Photo : FredArt.

Nous venons d’assister, au cours des dernières quarante-huit heures, à une dispute d’héritage qui nous change quelque peu de l’unanimité béate dont nos politiques savent si bien faire preuve quand il s’agit d’Histoire[1. Comme nous le vîmes à l’occasion de l’examen de la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien. A cet égard, nous attendons avec impatience le vote d’une loi proscrivant la négation du génocide des Indiens d’Amérique : on est le pays des Droits de l’Homme ou on ne l’est pas !].

Ainsi, concernant Jeanne d’Arc, il y a étripage en règle entre l’UMP et le Front National. Alors que le président de la République était vendredi à Vaucouleurs pour célébrer le 600ème anniversaire de la naissance de la Pucelle, Marine Le Pen, quant à elle, demeurait chagrine de s’être fait chiper son icône préférée.

Il est vrai que Jeanne est célébrée depuis longtemps par le FN, au travers notamment de sa fête du 1er Mai. Pour autant, Nicolas Sarkozy avait cette fois-ci décidé que l’héroïne « n’appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan (…) puissions-nous aussi continuer à penser à elle comme le symbole de notre unité et ne pas la laisser entre les mains de ceux qui voudraient s’en servir pour diviser ». Et oui ! Jeanne d’Arc, c’est comme l’histoire turque : elle appartient à tous les citoyens français !

Dès jeudi soir, dans le journal de France2, Marine Le Pen avait pourtant fait connaître sa désapprobation. Accusant l’UMP de « courir derrière le Front national » et de lui chaparder ses idées, elle revendiquait pour son camp « des conviction plus fortes, un cœur plus pur, et des jambes plus longues ». Après le célèbre adage « cheveux longs, idées courtes », voici venu le slogan promis à un bel avenir : « femme blonde, jambes longues, idées fécondes ».

En tout état de cause, la chamaillerie a assez duré. Il est notoire que la musique adoucit les mœurs. Nous nous permettons donc de conseiller aux caciques de la droite, « l’extrême » comme la « parlementaire », de réécouter, jusqu’à ce qu’ils soient calmés, cette superbe chanson à la gloire de Jeanne[2. Joan of Arc, adaptée de Seven Nation Army des White Stripes] réalisée par des professeurs d’Hawaï afin de mettre l’histoire à la portée de leurs élèves.

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