N’étant pas économiste, bien qu’économe, je me demande si ces derniers ont médité sur cette réflexion de Voltaire et, le cas échéant, ce qu’ils en ont retiré:  » Toute monnaie de papier retrouve un jour inexorablement sa valeur intrinsèque : rien « . Les Grecs se disent que ce Voltaire avait anticipé bien des choses.

Ils se demandent également pourquoi leurs dirigeants n’ont pas lu les historiens de l’économie qui n’ont cessé de répéter que toutes les expériences d’union monétaire ou de monnaie unique ont jusqu’ici échoué parce qu’elles supposent la destruction préalable des souverainetés nationales, que les peuples finissent toujours par refuser.

Les Grecs ne sont pas les seuls à se poser ces questions, mais avec l’optimisme inébranlable – et la stupidité qui va de pair – qui leur est coutumier, économistes et politiciens continuent à penser qu’il faut plus d’Europe et plus de liquidités pour apaiser les marchés financiers et faciliter l’endettement étatique. C’est ce qui pourrait être perçu comme une course à l’abîme, une forme de folie, monétaire en l’occurrence, qui est extrêmement contagieuse….

Ne nous restera bientôt plus qu’à relire Voltaire. Lui, au moins, ne se démonétisera jamais.

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Roland Jaccard
Psychologue, écrivain, journaliste, critique littéraire, essayiste et éditeur suisseEssayiste, il se fait connaître en 1975 par L'exil intérieur, essai qui a marqué des générations de lecteurs. Romancier, il écrit Sugar Babies, Flirt en hiver, Une fille pour l'été. On lui doit également une trilogie autobiographique L'âme est un vaste pays, Des femmes disparaissent, ...