« J’ai songé à faire un peu de ménage. J’en avais marre que des potes me demandent « Comment ça va le djihadiste ? » Et puis je voulais commencer cette semaine par un acte particulier, personnel… » Faire un peu de ménage ? D’un signe faussement embarrassé de la main, un léger sourire aux lèvres, Jérémy montre la broussaille qui lui sert de barbe et qu’il est venu faire tailler ce lundi matin d’après les attentats. Hors de question pour ce jeune producteur dans l’audiovisuel de changer ses habitudes : il a pris place chez son barbier dont le salon fait face au restaurant Casa Nostra où, vendredi 13 novembre la terrasse a été arrosée à la Kalach. Et où, depuis, fleurs et bougies ont poussé à la place.

Casa Nostra. « Notre maison ». Leur maison. Car si c’est bien la France dans son entièreté, ses valeurs et l’ensemble de ses citoyens, qui a été attaquée, c’est ce secteur de Paris qui a été particulièrement visé. Cet Est parisien où ont élu domicile les membres de cette jeunesse « progressiste » qui travaillent dans la com, les médias, le monde universitaire, la culture et les arts. Cette classe moyenne supérieure éduquée qui se veut ouverte et tolérante, qui vote traditionnellement à gauche, et qui sait (et peut aussi) profiter des douceurs de Paris.

*Photo : © Adrien Morlent.

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Gérald Andrieu
Journaliste indépendant, Gérald Andrieu a été rédacteur en chef à Marianne. Il est l'auteur du Peuple de la frontière: 2000 km de marche à la rencontre des Français qui n'attendaient pas Macron (2017) et coauteur de Bienvenue dans le pire des mondes. Le triomphe du ...
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