Rocco Siffredi et Caroline Trousselard dans "Romance", janvier 1999. SIPA. REX43045523_000001

Le visage de Rocco Siffredi – son assez belle gueule, d’ailleurs – a envahi l’espace public. Il n’est pourtant pas certain qu’un collectif de citoyens indignés exige de quelque maire de l’ouest parisien l’interdiction des affiches consacrées à la star du porno. Dans un élan de sagesse, la production a décidé de la jouer profil bas : affiche en noir et blanc, visage en gros plan, grave – façon réalité intérieure, drame intime. À moins que, et, dans le fond, c’est plus probable, il ne s’agisse d’un calcul cynique : comment vendre un documentaire sur la pornographie en donnant à chacun le délicat alibi de son intérêt artistique, psychologique, cinématographique – fort réel par ailleurs ? C’est d’ailleurs ici la seule dimension exaspérante du film et des commentaires qui vont avec (dossiers de presse, interviews): son air de ne pas y toucher, de réfléchir à l’idée de tabou, d’au delà du tabou, cette manière de se défendre de la pulsion scopique tout en jouant, évidemment, avec.

De ce point de vue, grâce soit tout de même rendue aux réalisateurs, Thierry Demaizière et Alban Teurlai : dès les tout premiers plans, la caméra s’attarde longuement sur le sexe de Rocco Siffredi qui prend sa douche – plan que je sous-titrerais ainsi : « Vous avez voulu voir. Maintenant regardez bien, tranquillement… Et qu’on puisse, après, passer à autre chose. »

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