travail, car il va sans dire que le burn-out consécutif aux cadences infernales constatées au long de trimestres entiers à ne rien foutre causerait des dégâts psychologiques considérables dans la population concernée. Il faudra donc aussi installer dans les gouvernements LFI à venir, ces gouvernements que la France entière attend dans l’enthousiasme, un ministère dédié. Un ministère de la grève rémunérée. Hélas, mauvaise nouvelle pour M. Bagayoko. Il devra renoncer à occuper ce poste des plus enviables, celui de l’emploi-fantôme lui étant d’ores et déjà acquis pour raison de compétence avérée de longue durée dans ce domaine.
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| Blocus sauvage des lycées 83 policiers et gendarmes blessés 625 interpellations, hier mercredi. Il serait grand temps que cette violence cesse. Grand temps aussi que les politicards Lfistes qui prennent un malin plaisir à attiser le feu se ressaisissent et, faisant pour une fois preuve de maturité et de responsabilité, appellent au calme. Que cherchent-ils en vérité ? Le drame ? La bavure gravissime et l’explosion générale qui s’ensuivrait, une guerre civile qui ne dirait pas son nom, le chaos sur lequel ils auraient beau jeu de se jucher pour prendre le pouvoir ? On n’est pas passé loin d’un tel drame : ce mercredi, un lycéen de Tours a été hospitalisé. L’IGPN est saisie du fait d’un possible tir de LBD. Pendant ce temps, M. Macron exige que le RN clarifie sa position relativement aux accusations portées par le média militant Mediapart à l’encontre du président de ce parti… On aimerait qu’il exige avec autant de fermeté des clarifications de M. Mélenchon et de ses troupes sur cette stratégie du chaos qu’ils ne cessent de promouvoir • DL |
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