Natacha Polony, gilets jaunes, Gilles-William Goldnadel, des grands crus du chocolat : voici le menu de fête du Causeur de décembre.


Pour ce nouveau numéro de Causeur, Elisabeth Lévy vous offre un scoop : la révolte des gilets jaunes n’est pas une simple jacquerie antifiscale. Certes, la France périphérique souffre de la vie chère et du déclassement social mais sa colère ne se compte pas en euros. Symboliquement, la voiture représente le dernier espace de liberté pour cette frange du peuple fâchée avec ses élites politiques, syndicales et médiatiques. Loin de pleurer le modèle social français, les gilets jaunes en ont assez de le financer.

Guilluy, Taguieff et gilets jaunes

Expression d’un populisme pur et parfait, l’éruption du mouvement des gilets jaunes est tombée à point nommé alors que nous préparions un dossier consacré au populisme. Habitué de nos colonnes, le géographe social Christophe Guilluy nous a accordé un entretien autour de ce mouvement disparate qu’il avait vu venir. Mondialisation malheureuse, crise des classes moyennes, réaction populiste : ce spectre hante tout l’Occident. Autre ponte, Pierre-André Taguieff nous livre un article fort didactique, montrant que l’étiquette néo-nationaliste souvent infamante qualifie avant tout un style que les néo-nationalismes remettent désormais au goût du jour.

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Pour observer les manifestations au plus près, Erwan Seznec a interrogé les gilets courroucés de Quimper. Surprise : loin de réclamer la sollicitude des pouvoirs publics, nombre de gilets jaunes déplorent le coût et les excès de zèle d’un appareil administratif qui régente chaque année un pan supplémentaire de leur existence. Quant aux gilets jaunes réunionnais, ils affrontent la concurrence du lumpen racaillisé au cœur d’une société en pleine déréliction, comme l’analyse le brillant Geoffroy Géraud-Legros.

Goldnadel, JFK et Polony

Interrogé par Elisabeth Lévy, l’avocat Gilles-William Goldnadel déplore l’uniformité idéologique du système médiatique. A l’ère de Twitter, cet intellectuel de droite décomplexé (une espèce de plus en plus répandue !) décortique la psychologie des foules virtuelles en citant abondamment le grand Gustave Le Bon.

Au centre de ce numéro, la nouvelle directrice de la rédaction de Marianne Natacha Polony nous expose son projet éditorial. Souverainiste bon teint, la directrice de la rédaction de Marianne entend réveiller de sa torpeur l’hebdomadaire fondé par Jean-François Kahn. Europe, gilets jaunes, nouvel actionnaire tchèque : en détaillant son projet éditorial, Polony appelle à la convergence des luttes entre patrons de PME, chômeurs, enseignants et autres perdants de la mondialisation. 

Campana, Birnbaum et tablettes de chocolat

Côté culture, à l’approche de Noël, Emmanuel Tresmontant nous ouvre les portes de l’étonnante chocolaterie Kosak, 106 rue Caulaincourt (Paris, 18e). Une adresse appréciée des fines bouches que fascine légitimement le mouvement « bean to bar » (de la fève à la tablette). Cette tendance permet aux passionnés de fabriquer du chocolat dans leur cuisine à partir de cacaos rigoureusement sélectionnés.

Un peu plus au sud, Patrick Mandon arpente le musée du Louvre, lequel consacre une exposition entière à l’exceptionnelle collection du marquis de Campana (1808-1880). Avant sa disgrâce finale, le directeur du Mont-de-Piété romain a détourné d’innombrables chefs d’œuvres de l’art italien, de l’Antiquité au XIXe siècle pour honorer et transmettre l’art immortel de son pays.

Enfin, le directeur du Monde des livres Jean Birnbaum s’épanche longuement sur le désarroi de la gauche face à l’offensive islamiste. L’ethnocentrisme inconscient de la gauche l’a, dit-il dans son nouvel essai, rendue aveugle à l’altérité, au point de considérer le djihadisme comme un retour de boomerang. Entretien viril mais amical avec un intellectuel de gauche qui critique la gauche.

Allez, au mois prochain !

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