Avoir transformé le mariage en révolte et en demande égalitaire est assez ébouriffant. Cette loi égalitaire est une aberration, ne serait-ce que par le fait que l’on crie à l’injustice entre un couple hétérosexuel pouvant procréer et un couple homosexuel qui ne le peut pas. Autrement dit, on place sur un pied d’égalité deux situations radicalement différentes, puis on crie à l’injustice que l’on vient d’inventer et l’on prétend, enfin, la réparer par la loi. Or il n’y a pas d’injustice.
Il n’y a pas si longtemps, on se targuait de découvrir des tendances homosexuelles refoulées chez les hétérosexuels. On peut aujourd’hui se demander si des homosexuels n’auraient pas des tendances hétérosexuelles refoulées, surtout à l’époque où des associations réclament l’homoparentalité (un oxymore) et le mariage à l’égal, précisément, des hétérosexuels qui, eux, constituent le modèle de base étant donné que cela leur est donné naturellement.
Ce désir mimétique travesti en égalité cache un féroce ressentiment (outre la jalousie, l’un des affects les plus ancrés dans la nature humaine) où l’on est obsédé par autrui, par le modèle haï autant qu’admiré, pour réclamer ce que l’autre a et que je n’ai pas (capacité d’enfantement par exemple), ce qui ne peut déboucher que sur une indécrottable rivalité où l’objet (mariage, enfant) n’a plus vraiment d’importance. Dans cette perspective, devrait-on, si la technique le pouvait, autoriser les hommes à accoucher pour être les égaux des femmes ?

*Photo : K_rho.

Lire la suite