A peine, et très provisoirement n’en doutons pas, passé le projet de loi sur la retraite à 62 ans, le patronat français reprend ses bonnes habitudes. Renault (quand on pense que cette entreprise, du temps qu’elle était Régie, était qualifiée de vitrine sociale !) vient de décider d’un bon vieux plan de retraite anticipée. Comme ils sont malins, ils nous feraient presque passer ça pour de la philanthropie: 3000 salariés vont pouvoir partir en préretraite à 58 ans avec 75% du salaire s’ils ont effectué au moins quinze ans de travail posté ou s’ils souffrent d’une incapacité de 10%. Mais si l’on veut bien, un instant, mesurer la signification réelle de cette mesure, on verra qu’elle est illustre parfaitement les apories de la droite sur la question.

En effet, soit le discours sur la politique pour l’emploi des seniors relève du mensonge pur et simple, soit le travail en usine est réellement usant et le recul de l’âge du départ en retraite est une injustice. Dans les deux cas, de toute façon, Renault s’en moque. Il vient d’un coup, et en grande partie aux frais du contribuable, de se débarrasser de travailleurs peu malléables, peu rentables et souvent syndiqués, les salauds.

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