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Sexe en Inde : relance ton porc !

Si les Indiens sont coincés, c'est la faute des Occidentaux

Sexe en Inde : relance ton porc !
© NurPhoto

Plaque tournante de la GPA, l’Inde est connue pour incarner la Mecque du tourisme procréatif. Il est assez piquant que les gays occidentaux en quête d’enfants voient cette terre proscrivant la sodomie homosexuelle comme un pays de cocagne. À leur décharge, les Indiens multiplient les paradoxes en matière de mœurs. Ainsi, le pays du Kamasutra voit d’un très mauvais œil les baisers en pleine rue.

Richa Kaul Padte, une journaliste née dans l’État méridional du Tamil Nadu, mais passée par l’université de Brighton, entend faire rendre gorge à la pudibonderie de ses compatriotes. Dans Cybersexy : Rethinking Pornography (« Cybersexy : repenser la pornographie »), cette fille des classes moyennes milite pour la légalisation de la pornographie sur l’internet indien. Et Richa Kaul Padte ne lésine pas sur les arguments : la consommation virtuelle de sexe serait une opportunité de « réappropriation des différents types de sexualité, mâle, femelle, trans, LGBT et même asexuel », d’autant que le combat en faveur de sa libéralisation épouserait « celui des femmes pour prendre le contrôle de leur corps ».

« Beaucoup d’idées sexuellement régressives venues de l’Empire britannique »

En bon élève des facultés occidentales, la jeune femme attribue évidemment… à l’Occident, plus précisément au colonialisme britannique, la responsabilité du puritanisme indien, lequel ne serait donc que pur produit d’importation. Dans un entretien accordé au site Quartz India, Richa Kaul Padte dénonce ainsi le rôle pernicieux qu’ont joué « beaucoup d’idées sexuellement régressives venues de l’Empire britannique » jusqu’au sous-continent indien.

Certes, la reine Victoria imposait à ses sujets de jouir avec beaucoup d’entraves et son Empire lui fit étendre sa sainte-nitoucherie sur toutes les mers. Mais la société de castes n’a pas attendu la conquête britannique au XIXe siècle pour brimer les corps.

Depuis des temps immémoriaux, les Hindous honorent en effet un symbole du puritanisme… sous la forme d’un pénis appelé « lingam ». Dressée verticalement, cette colonne phallique représente la divinité Shiva. Culte lui est rendu en aspergeant son extrémité verticale de lait, de miel et de beurre. Espérons que ce ne soient pas des denrées importées.

Juin 2018 - #58

Article extrait du Magazine Causeur


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