Roland Jaccard affiche le dilettantisme d’un éternel jeune homme. C’est une qualité qui préserve de la lourdeur. Les titres de ses livres, d’ailleurs, esquissent encore plus une singulière Carte du tendre et du cynique : Journal dun oisif, Flirts en hiver, L’Homme élégant ou, notre préféré, Une Fille pour lété.
À l’inverse de Beckett, Jaccard n’est pas « bon qu’à ça ». Il écrit à sa guise et selon les saisons. Suisse de Paris, il s’envole volontiers pour Tokyo et conseille à ses vieux compagnons un camp d’entraînement chez les survivalistes américains. Il semble que, loin des mots, quelques demoiselles l’occupent. Il les couchera plus tard sur la page blanche. Les journaux du jour lui donnent l’occasion de se moquer joyeusement de ses contemporains. Il ne déteste pas, l’après-midi, badiner avec un ami, offrant une photo old school de Catherine Spaak et buvant des cafés très serrés au zinc d’un bistrot du boulevard Raspail. Ça lui permet de charmer des serveuses prénommées Stéphanie. Pour dîner, les tables asiatiques ont ses faveurs, surtout quand elles sont fréquentées par Marie-José Croze et une poignée de gandins.

Roland Jaccard, Ma vie et autres trahisons, Grasset 2013.

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