L’agence américaine a maintenu vendredi la note française à Aa3, assortie d’une perspective négative. Le gouvernement s’en félicite, mais les marchés continuent de demander à la France une rémunération élevée pour lui prêter de l’argent.
Le couperet n’est pas tombé. Moody’s a décidé de conserver la note souveraine de la France à Aa3, soit la quatrième meilleure évaluation de son échelle. La perspective reste cependant négative. Le gouvernement a accueilli la décision comme un signe de résistance de l’économie française, mais le soulagement doit être relativisé : Fitch et S&P ont déjà abaissé leur appréciation de la dette française.
Le signal le plus concret vient désormais du marché obligataire. Le taux français à dix ans a franchi 5 % ces derniers jours et l’écart avec l’Allemagne s’est nettement creusé. BFM Business s’est ainsi demandé si les marchés commençaient à « s’attaquer » à la France. L’expression est spectaculaire : il s’agit surtout d’investisseurs qui demandent une rémunération supérieure lorsqu’ils estiment que le risque augmente.
Note de la France : Moody’s fait un pari sur les prochains mois
Le maintien de la note suppose que la France parvienne à adopter un budget crédible, à réduire progressivement son déficit et à retrouver davantage de stabilité politique. Moody’s ne dit donc pas que le problème français est réglé. L’agence considère qu’il peut encore être contenu.
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Pour les ménages, la notation ne modifie pas directement le taux d’un crédit immobilier du jour au lendemain. Mais un État qui se finance durablement plus cher finit par peser sur les conditions de financement du reste de l’économie. La décision de Moody’s évite une mauvaise nouvelle supplémentaire ; elle ne ramène ni les taux ni le déficit à leur niveau antérieur.
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