Bienvenue dans la « japanification » des Etats-Unis! Cette expression, utilisée tout récemment par le stratégiste de Merrill Lynch, Michael Hartnett, n’est-elle qu’une boutade ou insinue-t-elle que le pays est à l’orée d’une longue traversée du désert à base de déflation, d’interminable récession et de baisse des cours ?

De fait, Merrill Lynch et quelques rares analystes lucides prévoient des taux américains sensiblement réduits jusqu’à 2020 ponctués d’une croissance moyenne de 1 à 1,5% sur les 20 ans à venir, un Dow Jones dont les valorisations seraient divisées en deux et un marché immobilier condamné à chuter de 30% supplémentaires pour la même période… Ce scénario catastrophe est-il invraisemblable après les sept millions d’emplois déjà perdus aux USA, après les faillites immobilières, bancaires et en dépit des multiples plans de relance ou bien, au contraire, l’échec répété des politiques de relance le rendent-ils très crédible ?

Dans le même ordre d’idées, comment analyser le rendement actuel sur les Bons du Trésor britanniques à 10 ans rémunérés à hauteur de 3% quand le taux d’inflation est de 3,1% ? Une seule interprétation s’impose: les investisseurs sont disposés à placer gratuitement, voire à perdre même un peu, en échange d’avoir la certitude de recevoir leur placement dans 10 ans !

En clair, c’est l’Occident tout entier qui anticipe sa « japanification ».

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