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Soyons rosses avec les Russes !

Tous les observateurs l’ont remarqué : la trentième rencontre bilatérale entre l’Europe et la Russie, qui s’est tenue jeudi et vendredi dernier à Bruxelles, a été marqué par une nette détérioration du climat entre les deux parties concernées

En fait, c’est surtout de nos contrées civilisées et tempérées que souffle le vent froid, comme s’en réjouit l’édito de politique étrangère publié par le Monde à l’occasion de cette rencontre. L’édito en question, on s’en félicitera, était conforme aux meilleures traditions européennes du journal, et à ses lointaines ascendances démo-chrétiennes : passablement chiant, peu informé et aligné au micron près sur la ligne officielle de Bruxelles.

Ne chargeons trop, cependant, l’éditorialiste anonyme qui s’est collé à ce pensum. Il sait, par exemple que Léonid Brejnev n’est plus aux manettes à Moscou. Mais il voit mal ce que ça change à l’arrivée: « La Russie n’est pas une dictature, une prison avec des miradors, plutôt un marais livré au cynisme. On peut en sortir en s’exilant ou s’y enfoncer ».

Du coup, haro sur les salopards et les cyniques qui prétendent que la Russie est à partenaire à ne pas mépriser : « Les partisans d’un rapprochement entre l’UE et la Russie mettent en exergue les intérêts communs, la collaboration énergétique, les investissements croisés, la proximité culturelle. Ils feignent d’ignorer le gouffre qui se creuse entre les deux ensembles sur le plan des valeurs ».

Voui voui les amis, c’est Le Monde qui vous le dit : face à Poutine, seule la force peut payer, et quoiqu’il nous en coûte. Soutien total, donc aux eurodiplomates qui ont longuement expliqué ce week-end à leurs interlocuteurs russes que le dégel, c’était fini : « Les droits de l’homme reviennent dans les relations entre l’Occident et Moscou, par le biais de sanctions individuelles – gel des avoirs, interdiction de visas – contre les responsables russes qui les bafouent. »

Voilà une ligne que tout ami des droits de l’Homme ne peut qu’applaudir. Après tout nous n’avons pas besoin de commercer avec des pays qui comme la Russie (ou la Chine) piétinent allègrement nos valeurs les plus sacrées.

Après tout, de l’Arabie Saoudite au Gabon en passant par nos bons amis algériens, il y a tant de pays à qui on peut vendre des armes et acheter du pétrole sans se salir les mains…


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De l’Autonomie ouvrière à Jalons, en passant par l’Idiot International, la Lettre Ecarlate et la Fondation du 2-Mars, Marc Cohen a traîné dans quelques-unes des conjurations les plus aimables de ces dernières années. On le voit souvent au Flore.

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