Chaque année, en France, 2000 personnes meurent des « cancers de l’amiante ». Ils ne font pas la « une » des médias. Ils ne sont pas reçus à l’Élysée. Leur photo n’est pas placardée dans nos villes. Ce sont des ouvriers ou des retraités de l’industrie, des gens simples dont le seul crime est d’avoir travaillé de longues années et sans protection au contact d’un matériau éminemment toxique, pour des employeurs non pas inconscients mais cyniques.
Notre société se targue d’avoir redonné aux victimes la dignité et le statut qu’elles méritent – au point qu’on a pu dénoncer, et à raison, les ravages de la victimisation et les excès de l’idéologie victimaire. Pourquoi, alors, aujourd’hui, tant d’indifférence pour les malades et pour les morts de l’amiante, qui sont les victimes d’une catastrophe industrielle majeure, d’une ampleur jusque-là inédite dans l’histoire de notre pays ? Est-ce parce qu’ils sont pauvres ? Parce qu’ils sont vieux ? Parce que leur tragédie n’est pas aussi spectaculaire qu’un coup de grisou ou une explosion chimique ?

Oui, l’amiante tue.

Cet article est issu de Causeur magazine n ° 41.

Pour acheter ce numéro, cliquez ici.
Pour s’abonner à Causeur, cliquez ici.


Lire la suite