On nous annonce pour cette fin d’année une « actualité » (comme on dit en français moderne) de Louis Aragon, avec la publication dans la Pléiade du tome V et dernier de ses oeuvres romanesques (sous la direction érudite de Daniel Bougnoux) à côté des deux volumes de l’oeuvre poétique. Un des plus multiples et omniprésents écrivains du siècle dernier dispose donc désormais de son monument achevé.
C’est en y songeant que je me suis avisé d’une coïncidence tout à fait involontaire (de ma part en tout cas) : le titre que nous avons choisi pour la présente chronique est celui d’un ensemble de poèmes publiés (clandestinement) durant l’Occupation par cet écrivain qui a tant compté pour moi, ces poèmes dont il était si fier (Dites-moi par hasard qui sut plus haut chanter / À l’heure noire du silence, s’exclamait-il quelques années plus tard).
M’est alors revenue à l’esprit une question à moi posée il y a plusieurs années par un ami à propos de cette production illustre (Les Yeux d’Elsa, Le Musée Grévin…) : « Mais au fond, à part à la gloire personnelle de l’auteur, à quoi cela a-t-il servi ? »

*Photo : Bernardo Le Challoux.

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