Eric Zemmour contre Hapsatou Sy, Eugénie Bastié, ONG pro-migrants, Professeur Choron : notre numéro d’octobre est sorti.


Zemmour contre Sy. Eric vs. Hapsatou. Le duel a éclaté le 12 septembre sur le plateau de Thierry Ardisson. A la jeune chroniqueuse qui l’accusait d’être une « insulte à la France » par ses prises de position droitières, le journaliste du Figaro a répondu tout aussi vertement : « C’est votre prénom qui est insulte à la France ! » La polémique sur les prénoms était née. Depuis, Hapsatou Sy se répand sur les réseaux sociaux pour dire son traumatisme et a lancé une pétition (signée par 200 000 démocrates !) exigeant le bannissement médiatique de Zemmour. Notre société, qui ne supporte plus quoi que ce soit qui choque ou qui blesse, s’accommode fort bien de cette censure.

Accusé Zemmour, taisez-vous!

Avec sa maestria habituelle, Elisabeth Lévy résume la situation : « Une fois encore, les chiens sont lâchés contre Zemmour. Et une fois encore, ils exigent en chœur qu’on le fasse taire. Cette fois, ils le tiennent. Ils ont les preuves, et surtout la victime, qui commente abondamment son calvaire, que dis-je, sa tragédie, comme si elle avait été violée ou frappée. On espère qu’une fois encore, ils continueront à aboyer et que la caravane passera. Mais on finit par craindre vraiment pour sa liberté de parole. Donc pour la nôtre. » Du reste, à l’ère de l’égalité des sexes, il devient difficile de s’écharper, voire d’échanger des noms d’oiseaux, sans que la jeune femme mise en cause ne crie au sexisme, au racisme et au préjudice. Prenant un peu de champ, Cyril Bennasar interroge notre rapport au multiculturalisme qui vient. En reprochant à sa contradictrice son prénom exotique, Zemmour ne fait en effet que pousser sa nostalgie assimilationniste au bout de sa logique. Les réactions outrées qu’il a suscitées révèlent une fâcheuse acclimatation à la société multiculturelle.

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En attendant, les libraires (du moins, ceux assez pluralistes pour oser concurrencer Amazon en vendant des essais réactionnaires) se frottent les mains : le dernier opus de Zemmour, Destin français, trône en tête des ventes ! Pour l’historien de formation Gil Mihaely, Zemmour y livre sa version du roman national, une légende dorée frôlant parfois la mythologie. Mais n’avons-nous pas furieusement besoin de mythologie ?

Eugénie Bastié en débat

Les essayistes conservateurs sont décidément en haut de l’affiche. Alors que le professeur de lettres Alexandre de Vitry, spécialiste de Péguy et Muray, publie Sous les pavés la droite pour fustiger la dérive antilittéraire des jeunes conservateurs pétris d’idéologie, Eugénie Bastié sort son Porc émissaire, essai dirigé contre #Metoo. La tentation de les faire débattre dans nos colonnes autour de la droite, du libéralisme et des lettres était trop grande, j’y ai cédé ! Le tout en menant ma petite enquête sur le supposé regain de conservatisme des jeunes intellectuels.

Abordons un sujet autrement plus grave : l’immigration. Dans sa grande enquête, notre reporter Erwan Seznec révèle que les dizaines de milliers de demandeurs d’asile accueillis sur notre territoire n’alimentent pas seulement la bonne conscience sans-frontiériste des nombreuses associations qui les accueillent. Très prisé par le Medef et par les syndicats, le migrant est devenu la raison d’être – et la première source de financement – de nombreuses ONG. Traduit dans les grands médias, cette grande transmigration se résume à une alternative entre accueil et repli, racisme et ouverture, comme l’analyse Ingrid Riocreux. Manichéisme que rejette Pierre Henry, directeur de l’association France Terre d’Asile opposé aux étiquettes sans-frontiéristes. Qu’il soit remercié de m’avoir accordé un entretien sans langue de bois.

Gould, Vilmorin, Bell

Destination culture. Du professeur Choron aux nouveaux écrivains irlandais que Jérôme Leroy a lus pour vous, notre formule tutti frutti suit également les traces d’Alain Finkielkraut et de l’écrivain Jean Chalon dont Patrick Mandon a recueillis les confidences. Louise de Vilmorin, Marie Bell, Florence Gould, toutes y passent !

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