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Quand c’est Booba, c’est de la balle! Quand c’est Zineb, c’est le scandale!

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Dans une interview accordée, le 5 août, aux journaux régionaux du groupe EBRA, Booba a surpris tout le monde, affirmant que « la police, le système judiciaro-carcéral, et plus globalement l’État, ne se font pas respecter […] les jeunes n’ont pas peur de la police, l’État est beaucoup trop mou et faible […] les peines de prison sont trop légères et surtout rarement appliquées », et qu’à cause de cela « les policiers s’en trouvaient discrédités ». Le rappeur a conclu qu’aux États-Unis, « c’est loin d’être parfait mais tu ne défies pas la police à la bagarre ».

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, de nombreux commentateurs ont loué cette prise de position du rappeur. C’est le cas d’Olivier Dartigolles, chroniqueur politique, ou de Lucas Jakubowicz, rédacteur en chef de Décideurs Magazine. Invités sur le plateau de CNews dans l’émission « L’Heure Des Pros 2 été » du 6 août, Lucas Jakubowicz avait même soutenu l’idée que, s’il n’y vivait plus, « Booba était le porte-parole d’une grande majorité des résidents de ces quartiers dits sensibles », premières victimes des voitures brûlées, des violences – bref de l’insécurité. Le journaliste de Décideurs magazine avait conclu : « sa parole pèse, elle mérite d’être entendue et non pas moquée ». Ces commentaires, intéressants, amènent trois questions. La première consiste à se demander si, comme l’a prétendu Booba, le système judiciaro-carcéral inflige vraiment des peines trop légères et rarement appliquées. L’actualité semble donner raison à Booba. Ne nous a-t-elle pas appris récemment qu’on pouvait avoir 15 rappels à la loi, pour trafics de stupéfiants, excès de vitesse, conduite sans permis, vols avec violence, sans avoir jamais une seule condamnation, et tout en ayant un casier judiciaire vierge [1] ? Ou qu’on pouvait avoir commis depuis des années des agressions sexuelles et voies de fait dans son quartier, ainsi que viol et violences répétées sur personnes de sa famille, avoir été appréhendé mais être resté en liberté [2] ?

Quand la prison assure une bonne promo

En outre, lorsqu’on est condamné, la loi prévoit que pour toute condamnation inférieure à un an, on peut se voir accorder par le Juge d’Application des Peines (JAP) une réduction de 14 jours par mois d’incarcération, si l’on a un bon comportement en prison. Pour toute peine supérieure à un an, le JAP peut, pour les mêmes motifs, accorder à la personne condamnée une réduction de peine de six mois par année d’incarcération. Sans compter qu’il y a encore des dispositifs de liberté conditionnelle, une fois que le condamné a accompli la moitié de la durée initiale de sa peine. Autrement dit, une condamnation à 15 ans, pour agressions, crimes, ou trafics de drogue, peut tout à fait normalement aboutir, en réalité, à une peine inférieure à sept ans et demi, si l’on se comporte correctement en prison et qu’on s’engage dans une démarche de réinsertion [3].

Booba sait de quoi il parle. Après la bagarre entre sa bande et celle de Kaaris, à Orly, occasionnant de couteux dégâts, le « Duc de Boulogne », expliquait, lors d’une interview accordée au média Brut, en septembre 2019, « je savais que j’y resterais pour un mois maximum, ça m’a même permis de me reposer. Dans mon cas, c’était presque de la promo, […] j’étais assez détendu ». Que la prison ne fasse plus peur, Booba peut donc en parler savamment.

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La deuxième question consiste à se demander si l’on peut entendre les propos d’un rappeur qui, aujourd’hui, appelle à la fermeté de la justice et de la police vis à vis de la délinquance, alors qu’hier il chantait tout le contraire. Dans le morceau « N° 10 », le mélomane peut entendre « Fuck la loi, son arbitrage, ses cartons, Dis-leur ici c’est nous les patrons. Sucez-nous pendant qu’on bicrave, […] Nombreuses seront les victimes […] Toujours anti-dèps, insolent contre les agents. » Dans « La Faucheuse », Booba n’incite guère la jeunesse à la sagesse : « Vis dans l’inégalité […] Agis, ça sert à rien d’lé-par, Moi, j’suis toujours en train d’bé-bar c’pays d’klébars »… Booba a donc beau jeu de trouver, à présent, l’État, la justice et la police trop mous et trop faibles ; il y a encore peu de temps, il encourageait à les défier et exprimait, sans complexe, son mépris pour la France. Notamment dans « Le Bitume et La Plume », où il clamait : « Quand j’vois la France les jambes écartées j’l’encule sans huile ». Si l’on peut se féliciter que le rappeur ait changé son fusil d’épaule, on peut regretter qu’il ne l’ait pas fait plus tôt. Et surtout, on peut regretter qu’il ne l’ait pas fait en chansons, tout compte fait… Car, compte tenu de la prédominance du rap dans la musique qu’écoutent les jeunes, on ne peut que rêver des répercussions qu’un rappeur du renom de Booba auraient sur les jeunes des quartiers s’il les exhortait, dans ses punchlines, à respecter leurs profs qui s’investissent sans compter, à ne pas systématiquement s’armer jusqu’aux dents ou à chercher la bagarre entre bandes pour les plus futiles motifs, et enfin, à cesser de refuser d’obtempérer lorsqu’on est contrôlé, pour éviter les accidents tragiques, pour soi-même, ou pour les autres. Si Booba ne l’a pas fait avant, c’est parce qu’il évolue dans un milieu musical labellisé « rebelle », qui, en réalité, est extrêmement conformiste.


La haine anti-France et anti-police est le fonds de commerce de la majorité des rappeurs depuis des décennies. D’ailleurs, en cela, Booba est un petit joueur ! Les groupes « Ministère Amer », « Sniper », par exemple, et tant d’autres, sont experts en la matière. Dans « Face À La Police », le groupe 113 prônait une haine pour son pays décomplexée, qui va de pair avec l’incivilité routière « J’baise votre nation […] En voiture à fond, un bon son, association, Les keufs sont au feu rouge, attention, disparition. Face à la police, me rendre, hors de question. L’uniforme bleu, depuis tout p’tit, nous haïssons. Produits stupéfiants et pe-pom comme protection. »

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Depuis que le rap français est tout p’tit, de tels exemples sont comme les feuilles mortes, on les ramasse à la pelle ! Ce fonds de commerce est aussi celui de l’extrême gauche, dont certains membres ne cachent pas sa relation symbiotique avec les rappeurs anti-France et anti-police. En 2021, c’est le rappeur Soso Maness que le Parti communiste a invité à sa fête de l’Huma. Celui-ci y scandait avec le public en liesse « tout le monde déteste la police ». Pour l’Université d’été d’EELV, cette année, l’invité d’honneur était Médine, poète qui cumule punchlines anti-police et antisémites (voir le numéro de Causeur en vente actuellement NDLR). Quant à LFI, leur leader et nombre de ses membres reprennent inlassablement la rhétorique rappeuse selon laquelle, c’est la police qui tue. Et qu’en plus, ce sont toujours les jeunes arabes et noirs, qui seraient visés. D’après tout ce petit monde musical et politique, la rage de cette jeunesse des quartiers ne serait qu’une riposte au « racisme systémique » dont elle serait victime.

Les jeunes endoctrinés par la musique violente n’agressent pas que les policiers

Mais, dans ce cas, quelques interrogations naïves: le nombre grandissant de professeurs victimes d’agressions, dans ces fameux quartiers, l’est-il parce qu’ils sont racistes, eux également? Racistes aussi, les pompiers, régulièrement caillassés ? Racistes encore, les médecins, de plus en plus souvent agressés ? Racistes toujours, les pharmaciens et commerçants qui, lassés par l’insécurité, désertent ces quartiers?

Capture LCI

La réception positive et générale des propos de l’été de Booba dans les médias pose une troisième et dernière question. Pourquoi les avoir accueillis avec autant de bienveillance, quand hier, on rejetait avec véhémence ceux de Zineb El Rhazoui, appelant pourtant à la même fermeté ? On se souvient que l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo avait déclaré, lors d’un débat sur des violences urbaines sur un plateau de CNews, le mardi 5 novembre 2019, que puisque les forces de l’ordre avaient été attirées dans un guet-apens visant à les faire brûler vives, elles auraient dû tirer à balles réelles, comme le ferait la police américaine. Le même Olivier Dartigolles, qui dernièrement sur le plateau de CNews, s’est réjoui des propos de Booba, avait alors crié au scandale, soutenu par Sophie Obadia, avocate pénaliste ! Le lendemain, sur le plateau de LCI, Zineb El Rhazoui, imperturbable, avait enfoncé le clou. Faisant d’abord référence à l’article L 435-1 du code de sécurité intérieure, autorisant la police à la légitime violence, avec comme cadre l’immédiateté, et la proportionnalité, elle avait posé la question : « Pourquoi la police n’a-t-elle pas recours à son droit de la légitime défense quand on a des guet-apens […] à Viry-Châtillon, où les » racailles » ont immobilisé le véhicule de police, et y ont mis le feu ? » Au moment où l’ex-journaliste de Charlie Hebdo rappelait qu’un policier s’est retrouvé avec les poumons brûlés et d’autres blessures graves, un intervenant sur le plateau de LCI lui avait fait remarquer qu’il ne pouvait y avoir de proportionnalité entre les armes à feu des policiers, et les pavés et fumigènes des jeunes assaillants… Zineb avait rétorqué qu’il y aurait selon elle bel et bien eu proportionnalité si les policiers avaient sorti leurs armes et fait feu, car ils étaient trois lorsque les « racailles » étaient 100… Dans le cas de ces guet-apens perpétrés contre la police, « les racailles se constituent en milice concertée, et à des dates précises, se donnent rendez-vous pour casser du flic ». Raquel Garrido, de la France Insoumise, présente également sur le plateau n’avait pas manqué d’attaquer Zineb El Rhazoui sur le fameux terrain du racisme. « Vous montrez du doigt une certaine jeunesse des quartiers noire et arabe, principalement », avait lancé la députée de Seine Saint-Denis. Ce à quoi Zineb el Rhazoui avait répliqué: « Moi, je dis « racailles », et vous vous entendez « noirs et arabes », c’est votre problème, demandez-vous pourquoi ! »

Deux poids deux mesures

Il est en outre surprenant que les propos de Zineb el Rhazoui aient suscité un tel scandale, puisqu’à la même période, plusieurs articles de la presse et des reportages nous expliquaient bien que tendre des guet-apens à la police par le truchement des pompiers était devenu une « tradition », et que cette dernière allait croissant. Le Parisien citait alors l’expression de Loïc Travers, officier de police et secrétaire national adjoint de Alliance, évoquant des vidéos postées sur les réseaux sociaux, où l’on entend distinctement certains assaillants crier, plusieurs fois, au sujet de policiers attaqués: « Tuez-les ! » 

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N’ayant jamais commenté ou condamné de tels actes, Booba avait, en revanche, publiquement injurié la journaliste. « Pourrissons la vie à cette grosse merde puante » […] écrivait-il sur Instagram « cette suceuse d’empereur romain ». Zineb avait porté plainte, et le rappeur avait été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à lui verser une amende de 5000€ en dommages et intérêts. Alors que Booba n’avait pas besoin d’appeler à pourrir la vie de la journaliste, les activistes islamistes et tous leurs réseaux de collaborateurs s’en chargeant déjà. Depuis huit ans, la jeune femme, menacée de mort au quotidien, est forcée de vivre, jour et nuit, sous protection policière. La seule célébrité à avoir eu le courage de la soutenir publiquement dans cet épisode avait été Patrice Quarteron, champion de Taï et Kick-boxing. Au micro de SudRadio, le 12 novembre 2019, il avait menacé publiquement Booba de balancer l’adresse de toute sa famille s’il arrivait le moindre ennui à Zineb… La polémique s’était arrêtée là. Booba n’avait sans doute pas voulu prendre le risque de contrarier le champion de boxe, encore moins celui de troubler la douce vie qu’il coulait dans son quartier huppé et protégé de Miami.

Outre le côté misogyne de l’attaque, qu’aucun(e) féministe n’avait dénoncé, cette fatwa sur Zineb était avant toute chose lâche. Le rappeur confessait même, dans l’interview accordée à Brut précitée, qu’il avait choisi de vivre à Miami dans un quartier ultra-protégé où sa tranquillité était totale, lui permettant même de mettre en scène ses enfants sur les réseaux sociaux, chose qu’il ne pourrait jamais faire s’il vivait en France… Ainsi, protégé et dans l’anonymat, sans risque de représailles, il avait lancé sa fatwa numérique aux conséquences potentiellement tragiques.

Quarteron avait également dénoncé l’hypocrisie collective des gens, qui, en public, pouvaient qualifier Zineb de « ouf », tel Cyril Hanouna, mais qui en « off » convenaient que si une masse de gens vous attaquait pour vous tuer, le bon sens était évidemment de défendre votre vie ! Le boxeur, qui ne fait pas mystère de ses origines très modestes, à Grigny, et de ses galères de boulot avant de commencer la boxe, a aussi raconté comment la haine dans les quartiers avait été initiée et entretenue par des militants et certaines associations soi-disant anti-racistes, dont l’analyse folle repose sur le passé esclavagiste et ségrégationniste américain, sans rapport avec le passé et le présent de la France métropolitaine. Pour de telles prises de positions, Quarteron est, depuis, boycotté par les médias publics, relais des bien-pensants qui n’adoubent les « racisé(e)s » que lorsque ceux (ou celles)-ci déversent leur haine contre la France et la police comme il convient de le faire. Ces médias et leurs relais risquent d’être de nouveau pris de cours. Les récents propos de Booba ont révélé qu’il est un artiste intelligent, opportuniste, et sensible au vent qui tourne. Or le vent qui souffle est celui des masses, excédées par la violence gratuite, la sauvagerie croissante, l’impunité et les discours victimaires. Un vent qui risque de souffler aussi l’avènement d’un nouveau rap.

Osons l'autorité

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[1] https://www.europe1.fr/faits-divers/info-europe-1-mort-de-nahel-ladolescent-connu-pour-15-mentions-au-fichier-des-antecedents-judiciaires-4191433

[2] https://www.lalsace.fr/faits-divers-justice/2023/08/15/viol-barbare-a-cherbourg-l-auteur-18-ans-deja-vise-par-plusieurs-enquetes

[3] Droit de l’exécution des peines 2023-2024, de Martine Herzog-Evans, éditions Dalloz

Noire comme neige

Au lieu de déconstruire un classique de notre enfance, il aurait mieux fallu pour Disney ne rien faire.


Après les tumultes provoqués par le choix d’une actrice afro-américaine pour jouer le rôle-titre de La Petite Sirène, Disney persiste à « déconstruire » les contes traditionnels. Témoin, le remake en prises de vues réelles du dessin animé de 1937, Blanche-Neige et les sept nains, qui sortira en mars 2024. La princesse déchue à « la peau plus blanche que la neige » sera jouée par l’actrice américaine « latina », Rachel Zegler, qui met en avant ses racines colombiennes, bien que son père soit d’ascendance polonaise. Interviewée au mois d’août, elle accable la version consacrée de l’histoire signée par les frères Grimm, assimilant le prince à un harceleur –« un mec qui traque littéralement » la princesse. Elle escamote l’idée que le conte puisse parler de l’éveil à la sexualité d’une jeune fille, Blanche-Neige devenant dans la nouvelle version « une femme moderne » dont le destin n’est pas d’« attendre un homme », mais de devenir « un leader ».

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Autrement dit, il s’agit d’une énième et très prévisible apologie de la « girlboss », la figure de la femme transformée en manager à l’égal d’un homme. Mais en plus d’être amputée de son identité par ce scénario désenchanté́ co-écrit par Greta Gerwin, la réalisatrice du film Barbie, Blanche-Neige perd ses petits camarades. En effet, les sept nains disparaissent (même du titre du film) au profit d’étranges « créatures magiques ». Parmi les sept, un seul est incarné par un comédien de petite taille. Cinq ont la peau blanche et deux ont la peau noire, et l’une est une femme. Une précaution « pour ne pas renforcer les stéréotypes du film d’animation orignal », selon un porte-parole de Disney. La firme prétend avoir consulté des membres de la « communauté des nains », mais sa décision a été critiquée dans la mesure où elle prive des acteurs nains de rôles qu’ils sont seuls capables de jouer. Disney devrait méditer l’échec de La Petite Sirène cette année : à force de vouloir plaire à toutes les minorités, on finit par ne plaire à personne.

Union des droites: un dégel est possible!

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Le billet politique d’Ivan Rioufol. Le bon sens finira-t-il par s’imposer un jour à droite? se lamente notre chroniqueur.


La droite aurait-elle cessé d’être bête? Entendre Jordan Bardella (RN) et Marion Maréchal (« Reconquête ! ») évoquer en duo un possible rapprochement, à l’occasion des élections européennes de juin 2024, laisse entrevoir l’esquisse d’une indispensable union. « Notre vocation c’est de rassembler », a précisé ce mercredi sur Europe 1 Sébastien Chenu, porte-parole du RN, en appelant les patriotes, également de gauche, à « venir se ranger » derrière son propre camp « qui fait la course en tête ».

Le RN rappelle son hégémonie sur la droite nationale

Il n’est pas sûr que cette précipitation du RN à rappeler sa position hégémonique soit le meilleur moyen psychologique de calmer les querelles d’égo qui infantilisent les leaders de la droite. Reste que, face à l’irrationalité d’un duel fratricide entre Bardella et Maréchal aux européennes, la sagesse semble gagner les deux jeunes têtes de liste. Répondant le jour même au président du RN qui, mardi sur RTL, avait appelé les dirigeants de « Reconquête ! » à « venir aider les patriotes à gagner les prochaines élections », Marion Maréchal a déclaré sur France 2 : «  Si Jordan Bardella a changé d’avis et évolué, et qu’il est prêt à travailler et à se mettre autour de la table avec les gens de LR (…), avec Reconquête !, moi j’ai envie de dire : Allons-y, parlons-en ». En dépit de sa désignation par Eric Zemmour comme tête de liste, la nièce de Marine Le Pen précise, à propos d’un rassemblement des droites : « Nous, on est prêts à le faire, bien sûr, parce que c’est la clé de la victoire. La porte est ouverte. Maintenant, à lui (Bardella) de nous dire ce qu’il en est clairement ». Le bon sens s’imposera-t-il enfin ?

A lire aussi : Robert Ménard / 2027: « S’il faut mouiller la chemise… »

Il n’est pas sûr que l’ouverture personnelle de Marion Maréchal vers le RN, qu’elle avait quitté naguère, soit du goût de Zemmour, même si lui-même a récemment admis que Bardella était « proche de (ses) idées ». Le patron de « Reconquête ! » ne semble, pour l’instant, concevoir l’union des droites qu’autour de sa personne et de son projet. Son objectif à court terme est de s’imposer face aux Républicains, qui n’ont toujours pas désigné leur tête de liste…

Zemmour en croisade contre le wokisme

« Nous sommes anti-woke, anti-immigration et économiquement de droite », fait-il remarquer en soulignant ses convergences avec les droites souverainistes européennes.

A lire ensuite, Frédéric Magellan: Marion l’Européenne

Reste que le RN de Bardella n’est pas éloigné de ces priorités. A l’évidence, il existe une utile complémentarité entre la défense civilisationnelle qui habite prioritairement Zemmour et la « conscience sociale » (M. Chenu) qui a amené Marine Le Pen à parler aussi, dimanche dernier à Hénin-Beaumont, des « dix millions de pauvres ». Le même constat d’un délabrement du pays est dressé de part et d’autre. Le grand remplacement va de pair avec le grand déclassement.

L’absurde serait à son comble si LR désignait François-Xavier Bellamy comme tête de liste, ajoutant à l’indifférenciation des profils. Un boulevard s’offre à une seule droite conservatrice, libérale et sociale.  Allez bon sang ! Encore un effort !

Journal d'un paria: Bloc-notes 2020-21

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De l'urgence d'être réactionnaire

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Du nouvel antiracisme décolonisateur

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Humaniste par raison et par fonction, notre chroniqueur se remet mal, apparemment, des nouvelles classifications lancées par les « décoloniaux » de toutes farines, qui font de tout Blanc un raciste par définition. Retour sur ce qu’est le racisme, l’antiracisme réel et le délire woke.


Je rendais ce jour-là des dissertations, énonçant seulement le nom de l’élève afin d’aller à lui pour lui donner sa copie. Je n’ai jamais annoncé les notes à voix haute : je laisse à chacun le droit de faire sa publicité, positive ou négative.

L’élève qui venait de recevoir son dû — et ça ne pesait pas lourd — a immédiatement protesté :

– C’est parce que je suis Noir que vous me sacquez, M’sieur ?
– Non, mon cher. C’est parce que c’est nul. Et avec ce que vous venez de dire, vous avez cette fois touché le fond.

Ce qui l’a conforté dans ses certitudes : je notais selon la couleur de peau du client. Que quelques Gaulois, ou prétendus tels, l’accompagnassent dans les tréfonds du classement lui importait peu. Il se sentait discriminé. Et à bien fouiller sa pensée, il croyait sans doute que sa couleur de peau, qu’il venait de me faire remarquer alors que je n’y pensais pas, devait lui valoir mon indulgence, voire quelques points d’avance au nom de la discrimination positive.

Le sergent Brighelli, vache mais réglo

Cela se passait dans une classe de préparation à l’Heptaconcours des Sciences-Po de province, où notre équipe du lycée Thiers parvenait à faire réussir, bon an mal an, 50% d’une classe recrutée dans les trois lycées ZEP de Marseille. Des établissements tous situés dans ces « Quartiers Nord » qui égaient régulièrement l’actualité criminelle. Les autres entraient — sur concours aussi — à Kedge Business School, une école de Commerce et Management régulièrement classée dans les cinq meilleures formations françaises. Un vrai concours, anonyme, sans avantage acquis au nom de la seule mixité sociale : nous réalisions une vraie mixité pédagogique, en montant le niveau de ces jeunes gens au niveau des exigences des concours.

A lire aussi, Ivan Rioufol: Qui sont ces Français qui détestent la France?

À cette époque, vu la diversité ethnique de la classe à laquelle j’enseignais les rudiments d’une vraie culture générale, je commençais souvent l’année en balançant pleine face le discours du sergent Hartmann, au début de Full Metal Jacket — avec quelques modifications mineures pour l’adapter à la situation :

« Je suis Jean-Paul Brighelli, votre prof de culture générale. À partir d’aujourd’hui, vous ne parlerez que quand on vous parlera, et les premiers et derniers mots qui sortiront de vos sales gueules, c’est « Oui, M’sieur », tas d’punaises. Est-ce bien clair ? »

Je vous laisse imaginer la qualité du silence. Alors, après l’avoir savouré, je reprenais :

« Si vous ressortez de chez moi, les loulouttes, si vous survivez à mon instruction, vous deviendrez une arme, vous deviendrez un prêtre de la culture implorant le concours. En attendant ce moment-là, vous êtes du vomi, vous êtes le niveau zéro de la vie sur Terre. Vous n’êtes même pas humains, bande d’enfoirés ! Vous n’êtes que du branlomane végétatif, des paquets de merdes d’amphibiens, de la chiasse ! Parce que je suis une peau de vache, vous me haïrez… mais plus vous me haïrez et mieux vous apprendrez. Je suis vache mais je suis réglo ! Aucun sectarisme racial ici. Je n’ai rien contre les négros, ritals, youpins ou métèques. Ici vous n’êtes tous que des vrais connards, et j’ai pour consigne de balancer toutes les couilles de loups qui n’ont pas la pointure pour réussir. Tas de punaises, est-ce que c’est clair ? »

Il y a douze ou quinze ans, il y avait toujours un loustic qui repérait la référence et répondait : « Sir, yes, sir » — ce qui faisait rire tout le monde et détendait l’ambiance toujours un peu compassée du premier cours, ce qui était l’objectif. Plus récemment, j’ai renoncé à cette entrée en matière, plus personne ne comprenant le second degré — un trait caractéristique de la génération Z comme zéro.

« Je n’ai rien contre les négros, ritals, youpins ou métèques … » Je le dis ici hautement : je n’ai jamais vu qu’un élève était homme ou femme, blanc ou noir, marseillais ou martien. Ils n’existent à mes yeux qu’en fonction de leurs aptitudes et de leurs réalisations. Comme dit à peu près Sartre : « On est ce que l’on fait » — et l’on n’existe pas préalablement, en tant qu’élève. Je peux, hors cours, m’intéresser au cursus, à l’histoire familiale, aux traumatismes vécus par les uns et les autres. Mais en règle générale, je n’en ai jamais fait grand cas. Le fait qu’Untel arrive d’une fratrie de douze enfants — la norme parmi mes élèves comoriens — est-il plus ou moins traumatisant que la dérive en mer de Chine, pendant deux semaines, des réfugiés vietnamiens que j’ai eus en cours à la fin des années 1970, et qui un an plus tard étaient parmi les meilleurs élèves ? Nous sommes mauvais juges de ce qui est handicap ou non.

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Mais dans la culture de l’excuse que l’on cherche à nous imposer, tout est handicap, tout est prétexte.

Le Blanc, responsable et coupable

Nous sommes entrés, depuis que décolonialisme et indigénisme sont montés sur le même bateau, dans une ère victimaire insupportable. Le Blanc est mis au banc des accusés par les « racisés » (percevez-vous comme moi ce qu’a de profondément raciste une telle dénomination, utilisée couramment par les organisations d’extrême-gauche ?), il est porteur de tous les crimes de Caïn. Et si par malheur il est juif, il est blanc au carré — voir Les Blancs, les Juifs et nous, le livre pas du tout raciste de Houria Bouteldja, l’égérie du Parti des Indigènes de la République, dont on se demande bien pourquoi il n’est pas interdit pour incitation à la haine raciale. « Sale Juive » est l’injure courante des gentils garçons basanés qui agressent les filles non voilées dans ma ville. Et les violent, parfois.

Et comme l’une d’elles se rebellait, il y a trois ans, elle a été ceinturée par un passant, qui lui a lancé : « Mais enfin, Mademoiselle, il faut les comprendre, c’est leur culture… »

Que les Arabes et les Noirs aient été, bien plus que les Européens, responsables de la traite des Africains est indicible : ainsi le veut la loi Taubira, exemple sidérant de mainmise du pouvoir sur l’Histoire et son enseignement. Que les Arabes aient joint à la traite la délicate attention de châtrer les hommes — ce qui explique le petit nombre de Noirs en Arabie, alors que les planteurs nord-américains ou brésiliens n’avaient pas eu l’idée d’en faire autant, préférant laisser leurs serviteurs proliférer pour leur plus grand profit — n’intéresse visiblement pas les organisations anti-racistes : on passe sur bien des horreurs, au nom de l’intersectionnalité des luttes. Tout comme les néo-féministes et autres chiennes de garde évacuent d’un geste négligeant le fait que des millions de femmes sont obligées de cacher leur corps, leur visage, leurs cheveux, de ne pas conduire ni d’aller à l’école et d’épouser des hommes qu’elles n’ont pas choisis — et éventuellement d’endurer des mutilations génitales rituelles. Le Blanc est le mal — l’exciseur, non, puisqu’il est racisé… Il n’y a pas de raciste noir, ni, par conséquence, de racisme anti-Blanc, puisque seul le Blanc est raciste, par définition. Même Victor Schoelcher, dont les statues ont été brisées en Martinique, et renversées en Guyane.

Square Victor Schœlcher à Fort-de-France Image: Facebook

A lire aussi : Sur France culture, le rapatriement des Afghanes est problématique. Mais pas pour les raisons auxquelles vous pensiez…

Le plus drôle, c’est que nombre de Blancs finissent par intérioriser cette culpabilité, avouent des fautes imaginaires, et plient le genou, style Black Lives Matter, devant les émules d’Assa Traoré, qui a fait de cette incitation à la repentance blanche un lucratif marché. Et de petites blondinettes bouffées de culpabilité s’offrent à des grands Noirs, parce qu’elles ont vu ça sur Xhamster. Et elles se repentent, oh oui ! à deux genoux.

Mais je reviendrai prochainement sur la sexualité des jeunes…

Sartre, dans Réflexions sur la question juive, explique avec pertinence qu’il est inutile de discuter avec un raciste parce que, dit-il, « il a la conviction des pierres » — et on ne convainc pas un menhir. Il faut lui taper dessus, longtemps, jusqu’à ce qu’il s’effrite. On ne convainc pas un croyant — et le wokisme fonctionne comme une religion. On fait comme les Florentins avec Savonarole, dont les « éveillés » sont les émules.

Réflexions sur la question juive

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A gauche, la défaite en chantant

Les œillades sirupeuses de l’extrême gauche au rappeur Médine et les âneries proférées par Juliette Armanet contre Michel Sardou nous ont offert les dernières polémiques de l’été. Ces deux épisodes sont une parabole de notre situation. Qu’il s’agisse de l’islamo-gauchisme en guerre contre les républicains laïcards ou des gentils-bobos méprisant le populo, deux France se font bel et bien face.


En France, tout se passe en chansons, y compris la guerre civile culturelle. À ma gauche Médine, à ma droite Sardou : les deux polémiques de la fin de l’été ont pris pour étendards respectifs deux chanteurs. Esprits forts et ricaneurs les ont balayées, décrétant que ces mayonnaises rances avaient été montées par des journalistes en panne d’inspiration estivale et/ou des populistes habiles à exploiter les peurs et rancœurs (ineptes) du populo. Bref qu’elles étaient au mieux insignifiantes, au pire malsaines. Elles sont pourtant fort instructives.

Gauche Médine contre France Sardou

Commençons par Médine, l’invité qu’on s’arrache dans les salons de gauche, malgré ses clins d’œil – antisémites, homophobes, francophobes et j’en passe – à la jeunesse islamisée des quartiers, ou plus probablement grâce à eux. Le nouveau Victor Hugo, à en croire l’amusante Mathilde Panot, très « honorée » de le recevoir. On se demande comment ce merveilleux « jongleur de mots » n’a pas mesuré la connotation antisémite de son calembour sur « ResKHANpée », désormais aussi célèbre que « Durafour crématoire ».

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Tous les Insoumis n’ont pas l’excuse de la niaiserie. Le spectacle d’un Alexis Corbière, que l’on croyait farouchement laïque et républicain, avalant sans broncher le brouet islamo-gauchisto-wokiste concocté par son patron, est désolant. Mélenchon, qui pétainise à loisir tous ceux qui le contestent, a inventé le pétaino-cynisme – soumission à la force doublée d’un opportunisme de fer. Mais tout ça, c’est rien que du buzz inventé par l’extrême droite pour salir la gauche – comme si celle-ci avait besoin d’aide pour cela.

Quant aux insultes proférées sur un obscur site belge par une jeune chanteuse (talentueuse, paraît-il) au sujet des Lacs du Connemara – une chanson qui la « dégoûte profondément » avec sa « musique immonde », son côté « scout », « sectaire », bref « c’est de droite, rien ne va »–, les protestations qui ont suivi ne visent, dixit Libé, qu’à « raviver, une fois encore, l’espèce de guerre culturelle en cours entre la réacosphère et les autres, afin d’opposer la méchante chanteuse “wokiste” et féministe face au monument patrimonial français, et ainsi tenter de rallier avec eux ce qu’ils croient être “le peuple”». Si on comprend bien, la France qui communie en braillant (faux) Connemara, celle dont le passé (en tout cas certaines de ses pages) fait vibrer autant les prolos des périphéries que les bourges des beaux quartiers, est responsable des tombereaux d’injures que Libé et les autres sermonneurs déversent quotidiennement sur elle. Alors que l’ensauvagement, d’une part, et l’islamisation tendance antisémite de certains quartiers, d’autre part, se déploient sans fin sous nos yeux, François Hollande (pour citer un phare du progressisme) explique sans rire que « la démocratie en Europe est menacée de l’intérieur par la montée d’un populisme d’extrême droite », lequel prend sa source dans l’esprit étroit des ploucs. De son côté, Libé, journal anciennement crypto-maoïste, lance courageusement une newsletter appelée « Frontal », dédiée au combat contre l’extrême droite. Un tel talent pour être toujours du bon côté, celui du manche idéologique, force l’admiration. Mais je m’égare.

Deux imaginaires qui s’entrechoquent

Si seul un facétieux hasard de calendrier a acoquiné ces deux épisodes, ils symbolisent à merveille le face-à-face de deux France qui ne parlent plus le même langage. Précisons que la frontière entre les deux n’épouse pas strictement les clivages ethno-religieux et politiques. La France de Médine, plutôt de gauche et en grande partie musulmane, comprend, en plus des militants et chefs à plume écolos-insoumis, une grande partie des élites culturelles – férues de diversité, mais qui n’en sont guère issues. Celle de Sardou a rallié beaucoup d’immigrés, fort aise de ne pas retrouver ici l’étouffoir religieux qu’eux ou leurs parents ont laissé au pays, et pas mal de braves gens qui se disent encore de gauche. Bref, ce qui se joue, ce n’est pas musulmans versus Gaulois ou droite contre gauche, mais le choc de deux imaginaires.

Les âneries d’Armanet (un beau titre de chanson, non ?) semblent avoir vaguement embarrassé d’autres pontifiants, soucieux de ne pas effaroucher le client : même les lecteurs du Monde aiment Sardou, preuve sans doute qu’ils n’ont pas été assez rééduqués. La sympathique Juliette-à-qui-la-droite-donne-la-nausée s’est fendue d’un mail de contrition au glorieux aîné qui, bon prince, a pardonné parce qu’après tout, on a le droit de ne pas aimer ses chansons.

L’exception PCF

Ce ne sont pas Sardou et son Irlande d’opérette qui écœurent Madame Armanet et la gauche Médine, c’est cette France des clochers et des bouffeurs de curés, unie dans son refus de congédier la virilité (toxique uniquement quand elle est blanche) et rituellement dénoncée comme réac. Conservatrice et contestataire, généreuse et ronchonne, elle est coupable d’un seul crime, son refus de disparaître et même de changer pour s’adapter aux derniers arrivés. Au lieu de les remercier de bien vouloir la régénérer, elle s’accroche à ses mœurs (en particulier au doux commerce entre les sexes), voire, horresco referens, à ses traditions.

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Pour l’instant, ce vieux pays a encore pour lui la supériorité du nombre. Même alliés, islamistes et gauchistes ne sont pas aux portes du pouvoir. Pourtant, misant à la fois sur la démographie et sur l’égarement d’une partie de la jeunesse, endoctrinée à la sauce woke, les principales forces de la gauche, PCF excepté, ont choisi leur camp. Préférant l’abaya à la minijupe, vomissant tout ce qui leur paraît trop franchouillard, trop blanc, trop national et trop populaire, elles comptent sur le grand remplacement, démographique et idéologique, pour assurer la victoire politique qui leur revient de droit. En attendant le Grand Soir multiculti, le sparadrap Médine collera durablement aux doigts de cette gauche fourvoyée.

Il serait injuste de passer sous silence les quelques voix qui, de ce côté de l’échiquier politique, flairent le danger. Même Laurent Joffrin, souvent moins bien inspiré, tire à vue : « Les Verts aiment le rappeur Médine, Juliette Armanet déteste Sardou. Dans les deux cas, la gauche se ridiculise », écrit-il sur son nouveau site (LeJournal.info). Sauf que le ridicule ne tue pas. Contrairement au déshonneur, annonciateur, espère-t-on, de défaites méritées.

Où sont les femmes ?

Malgré le peu d’intérêt manifesté par le public pour le foot féminin, la patronne de France télévisions Delphine Ernotte et de nombreux journalistes s’évertuent à lui donner une visibilité imméritée.


Malgré tous les efforts des journalistes pour nous intéresser à cette compétition, seulement 2,7 millions de téléspectateurs étaient présents devant le match opposant l’Angleterre à l’Espagne, dimanche 20 août, à Sydney. Selon Médiamétrie, la part d’audience de la finale de la Coupe du monde de foot féminin sur France 2 s’élève à 24,4 %. Même le jeu débile de Jean-Luc Reichmann, diffusé à la même heure sur TF1, a fait mieux, avec 27,1 % de PDA. Sélectionnée 112 fois en équipe de France, Marinette Pichon avait lancé une pétition, le 25 mai, pour dénoncer la réticence des télévisions à payer la somme astronomique réclamée par la FIFA pour les droits. « À moins de deux mois du coup d’envoi, la Coupe du monde de foot dames n’a toujours pas de diffuseur dans l’Hexagone. Il serait scandaleux que les matches des Bleues ne soient pas retransmis. »

Football obligatoire pour toutes et tous !

Un appel entendu par Delphine Ernotte qui, le 14 juin, révèle que France Télévisions s’engagera pour « une très large exposition du football féminin ». Après avoir trouvé un accord avec la FIFA, elle promet « une grande fête du football féminin pour donner à toutes les petites filles l’envie de pratiquer le plus populaire des sports ». Football obligatoire pour toutes et tous ! Sur France Inter, dans un débat sur « la faible médiatisation du sport féminin » où tous les intervenants se sont entendus pour dire qu’il était scandaleux que nous soyons tous persuadés que Yannick Noah est le dernier Français à avoir gagné Roland-Garros (alors que c’est Mary Pierce), l’ancienne conseillère de François Hollande et nouvelle patronne des sports de Radio France, Nathalie Iannetta, confesse qu’elle ne s’est pas rendue en Australie – alors qu’elle avait fait le déplacement au Qatar. Mais elle travaille évidemment d’arrache-pied pour que le sport féminin soit davantage présent dans les médias. Elle dit avoir bien des difficultés à recruter de jeunes femmes journalistes s’intéressant au sport, ces dernières préférant la politique ou les sujets de société. Et se félicite que France Inter ait accordé la même place au Tour de France féminin qu’au « vrai » Tour de France. À l’heure où les chaînes du groupe de Mme Ernotte n’affichent plus le logo des JO de Paris sans y accoler le logo des JO paralympiques, j’affirme ici que je ne me brancherai sur notre équipe de foot féminin que lorsque ce sera Mimie Mathy qui sera dans les cages !

Libérons nous du féminisme !

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Les bouquinistes à la Seine

Pour satisfaire aux exigences des sponsors des J.O., la ville de Paris souhaite démonter les boîtes des bouquinistes le long de la Seine. Pour le comédien Philippe Caubère, c’est une atteinte inadmissible à l’âme de notre capitale.


Lisant – et non « relisant », soyons franc… – la seconde partie du Miroir des limbes, dont la première sont les Antimémoires, je tombe sur ces mots d’André Malraux : « De Chardin jusqu’à Picasso, tous les grands peintres, comme ils allaient jadis à Rome, sont venus à Paris. J’entends mon discours d’inauguration de la première Biennale : “Auprès d’un fleuve que bordent les boîtes des bouquinistes et les marchands d’oiseaux, dans cette ville où la peinture pousse entre les pavés”… » Comment ne pas penser à ce qui se prépare comme nouvelle entreprise de destruction et d’humiliation de la ville de Paris ? La seule qui compte et qui nous intéresse : celle du peuple, des peintres, des poètes et de sa légende.

Au profit de Jeux olympiques dont l’intérêt principal pour les Parisiens sera de pouvoir louer leur appartement à des prix astronomiques, ce qui n’est, d’ailleurs, pas si mal pour eux, mais bien loin de l’évocation de Malraux. Les pavés et les oiseaux, déjà, c’est fini ! Il ne manquait plus que les boîtes des bouquinistes. Ces librairies populaires où tout un chacun, riche ou pauvre, pouvait et peut encore trouver, à des prix défiant toute logique commerciale, toutes les œuvres de l’esprit, de la science et de la poésie. On dira bien sûr que ma réflexion tient du passéisme, de la nostalgie, du « c’était mieux avant ». Et l’on aura raison. En ce temps, peinture et littérature n’étaient pas réservées aux seuls – admirables ! – musées et bibliothèques, et l’art restait encore cette religion sauvage et ingérable, la seule vraiment respectable ; en tout cas : intouchable. En ce temps, la Culture n’était encore qu’un mot d’ordre inventé par le ministre pour y créer des « Maisons » chargées de la protéger et de la conserver, afin de laisser l’art, le vrai, « pousser entre les pavés ». Ouais, c’était mieux alors. Paris voyait visiteurs, étudiants, artistes et révoltés accourir de tout le pays, du monde entier, pour y chercher, fous d’espérance, la clef des songes et le lieu des idées. Il n’en reste aujourd’hui que des images effacées, surannées. Des photos, des films, des récits. Des « séries ». Vestiges et traces d’un continent englouti, d’un temps perdu, presque oublié. Et pourtant…Non. C’est pas vrai. Ce Paris-là existe et respire encore, refuse de crever. Il squatte de toutes ses forces la mémoire collective, surtout celle de ceux qui ne l’ont pas connu, mais l’ont rêvé, imaginé et choisi.

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Il est terrible que nulle autorité municipale ou nationale ne voie ce qu’il y a de force morbide et négative dans ce geste misérable. Dans cet affront commis contre l’âme de cette ville si chantée, si aimée ; à la place de laquelle on va vendre à la planète un « Paris » faux, prétentieux, fabriqué pour satisfaire les goûts de la pire populace : celles des riches. Des nouveaux en particulier. Qui seuls auront accès à ces quais débarrassés de leur histoire pour leur permettre de voir passer sur le fleuve de Guillaume Apollinaire les laideurs et vulgarités propres à ce genre d’« événement ». Je ne parle pas du spectacle sportif, antique, extraordinaire, que nous regarderons tous à la télévision, mais de cette « cérémonie » d’ouverture, prestation fatalement clinquante, vaniteuse, ultra-nationaliste, dont on entend déjà les commentaires : Génial ! Fabuleux ! Exceptionnel ! On est les meilleurs !

Tandis qu’aux poubelles, les vraies, comme celles de l’histoire, on balancera les boîtes en bois des bouquinistes, ce petit grand symbole de ce qui faisait, fait encore et fera toujours la vérité de Paris : sa poésie. Et j’ajouterai : sa modestie.

A Madagascar, le pouvoir perd le sens des réalités

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Une tribune de l’opposition au président Rajoelina.


Il est affligeant pour Madagascar que la réalité soit si douloureuse pour la population et que le pouvoir en place ne trouve d’autres propositions à faire que de nier cette réalité plutôt que de mettre tout en œuvre pour la rendre meilleure. Car, contrairement aux affirmations de Mme Lova Hasinirina Ranomaro, directrice du cabinet du président malgache,

  • Qui peut encore ignorer aujourd’hui que Madagascar est devenu ce pays où la pauvreté accable plus de 85% de sa population, vivant quotidiennement privée d’électricité et d’eau potable, dans des conditions d’hygiène proches du Moyen-âge ?
  • Qui peut encore ignorer que Madagascar est devenu ce pays où la Justice ou ce qu’il en reste, n’est plus qu’un instrument d’oppression aux mains de l’exécutif qui enjoint aux juges de ne sévir que contre les honnêtes gens ?
  • Qui peut encore ignorer que les plus hauts dirigeants de Madagascar sont impliqués dans des scandales de détournement de fond publics, de trafics d’or, de corruption, au point que la directrice de cabinet du président de la République lui-même, soit arrêtée et emprisonnée à Londres pour des faits graves de corruption et de tentative d’extorsion d’argent ? Qui peut croire de surcroît qu’elle n’y soit pas allée en service commandé ?
  • Qui peut ignorer que l’actuel et encore président de la République de Madagascar n’avait pas menti et falsifié les documents produits à la Haute cour constitutionnelle en cachant sa nationalité française obtenue à la suite d’une demande volontaire de naturalisation en 2013, alors qu’à cette époque, il avait déjà le statut de chef de l’Etat ?

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Qui peut encore ignorer ?… Cette liste n’est malheureusement pas exhaustive, mais surtout, tout le monde sait que le seul motif de vouloir s’accrocher au pouvoir du président en place et de son entourage, est l’impérieuse nécessité de préserver une énorme richesse mal acquise sur le dos d’un peuple de plus en plus pauvre et délibérément maintenu dans un état de sous-développement pour mieux abuser de lui.

À Madagascar, les institutions sont instrumentalisées par le pouvoir et sa clique au bénéfice de leurs seuls intérêts et ne préservent plus que l’apparence d’une démocratie, tandis que la liberté de la presse est bafouée tous les jours. Dans leur situation d’opprimés, les Malgaches s’impatientent malgré tout de voir que, si la candidature d’Andry Rajoelina venait cependant à être validée, la réaction des chancelleries étrangères présentes à Madagascar, des bailleurs de fonds et de la Communauté internationale en général ne se borneront pas une fois de plus à avaliser un processus électoral dévoyé, afin de maintenir une apparente stabilité quel que soit le désordre insupportable qu’elle entretient.

A Madagascar, le prochain vote peut changer les choses et remettre le pays sur la voie du développement. A condition que la vérité de sa situation réelle soit accessible à tous !

Le bannissement, une solution réaliste pour notre sécurité

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Pourquoi ne pas bannir tous les multi-récidivistes dont la justice ne sait que faire, dans un archipel volcanique isolé ? Tribune.


Depuis 50 ans en France, on nous promet la sécurité des biens et des personnes. Résultat ? 8000 crimes et délits par jour en 2022, selon les propres sources du ministère de l’Intérieur ! Toutes les vedettes politiques de notre pays y sont pourtant passées, et elles n’ont cessé de promettre. Jacques Chirac en 1974, Charles Pasqua en 1986, Pierre Joxe en 1984 puis en 1988, Nicolas Sarkozy en 2002, Manuel Valls en 2012… Depuis 50 ans, des dizaines de lois étaient sensées nous rassurer dont la loi Sécurité/liberté du 2 février 1981, la loi pour la Sécurité intérieure en 2003, la loi Sécurité globale en 2021… En 2005, le futur président Sarkozy s’engageait même à débarrasser les quartiers de la « racaille », et à nettoyer « au Karcher » la cité des 4000 à la Courneuve… Échec. Le pire est que les premières victimes habitent les quartiers populaires, souffrent parfois de problèmes de transports et souvent de problèmes de pouvoir d’achat. Triple peine pour elles ! Dépitées, elles votent de plus en plus pour le Rassemblement national, et cet échec sécuritaire prépare l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen.

Punir vraiment

Pour que les Français se préoccupent d’environnement, encore faut-il qu’ils vivent en sécurité – que ce soit pour leurs biens, pour leurs familles, pour les enfants, ou pour leur propre personne. Être écologiste, c’est être pour la sécurité.

L’information intéressante est que les auteurs de méfaits, de toutes ces violences, représentent moins de 1% de la population de notre pays. Face à tous ces multirécidivistes qui sont donc une minorité de personnes et qui pourrissent pourtant la vie d’une majorité d’entre nous, face au harcèlement scolaire qui peut conduire au suicide, face à des crimes terribles comme le viol avec torture, face à la mafia de la drogue, il existe une arme de dissuasion massive, ou du moins de punition marquante : le bannissement.

Cap sur l’Océan Indien !

Notre pays a le privilège d’avoir des îles inhabitées ou peu habitées, dans trois océans, comme par exemple les îles Kerguelen ou les Îles Éparses, dans l’océan Indien. Un tel site permettrait aussi de mieux contrôler les ressources halieutiques et minières de la ZEE se trouvant autour de ces îles qui sont aujourd’hui l’objet de nombreuses convoitises. Vu la difficulté à construire des prisons en zone très habitée, vu l’insuffisante dissuasion que représente cette incarcération, je propose de donner la possibilité aux juges de décider le bannissement pour les cas particuliers des multirécidivistes et des auteurs de certains crimes.

À un moment donné, il faut changer de braquet, non ?!

Bannir

Oui, on peut sûrement améliorer la chaîne pénale ; Oui si notre Constitution permettait des peines planchers, ce serait un progrès ; oui le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas parlait déjà de clochardisation de notre Justice en 2016 ; oui, 3000 magistrats et greffiers démontraient déjà leur dépit en novembre 2021 dans une tribune retentissante ; oui, il faut plus de policiers et de places de prisons… Mais la culture de l’excuse dans la pensée de gauche a sa part de responsabilité dans ce désastre. Les NUPES, EELV et LFI en tête, condamnant à tout va l’institution police, font partie des sources du fléau délinquant et criminel de notre pays : lorsque survient le drame Nahel et que des politiciens ignorants s’en prennent immédiatement à la police, ils déresponsabilisent les émeutiers et… les délinquants routiers.  Car ce jeune homme, déjà fort défavorablement connu des fichiers de la police, a imposé une course poursuite de 20 minutes à deux motards de notre République, mis des personnes en danger et récidivé dans le refus d’obtempérer. Le mois dernier, deux femmes innocentes qui étaient au mauvais endroit au mauvais moment, âgées de 21 ans, sont mortes à cause d’un fuyard. Ceux qui se soustraient aux contrôles de police tuent. Et il est temps de comprendre que ce qui est important c’est le fait générateur. Punir le délinquant ou le criminel puni, cela revient à protéger la société mais aussi le protéger lui-même ! Force est de constater que nous avons franchi les quatre niveaux du drame de la désinhibition :

Le niveau 1, c’est la longueur de la période entre le constat du délit et sa sanction effective.
Le niveau 2, c’est la faiblesse de la sanction.
Le niveau 3, c’est l’incertitude de la sanction. 
Le pire est le niveau 4, c’est la certitude de l’impunité. Elle désinhibe le délinquant ou le criminel potentiel.

Bref, il est urgent de faire savoir que désormais l’arme du bannissement, sur une durée que déterminera le juge, pourrait être pleinement utilisée.

Robert Ménard / 2027: « S’il faut mouiller la chemise… »

À mi-parcours de son deuxième mandat à la mairie de Béziers, Robert Ménard dresse un bilan d’étape. Si sa ville est devenue plus dynamique et plus sûre, il reconnaît être désarmé face à la pression islamique. Inquiet pour l’avenir du pays, il déplore que le président, qui a pourtant les mains libres, n’ait pas le courage de prendre les problèmes du pays à bras-le-corps… et prend date avec les Français.


Relire la première partie de notre grand entretien avec Robert Ménard


Parlons de votre bilan à Béziers, dont vous êtes le maire depuis près de dix ans. L’insécurité a-t-elle régressé ?

Oui, parce que j’ai mis sur la table des moyens colossaux. Mais est-ce aux communes de payer des polices municipales de plus en plus nombreuses et de mieux en mieux équipées ? Les représentants de l’État et du gouvernement n’ont que le mot « régalien » à la bouche. Ils nous expliquent que les grands enjeux, c’est leur rayon et que les maires n’ont qu’à s’occuper des crottes de chien. Eh bien, qu’ils commencent par garantir la sécurité de nos concitoyens ! L’État a, presque en « loucedé », refilé tout un tas de bébés aux maires, mais sans nous donner les moyens afférents.

Au-delà de la délinquance, parfois mêlé à elle, il y a le séparatisme culturel. Observez-vous sur ce front une aggravation ou une amélioration ?

Malheureusement, la réponse est évidente. On croise aujourd’hui des femmes habillées à l’afghane, des petites filles entièrement voilées qu’on ne voyait pas avant. Il y a quelques semaines, j’ai rappelé la loi à une jeune fille dont le visage était entièrement masqué et le corps couvert intégralement, mains comprises. Je lui ai demandé de se découvrir, ce qu’elle a fait.

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Toutes nos proclamations de « nous ne céderons pas » sont donc inutiles ?

Je me sens désarmé. Dans l’immense majorité des cas, ces filles voilées ou masquées oscillent entre affirmation identitaire et communautarisme exacerbé en haine de l’autre. Je sais remettre une ville en état, mener une politique sociale. L’État viendra à bout du terrorisme. Mais on ne sait pas changer ce qu’il y a dans la tête des gens. De plus, on l’oublie trop souvent, le changement technologique contribue aux radicalisations identitaires. Avec internet, les immigrés peuvent conserver un contact permanent avec leur culture d’origine et sont « cadenassés » par les algorithmes qui les maintiennent dans leur communauté. Nous ne savons pas forcément lutter contre une certaine séduction, l’attrait d’un monde arabe parfois puissant, souvent fantasmé, comme l’Arabie saoudite, par exemple, qui achète les stars du foot, envisage de construire une ville géante ultra-moderne, etc. En face, il faudrait renouer avec la fierté d’appartenir à cette France millénaire, à cette patrie de la liberté. Mais cela nécessite une volonté, une immense ambition.

Il faut commencer par interrompre les flux…

Oui, en tout cas les réduire au strict minimum car l’immigration zéro n’est qu’un slogan. Encore faut-il intégrer ceux qui sont là. L’Éducation nationale a longtemps cherché à m’imposer l’enseignement des langues d’origine, en l’espèce l’arabe et le turc, dans les petites classes. J’ai toujours refusé et ils ont arrêté de me casser les pieds avec ça. En revanche, dans les quartiers difficiles où il y a parfois plus de 90 % d’enfants d’origine étrangère, j’ai mis en place des cours du soir de français.

On peut aussi se battre sur des comportements : refuser les tenues islamiques à l’école par exemple.

Voilà pourquoi mon épouse Emmanuelle a déposé une proposition de loi pour instaurer l’uniforme à l’école. Des syndicats d’enseignants et des associations de parents d’élèves braillent, expliquant que ça ne réglera pas tous les problèmes. Réglons déjà celui des tenues ! J’ai donc écrit à Gabriel Attal pour le prendre au mot et lancer une expérimentation.

On demande aux communes de faire du logement social, mais les habitants ne veulent pas forcément de mixité. Est-ce un instrument politique efficace ?

Bien sûr qu’il faut construire des logements sociaux, mais si les gens ne veulent pas se mélanger, ce n’est pas les HLM qui vont fabriquer de l’intégration. Des cités entières ne sont peuplées que de gitans parce que ces gitans-là ne veulent vivre qu’avec d’autres gitans. On a le plus grand mal à mélanger des Maghrébins et des Turcs dans les mêmes cages d’escalier. Quand des gens issus de l’immigration viennent me demander des logements, ils commencent souvent par préciser qu’ils ne veulent pas de tel ou tel quartier, parfois d’ailleurs parce qu’il y a trop de gens de la même origine qu’eux… De même, devant les écoles, je suis fréquemment interpellé par les mamans maghrébines qui me demandent : « Où sont les petits Français ? » La clef, c’est le nombre. On peut intégrer des minorités, pas des groupes qui représentent 60, 70 ou 80 % de la population de telle école ou de tel quartier.

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Du point de vue d’un maire, la « machine France » fonctionne-t-elle ?

Cela dépend des interlocuteurs que l’on a. J’ai connu une période où le préfet et le sous-préfet me menaient une guerre politique permanente. Aujourd’hui, j’ai un préfet et un sous-préfet qui font leur métier, donc qui m’aident. Comme Michel Houellebecq, « je crois de moins en moins aux idées, je crois aux gens ». En réalité, la France ne fonctionne pas si mal que ça, il ne faut pas tomber dans le sombre panneau décliniste.

Vous qui prônez la bienveillance, avez eu des propos très violents, et à mon sens très injustes, à l’encontre d’Éric Zemmour. Regrettez-vous de l’avoir blessé et anéanti votre amitié ?

Évidemment ! Il y a des mots que je n’aurais pas dû prononcer. Être ironique et méchant, c’est facile et les gens applaudissent. Alors oui, même si j’ai de profonds désaccords avec Éric, j’aurais dû avoir avec lui un débat amical. Le problème, c’est qu’il est désormais prisonnier d’une sorte de fan-club catho-droitard qui ne lui laisse guère d’espoir de rassemblement.

Et vous, appartenez-vous à une famille politique ?

Sûrement pas et je ne le veux pas. Certains parleront de poujadisme, mais je pense que les partis politiques sont un problème en France. Comme les médias d’ailleurs. Politiquement, notre système fait qu’on se rallie non pas à un parti, mais à une personne. Et je ne vois pas à qui je pourrais me rallier aujourd’hui. Disons pour vous faire plaisir que je suis un démocrate attaché à un pouvoir plus proche des gens, plus respectueux des cultures locales et de la diversité française. Une sorte de fédéraliste un peu punk. Comme disait Romain Gary, « un minoritaire-né ».

Robert Ménard rencontre des locataires des HLM de Béziers, réunis devant l’agence OPHL du quartier de l’Iranget pour protester contre la hausse des tarifs énergétiques, 3 août 2023. © Stéphane Pocher/France Bleu

Si je peux jouer les idiotes, en quoi les médias sont-ils un problème ?

Ils passent leur temps à dénoncer tous ceux qui ne sont pas mainstream. Regardez le boucan autour du JDD ! Je ne partage pas forcément les idées de Geoffroy Lejeune, mais ce n’est pas un facho dangereux. Or, il y a eu quasi-unanimité des autres médias pour dire que son arrivée menaçait le pluralisme. Même Reporters sans Frontières a fait chorus : mais de quoi je me mêle ? Alors que, a contrario, les propos d’Edwy Plenel ne sont jamais questionnés.

En refusant toute affiliation politique, vous préservez votre liberté. Mais le prix à payer n’est-il pas une certaine solitude ?

Il est vrai que, quand je côtoie les états-majors politiques, je me sens seul, mais je reçois aussi beaucoup de soutiens et pas seulement dans ma ville. Alors, peut-être ma solitude est-elle une bonne chose. Les gens veulent du bon sens.

Le bon sens n’est pas une politique !

Et pourquoi donc ?

Parce que nous avons aussi besoin d’une vision, d’un récit, d’un roman national. Nous ne sommes pas ensemble simplement pour produire des richesses.

Mais on crève de ça ! Ça vous fait certainement plaisir d’avoir un chef de l’État qui lit des philosophes, mais ça ne sert à rien. On a besoin de gens qui ne promettent pas de tout régler, mais s’attaquent modestement à deux ou trois questions et s’y consacrent corps et âme.

Aujourd’hui, même les chansons de Michel Sardou sont devenues un enjeu de querelles…

Cette polémique en dit long sur l’état de la société. La jeune chanteuse qui exprime son dégoût des Lacs du Connemara est représentative d’une certaine jeunesse qui déteste tout ce qui est français et populaire. Ça doit lui sembler « sale ». Le tube de Sardou, comme les chansons de Claude François, est repris dans tout le pays depuis quarante ans, des bals de village aux soirées de mariage en passant par les communions ou les fêtes de promo. C’est cette popularité qui les rend jaloux. Et Sardou est la cible parfaite : gaulois ronchon, mâle hétéro, pas vraiment de gauche…

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Que pensez-vous de « tendresse » affichée des écolos pour le rappeur Médine ?

Soyons clairs : les Verts ont raison d’alerter sur le catastrophique changement climatique. Mais les extrémistes écolos sont dangereux, car ils veulent une véritable rupture anthropologique. Avec eux, c’est le retour au Néolithique. Et encore, ça doit leur sembler trop polluant. Quant à l’invitation faite à Médine, drôle d’idée politique, reprise d’ailleurs par LFI ; ce type, qui semble loin d’être idiot, est hors des clous. Son tweet sur Rachel Khan est sans conteste possible une saloperie antisémite digne d’un Soral. Et certains de ses clips sont plutôt inquiétants, comme celui où il dit sa détestation de notre République et de Marianne. L’extrême gauche française, dont font partie les écologistes, a le plus grand mal à rompre avec les pratiques clientélistes qu’elle dénonce pourtant chez ses adversaires. Ici, c’est tout simplement du racolage électoral !

Darmanin pense à 2027, et vous ?

Il y a la force du destin. On ne peut pas exclure une crise de grande ampleur qui frapperait soudain notre pays. Quelque chose d’incontrôlable. Dans une situation de ce genre, en tant que patriote, je répondrais présent. La situation de 2027 est préoccupante : qui pour succéder à Macron ? Quand j’entends les propos capitulards, munichois, d’un Sarkozy et le peu de réactions à droite, je me pose des questions. Je ne laisserai pas mon pays plonger dans l’inconnu. Et s’il faut mouiller la chemise…

Quand c’est Booba, c’est de la balle! Quand c’est Zineb, c’est le scandale!

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Élie Yaffa dit "Booba", sur le plateau de Canal +, Cannes, 2014 © SYSPEO/SIPA

Dans une interview accordée, le 5 août, aux journaux régionaux du groupe EBRA, Booba a surpris tout le monde, affirmant que « la police, le système judiciaro-carcéral, et plus globalement l’État, ne se font pas respecter […] les jeunes n’ont pas peur de la police, l’État est beaucoup trop mou et faible […] les peines de prison sont trop légères et surtout rarement appliquées », et qu’à cause de cela « les policiers s’en trouvaient discrédités ». Le rappeur a conclu qu’aux États-Unis, « c’est loin d’être parfait mais tu ne défies pas la police à la bagarre ».

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, de nombreux commentateurs ont loué cette prise de position du rappeur. C’est le cas d’Olivier Dartigolles, chroniqueur politique, ou de Lucas Jakubowicz, rédacteur en chef de Décideurs Magazine. Invités sur le plateau de CNews dans l’émission « L’Heure Des Pros 2 été » du 6 août, Lucas Jakubowicz avait même soutenu l’idée que, s’il n’y vivait plus, « Booba était le porte-parole d’une grande majorité des résidents de ces quartiers dits sensibles », premières victimes des voitures brûlées, des violences – bref de l’insécurité. Le journaliste de Décideurs magazine avait conclu : « sa parole pèse, elle mérite d’être entendue et non pas moquée ». Ces commentaires, intéressants, amènent trois questions. La première consiste à se demander si, comme l’a prétendu Booba, le système judiciaro-carcéral inflige vraiment des peines trop légères et rarement appliquées. L’actualité semble donner raison à Booba. Ne nous a-t-elle pas appris récemment qu’on pouvait avoir 15 rappels à la loi, pour trafics de stupéfiants, excès de vitesse, conduite sans permis, vols avec violence, sans avoir jamais une seule condamnation, et tout en ayant un casier judiciaire vierge [1] ? Ou qu’on pouvait avoir commis depuis des années des agressions sexuelles et voies de fait dans son quartier, ainsi que viol et violences répétées sur personnes de sa famille, avoir été appréhendé mais être resté en liberté [2] ?

Quand la prison assure une bonne promo

En outre, lorsqu’on est condamné, la loi prévoit que pour toute condamnation inférieure à un an, on peut se voir accorder par le Juge d’Application des Peines (JAP) une réduction de 14 jours par mois d’incarcération, si l’on a un bon comportement en prison. Pour toute peine supérieure à un an, le JAP peut, pour les mêmes motifs, accorder à la personne condamnée une réduction de peine de six mois par année d’incarcération. Sans compter qu’il y a encore des dispositifs de liberté conditionnelle, une fois que le condamné a accompli la moitié de la durée initiale de sa peine. Autrement dit, une condamnation à 15 ans, pour agressions, crimes, ou trafics de drogue, peut tout à fait normalement aboutir, en réalité, à une peine inférieure à sept ans et demi, si l’on se comporte correctement en prison et qu’on s’engage dans une démarche de réinsertion [3].

Booba sait de quoi il parle. Après la bagarre entre sa bande et celle de Kaaris, à Orly, occasionnant de couteux dégâts, le « Duc de Boulogne », expliquait, lors d’une interview accordée au média Brut, en septembre 2019, « je savais que j’y resterais pour un mois maximum, ça m’a même permis de me reposer. Dans mon cas, c’était presque de la promo, […] j’étais assez détendu ». Que la prison ne fasse plus peur, Booba peut donc en parler savamment.

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La deuxième question consiste à se demander si l’on peut entendre les propos d’un rappeur qui, aujourd’hui, appelle à la fermeté de la justice et de la police vis à vis de la délinquance, alors qu’hier il chantait tout le contraire. Dans le morceau « N° 10 », le mélomane peut entendre « Fuck la loi, son arbitrage, ses cartons, Dis-leur ici c’est nous les patrons. Sucez-nous pendant qu’on bicrave, […] Nombreuses seront les victimes […] Toujours anti-dèps, insolent contre les agents. » Dans « La Faucheuse », Booba n’incite guère la jeunesse à la sagesse : « Vis dans l’inégalité […] Agis, ça sert à rien d’lé-par, Moi, j’suis toujours en train d’bé-bar c’pays d’klébars »… Booba a donc beau jeu de trouver, à présent, l’État, la justice et la police trop mous et trop faibles ; il y a encore peu de temps, il encourageait à les défier et exprimait, sans complexe, son mépris pour la France. Notamment dans « Le Bitume et La Plume », où il clamait : « Quand j’vois la France les jambes écartées j’l’encule sans huile ». Si l’on peut se féliciter que le rappeur ait changé son fusil d’épaule, on peut regretter qu’il ne l’ait pas fait plus tôt. Et surtout, on peut regretter qu’il ne l’ait pas fait en chansons, tout compte fait… Car, compte tenu de la prédominance du rap dans la musique qu’écoutent les jeunes, on ne peut que rêver des répercussions qu’un rappeur du renom de Booba auraient sur les jeunes des quartiers s’il les exhortait, dans ses punchlines, à respecter leurs profs qui s’investissent sans compter, à ne pas systématiquement s’armer jusqu’aux dents ou à chercher la bagarre entre bandes pour les plus futiles motifs, et enfin, à cesser de refuser d’obtempérer lorsqu’on est contrôlé, pour éviter les accidents tragiques, pour soi-même, ou pour les autres. Si Booba ne l’a pas fait avant, c’est parce qu’il évolue dans un milieu musical labellisé « rebelle », qui, en réalité, est extrêmement conformiste.


La haine anti-France et anti-police est le fonds de commerce de la majorité des rappeurs depuis des décennies. D’ailleurs, en cela, Booba est un petit joueur ! Les groupes « Ministère Amer », « Sniper », par exemple, et tant d’autres, sont experts en la matière. Dans « Face À La Police », le groupe 113 prônait une haine pour son pays décomplexée, qui va de pair avec l’incivilité routière « J’baise votre nation […] En voiture à fond, un bon son, association, Les keufs sont au feu rouge, attention, disparition. Face à la police, me rendre, hors de question. L’uniforme bleu, depuis tout p’tit, nous haïssons. Produits stupéfiants et pe-pom comme protection. »

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Depuis que le rap français est tout p’tit, de tels exemples sont comme les feuilles mortes, on les ramasse à la pelle ! Ce fonds de commerce est aussi celui de l’extrême gauche, dont certains membres ne cachent pas sa relation symbiotique avec les rappeurs anti-France et anti-police. En 2021, c’est le rappeur Soso Maness que le Parti communiste a invité à sa fête de l’Huma. Celui-ci y scandait avec le public en liesse « tout le monde déteste la police ». Pour l’Université d’été d’EELV, cette année, l’invité d’honneur était Médine, poète qui cumule punchlines anti-police et antisémites (voir le numéro de Causeur en vente actuellement NDLR). Quant à LFI, leur leader et nombre de ses membres reprennent inlassablement la rhétorique rappeuse selon laquelle, c’est la police qui tue. Et qu’en plus, ce sont toujours les jeunes arabes et noirs, qui seraient visés. D’après tout ce petit monde musical et politique, la rage de cette jeunesse des quartiers ne serait qu’une riposte au « racisme systémique » dont elle serait victime.

Les jeunes endoctrinés par la musique violente n’agressent pas que les policiers

Mais, dans ce cas, quelques interrogations naïves: le nombre grandissant de professeurs victimes d’agressions, dans ces fameux quartiers, l’est-il parce qu’ils sont racistes, eux également? Racistes aussi, les pompiers, régulièrement caillassés ? Racistes encore, les médecins, de plus en plus souvent agressés ? Racistes toujours, les pharmaciens et commerçants qui, lassés par l’insécurité, désertent ces quartiers?

Capture LCI

La réception positive et générale des propos de l’été de Booba dans les médias pose une troisième et dernière question. Pourquoi les avoir accueillis avec autant de bienveillance, quand hier, on rejetait avec véhémence ceux de Zineb El Rhazoui, appelant pourtant à la même fermeté ? On se souvient que l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo avait déclaré, lors d’un débat sur des violences urbaines sur un plateau de CNews, le mardi 5 novembre 2019, que puisque les forces de l’ordre avaient été attirées dans un guet-apens visant à les faire brûler vives, elles auraient dû tirer à balles réelles, comme le ferait la police américaine. Le même Olivier Dartigolles, qui dernièrement sur le plateau de CNews, s’est réjoui des propos de Booba, avait alors crié au scandale, soutenu par Sophie Obadia, avocate pénaliste ! Le lendemain, sur le plateau de LCI, Zineb El Rhazoui, imperturbable, avait enfoncé le clou. Faisant d’abord référence à l’article L 435-1 du code de sécurité intérieure, autorisant la police à la légitime violence, avec comme cadre l’immédiateté, et la proportionnalité, elle avait posé la question : « Pourquoi la police n’a-t-elle pas recours à son droit de la légitime défense quand on a des guet-apens […] à Viry-Châtillon, où les » racailles » ont immobilisé le véhicule de police, et y ont mis le feu ? » Au moment où l’ex-journaliste de Charlie Hebdo rappelait qu’un policier s’est retrouvé avec les poumons brûlés et d’autres blessures graves, un intervenant sur le plateau de LCI lui avait fait remarquer qu’il ne pouvait y avoir de proportionnalité entre les armes à feu des policiers, et les pavés et fumigènes des jeunes assaillants… Zineb avait rétorqué qu’il y aurait selon elle bel et bien eu proportionnalité si les policiers avaient sorti leurs armes et fait feu, car ils étaient trois lorsque les « racailles » étaient 100… Dans le cas de ces guet-apens perpétrés contre la police, « les racailles se constituent en milice concertée, et à des dates précises, se donnent rendez-vous pour casser du flic ». Raquel Garrido, de la France Insoumise, présente également sur le plateau n’avait pas manqué d’attaquer Zineb El Rhazoui sur le fameux terrain du racisme. « Vous montrez du doigt une certaine jeunesse des quartiers noire et arabe, principalement », avait lancé la députée de Seine Saint-Denis. Ce à quoi Zineb el Rhazoui avait répliqué: « Moi, je dis « racailles », et vous vous entendez « noirs et arabes », c’est votre problème, demandez-vous pourquoi ! »

Deux poids deux mesures

Il est en outre surprenant que les propos de Zineb el Rhazoui aient suscité un tel scandale, puisqu’à la même période, plusieurs articles de la presse et des reportages nous expliquaient bien que tendre des guet-apens à la police par le truchement des pompiers était devenu une « tradition », et que cette dernière allait croissant. Le Parisien citait alors l’expression de Loïc Travers, officier de police et secrétaire national adjoint de Alliance, évoquant des vidéos postées sur les réseaux sociaux, où l’on entend distinctement certains assaillants crier, plusieurs fois, au sujet de policiers attaqués: « Tuez-les ! » 

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N’ayant jamais commenté ou condamné de tels actes, Booba avait, en revanche, publiquement injurié la journaliste. « Pourrissons la vie à cette grosse merde puante » […] écrivait-il sur Instagram « cette suceuse d’empereur romain ». Zineb avait porté plainte, et le rappeur avait été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à lui verser une amende de 5000€ en dommages et intérêts. Alors que Booba n’avait pas besoin d’appeler à pourrir la vie de la journaliste, les activistes islamistes et tous leurs réseaux de collaborateurs s’en chargeant déjà. Depuis huit ans, la jeune femme, menacée de mort au quotidien, est forcée de vivre, jour et nuit, sous protection policière. La seule célébrité à avoir eu le courage de la soutenir publiquement dans cet épisode avait été Patrice Quarteron, champion de Taï et Kick-boxing. Au micro de SudRadio, le 12 novembre 2019, il avait menacé publiquement Booba de balancer l’adresse de toute sa famille s’il arrivait le moindre ennui à Zineb… La polémique s’était arrêtée là. Booba n’avait sans doute pas voulu prendre le risque de contrarier le champion de boxe, encore moins celui de troubler la douce vie qu’il coulait dans son quartier huppé et protégé de Miami.

Outre le côté misogyne de l’attaque, qu’aucun(e) féministe n’avait dénoncé, cette fatwa sur Zineb était avant toute chose lâche. Le rappeur confessait même, dans l’interview accordée à Brut précitée, qu’il avait choisi de vivre à Miami dans un quartier ultra-protégé où sa tranquillité était totale, lui permettant même de mettre en scène ses enfants sur les réseaux sociaux, chose qu’il ne pourrait jamais faire s’il vivait en France… Ainsi, protégé et dans l’anonymat, sans risque de représailles, il avait lancé sa fatwa numérique aux conséquences potentiellement tragiques.

Quarteron avait également dénoncé l’hypocrisie collective des gens, qui, en public, pouvaient qualifier Zineb de « ouf », tel Cyril Hanouna, mais qui en « off » convenaient que si une masse de gens vous attaquait pour vous tuer, le bon sens était évidemment de défendre votre vie ! Le boxeur, qui ne fait pas mystère de ses origines très modestes, à Grigny, et de ses galères de boulot avant de commencer la boxe, a aussi raconté comment la haine dans les quartiers avait été initiée et entretenue par des militants et certaines associations soi-disant anti-racistes, dont l’analyse folle repose sur le passé esclavagiste et ségrégationniste américain, sans rapport avec le passé et le présent de la France métropolitaine. Pour de telles prises de positions, Quarteron est, depuis, boycotté par les médias publics, relais des bien-pensants qui n’adoubent les « racisé(e)s » que lorsque ceux (ou celles)-ci déversent leur haine contre la France et la police comme il convient de le faire. Ces médias et leurs relais risquent d’être de nouveau pris de cours. Les récents propos de Booba ont révélé qu’il est un artiste intelligent, opportuniste, et sensible au vent qui tourne. Or le vent qui souffle est celui des masses, excédées par la violence gratuite, la sauvagerie croissante, l’impunité et les discours victimaires. Un vent qui risque de souffler aussi l’avènement d’un nouveau rap.

Osons l'autorité

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[1] https://www.europe1.fr/faits-divers/info-europe-1-mort-de-nahel-ladolescent-connu-pour-15-mentions-au-fichier-des-antecedents-judiciaires-4191433

[2] https://www.lalsace.fr/faits-divers-justice/2023/08/15/viol-barbare-a-cherbourg-l-auteur-18-ans-deja-vise-par-plusieurs-enquetes

[3] Droit de l’exécution des peines 2023-2024, de Martine Herzog-Evans, éditions Dalloz

Noire comme neige

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D.R

Au lieu de déconstruire un classique de notre enfance, il aurait mieux fallu pour Disney ne rien faire.


Après les tumultes provoqués par le choix d’une actrice afro-américaine pour jouer le rôle-titre de La Petite Sirène, Disney persiste à « déconstruire » les contes traditionnels. Témoin, le remake en prises de vues réelles du dessin animé de 1937, Blanche-Neige et les sept nains, qui sortira en mars 2024. La princesse déchue à « la peau plus blanche que la neige » sera jouée par l’actrice américaine « latina », Rachel Zegler, qui met en avant ses racines colombiennes, bien que son père soit d’ascendance polonaise. Interviewée au mois d’août, elle accable la version consacrée de l’histoire signée par les frères Grimm, assimilant le prince à un harceleur –« un mec qui traque littéralement » la princesse. Elle escamote l’idée que le conte puisse parler de l’éveil à la sexualité d’une jeune fille, Blanche-Neige devenant dans la nouvelle version « une femme moderne » dont le destin n’est pas d’« attendre un homme », mais de devenir « un leader ».

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Autrement dit, il s’agit d’une énième et très prévisible apologie de la « girlboss », la figure de la femme transformée en manager à l’égal d’un homme. Mais en plus d’être amputée de son identité par ce scénario désenchanté́ co-écrit par Greta Gerwin, la réalisatrice du film Barbie, Blanche-Neige perd ses petits camarades. En effet, les sept nains disparaissent (même du titre du film) au profit d’étranges « créatures magiques ». Parmi les sept, un seul est incarné par un comédien de petite taille. Cinq ont la peau blanche et deux ont la peau noire, et l’une est une femme. Une précaution « pour ne pas renforcer les stéréotypes du film d’animation orignal », selon un porte-parole de Disney. La firme prétend avoir consulté des membres de la « communauté des nains », mais sa décision a été critiquée dans la mesure où elle prive des acteurs nains de rôles qu’ils sont seuls capables de jouer. Disney devrait méditer l’échec de La Petite Sirène cette année : à force de vouloir plaire à toutes les minorités, on finit par ne plaire à personne.

Union des droites: un dégel est possible!

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Le député européen François-Xavier Bellamy, en 2023 au Cirque d'Hiver © Jacques Witt/SIPA

Le billet politique d’Ivan Rioufol. Le bon sens finira-t-il par s’imposer un jour à droite? se lamente notre chroniqueur.


La droite aurait-elle cessé d’être bête? Entendre Jordan Bardella (RN) et Marion Maréchal (« Reconquête ! ») évoquer en duo un possible rapprochement, à l’occasion des élections européennes de juin 2024, laisse entrevoir l’esquisse d’une indispensable union. « Notre vocation c’est de rassembler », a précisé ce mercredi sur Europe 1 Sébastien Chenu, porte-parole du RN, en appelant les patriotes, également de gauche, à « venir se ranger » derrière son propre camp « qui fait la course en tête ».

Le RN rappelle son hégémonie sur la droite nationale

Il n’est pas sûr que cette précipitation du RN à rappeler sa position hégémonique soit le meilleur moyen psychologique de calmer les querelles d’égo qui infantilisent les leaders de la droite. Reste que, face à l’irrationalité d’un duel fratricide entre Bardella et Maréchal aux européennes, la sagesse semble gagner les deux jeunes têtes de liste. Répondant le jour même au président du RN qui, mardi sur RTL, avait appelé les dirigeants de « Reconquête ! » à « venir aider les patriotes à gagner les prochaines élections », Marion Maréchal a déclaré sur France 2 : «  Si Jordan Bardella a changé d’avis et évolué, et qu’il est prêt à travailler et à se mettre autour de la table avec les gens de LR (…), avec Reconquête !, moi j’ai envie de dire : Allons-y, parlons-en ». En dépit de sa désignation par Eric Zemmour comme tête de liste, la nièce de Marine Le Pen précise, à propos d’un rassemblement des droites : « Nous, on est prêts à le faire, bien sûr, parce que c’est la clé de la victoire. La porte est ouverte. Maintenant, à lui (Bardella) de nous dire ce qu’il en est clairement ». Le bon sens s’imposera-t-il enfin ?

A lire aussi : Robert Ménard / 2027: « S’il faut mouiller la chemise… »

Il n’est pas sûr que l’ouverture personnelle de Marion Maréchal vers le RN, qu’elle avait quitté naguère, soit du goût de Zemmour, même si lui-même a récemment admis que Bardella était « proche de (ses) idées ». Le patron de « Reconquête ! » ne semble, pour l’instant, concevoir l’union des droites qu’autour de sa personne et de son projet. Son objectif à court terme est de s’imposer face aux Républicains, qui n’ont toujours pas désigné leur tête de liste…

Zemmour en croisade contre le wokisme

« Nous sommes anti-woke, anti-immigration et économiquement de droite », fait-il remarquer en soulignant ses convergences avec les droites souverainistes européennes.

A lire ensuite, Frédéric Magellan: Marion l’Européenne

Reste que le RN de Bardella n’est pas éloigné de ces priorités. A l’évidence, il existe une utile complémentarité entre la défense civilisationnelle qui habite prioritairement Zemmour et la « conscience sociale » (M. Chenu) qui a amené Marine Le Pen à parler aussi, dimanche dernier à Hénin-Beaumont, des « dix millions de pauvres ». Le même constat d’un délabrement du pays est dressé de part et d’autre. Le grand remplacement va de pair avec le grand déclassement.

L’absurde serait à son comble si LR désignait François-Xavier Bellamy comme tête de liste, ajoutant à l’indifférenciation des profils. Un boulevard s’offre à une seule droite conservatrice, libérale et sociale.  Allez bon sang ! Encore un effort !

Journal d'un paria: Bloc-notes 2020-21

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De l'urgence d'être réactionnaire

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Du nouvel antiracisme décolonisateur

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Assa Traore manifeste sur la Place de La République en juillet 2023 © Chang Martin/SIPA

Humaniste par raison et par fonction, notre chroniqueur se remet mal, apparemment, des nouvelles classifications lancées par les « décoloniaux » de toutes farines, qui font de tout Blanc un raciste par définition. Retour sur ce qu’est le racisme, l’antiracisme réel et le délire woke.


Je rendais ce jour-là des dissertations, énonçant seulement le nom de l’élève afin d’aller à lui pour lui donner sa copie. Je n’ai jamais annoncé les notes à voix haute : je laisse à chacun le droit de faire sa publicité, positive ou négative.

L’élève qui venait de recevoir son dû — et ça ne pesait pas lourd — a immédiatement protesté :

– C’est parce que je suis Noir que vous me sacquez, M’sieur ?
– Non, mon cher. C’est parce que c’est nul. Et avec ce que vous venez de dire, vous avez cette fois touché le fond.

Ce qui l’a conforté dans ses certitudes : je notais selon la couleur de peau du client. Que quelques Gaulois, ou prétendus tels, l’accompagnassent dans les tréfonds du classement lui importait peu. Il se sentait discriminé. Et à bien fouiller sa pensée, il croyait sans doute que sa couleur de peau, qu’il venait de me faire remarquer alors que je n’y pensais pas, devait lui valoir mon indulgence, voire quelques points d’avance au nom de la discrimination positive.

Le sergent Brighelli, vache mais réglo

Cela se passait dans une classe de préparation à l’Heptaconcours des Sciences-Po de province, où notre équipe du lycée Thiers parvenait à faire réussir, bon an mal an, 50% d’une classe recrutée dans les trois lycées ZEP de Marseille. Des établissements tous situés dans ces « Quartiers Nord » qui égaient régulièrement l’actualité criminelle. Les autres entraient — sur concours aussi — à Kedge Business School, une école de Commerce et Management régulièrement classée dans les cinq meilleures formations françaises. Un vrai concours, anonyme, sans avantage acquis au nom de la seule mixité sociale : nous réalisions une vraie mixité pédagogique, en montant le niveau de ces jeunes gens au niveau des exigences des concours.

A lire aussi, Ivan Rioufol: Qui sont ces Français qui détestent la France?

À cette époque, vu la diversité ethnique de la classe à laquelle j’enseignais les rudiments d’une vraie culture générale, je commençais souvent l’année en balançant pleine face le discours du sergent Hartmann, au début de Full Metal Jacket — avec quelques modifications mineures pour l’adapter à la situation :

« Je suis Jean-Paul Brighelli, votre prof de culture générale. À partir d’aujourd’hui, vous ne parlerez que quand on vous parlera, et les premiers et derniers mots qui sortiront de vos sales gueules, c’est « Oui, M’sieur », tas d’punaises. Est-ce bien clair ? »

Je vous laisse imaginer la qualité du silence. Alors, après l’avoir savouré, je reprenais :

« Si vous ressortez de chez moi, les loulouttes, si vous survivez à mon instruction, vous deviendrez une arme, vous deviendrez un prêtre de la culture implorant le concours. En attendant ce moment-là, vous êtes du vomi, vous êtes le niveau zéro de la vie sur Terre. Vous n’êtes même pas humains, bande d’enfoirés ! Vous n’êtes que du branlomane végétatif, des paquets de merdes d’amphibiens, de la chiasse ! Parce que je suis une peau de vache, vous me haïrez… mais plus vous me haïrez et mieux vous apprendrez. Je suis vache mais je suis réglo ! Aucun sectarisme racial ici. Je n’ai rien contre les négros, ritals, youpins ou métèques. Ici vous n’êtes tous que des vrais connards, et j’ai pour consigne de balancer toutes les couilles de loups qui n’ont pas la pointure pour réussir. Tas de punaises, est-ce que c’est clair ? »

Il y a douze ou quinze ans, il y avait toujours un loustic qui repérait la référence et répondait : « Sir, yes, sir » — ce qui faisait rire tout le monde et détendait l’ambiance toujours un peu compassée du premier cours, ce qui était l’objectif. Plus récemment, j’ai renoncé à cette entrée en matière, plus personne ne comprenant le second degré — un trait caractéristique de la génération Z comme zéro.

« Je n’ai rien contre les négros, ritals, youpins ou métèques … » Je le dis ici hautement : je n’ai jamais vu qu’un élève était homme ou femme, blanc ou noir, marseillais ou martien. Ils n’existent à mes yeux qu’en fonction de leurs aptitudes et de leurs réalisations. Comme dit à peu près Sartre : « On est ce que l’on fait » — et l’on n’existe pas préalablement, en tant qu’élève. Je peux, hors cours, m’intéresser au cursus, à l’histoire familiale, aux traumatismes vécus par les uns et les autres. Mais en règle générale, je n’en ai jamais fait grand cas. Le fait qu’Untel arrive d’une fratrie de douze enfants — la norme parmi mes élèves comoriens — est-il plus ou moins traumatisant que la dérive en mer de Chine, pendant deux semaines, des réfugiés vietnamiens que j’ai eus en cours à la fin des années 1970, et qui un an plus tard étaient parmi les meilleurs élèves ? Nous sommes mauvais juges de ce qui est handicap ou non.

A lire aussi, Xavier Lebas et Martin Pimentel: Assa Traoré refuse de changer de disque

Mais dans la culture de l’excuse que l’on cherche à nous imposer, tout est handicap, tout est prétexte.

Le Blanc, responsable et coupable

Nous sommes entrés, depuis que décolonialisme et indigénisme sont montés sur le même bateau, dans une ère victimaire insupportable. Le Blanc est mis au banc des accusés par les « racisés » (percevez-vous comme moi ce qu’a de profondément raciste une telle dénomination, utilisée couramment par les organisations d’extrême-gauche ?), il est porteur de tous les crimes de Caïn. Et si par malheur il est juif, il est blanc au carré — voir Les Blancs, les Juifs et nous, le livre pas du tout raciste de Houria Bouteldja, l’égérie du Parti des Indigènes de la République, dont on se demande bien pourquoi il n’est pas interdit pour incitation à la haine raciale. « Sale Juive » est l’injure courante des gentils garçons basanés qui agressent les filles non voilées dans ma ville. Et les violent, parfois.

Et comme l’une d’elles se rebellait, il y a trois ans, elle a été ceinturée par un passant, qui lui a lancé : « Mais enfin, Mademoiselle, il faut les comprendre, c’est leur culture… »

Que les Arabes et les Noirs aient été, bien plus que les Européens, responsables de la traite des Africains est indicible : ainsi le veut la loi Taubira, exemple sidérant de mainmise du pouvoir sur l’Histoire et son enseignement. Que les Arabes aient joint à la traite la délicate attention de châtrer les hommes — ce qui explique le petit nombre de Noirs en Arabie, alors que les planteurs nord-américains ou brésiliens n’avaient pas eu l’idée d’en faire autant, préférant laisser leurs serviteurs proliférer pour leur plus grand profit — n’intéresse visiblement pas les organisations anti-racistes : on passe sur bien des horreurs, au nom de l’intersectionnalité des luttes. Tout comme les néo-féministes et autres chiennes de garde évacuent d’un geste négligeant le fait que des millions de femmes sont obligées de cacher leur corps, leur visage, leurs cheveux, de ne pas conduire ni d’aller à l’école et d’épouser des hommes qu’elles n’ont pas choisis — et éventuellement d’endurer des mutilations génitales rituelles. Le Blanc est le mal — l’exciseur, non, puisqu’il est racisé… Il n’y a pas de raciste noir, ni, par conséquence, de racisme anti-Blanc, puisque seul le Blanc est raciste, par définition. Même Victor Schoelcher, dont les statues ont été brisées en Martinique, et renversées en Guyane.

Square Victor Schœlcher à Fort-de-France Image: Facebook

A lire aussi : Sur France culture, le rapatriement des Afghanes est problématique. Mais pas pour les raisons auxquelles vous pensiez…

Le plus drôle, c’est que nombre de Blancs finissent par intérioriser cette culpabilité, avouent des fautes imaginaires, et plient le genou, style Black Lives Matter, devant les émules d’Assa Traoré, qui a fait de cette incitation à la repentance blanche un lucratif marché. Et de petites blondinettes bouffées de culpabilité s’offrent à des grands Noirs, parce qu’elles ont vu ça sur Xhamster. Et elles se repentent, oh oui ! à deux genoux.

Mais je reviendrai prochainement sur la sexualité des jeunes…

Sartre, dans Réflexions sur la question juive, explique avec pertinence qu’il est inutile de discuter avec un raciste parce que, dit-il, « il a la conviction des pierres » — et on ne convainc pas un menhir. Il faut lui taper dessus, longtemps, jusqu’à ce qu’il s’effrite. On ne convainc pas un croyant — et le wokisme fonctionne comme une religion. On fait comme les Florentins avec Savonarole, dont les « éveillés » sont les émules.

Réflexions sur la question juive

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A gauche, la défaite en chantant

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Le rappeur Médine en concert au Casino de Paris, 19 octobre 2022. ©SADAKA EDMOND/SIPA

Les œillades sirupeuses de l’extrême gauche au rappeur Médine et les âneries proférées par Juliette Armanet contre Michel Sardou nous ont offert les dernières polémiques de l’été. Ces deux épisodes sont une parabole de notre situation. Qu’il s’agisse de l’islamo-gauchisme en guerre contre les républicains laïcards ou des gentils-bobos méprisant le populo, deux France se font bel et bien face.


En France, tout se passe en chansons, y compris la guerre civile culturelle. À ma gauche Médine, à ma droite Sardou : les deux polémiques de la fin de l’été ont pris pour étendards respectifs deux chanteurs. Esprits forts et ricaneurs les ont balayées, décrétant que ces mayonnaises rances avaient été montées par des journalistes en panne d’inspiration estivale et/ou des populistes habiles à exploiter les peurs et rancœurs (ineptes) du populo. Bref qu’elles étaient au mieux insignifiantes, au pire malsaines. Elles sont pourtant fort instructives.

Gauche Médine contre France Sardou

Commençons par Médine, l’invité qu’on s’arrache dans les salons de gauche, malgré ses clins d’œil – antisémites, homophobes, francophobes et j’en passe – à la jeunesse islamisée des quartiers, ou plus probablement grâce à eux. Le nouveau Victor Hugo, à en croire l’amusante Mathilde Panot, très « honorée » de le recevoir. On se demande comment ce merveilleux « jongleur de mots » n’a pas mesuré la connotation antisémite de son calembour sur « ResKHANpée », désormais aussi célèbre que « Durafour crématoire ».

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Tous les Insoumis n’ont pas l’excuse de la niaiserie. Le spectacle d’un Alexis Corbière, que l’on croyait farouchement laïque et républicain, avalant sans broncher le brouet islamo-gauchisto-wokiste concocté par son patron, est désolant. Mélenchon, qui pétainise à loisir tous ceux qui le contestent, a inventé le pétaino-cynisme – soumission à la force doublée d’un opportunisme de fer. Mais tout ça, c’est rien que du buzz inventé par l’extrême droite pour salir la gauche – comme si celle-ci avait besoin d’aide pour cela.

Quant aux insultes proférées sur un obscur site belge par une jeune chanteuse (talentueuse, paraît-il) au sujet des Lacs du Connemara – une chanson qui la « dégoûte profondément » avec sa « musique immonde », son côté « scout », « sectaire », bref « c’est de droite, rien ne va »–, les protestations qui ont suivi ne visent, dixit Libé, qu’à « raviver, une fois encore, l’espèce de guerre culturelle en cours entre la réacosphère et les autres, afin d’opposer la méchante chanteuse “wokiste” et féministe face au monument patrimonial français, et ainsi tenter de rallier avec eux ce qu’ils croient être “le peuple”». Si on comprend bien, la France qui communie en braillant (faux) Connemara, celle dont le passé (en tout cas certaines de ses pages) fait vibrer autant les prolos des périphéries que les bourges des beaux quartiers, est responsable des tombereaux d’injures que Libé et les autres sermonneurs déversent quotidiennement sur elle. Alors que l’ensauvagement, d’une part, et l’islamisation tendance antisémite de certains quartiers, d’autre part, se déploient sans fin sous nos yeux, François Hollande (pour citer un phare du progressisme) explique sans rire que « la démocratie en Europe est menacée de l’intérieur par la montée d’un populisme d’extrême droite », lequel prend sa source dans l’esprit étroit des ploucs. De son côté, Libé, journal anciennement crypto-maoïste, lance courageusement une newsletter appelée « Frontal », dédiée au combat contre l’extrême droite. Un tel talent pour être toujours du bon côté, celui du manche idéologique, force l’admiration. Mais je m’égare.

Deux imaginaires qui s’entrechoquent

Si seul un facétieux hasard de calendrier a acoquiné ces deux épisodes, ils symbolisent à merveille le face-à-face de deux France qui ne parlent plus le même langage. Précisons que la frontière entre les deux n’épouse pas strictement les clivages ethno-religieux et politiques. La France de Médine, plutôt de gauche et en grande partie musulmane, comprend, en plus des militants et chefs à plume écolos-insoumis, une grande partie des élites culturelles – férues de diversité, mais qui n’en sont guère issues. Celle de Sardou a rallié beaucoup d’immigrés, fort aise de ne pas retrouver ici l’étouffoir religieux qu’eux ou leurs parents ont laissé au pays, et pas mal de braves gens qui se disent encore de gauche. Bref, ce qui se joue, ce n’est pas musulmans versus Gaulois ou droite contre gauche, mais le choc de deux imaginaires.

Les âneries d’Armanet (un beau titre de chanson, non ?) semblent avoir vaguement embarrassé d’autres pontifiants, soucieux de ne pas effaroucher le client : même les lecteurs du Monde aiment Sardou, preuve sans doute qu’ils n’ont pas été assez rééduqués. La sympathique Juliette-à-qui-la-droite-donne-la-nausée s’est fendue d’un mail de contrition au glorieux aîné qui, bon prince, a pardonné parce qu’après tout, on a le droit de ne pas aimer ses chansons.

L’exception PCF

Ce ne sont pas Sardou et son Irlande d’opérette qui écœurent Madame Armanet et la gauche Médine, c’est cette France des clochers et des bouffeurs de curés, unie dans son refus de congédier la virilité (toxique uniquement quand elle est blanche) et rituellement dénoncée comme réac. Conservatrice et contestataire, généreuse et ronchonne, elle est coupable d’un seul crime, son refus de disparaître et même de changer pour s’adapter aux derniers arrivés. Au lieu de les remercier de bien vouloir la régénérer, elle s’accroche à ses mœurs (en particulier au doux commerce entre les sexes), voire, horresco referens, à ses traditions.

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Pour l’instant, ce vieux pays a encore pour lui la supériorité du nombre. Même alliés, islamistes et gauchistes ne sont pas aux portes du pouvoir. Pourtant, misant à la fois sur la démographie et sur l’égarement d’une partie de la jeunesse, endoctrinée à la sauce woke, les principales forces de la gauche, PCF excepté, ont choisi leur camp. Préférant l’abaya à la minijupe, vomissant tout ce qui leur paraît trop franchouillard, trop blanc, trop national et trop populaire, elles comptent sur le grand remplacement, démographique et idéologique, pour assurer la victoire politique qui leur revient de droit. En attendant le Grand Soir multiculti, le sparadrap Médine collera durablement aux doigts de cette gauche fourvoyée.

Il serait injuste de passer sous silence les quelques voix qui, de ce côté de l’échiquier politique, flairent le danger. Même Laurent Joffrin, souvent moins bien inspiré, tire à vue : « Les Verts aiment le rappeur Médine, Juliette Armanet déteste Sardou. Dans les deux cas, la gauche se ridiculise », écrit-il sur son nouveau site (LeJournal.info). Sauf que le ridicule ne tue pas. Contrairement au déshonneur, annonciateur, espère-t-on, de défaites méritées.

Où sont les femmes ?

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D.R

Malgré le peu d’intérêt manifesté par le public pour le foot féminin, la patronne de France télévisions Delphine Ernotte et de nombreux journalistes s’évertuent à lui donner une visibilité imméritée.


Malgré tous les efforts des journalistes pour nous intéresser à cette compétition, seulement 2,7 millions de téléspectateurs étaient présents devant le match opposant l’Angleterre à l’Espagne, dimanche 20 août, à Sydney. Selon Médiamétrie, la part d’audience de la finale de la Coupe du monde de foot féminin sur France 2 s’élève à 24,4 %. Même le jeu débile de Jean-Luc Reichmann, diffusé à la même heure sur TF1, a fait mieux, avec 27,1 % de PDA. Sélectionnée 112 fois en équipe de France, Marinette Pichon avait lancé une pétition, le 25 mai, pour dénoncer la réticence des télévisions à payer la somme astronomique réclamée par la FIFA pour les droits. « À moins de deux mois du coup d’envoi, la Coupe du monde de foot dames n’a toujours pas de diffuseur dans l’Hexagone. Il serait scandaleux que les matches des Bleues ne soient pas retransmis. »

Football obligatoire pour toutes et tous !

Un appel entendu par Delphine Ernotte qui, le 14 juin, révèle que France Télévisions s’engagera pour « une très large exposition du football féminin ». Après avoir trouvé un accord avec la FIFA, elle promet « une grande fête du football féminin pour donner à toutes les petites filles l’envie de pratiquer le plus populaire des sports ». Football obligatoire pour toutes et tous ! Sur France Inter, dans un débat sur « la faible médiatisation du sport féminin » où tous les intervenants se sont entendus pour dire qu’il était scandaleux que nous soyons tous persuadés que Yannick Noah est le dernier Français à avoir gagné Roland-Garros (alors que c’est Mary Pierce), l’ancienne conseillère de François Hollande et nouvelle patronne des sports de Radio France, Nathalie Iannetta, confesse qu’elle ne s’est pas rendue en Australie – alors qu’elle avait fait le déplacement au Qatar. Mais elle travaille évidemment d’arrache-pied pour que le sport féminin soit davantage présent dans les médias. Elle dit avoir bien des difficultés à recruter de jeunes femmes journalistes s’intéressant au sport, ces dernières préférant la politique ou les sujets de société. Et se félicite que France Inter ait accordé la même place au Tour de France féminin qu’au « vrai » Tour de France. À l’heure où les chaînes du groupe de Mme Ernotte n’affichent plus le logo des JO de Paris sans y accoler le logo des JO paralympiques, j’affirme ici que je ne me brancherai sur notre équipe de foot féminin que lorsque ce sera Mimie Mathy qui sera dans les cages !

Libérons nous du féminisme !

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Les bouquinistes à la Seine

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Jérome Callais, président de l’Association culturelle des bouquinistes, 22 août 2023 © Sophie Garcia/AP Photo/SIPA

Pour satisfaire aux exigences des sponsors des J.O., la ville de Paris souhaite démonter les boîtes des bouquinistes le long de la Seine. Pour le comédien Philippe Caubère, c’est une atteinte inadmissible à l’âme de notre capitale.


Lisant – et non « relisant », soyons franc… – la seconde partie du Miroir des limbes, dont la première sont les Antimémoires, je tombe sur ces mots d’André Malraux : « De Chardin jusqu’à Picasso, tous les grands peintres, comme ils allaient jadis à Rome, sont venus à Paris. J’entends mon discours d’inauguration de la première Biennale : “Auprès d’un fleuve que bordent les boîtes des bouquinistes et les marchands d’oiseaux, dans cette ville où la peinture pousse entre les pavés”… » Comment ne pas penser à ce qui se prépare comme nouvelle entreprise de destruction et d’humiliation de la ville de Paris ? La seule qui compte et qui nous intéresse : celle du peuple, des peintres, des poètes et de sa légende.

Au profit de Jeux olympiques dont l’intérêt principal pour les Parisiens sera de pouvoir louer leur appartement à des prix astronomiques, ce qui n’est, d’ailleurs, pas si mal pour eux, mais bien loin de l’évocation de Malraux. Les pavés et les oiseaux, déjà, c’est fini ! Il ne manquait plus que les boîtes des bouquinistes. Ces librairies populaires où tout un chacun, riche ou pauvre, pouvait et peut encore trouver, à des prix défiant toute logique commerciale, toutes les œuvres de l’esprit, de la science et de la poésie. On dira bien sûr que ma réflexion tient du passéisme, de la nostalgie, du « c’était mieux avant ». Et l’on aura raison. En ce temps, peinture et littérature n’étaient pas réservées aux seuls – admirables ! – musées et bibliothèques, et l’art restait encore cette religion sauvage et ingérable, la seule vraiment respectable ; en tout cas : intouchable. En ce temps, la Culture n’était encore qu’un mot d’ordre inventé par le ministre pour y créer des « Maisons » chargées de la protéger et de la conserver, afin de laisser l’art, le vrai, « pousser entre les pavés ». Ouais, c’était mieux alors. Paris voyait visiteurs, étudiants, artistes et révoltés accourir de tout le pays, du monde entier, pour y chercher, fous d’espérance, la clef des songes et le lieu des idées. Il n’en reste aujourd’hui que des images effacées, surannées. Des photos, des films, des récits. Des « séries ». Vestiges et traces d’un continent englouti, d’un temps perdu, presque oublié. Et pourtant…Non. C’est pas vrai. Ce Paris-là existe et respire encore, refuse de crever. Il squatte de toutes ses forces la mémoire collective, surtout celle de ceux qui ne l’ont pas connu, mais l’ont rêvé, imaginé et choisi.

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Il est terrible que nulle autorité municipale ou nationale ne voie ce qu’il y a de force morbide et négative dans ce geste misérable. Dans cet affront commis contre l’âme de cette ville si chantée, si aimée ; à la place de laquelle on va vendre à la planète un « Paris » faux, prétentieux, fabriqué pour satisfaire les goûts de la pire populace : celles des riches. Des nouveaux en particulier. Qui seuls auront accès à ces quais débarrassés de leur histoire pour leur permettre de voir passer sur le fleuve de Guillaume Apollinaire les laideurs et vulgarités propres à ce genre d’« événement ». Je ne parle pas du spectacle sportif, antique, extraordinaire, que nous regarderons tous à la télévision, mais de cette « cérémonie » d’ouverture, prestation fatalement clinquante, vaniteuse, ultra-nationaliste, dont on entend déjà les commentaires : Génial ! Fabuleux ! Exceptionnel ! On est les meilleurs !

Tandis qu’aux poubelles, les vraies, comme celles de l’histoire, on balancera les boîtes en bois des bouquinistes, ce petit grand symbole de ce qui faisait, fait encore et fera toujours la vérité de Paris : sa poésie. Et j’ajouterai : sa modestie.

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A Madagascar, le pouvoir perd le sens des réalités

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Marc Ravalomanana en 2018. Il est candidat à la présidentielle malgache de 2023. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Une tribune de l’opposition au président Rajoelina.


Il est affligeant pour Madagascar que la réalité soit si douloureuse pour la population et que le pouvoir en place ne trouve d’autres propositions à faire que de nier cette réalité plutôt que de mettre tout en œuvre pour la rendre meilleure. Car, contrairement aux affirmations de Mme Lova Hasinirina Ranomaro, directrice du cabinet du président malgache,

  • Qui peut encore ignorer aujourd’hui que Madagascar est devenu ce pays où la pauvreté accable plus de 85% de sa population, vivant quotidiennement privée d’électricité et d’eau potable, dans des conditions d’hygiène proches du Moyen-âge ?
  • Qui peut encore ignorer que Madagascar est devenu ce pays où la Justice ou ce qu’il en reste, n’est plus qu’un instrument d’oppression aux mains de l’exécutif qui enjoint aux juges de ne sévir que contre les honnêtes gens ?
  • Qui peut encore ignorer que les plus hauts dirigeants de Madagascar sont impliqués dans des scandales de détournement de fond publics, de trafics d’or, de corruption, au point que la directrice de cabinet du président de la République lui-même, soit arrêtée et emprisonnée à Londres pour des faits graves de corruption et de tentative d’extorsion d’argent ? Qui peut croire de surcroît qu’elle n’y soit pas allée en service commandé ?
  • Qui peut ignorer que l’actuel et encore président de la République de Madagascar n’avait pas menti et falsifié les documents produits à la Haute cour constitutionnelle en cachant sa nationalité française obtenue à la suite d’une demande volontaire de naturalisation en 2013, alors qu’à cette époque, il avait déjà le statut de chef de l’Etat ?

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Qui peut encore ignorer ?… Cette liste n’est malheureusement pas exhaustive, mais surtout, tout le monde sait que le seul motif de vouloir s’accrocher au pouvoir du président en place et de son entourage, est l’impérieuse nécessité de préserver une énorme richesse mal acquise sur le dos d’un peuple de plus en plus pauvre et délibérément maintenu dans un état de sous-développement pour mieux abuser de lui.

À Madagascar, les institutions sont instrumentalisées par le pouvoir et sa clique au bénéfice de leurs seuls intérêts et ne préservent plus que l’apparence d’une démocratie, tandis que la liberté de la presse est bafouée tous les jours. Dans leur situation d’opprimés, les Malgaches s’impatientent malgré tout de voir que, si la candidature d’Andry Rajoelina venait cependant à être validée, la réaction des chancelleries étrangères présentes à Madagascar, des bailleurs de fonds et de la Communauté internationale en général ne se borneront pas une fois de plus à avaliser un processus électoral dévoyé, afin de maintenir une apparente stabilité quel que soit le désordre insupportable qu’elle entretient.

A Madagascar, le prochain vote peut changer les choses et remettre le pays sur la voie du développement. A condition que la vérité de sa situation réelle soit accessible à tous !

Le bannissement, une solution réaliste pour notre sécurité

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Image d'illustration Unsplash

Pourquoi ne pas bannir tous les multi-récidivistes dont la justice ne sait que faire, dans un archipel volcanique isolé ? Tribune.


Depuis 50 ans en France, on nous promet la sécurité des biens et des personnes. Résultat ? 8000 crimes et délits par jour en 2022, selon les propres sources du ministère de l’Intérieur ! Toutes les vedettes politiques de notre pays y sont pourtant passées, et elles n’ont cessé de promettre. Jacques Chirac en 1974, Charles Pasqua en 1986, Pierre Joxe en 1984 puis en 1988, Nicolas Sarkozy en 2002, Manuel Valls en 2012… Depuis 50 ans, des dizaines de lois étaient sensées nous rassurer dont la loi Sécurité/liberté du 2 février 1981, la loi pour la Sécurité intérieure en 2003, la loi Sécurité globale en 2021… En 2005, le futur président Sarkozy s’engageait même à débarrasser les quartiers de la « racaille », et à nettoyer « au Karcher » la cité des 4000 à la Courneuve… Échec. Le pire est que les premières victimes habitent les quartiers populaires, souffrent parfois de problèmes de transports et souvent de problèmes de pouvoir d’achat. Triple peine pour elles ! Dépitées, elles votent de plus en plus pour le Rassemblement national, et cet échec sécuritaire prépare l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen.

Punir vraiment

Pour que les Français se préoccupent d’environnement, encore faut-il qu’ils vivent en sécurité – que ce soit pour leurs biens, pour leurs familles, pour les enfants, ou pour leur propre personne. Être écologiste, c’est être pour la sécurité.

L’information intéressante est que les auteurs de méfaits, de toutes ces violences, représentent moins de 1% de la population de notre pays. Face à tous ces multirécidivistes qui sont donc une minorité de personnes et qui pourrissent pourtant la vie d’une majorité d’entre nous, face au harcèlement scolaire qui peut conduire au suicide, face à des crimes terribles comme le viol avec torture, face à la mafia de la drogue, il existe une arme de dissuasion massive, ou du moins de punition marquante : le bannissement.

Cap sur l’Océan Indien !

Notre pays a le privilège d’avoir des îles inhabitées ou peu habitées, dans trois océans, comme par exemple les îles Kerguelen ou les Îles Éparses, dans l’océan Indien. Un tel site permettrait aussi de mieux contrôler les ressources halieutiques et minières de la ZEE se trouvant autour de ces îles qui sont aujourd’hui l’objet de nombreuses convoitises. Vu la difficulté à construire des prisons en zone très habitée, vu l’insuffisante dissuasion que représente cette incarcération, je propose de donner la possibilité aux juges de décider le bannissement pour les cas particuliers des multirécidivistes et des auteurs de certains crimes.

À un moment donné, il faut changer de braquet, non ?!

Bannir

Oui, on peut sûrement améliorer la chaîne pénale ; Oui si notre Constitution permettait des peines planchers, ce serait un progrès ; oui le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas parlait déjà de clochardisation de notre Justice en 2016 ; oui, 3000 magistrats et greffiers démontraient déjà leur dépit en novembre 2021 dans une tribune retentissante ; oui, il faut plus de policiers et de places de prisons… Mais la culture de l’excuse dans la pensée de gauche a sa part de responsabilité dans ce désastre. Les NUPES, EELV et LFI en tête, condamnant à tout va l’institution police, font partie des sources du fléau délinquant et criminel de notre pays : lorsque survient le drame Nahel et que des politiciens ignorants s’en prennent immédiatement à la police, ils déresponsabilisent les émeutiers et… les délinquants routiers.  Car ce jeune homme, déjà fort défavorablement connu des fichiers de la police, a imposé une course poursuite de 20 minutes à deux motards de notre République, mis des personnes en danger et récidivé dans le refus d’obtempérer. Le mois dernier, deux femmes innocentes qui étaient au mauvais endroit au mauvais moment, âgées de 21 ans, sont mortes à cause d’un fuyard. Ceux qui se soustraient aux contrôles de police tuent. Et il est temps de comprendre que ce qui est important c’est le fait générateur. Punir le délinquant ou le criminel puni, cela revient à protéger la société mais aussi le protéger lui-même ! Force est de constater que nous avons franchi les quatre niveaux du drame de la désinhibition :

Le niveau 1, c’est la longueur de la période entre le constat du délit et sa sanction effective.
Le niveau 2, c’est la faiblesse de la sanction.
Le niveau 3, c’est l’incertitude de la sanction. 
Le pire est le niveau 4, c’est la certitude de l’impunité. Elle désinhibe le délinquant ou le criminel potentiel.

Bref, il est urgent de faire savoir que désormais l’arme du bannissement, sur une durée que déterminera le juge, pourrait être pleinement utilisée.

Robert Ménard / 2027: « S’il faut mouiller la chemise… »

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Robert Ménard © Mairie de Béziers

À mi-parcours de son deuxième mandat à la mairie de Béziers, Robert Ménard dresse un bilan d’étape. Si sa ville est devenue plus dynamique et plus sûre, il reconnaît être désarmé face à la pression islamique. Inquiet pour l’avenir du pays, il déplore que le président, qui a pourtant les mains libres, n’ait pas le courage de prendre les problèmes du pays à bras-le-corps… et prend date avec les Français.


Relire la première partie de notre grand entretien avec Robert Ménard


Parlons de votre bilan à Béziers, dont vous êtes le maire depuis près de dix ans. L’insécurité a-t-elle régressé ?

Oui, parce que j’ai mis sur la table des moyens colossaux. Mais est-ce aux communes de payer des polices municipales de plus en plus nombreuses et de mieux en mieux équipées ? Les représentants de l’État et du gouvernement n’ont que le mot « régalien » à la bouche. Ils nous expliquent que les grands enjeux, c’est leur rayon et que les maires n’ont qu’à s’occuper des crottes de chien. Eh bien, qu’ils commencent par garantir la sécurité de nos concitoyens ! L’État a, presque en « loucedé », refilé tout un tas de bébés aux maires, mais sans nous donner les moyens afférents.

Au-delà de la délinquance, parfois mêlé à elle, il y a le séparatisme culturel. Observez-vous sur ce front une aggravation ou une amélioration ?

Malheureusement, la réponse est évidente. On croise aujourd’hui des femmes habillées à l’afghane, des petites filles entièrement voilées qu’on ne voyait pas avant. Il y a quelques semaines, j’ai rappelé la loi à une jeune fille dont le visage était entièrement masqué et le corps couvert intégralement, mains comprises. Je lui ai demandé de se découvrir, ce qu’elle a fait.

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Toutes nos proclamations de « nous ne céderons pas » sont donc inutiles ?

Je me sens désarmé. Dans l’immense majorité des cas, ces filles voilées ou masquées oscillent entre affirmation identitaire et communautarisme exacerbé en haine de l’autre. Je sais remettre une ville en état, mener une politique sociale. L’État viendra à bout du terrorisme. Mais on ne sait pas changer ce qu’il y a dans la tête des gens. De plus, on l’oublie trop souvent, le changement technologique contribue aux radicalisations identitaires. Avec internet, les immigrés peuvent conserver un contact permanent avec leur culture d’origine et sont « cadenassés » par les algorithmes qui les maintiennent dans leur communauté. Nous ne savons pas forcément lutter contre une certaine séduction, l’attrait d’un monde arabe parfois puissant, souvent fantasmé, comme l’Arabie saoudite, par exemple, qui achète les stars du foot, envisage de construire une ville géante ultra-moderne, etc. En face, il faudrait renouer avec la fierté d’appartenir à cette France millénaire, à cette patrie de la liberté. Mais cela nécessite une volonté, une immense ambition.

Il faut commencer par interrompre les flux…

Oui, en tout cas les réduire au strict minimum car l’immigration zéro n’est qu’un slogan. Encore faut-il intégrer ceux qui sont là. L’Éducation nationale a longtemps cherché à m’imposer l’enseignement des langues d’origine, en l’espèce l’arabe et le turc, dans les petites classes. J’ai toujours refusé et ils ont arrêté de me casser les pieds avec ça. En revanche, dans les quartiers difficiles où il y a parfois plus de 90 % d’enfants d’origine étrangère, j’ai mis en place des cours du soir de français.

On peut aussi se battre sur des comportements : refuser les tenues islamiques à l’école par exemple.

Voilà pourquoi mon épouse Emmanuelle a déposé une proposition de loi pour instaurer l’uniforme à l’école. Des syndicats d’enseignants et des associations de parents d’élèves braillent, expliquant que ça ne réglera pas tous les problèmes. Réglons déjà celui des tenues ! J’ai donc écrit à Gabriel Attal pour le prendre au mot et lancer une expérimentation.

On demande aux communes de faire du logement social, mais les habitants ne veulent pas forcément de mixité. Est-ce un instrument politique efficace ?

Bien sûr qu’il faut construire des logements sociaux, mais si les gens ne veulent pas se mélanger, ce n’est pas les HLM qui vont fabriquer de l’intégration. Des cités entières ne sont peuplées que de gitans parce que ces gitans-là ne veulent vivre qu’avec d’autres gitans. On a le plus grand mal à mélanger des Maghrébins et des Turcs dans les mêmes cages d’escalier. Quand des gens issus de l’immigration viennent me demander des logements, ils commencent souvent par préciser qu’ils ne veulent pas de tel ou tel quartier, parfois d’ailleurs parce qu’il y a trop de gens de la même origine qu’eux… De même, devant les écoles, je suis fréquemment interpellé par les mamans maghrébines qui me demandent : « Où sont les petits Français ? » La clef, c’est le nombre. On peut intégrer des minorités, pas des groupes qui représentent 60, 70 ou 80 % de la population de telle école ou de tel quartier.

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Du point de vue d’un maire, la « machine France » fonctionne-t-elle ?

Cela dépend des interlocuteurs que l’on a. J’ai connu une période où le préfet et le sous-préfet me menaient une guerre politique permanente. Aujourd’hui, j’ai un préfet et un sous-préfet qui font leur métier, donc qui m’aident. Comme Michel Houellebecq, « je crois de moins en moins aux idées, je crois aux gens ». En réalité, la France ne fonctionne pas si mal que ça, il ne faut pas tomber dans le sombre panneau décliniste.

Vous qui prônez la bienveillance, avez eu des propos très violents, et à mon sens très injustes, à l’encontre d’Éric Zemmour. Regrettez-vous de l’avoir blessé et anéanti votre amitié ?

Évidemment ! Il y a des mots que je n’aurais pas dû prononcer. Être ironique et méchant, c’est facile et les gens applaudissent. Alors oui, même si j’ai de profonds désaccords avec Éric, j’aurais dû avoir avec lui un débat amical. Le problème, c’est qu’il est désormais prisonnier d’une sorte de fan-club catho-droitard qui ne lui laisse guère d’espoir de rassemblement.

Et vous, appartenez-vous à une famille politique ?

Sûrement pas et je ne le veux pas. Certains parleront de poujadisme, mais je pense que les partis politiques sont un problème en France. Comme les médias d’ailleurs. Politiquement, notre système fait qu’on se rallie non pas à un parti, mais à une personne. Et je ne vois pas à qui je pourrais me rallier aujourd’hui. Disons pour vous faire plaisir que je suis un démocrate attaché à un pouvoir plus proche des gens, plus respectueux des cultures locales et de la diversité française. Une sorte de fédéraliste un peu punk. Comme disait Romain Gary, « un minoritaire-né ».

Robert Ménard rencontre des locataires des HLM de Béziers, réunis devant l’agence OPHL du quartier de l’Iranget pour protester contre la hausse des tarifs énergétiques, 3 août 2023. © Stéphane Pocher/France Bleu

Si je peux jouer les idiotes, en quoi les médias sont-ils un problème ?

Ils passent leur temps à dénoncer tous ceux qui ne sont pas mainstream. Regardez le boucan autour du JDD ! Je ne partage pas forcément les idées de Geoffroy Lejeune, mais ce n’est pas un facho dangereux. Or, il y a eu quasi-unanimité des autres médias pour dire que son arrivée menaçait le pluralisme. Même Reporters sans Frontières a fait chorus : mais de quoi je me mêle ? Alors que, a contrario, les propos d’Edwy Plenel ne sont jamais questionnés.

En refusant toute affiliation politique, vous préservez votre liberté. Mais le prix à payer n’est-il pas une certaine solitude ?

Il est vrai que, quand je côtoie les états-majors politiques, je me sens seul, mais je reçois aussi beaucoup de soutiens et pas seulement dans ma ville. Alors, peut-être ma solitude est-elle une bonne chose. Les gens veulent du bon sens.

Le bon sens n’est pas une politique !

Et pourquoi donc ?

Parce que nous avons aussi besoin d’une vision, d’un récit, d’un roman national. Nous ne sommes pas ensemble simplement pour produire des richesses.

Mais on crève de ça ! Ça vous fait certainement plaisir d’avoir un chef de l’État qui lit des philosophes, mais ça ne sert à rien. On a besoin de gens qui ne promettent pas de tout régler, mais s’attaquent modestement à deux ou trois questions et s’y consacrent corps et âme.

Aujourd’hui, même les chansons de Michel Sardou sont devenues un enjeu de querelles…

Cette polémique en dit long sur l’état de la société. La jeune chanteuse qui exprime son dégoût des Lacs du Connemara est représentative d’une certaine jeunesse qui déteste tout ce qui est français et populaire. Ça doit lui sembler « sale ». Le tube de Sardou, comme les chansons de Claude François, est repris dans tout le pays depuis quarante ans, des bals de village aux soirées de mariage en passant par les communions ou les fêtes de promo. C’est cette popularité qui les rend jaloux. Et Sardou est la cible parfaite : gaulois ronchon, mâle hétéro, pas vraiment de gauche…

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Que pensez-vous de « tendresse » affichée des écolos pour le rappeur Médine ?

Soyons clairs : les Verts ont raison d’alerter sur le catastrophique changement climatique. Mais les extrémistes écolos sont dangereux, car ils veulent une véritable rupture anthropologique. Avec eux, c’est le retour au Néolithique. Et encore, ça doit leur sembler trop polluant. Quant à l’invitation faite à Médine, drôle d’idée politique, reprise d’ailleurs par LFI ; ce type, qui semble loin d’être idiot, est hors des clous. Son tweet sur Rachel Khan est sans conteste possible une saloperie antisémite digne d’un Soral. Et certains de ses clips sont plutôt inquiétants, comme celui où il dit sa détestation de notre République et de Marianne. L’extrême gauche française, dont font partie les écologistes, a le plus grand mal à rompre avec les pratiques clientélistes qu’elle dénonce pourtant chez ses adversaires. Ici, c’est tout simplement du racolage électoral !

Darmanin pense à 2027, et vous ?

Il y a la force du destin. On ne peut pas exclure une crise de grande ampleur qui frapperait soudain notre pays. Quelque chose d’incontrôlable. Dans une situation de ce genre, en tant que patriote, je répondrais présent. La situation de 2027 est préoccupante : qui pour succéder à Macron ? Quand j’entends les propos capitulards, munichois, d’un Sarkozy et le peu de réactions à droite, je me pose des questions. Je ne laisserai pas mon pays plonger dans l’inconnu. Et s’il faut mouiller la chemise…