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Quand le football imite le désordre du monde

Le billet foot de Philippe Bilger


Quand le football imite le désordre du monde
L'Allemagne a été éliminée par le Paraguay, hier à Boston, après l'épreuve des tirs au buts. La Paraguay a décrété un jour férié ce mardi © Dovgan/UK Sports Pics/SIPA

La France, favorite de la compétition, affrontera la Suède, à New York, ce soir à 23H heure française. Attention: match à élimination directe !


Il n’y a plus de « petits » ni de « grands », d’équipes dominatrices ou dominées, de résultats acquis, de certitudes évidentes, de parfaite lisibilité ni de clarté rassurante.

Il y a, au contraire, une totale imprévisibilité, rassurante ou traumatisante, c’est selon. Est-ce la glorieuse incertitude du sport ou l’effacement de tous les repères ?

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La Coupe du monde est confrontée aux mêmes aléas que le monde et la géopolitique, avec chaque jour ce qui n’est même plus une surprise, tant l’inattendu est devenu la règle…

Les Pays-Bas sont éliminés, l’Allemagne aussi. Dans son groupe, le Cap-Vert s’est qualifié pour les seizièmes de finale. L’Angleterre, brillante contre la Croatie, s’est éteinte par la suite. On ne peut plus regarder personne de haut : il n’y a plus de réputations établies. N’importe qui se croit désormais autorisé à damer le pion à ceux que l’on croyait intouchables. C’est une véritable révolution sur les terrains.

Ne pas trop prendre la confiance

Avec, en surplomb, une superbe équipe dont l’attaque peut être éblouissante, qui a ses défauts, qui ne joue pas forcément toujours bien et se voit parfois sauvée par telle ou telle pépite, mais qui, de l’avis de tous ses adversaires, reste au-dessus du lot : la France. Elle se positionne — sur un mode plus équilibré — à l’image de Donald Trump et de l’Amérique. Elle plane sur le monde du football comme le président américain qui, de manière parfois erratique, pour le pire comme pour le meilleur, prétend imposer sa loi à l’univers.

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À entendre tout le monde, la France a déjà gagné. Cette certitude ressassée cache peut-être un piège tactique : l’endormir, lui donner trop confiance en elle, lui faire croire que la Coupe est déjà dans sa poche. Avec Didier Deschamps à sa tête, il y a peu de risques qu’elle se laisse prendre à ce jeu… La France, je l’espère, battra la Suède ce soir, ce 30 juin. Si un malheur sportif survenait, ce ne serait que la continuation d’une Coupe, d’un monde, qui refusent de se laisser apprivoiser… Quel signe, aussi, de savoir que, pour une fois, si nous l’emportons, nous n’aurons pas l’Allemagne sur notre chemin. On aurait tellement aimé la battre !

L'Heure des crocs - De CNews et du délit d'opinion

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Magistrat honoraire, président de l'Institut de la parole, chroniqueur à CNews et à Sud Radio.

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