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Astrophobie, ça suffit !

On est souvent très dur avec Elizabeth Teissier. La plupart du temps, on l’invite et on se moque de ses prédictions. On est aussi tombé à bras raccourcis sur le doctorat en sociologie qu’elle a obtenu à la Sorbonne sous la direction de Michel Maffesoli.

J’affirme ici que ce traitement de faveur est complètement injuste. Lorsqu’elle fut invitée chez Ruquier, elle fut la vedette négative de la soirée sur twitter. Je m’étais alors permis de faire remarquer aux persifleurs : « parmi ceux qui se moquent d’Elizabeth Teissier, lesquels n’écoutent pas Roland Cayrol en riant ? »

Cayrol ! Diplômé de droit et même titulaire d’un troisième cycle de sciences politiques, invité régulier de Calvi à C’est dans l’air et de Hondelatte à On refait le monde, longtemps à la tête d’un institut de sondages, on le considère comme un docteur en opinion publique alors qu’il n’est pas plus doué que notre astrologue en matière de prédictions politiques. Celui qui pontifiait il y a six mois sur le désir de finale DSK-Sarkozy et qui se moquait méchamment de ceux qui croyaient en Hollande, à commencer par le principal intéressé, continue imperturbablement de donner des leçons devant un Calvi énamouré, un Barbier admiratif, un Reynié complice.

Chez Hondelatte, son cahier des charges est différent puisqu’il y est invité en tant que polémiste. Mais il n’oublie pas de se parer de son statut de politologue averti quand on lui demande de donner son avis sur telle ou telle personnalité politique. Ainsi, hier soir, comme le raconte excellemment ma camarade blogueuse Coralie Delaume, on lui demandait de donner son avis si précieux sur trois candidats déclarés à l’élection présidentielle. Du haut de son expertise de cartomancienne ratée, il a donc affirmé que l’un relevait du folklore, et injurié un second en le traitant de « nain politique ». Evidemment, Roland Cayrol ne prononcerait jamais ses mots devant les personnes concernées. Le courage n’est pas non plus sa qualité première. Car, enfin, si on considère quelqu’un comme un nain, à quoi bon lui taper dessus, sinon par lâcheté ? Du reste, lorsqu’il polémique avec une plus grande gueule que lui, le fauve intraitable d’hier soir se transforme très vite en petit chaton inoffensif.

On comprendra, dans ces conditions, que la sociologue Teissier vaut bien le politologue Cayrol. Et pourtant, voyez-vous, je ne crois pas à l’astrologie.


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