Qu’un sans impur… d’Abdel Raouf Dafri, en salles le 22 janvier 2020.


« Il a la carte », comme aurait dit Jean Rochefort. Cette carte, Abdel Raouf Dafri l’a depuis son entrée dans la carrière, où il fut le coscénariste du film de Jacques Audiard, Le Prophète. Un statut d’intouchable ou presque. Même si depuis lors (dix ans déjà…), sa filmographie ne s’est guère étoffée, à une exception près. En ce début d’année, il signe son grand retour sur grand écran avec sa première réalisation intitulée Qu’un sang impur…. Un titre, une affiche également : un homme, le visage masqué, presque étouffé, par le drapeau français, chemise militaire et crucifix bien en vue autour du cou et Ray-Ban de rigueur dépassant de la pochette… Le poids des mots et le choc de la photo d’entrée de jeu : clichés de fond et de forme, tout y est. Le spectacle peut commencer.

Né en France de parents algériens en 1964 à Marseille, Dafri règle ses comptes avec la France, la colonisation, l’armée et la guerre d’Algérie, comme il se doit. Non pas à travers un documentaire, mais par le biais d’une fiction, soit l’histoire inventée d’un commando hétérogène de l’armée française chargée en 1960 de ramener coûte que coûte le corps d’un colonel porté disparu dans les Aurès. Car, oui, l’ombre portée du film fou de Francis Ford Coppola, Apocalypse Now, plane très immodestement sur tout le film. Avec en apothéose la révélation que ledit colonel, loin d’être mort, a retourné sa verste kaki et dirige un commando algérien sur lequel il règne, tout comme Marlon Brando alias Kurtz chez Coppola. Pour les sourds et les malentendant

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Janvier 2020 - Causeur #75

Article extrait du Magazine Causeur

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