Même s’il s’oppose aux autres gauches antilaïques, le Printemps républicain est-il encore de gauche ? Oui, et plusieurs signes le montrent, à commencer par son relativisme qui renvoie dos à dos islamistes et « identitaires ». Démonstration.


 

Ému par la beauté de ce que Fabrice Luchini avait dit sur la nécessaire élévation de l’homme de gauche, le narrateur a fait, on s’en souvient, le tour des différents partis politiques du camp du Bien, et malgré le regard d’une bienveillance paternelle qu’il a porté sur chacun, n’a pu y trouver la moindre raison de penser qu’ils portaient encore un quelconque espoir, suscitant l’inquiétude du lecteur qu’il a aussitôt rassuré : le Printemps républicain entend prendre la relève !

Le sacre du printemps

Ah ! Le printemps ! Le symbole du renouveau, de la modernité, donc du progrès ! C’est un truc de gauche, le progrès, au point qu’elle a presque un copyright dessus. Ça n’a pas été breveté parce que ça n’a jamais vraiment marché, mais on l’écrit toujours quelque part sur la feuille. Si ça ne sert à rien, ça manque quand on ne l’a pas.

Donc, le printemps. C’est ainsi qu’on avait appelé le chaos survenu dans le monde arabo-musulman il y a quelques années : le « printemps arabe ». Les chroniques s’étaient succédées pour ironiser sur les occidentaux endormis face à la formidable culture arabe sur le point de leur délivrer une leçon de modernité, montrant la voie vers des lendemains qui chantent. Puis le monde arabe est revenu à ses vieilles habitudes, et le dernier pays qui bourgeonnait encore, la Tunisie, a rejoint les autres en un profond hiver quand le peuple a porté au pouvoir les islamistes et un président désireux de revenir à la charia.

Eh bien le Printemps Républicain (PR) c’est un peu ça. À la base, l’intention est louable : revenir à la République, c’est-à-dire à la Loi, rien que la Loi, et à une laïcité sourcilleuse. Chose au demeurant curieuse puisque la Loi était plutôt le truc de Clémenceau, vu comme un ignoble individu par tout homme de gauche qui se respecte pour avoir appliqué la Loi contre le peuple.

Socialistes repentis

Car le PR compte surtout des anciens du PS, mais pas n’importe lesquels : ceux qui ont compris que le PS avait fait des erreurs. Pas en 1983, quand Mitterrand s’est détourné du peuple pour s’axer sur le sociétal. Pas après 2002, lorsque Hollande a tiré les leçons de l’échec de Jospin, à savoir que les Français avaient mal compris. Non, en 2016, après qu’Hollande ait été désavoué par des Français qui ne comprenaient toujours pas. Oui, ça n’a pas été très rapide.

Mais s’il s’oppose aux autres gauches, le PR est-il encore de gauche ? Oui, et plusieurs signes le montrent. Tout d’abord, les gens du PR jugent comme étant de droite tout ce qu’ils rejettent, même quand ils l’ont encouragé ou soutenu pendant des décennies. Ainsi, le racialisme, pourtant issu de l’associatif subventionné dont la principale officine, SOS Racisme, était un outil socialiste, est-il vu comme d’extrême-droite.

Pourquoi ? Eh bien, il est d’usage que la Gauche incarne toujours le Bien dans le combat contre un Mal qui est toujours de droite. Saint-Georges est de ga

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