Avant-hier, il ne fallait pas qu’il vienne ; hier, il ne fallait pas qu’il reste ; maintenant, il ne fallait pas qu’il parte. Benoît XVI aura eu tous les torts depuis son élection – et même avant, la seule origine nationale du « panzerkardinal » autorisant tous les calembours foireux à son sujet. Aujourd’hui, s’il a renoncé, pour les avisés commentateurs que leurs habituelles professions d’anticléricalisme ou d’agnosticisme n’empêchent pas de se révéler théologiens dès qu’un parfum de scandale semble se diffuser autour de celle qu’ils adorent détester, la vieille et l’antique Église catholique romaine, ce ne peut être que sous le coup d’une sale affaire que les pompes du Saint-Siège cachent au commun des mortels. Dans les placards du Vatican – et peut-être même au grenier –, il y a sans doute des cadavres, ce n’est pas nouveau. Malheureusement, le statut juridique du lieu, État et cœur de la première confession religieuse du monde, empêche d’y fouiller. C’est ballot. Alors, on relaie les rumeurs, par exemple sur les cardinaux gays qui, comme le remarquait justement le journaliste Patrice de Plunkett, sont là-bas suspects de constituer un « lobby » ténébreux, contrairement à chez nous, où ce sont de bons citoyens de base qui ont de leur propre chef réclamé le « mariage pour tous » – mais qu’allez-vous donc penser ? On fantasme sur des conspirations, des alliances, des manigances où des prélats empourprés s’entretuent et se poignardent dans le dos à la sortie de la sacristie.
Pour tout dire, cela ne nous étonnerait pas qu’il y ait là-dedans beaucoup de vrai.

*Photo : Habemus papam (film).

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