Il y a bien longtemps, de mémoire de IVe et de Ve Républiques, que nous n’avions eu un gouvernement aussi exclusivement composé de mécréants. On invite souvent les croyants à pratiquer leur religion « dans le privé », ce qui est une façon discrète, version Danielle Sallenave[1. Dieu.com, 2004, éd. Gallimard.], de les renvoyer aux catacombes.  Nos mécréants de gouvernement ont, eux, l’aversion très peu neutre et même très active. Le consternant « débat » – si l’on peut user de ce mot – sur le « mariage pour tous » (formule qui n’a aucun sens, sauf à autoriser l’inceste), a permis à nos ayatollahs du nihilisme d’étaler leur conception du rassemblement que, pourtant, prônait leur président.
La façon discourtoise dont la commission des lois de l’Assemblée nationale a traité les représentants des religions (l’archevêque de Paris, le grand rabbin de France, et les autres), les expédiant en un quart d’heure, marquera longtemps les esprits quant à l’idée que se font de la République ces prétendus républicains. Sans parler du comportement arrogant et verbeux de la psycho-rigide qui occupe le poste ministériel le plus prestigieux de la République, celui de garde des sceaux. Elle fut, il est vrai, inventée par un Jacques Chirac en déclin, pour fabriquer une loi parfaitement inéquitable sur des crimes passés contre l’humanité.
Je ne m’appesantirai pas davantage sur cette sinistre comédie politique indigne de notre histoire, dont la représentation figurerait un triomphe de l’égalité inscrite dans nos armes. Détournement du mot, détournement du sens, donc mensonge d’État. À qui fera-t-on croire que la différence des sexes est une inégalité ? Qui ne voit qu’il eût suffit de renoncer à l’abus du mot mariage, en le remplaçant par « union civile », pour réconcilier tout le monde ? Mais il s’agissait justement de diviser et d’humilier.

*Photo : Parti socialiste.

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