Les institutions culturelles redoublent d’imagination pour attirer le public.


Sale temps pour les esthètes. Les institutions culturelles, en quête de « nouveaux publics », bafouent l’art au nom d’une massification inepte. Les colossales Tulipes de Jeff Koons, sculpture haute de 10 mètres et pesant 30 tonnes (sans compter le poids de la fatuité kitsch de l’artiste) seront inaugurées début octobre près du Petit Palais, à Paris. Le bouquet multicolore de fleurs stylisées promet de contribuer au lent et continu processus d’enlaidissement de la capitale par l’art, au sujet duquel il faudrait aussi mentionner l’inauguration récente d’un gros cœur rotatif et scintillant perché sur un mât porte de Clignancourt.

De plus en plus, les directeurs de musée se voient comme des directeurs de centres de loisirs chargés d’« ambiancer » les visiteurs. Chaque établissement se doit d’avoir un événement décalé dans sa programmation annuelle, impliquant un DJ ou une compagnie de théâtre de rue. Les autorités encouragent massivement une telle mascarade. Ce sera encore le cas en octobre avec la Nuit blanche, marquée cette année par une « course nocturne » dans les musées parisiens. « Plus de 10 000 personnes vont pou

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Octobre 2019 - Causeur #72

Article extrait du Magazine Causeur

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