Le dernier roman de Pierre Lamalattie est une satire discrète de l’époque à travers une belle histoire d’amour entre un père et sa fille qui se double d’une promenade désabusée dans le monde de l’art.


Le narrateur du dernier roman de Pierre Lamalattie, L’Art des interstices, a un air de famille que l’on retrouve assez vite tant on songe, au moins dans un premier temps, aux héros de Houellebecq. Lamalattie et Houellebecq ont d’ailleurs été condisciples en Agro. Un air de famille, cela ne veut pas dire pour autant imitation ou influence paralysante. Un air de famille, c’est quand deux écrivains de la même génération vivent dans le même monde et en comprennent à peu près la même chose. Ce qu’ils comprennent n’est pas forcément réjouissant, mais c’est plutôt de bon aloi pour une littérature qui a envie, avant tout, de rendre compte de l’inconfort grandissant que l’on éprouve à évoluer dans cette époque-là. Les personnages de Lamalattie, qui en est ici à son troisième roman, sont sans doute à la fois beaucoup moins nihilistes et utopistes que ceux de Houellebecq. Ils ne s’aboliront pas dans des paradis de substitution comme la partouze, le clonage, la soumission ou la vision d’une France néorurale high tech. Lamalattie, lui, croit encore pouvoir ménager des zones de survie, voire de bonheur, ici et maintenant, ce qu’il appelle, précisément « les interstices ».

Sur le pont Mirabeau tombe la Seine

Son narrateur vit dans le XVe arrondissement, sa femme s’est suicidée il y a longtemps déjà et il n’en fait pas une histoire. Il aime que son frigo soit bien rangé. Il a la résignation lucide, l’ironie discrète et cet humour noir qui lui donne une allure à la Buster Keaton, faussement impassible et discrètement traquée. Dans son frig

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Novembre 2017 - #51

Article extrait du Magazine Causeur

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