Comme un ultime affront à la nation ukrainienne : Le musée d’Histoire de Kiev a été pillé lors des dernières exactions de la place Maïdan. Des icônes, des porcelaines et des sculptures du XVIIIème siècle, qui illustraient la grandeur du passé de la capitale, ont été dérobées. Policiers et manifestants se renvoient la responsabilité du saccage des reliques. Mais la presse ne s’y est pas attardée. La disparition du chef de l’Etat sonnant le commencement d’une ère nouvelle, les vestiges des temps anciens sont bien peu de choses.

Pourtant, peut-on oublier si rapidement que la patrie ukrainienne renferme un agrégat de velléités nationales ? Que les derniers affrontements ont fait des morts de tous les côtés des barricades ? Que les manifestants pro-européens, les pro-russes, les ultra-nationalistes, les policiers qui se sont retournés contre le pouvoir, ont mené « leur combat » pas « le combat » ?Que les mains des manifestants sont souillées du sang de leurs frères d’hier, de leurs ennemis du jour ?

Les armes à peines lâchées, l’ancien Premier ministre aux nattes éternellement blondes saluait déjà les porteurs de la « victoire ». Tous ensemble, ils sont les « héros de la patrie».

Ioulia Timochenko, libérée de son hôpital carcéral, reprend la parole et son combat pro-européen. Elle, c’est l’histoire commune avec la Russie qu’elle veut zapper. Faire fi de ce lien  c’est piller non pas des objets chargés d’histoire, mais l’Histoire tout court.

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