Dans une ville où la projection en plein air du film Barbie avait déjà été rendue très compliquée l’été dernier après des menaces de jeunes, on apprend par ailleurs que la jolie élue « décoloniale » Wiam Berhouma n’était pas favorable à une exposition sur les victimes de l’excision! Connue pour ses positions pro-palestiniennes ou opposées à la laïcité, Mme Berhouma a en effet appelé à replacer cette pratique dans un cadre plus large, ce qui est évidemment un premier pas vers la relativisation.
Elle se nomme Wiam Berhouma. Sur les tribunes et les plateaux de télévision où on la reçoit volontiers, elle se présente comme une simple enseignante (prof d’anglais) sans étiquette. Sauf que, plus engagée qu’elle, tu meurs. Elle est partie prenante dans à peu près tout ce qui vise à la destruction de notre modèle de civilisation, à la ruine des principes et des règles républicains qui sont censés régir notre fameux « vivre-ensemble » et s’imposer à tout un chacun.
On la retrouve dans la Marche des femmes pour la dignité, organisée par un collectif décolonial dénonçant un prétendu racisme d’État. Elle est proche, si ce n’est plus, du Parti des Indigènes de la République. Elle est un membre très actif de la commission antiraciste du syndicat Sud Éducation 93. C’est dans ce cadre que, en 2017, elle a acquis une certaine notoriété. Lors d’un stage dit de formation, elle avait organisé des ateliers racisés – autrement dit, interdits aux Blancs. Rigolo tout de même de la part d’une militante antiraciste qui, en 2023, cosigne un manuel destiné aux enseignants : Entrer en pédagogie antiraciste.

Pro-abaya, pro-hijabeuses, relativisation du 7-Octobre: la panoplie islamo-gauchiste complète
Auparavant, en 2020, elle est élue aux municipales de Noisy-le-Sec sur la liste du communiste Olivier Sarrabeyrouse et se voit promue « adjointe à la culture et au devoir de mémoires », fonction dans laquelle elle s’illustre en organisant notamment des balades décolonisées dans les rues de la ville… Au pluriel, « mémoires », bien que la mémoire de la Shoah, par exemple, ne semble pas figurer à son programme. En effet, le jour même du 7 octobre, sans prendre ne serait-ce qu’une once de recul, elle refuse de qualifier de terroriste le massacre, le carnage perpétré par le Hamas, préférant évoquer l’action d’une « résistance armée ». Légitime donc, tant par le projet que par la méthode, bien qu’aient été décimés indistinctement hommes, femmes, vieillards, enfants, femmes enceintes et que quelque deux cent cinquante personnes aient été prises en otage.
A lire aussi, Elisabeth Lévy: Sans chemise, sans pantalon
Tout de même, dame Berhouma a fait l’objet d’une procédure disciplinaire de sa hiérarchie scolaire pour s’être opposée à la circulaire anti-abaya et avoir fait intervenir dans sa classe d’anciennes élèves voilées pour, soi-disant, parler d’orientation.
En tant qu’élue et adjointe, elle s’oppose également aux lois de 2004 et 2011 interdisant dans la pratique sportive les signes religieux et la dissimulation du visage. Ainsi, elle exhorte la municipalité à « n’appliquer aucune forme de discrimination au sein de l’organisation de ses pratiques sportives municipales. » Le conseil municipal la suit et vote la motion, malgré le groupe PS.
Boucherie
Cependant, là où Wiam Berhouma donne toute sa mesure, c’est bien lorsqu’est abordée la pratique de l’excision, pratique barbare qui, rappelons-le, consiste en un acte de boucherie visant à mutiler les fillettes en leur éradiquant le clitoris de manière à ce que, de toute leur vie, elles ne puissent connaître le plaisir sexuel. Monstruosité qui est, bien évidemment, la manifestation d’un patriarcat remontant à l’âge de pierre – et encore, il n’est pas certain que dans ces temps si reculés on ait atteint un tel degré de perversité.
A lire aussi, Alexandra Lemasson: La Shoah à domicile
Il se trouve que la chirurgienne Sarah Abramowicz, femme d’un courage en tout point admirable, a mis sur pied une exposition itinérante intitulée « Réparer les vivantes », afin à la fois de lutter contre cette pratique monstrueuse et de montrer les éventuelles possibilités de réparation des dégâts qu’elle engendre.
Répétons que l’initiative si pertinente et si courageuse de Sarah Abramowicz mérite admiration, respect et encouragements ; mais cela ne doit pas nous empêcher d’exprimer la stupéfaction et la peine qui sont les nôtres de constater que, chez nous, en France, en 2026, on en soit arrivé à un tel stade d’obscurantisme, de régression, qu’il faille prendre de telles initiatives et souhaiter leur développement. Que l’excision soit devenue chez nous un sujet d’actualité, une préoccupation sociale, devrait suffire à nous révolter devant ce qu’une immigration incontrôlée peut générer de nuisances et d’atteintes à ce que nous autres, civilisation franco-occidentale, avons réussi à faire, au prix d’une fort longue histoire, du beau concept de « dignité humaine ».
Bref, l’exposition « Réparer les vivantes » est tout naturellement proposée à la municipalité de Noisy-le-Sec. La municipalité fait la sourde oreille. La toute-puissante grande prêtresse en obscurantismes divers et variés, Wiam Berhouma, s’y oppose. Le maire Sarrabeyrouse, communiste, rappelons-le, se fait carpette, lui qui d’ailleurs la soutient en permanence. (Elle sera réélue sur sa liste en 2026 et reconduite dans ses fonctions à la culture…) Lui, un communiste donc, cacique de ce parti qui se glorifiait d’avoir reconnu dès le début de son existence que la femme était – en fait et en droit – un homme comme les autres, ce que Lénine mit en pratique lorsque, dès les débuts de la Révolution, en 1917, il a octroyé le droit de vote aux femmes. Eh bien, un siècle plus tard, voilà ce qu’est devenu son parti, chez nous en France. De quoi se retourner dans sa tombe, je suppose…
A lire aussi, Didier Desrimais: Houria Bouteldja, maurassienne ? Peut-être. Raciste et antisémite ? C’est sûr
Enfin, devant l’insistance d’autres élus, il a bien fallu finir par accepter la venue de l’exposition. Défaite pour la va-t-en-guerre Berhouma qui, cependant, va saisir l’occasion pour pousser au-delà de l’imaginable ce que le dogmatisme idéologique et la sottise conjugués peuvent produire.
Une nouvelle fois, elle y va de sa mise en garde façon antiraciste. Puisqu’on doit se soumettre, elle déclare avec force qu’il convient alors de « veiller à ne pas contribuer à la stigmatisation d’une partie de la population et réinscrire la pratique de l’excision dans les pratiques de mutilations sexuelles beaucoup plus larges comme l’épisiotomie. »
Profonde stupidité, car l’épisiotomie ne peut être assimilée en aucune façon à une mutilation puisqu’il s’agit, tout au contraire, du geste médical de restauration post-accouchement dont certaines femmes ont besoin.
Redisons-le une fois encore : qu’aujourd’hui en France, en 2026, on puisse à la fois véhiculer de tels fonds de bêtise, de fanatisme idéologique et se retrouver en charge de la culture d’une ville située à un jet de pierre de notre capitale en dit hélas très long sur ce qu’est en train de devenir notre pays…
Source du billet: « La gauche décoloniale à l’assaut du 93 », Ugo Portier, Marianne, 2 juillet 2026.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !





