Cette critique de la malbouffe sortait il y a tout juste cinquante ans…

Ce pourrait n’être qu’une aimable pochade culinaire. D’autant plus que la réalisation est inexistante ou presque et la photographie carrément moche. Mais voilà, L’Aile ou la Cuisse de Claude Zidi a été tourné il y a tout juste cinquante ans et n’a rien perdu de son mordant contre la malbouffe.
Le personnage « vertueux » qu’incarne le toujours génial Louis de Funès, fondateur du Guide Duchemin (suivez mon regard), s’oppose à celui joué à la perfection par le formidable Julien Guiomar, salaud partisan de la nourriture industrielle à outrance. On oublie le jeu inexistant de Coluche, des fautes de… goût (un bordeaux rouge est vanté avec le vocabulaire réservé aux blancs liquoreux, par exemple). Mais les scènes d’inspection de restaurants ou d’usines sont hilarantes et le discours général du film aussi réjouissant qu’en avance sur son temps.
Et sur grand écran, tout cela prend plus d’importance encore : c’est le lieu naturel pour une telle dégustation.



