« Spielberg et ses jurés osent La Vie d’Adèle », a titré Le Monde pour saluer la remise de la Palme d’or au réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche. Osées, certaines scènes de cette romance lesbienne le sont assurément. En recevant la suprême récompense cannoise, le réalisateur de L’Esquive n’y est pas allé par quatre chemins : « Je voudrais dédier ce prix à cette belle jeunesse de France, que j’ai rencontrée durant ce film et qui m’a beaucoup appris sur l’esprit de liberté et du vivre-ensemble. Et à une autre jeunesse, pour la révolution tunisienne. Et pour leur aspiration à vivre librement, s’exprimer librement et aimer librement. » Peut-être touché par la grâce de son sujet – ou par celle de François Hollande –, le cinéaste n’a pas appelé nos banlieues à se soulever, comme il l’avait fait dans Les Inrocks (12 février 2011). À moins qu’il ait eu peur de casser l’ambiance glamour.

*Photo : itélé.

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