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Immigration et travail: à se taper la tête contre les murs

Immigration. Quand ils ne parviennent pas à recruter dans les métiers « en tension », les patrons ne sont évidemment pas opposés à la régularisation des sans-papiers. Le billet de Sophie de Menthon, qui défend un meilleur accueil des « gentils » et réclame qu’on éloigne enfin les « méchants »!


Au moment où le débarquement de migrants à Lampedusa occupe tous les esprits, il faudrait tout de même que l’on fasse un jour preuve de bon sens, et que le gouvernement commence à réfléchir, en toute objectivité, à régler les problèmes intérieurs qui sont les nôtres, en particulier celui du rapport entre immigration et emploi.
Besoin de logique, besoin de justice, besoin de pédagogie, en oubliant les hystériques du racisme sur le sujet et les extrêmes de tous bords.
Commençons par le commencement, et changeons une loi scélérate :
Pour un sans-papier, sur le territoire français, il faut travailler en toute illégalité, au moins deux ans et présenter 24 bulletins de salaire pour obtenir le droit de rester en France et de continuer à travailler. Donc, concrètement, le gouvernement encourage le travail illégal et le récompense. Qui peut m’expliquer ? Cela fait trop longtemps que dure cette schizophrénie, dans l’indifférence, l’hypocrisie, les contradictions, les incohérences et les dédales administratifs. STOP ! Cette situation aberrante touche un grand nombre de secteurs, actuellement en manque cruel de main-d’œuvre (restauration, nettoyage, bâtiment, sécurité, aide à domicile…). Dans le BTP, en région parisienne, un salarié sur deux est sans-papier.

Métiers en tension

C’est ce qu’on appelle « les métiers en tension ». Et bien sûr, non, virer tous les étrangers ne fera pas occuper ces emplois par des chômeurs français ! Cet état de fait suscite l’incompréhension totale des chefs d’entreprises, des syndicats et de ceux qui se plongent dans cette problématique insoluble. Alors, on fait semblant : le patron fait semblant ou ne reconnaît pas les faux papiers… mais il fait tout bien par ailleurs: il déclare le salarié, paie les charges, respecte le droit du travail. Même chose pour son salarié en situation irrégulière, et tout cela fonctionne à la satisfaction de tout le monde depuis le recrutement jusqu’à… un contrôle plus poussé. Par ailleurs, il faut arrêter de prétendre que ces salariés étrangers sont sous-payés : ils sont soumis a minima au SMIC et au Code du travail comme tous les autres, avec les mêmes droits. Nous cherchons des gens qui veulent et peuvent travailler, et nous les traitons convenablement, revendiquent les « coupables ».  

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Que les politiques fassent perdurer cette situation est une honte nationale. Qui mettra fin à ce système hypocrite et incohérent ? Le TRAVAIL doit être la clé du droit de séjour en France. Un travailleur étranger qui obtient un contrat de travail en bonne et due forme devrait pouvoir bénéficier d’un permis de séjour adapté, sur le modèle de la « Green Card » aux USA, ce qui permettrait à ce travailleur de bénéficier d’une carte de résident en France et d’y séjourner légalement le temps de son contrat de travail. Et, bien sûr, sans avoir le droit de faire venir sa famille ou alors dans des conditions à déterminer (que personne n’a le courage de déterminer). Par ailleurs, ne confondons pas « permis de séjour » lié au travail et régularisation complète.

Sophie de Menthon ne manque pas d’air

La pauvreté intellectuelle et morale de ceux qui ne « pensent » pas mais jonglent avec une bouillie idéologique sur ce sujet, entraine l’inéluctable et stupide tarte à la crème du « légaliser serait un appel d’air ».
Non ! Car cette régularisation est uniquement pour ceux qui travaillent déjà officiellement et donc sont intégrés. On pourrait très bien aussi, par la suite, ne laisser entrer en France à l’avenir que ceux qui sont munis d’une promesse d’embauche contrôlée avec permis de séjour le temps du contrat; le contrat terminé, l’immigré aurait deux mois pour retrouver un nouveau contrat et sinon il rentre dans son pays. Mais, direz-vous, de toute façon, on ne renvoie personne ou si peu… En tout cas, il serait urgent de renvoyer les individus qui posent un problème, ce serait déjà formidable. Actuellement, concernant la question migratoire, on mélange malheureusement tout, selon sa couleur politique: les sans-papiers, les cas sociaux à la rue, les sans boulot, les drogués, les caïds des banlieues, les vrais réfugiés, le regroupement familial (à arrêter ou limiter de toute urgence), les boat people, etc. Ce ne doit évidemment pas être le même traitement dans chaque cas, et je parle bien dans cette tribune des travailleurs. La « nouvelle loi immigration » a comme socle l’entreprise, mais bien sûr avec la menace coutumière de l’amende (4000€ pour emploi illégal, et 8000 si récidive). Qu’est-ce que cela résout?

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Ah si ! une innovation importante : les patrons devront désormais prendre sur le temps de travail de leurs salariés pour que ceux-ci apprennent le français ! Sauvés ? Cette nouvelle loi me fait l’impression d’un simple camouflage de notre situation migratoire qui ne touche pas aux sujets fondamentaux. Quid des cadeaux présidentiels faits à certains pays en autorisant un nombre déterminé d’émigrés (je pense à l’Algérie) ? Quid des expulsions ? Quid du laxisme et de la lenteur de la justice ? Certes, il convient de lutter contre l’emploi caché non déclaré, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Le vrai scandale, c’est l’emploi « illégal » tel que je l’évoquais; car l’illégalité, répétons-le encore et encore, est promue par l’État qui martèle que pour avoir le droit de travailler, il faut d’abord travailler sans en avoir le droit. À se taper la tête contre les murs, oui.

La France sens dessus dessous !

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Lampedusa: un jour sans fin

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Les bateaux ne cessent d’arriver dans l’île italienne, distante de moins de 200 km des côtes tunisiennes. Gérald Darmanin annonce ce matin qu’il refusera l’accueil en France des clandestins débarqués à Lampedusa. Cet après-midi, on apprend qu’un centre d’accueil va être installé à Menton (06). Analyse.


Le nom Lampedusa fut longtemps connu comme celui porté par l’écrivain Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Ce prince et Grand d’Espagne fit dire à son personnage Tancredi cette phrase depuis tombée dans le langage courant : « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change ». Les images qui nous parviennent de la petite île de Lampedusa résonnent ici avec cruauté. Oui, si nous voulons que l’Europe reste telle qu’elle est, il faut que les politiques migratoires des États membres changent… et radicalement.

Depuis son accession au pouvoir, Giorgia Meloni a voulu jouer selon les règles de l’Union européenne. Comme rappelé dans un précédent article, l’Italie est un pays particulièrement vieillissant, même selon les standards continentaux. Sa natalité en berne l’oblige à trouver des solutions, notamment pour combler le vide de main d’œuvre dans les « petits métiers ». Pas de quoi toutefois expliquer la vague sans précédent d’arrivées irrégulières qui s’abat sur les côtes transalpines d’une botte plus que jamais flanc sud de l’Europe. Ainsi, le nombre de migrants illégaux a explosé depuis janvier 2023, atteignant des records sans précédents. Pour tout dire, sur dix personnes arrivées illégalement en Europe en 2023, huit sont passées par l’Italie.

La présidente du Conseil des ministres italien Giorgia Meloni, Rome, 8 mai 2023 © LaPresse/Roberto Monaldo/Shutter/SIPA

Le départ français du Sahel produit déjà ses effets

Entre le lundi 11 et le mercredi 13 septembre, ce sont plus de 199 bateaux chargés de 8 500 personnes à leur bord qui ont accosté à Lampedusa. Les images qui nous parviennent montrent une île devenue Camp des Saints, submergée de jeunes hommes africains majoritairement venus du Sahel quand ils provenaient plutôt autrefois du Golfe de Guinée.

Les déstabilisations du Mali puis du Burkina-Faso et du Niger commencent déjà à produire leurs effets. Les mercenaires russes sont débordés, de même que les forces militaires locales. Il est d’ailleurs tout à fait envisageable que ces masses d’hommes soient instrumentalisées contre l’Europe, ayant pour double effet de nous menacer et de vider un peu une région littéralement surpeuplée avec le plus haut taux de fécondité au monde.

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En 2019, une Giorgia Meloni en campagne, sous l’influence de Luigi di Maio, affirmait munie d’un billet de Franc CFA : « C’est ce qu’on appelle le franc CFA. C’est la monnaie coloniale que la France imprime pour 14 nations africaines, à laquelle elle applique le seigneuriage et en vertu de laquelle elle exploite les ressources de ces nations ». On passera sur le mensonge et la bêtise de la déclaration initiale, aucun pays bénéficiant de ce taux de change ne semblant vouloir le quitter, pas même ceux qui usent et abusent de la francophobie d’État, et Giorgia Meloni ayant depuis mis de l’eau dans son vin. Mais cette phrase en dit tout de même long sur l’inculture totale d’une bonne part des Européens s’agissant de l’Afrique et de ses dynamiques historiques.

Le départ de la France du Sahel n’est une bonne nouvelle pour aucun habitant du Vieux continent, surtout pour l’Italie. L’immigration était déjà très difficilement contrôlable, elle pourrait devenir demain impossible à juguler. Giorgia Meloni a engagé des réformes d’envergure depuis le début de l’année. Elle a notamment mis en place l’Etat d’urgence migratoire et grandement limité le régime de « protection spéciale renforcée ». Pourtant, toutes ces mesures ne suffisent pas à faire face à cette invasion quotidienne. Les bateaux ne cessent d’arriver.

Une Europe ouverte aux quatre vents

Ils auraient d’ailleurs tort de se priver, tant l’Europe est pour eux un Eldorado. La télévision burkinabaise le rappelait encore récemment, comme pour mieux encourager les candidats à l’exil : la France offre absolument tout. Couverture-maladie, accueil, aides en tous genres, protections des ONG et de la Justice, et même de l’argent de proche en espèces sonnantes et trébuchantes. Les appels d’air sont si nombreux qu’il semble vain d’en dresser de nouveau la liste par le menu. Giorgia Meloni n’a aucun atout dans son jeu pour enrayer cette spirale infernale.


Quand l’Europe est envahie, elle ne propose pas d’expulser mais de « répartir » les migrants clandestins. Démonstration est désormais faite : on ne peut pas régler ce problème en restant dans les clous. Matteo Salvini l’avait d’ailleurs en partie compris… ce qui entraina sa condamnation par la justice de son pays pour avoir tenté de refouler les bateaux…

Des solutions existent. Meloni avait d’ailleurs entamé des démarches intelligentes auprès de la Tunisie de Kaïs Saïed, démarches sabordées par les manœuvres de la gauche italienne et du Parlement européen. Notons d’ailleurs que les bateaux sont partis de Sfax, avec très certainement l’assentiment au moins tacite des autorités locales. Comment leur en vouloir ?

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Eux aussi subissent ce qui peut désormais être appelé une invasion. Si nous ne les aidons pas financièrement, ils ne feront pas le travail à notre place.

Un blocus naval ?

En sus d’une collaboration avec le Maghreb, les États européens doivent réviser drastiquement leur législation et réduire le pouvoir de nuisance des associations d’aides à l’immigration. C’est un impératif. N’en doutez point: tous ces militants pensent comme Jean-Luc Mélenchon, lequel vient de déclarer qu’une fois élu, il entamerait une « vague de régularisations massives ». Au fond, il est à se demander si l’emploi de la force n’est pas désormais nécessaire. Un blocus naval semble une solution « démagogique », mais comment faire autrement quand des milliers d’hommes débarquent sans nous demander l’autorisation, avec la complicité de passeurs et d’ONG qui les amènent en Europe en connaissance de cause, conscients de notre impuissance, de notre enchainement à des valeurs d’accueil qui se retournent désormais contre nous ?

Il s’agit d’un combat littéralement existentiel qui demande un effort spécifique de chaque État membre ainsi que de l’Union européenne toute entière. Nous ne devons plus céder au chantage émotionnel de l’extrême gauche. Quel message envoyons-nous au reste du monde quand nous montrons que 8 000 pauvres hères peuvent ainsi défier l’un des continents les plus riches ? Mateusz Morawiecki a raison de tancer l’Allemagne, Donald Tusk et Manfred Weber: il faut dire stop à l’immigration illégale. Quant à nous Français, il serait temps que nous mettions enfin nos actes en rapport avec nos discours. Gérald Darmanin a dit ce matin même à la radio que la France n’accepterait pas de migrants arrivés à Lampedusa. En début d’après-midi, nous apprenions qu’un centre d’accueil allait être installé à Menton, joyau de la Côte d’Azur. Plus tard, il sera trop tard.

Le Camp des Saints ; précédé de Big Other

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Le non du peuple

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Harcèlement, violence, lâcheté et morgue administrative: la chaîne fatale

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Nicolas N*** est donc mort, pendu à une taie de traversin. Les courriers échangés entre ses parents et le rectorat de Versailles sont éloquents sur bien des points, dit notre chroniqueur : refus d’entendre, refus de voir, refus de dire, enseignants et administratifs sont le parfait exemple de la sagesse orientale et du déni français.


L’affaire commence au mois de mars. Charline Avenel, amie personnelle d’Emmanuel Macron (elle appartient à cette cuvée « Léopold Sedar Senghor » de l’ENA qui est l’équivalent en macronie de ce que fut la promotion Voltaire en hollandie) était encore rectrice de Versailles —, elle n’est partie que l’été dernier pantoufler dans un organisme lucratif. Mais les faits remontent encore plus loin : depuis des mois Nicolas N***, jeune Guadeloupéen scolarisé dans un lycée professionnel de Poissy, dans les Yvelines, était harcelé par deux petites racailles. Du genre sans doute qui n’aime pas les Noirs, même si Nicolas avait le teint fort clair. Un gentil garçon, assidu, attentif, et qui croyait, a expliqué sa mère, en la justice des adultes.

Eh bien il a vu ce qu’étaient les enfants — « cet âge et sans pitié », disait fort bien La Fontaine — et ce que sont les adultes. Et il ne l’a pas supporté. Il avait changé d’établissement début septembre (alors même qu’Attal souhaitait que ce soient les harceleurs qui soient déplacés), il était retombé du haut de ses illusions, il n’est pas allé au bout de la première semaine de la rentrée. Même s’il avait d’autres soucis, ce fut sans doute la goutte d’eau qui, au dernier moment, pousse l’esprit à parier sur la mort, comme dit Camus.

La culpabilité change de camp

Du côté des copains, rien que de très ordinaire. « T’es nul, t’es moche, ta mère est une pute, ta sœur aussi, … » — on connaît le refrain. C’est du côté des adultes que les dysfonctionnements les plus criants ont vu le jour. Entre les profs qui n’ont pas voulu voir (le prof principal arguant que les altercations avaient eu lieu hors établissement, désolé, faites-vous péter la gueule dans l’enceinte du bahut, et une autre témoin des invectives mais qui a prudemment choisi de ne pas intervenir), le proviseur qui a émis un doute préalable (il évoque « une situation ressentie comme harcelante » afin d’éviter le mot harcèlement, qui est un délit punissable, depuis mars 2022, de dix années de prison, ne dramatisons pas…) et le rectorat enfin qui pour défendre ses agents, comme la loi lui en fait l’obligation, menace carrément de porter plainte pour plainte abusive (la famille avait déposé une main courante), précisant que le tarif d’une telle médisance est de cinq ans de prison et 45 000€ d’amende, les parents de Nicolas ont eu l’embarras du choix, entre couardise, morgue, et violence de l’appareil d’État. Même soutenu par ses parents, que vouliez-vous que fasse un jeune homme qui a dû se sentir méprisé et abandonné par ceux-là mêmes sur lesquels il comptait ? La culpabilité avait changé de camp (voir le courrier reproduit en bas de page).

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Sur les réseaux sociaux, il est des enseignants qui tentent de justifier l’attitude de leurs collègues. Esprit de corps des minables. Ils sont de la même race que ceux qui, à Conflans, refusent que leur collège prenne le nom de Samuel-Paty. Même s’il est des plaintes abusives, parfois même des agressions de parents tout à fait injustifiées, il faut tout prendre au sérieux, quand on sait qu’à la clef il y a un suicide possible. C’est fragile, un gamin.

En 45 ans, j’ai eu à intervenir deux fois sur des faits de harcèlement. La première fois, c’était sous mes yeux : j’ai pris le harceleur par l’oreille, en lui expliquant que s’il bougeait je la lui arrachais, et je l’ai traîné chez le principal. Mais j’ai la carrure pour ça. La seconde fois, nous avons réagi en bloc, obtenu immédiatement l’exclusion temporaire des harceleurs, et en conseil de discipline, leur radiation des concours qu’ils préparaient.

Le proviseur prudent toujours en place

Le plus beau, si je puis dire, c’est que ces enseignants aveugles enseignent toujours. Que ce proviseur prudent est toujours en place. Que l’administratif pète-sec qui a écrit au nom de l’institution n’a pas été suspendu : il sera peut-être déplacé sur un poste équivalent, le temps de se faire oublier. Et que les deux crapules qui harcelaient Nicolas ont fait une rentrée normale dans leur lycée. Leur statut nouveau leur a sans doute valu une promotion dans la voyoucratie locale.

C’est toute une chaîne de responsables qu’il faut traîner devant les tribunaux pour comportements ayant entraîné la mort sans intention de la donner, propos racistes (je ne peux croire que la couleur de peau de Nicolas n’a pas joué un rôle dans ce harcèlement, il y a des ethnies entières en banlieue qui détestent les Noirs) et non-assistance à personne en danger. Alors, chers collègues adeptes du « pas de vagues », vous arrivez toujours à vous regarder dans un miroir le matin ?

Le fait est qu’il devrait y avoir une enquête de police — automatique après un suicide — et surtout une enquête administrative pour démêler le vrai du faux. Il y a des plaintes pour harcèlement qui n’ont d’autre raison que d’obtenir un changement d’établissement. J’aimerais croire que des sanctions seront prises, quand on aura établi que des dysfonctionnements graves ont eu lieu. Mais j’en doute — ou alors, dans tant de temps, que la mort du gamin se sera diluée dans les espaces bureaucratiques. « Bonne justice est prompte », disait Henri IV. Oui, mais ça, c’était avant.


Suicide de Nicolas: l’opinion veut des têtes maintenant, celle de Charline Avenel…

Chaque matin, Elisabeth Lévy donne son avis sur l’actualité dans la matinale de Sud Radio, après le journal de 8 heures.

«Nous demandons la suppression du droit du sol à Mayotte»

Sans maîtrise de ses frontières (maritimes), Mayotte connaît une explosion migratoire et une flambée de violences sans précédent. Pour enrayer ce cycle infernal, Gérald Darmanin a lancé en avril l’opération Wuambushu. Mansour Kamardine, député LR de ce 101e département français, applaudit mais attend encore plus de fermeté.


Causeur. Quel était le contexte de l’opération Wuambushu ?

Mansour Kamardine. L’opération de reconquête des territoires perdus et de restauration de l’État de droit à Mayotte a été lancée dans un contexte particulièrement tendu. La multiplication des agressions barbares contre les personnes et les biens par des hordes de jeunes sauvageons d’origine étrangère avait créé un climat de terreur sur l’ensemble du département et la population, qu’elle soit française ou étrangère en situation régulière, voulait une reprise en main ferme des questions régaliennes.

En quoi consiste précisément l’opération ?

Elle s’articule autour de trois axes : le démantèlement des bandes criminelles, la destruction de l’habitat illégal dangereux et indigne, et l’amplification de la reconduite à la frontière des clandestins, pour la plupart comoriens. Les objectifs du premier axe ont été atteints, puisque 75 bandes criminelles ont été démantelées et leurs chefs présentés à la justice. Le travail se poursuit pour neutraliser les réseaux criminels transnationaux de trafics d’êtres humains et leurs complices locaux. La destruction de bidonvilles a pris un sérieux retard en raison d’un véritable harcèlement judiciaire orchestré par les obsédés des droits des clandestins, qui sont des associations subventionnées et appuyées par des magistrats, adhérant notamment au Syndicat de la magistrature. Néanmoins, nous avons bon espoir que l’objectif de récupération des terrains spoliés soit atteint à la fin de l’année. En ce qui concerne le troisième axe, les manœuvres des autorités comoriennes, amplifiées par le manque de fermeté et d’habileté du Quai d’Orsay, ont conduit à un important « retard à l’allumage », mais les reconduites de clandestins ont retrouvé un rythme conséquent.

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Pouvez-vous nous rappeler les règles de naturalisation, dérogatoires au droit commun national, en vigueur sur l’île ?

Depuis 2018, un enfant né de parents étrangers peut obtenir la nationalité française à 18 ans à condition d’avoir vécu en France pendant au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans (comme en métropole) et à la condition supplémentaire de démontrer que l’un de ses parents était en situation régulière sur le territoire français depuis au moins trois mois au moment de sa naissance. Le gouvernement envisage de porter à douze mois le temps de présence légale d’au moins l’un des parents avant la naissance de la personne concernée. Nous demandons davantage, soit purement et simplement la suppression du droit du sol à Mayotte, afin de réserver l’acquisition de la nationalité française à la filiation et à la naturalisation, comme c’était le cas à Mayotte avant 1994.

La métropole peut-elle s’inspirer de l’exemple de Mayotte dans sa propre lutte contre l’immigration illégale ?

Pourquoi pas ! En effet, la situation actuelle de Mayotte est une fenêtre ouverte sur un avenir possible en métropole. Si nous n’arrivons pas à maîtriser nos frontières sur une île de 374 km², située à 70 km de pleine mer des côtes des Comores, où vivent 800 000 personnes, comment pourrions-nous maîtriser nos frontières européennes, avec Gibraltar qui se trouve à seulement 14 km de l’Afrique et de ses 1,2 milliard d’habitants ? Si nous échouons à Mayotte, nous échouerons en Europe. Nos compatriotes, dans leur immense majorité, ne sont ni racistes ni xénophobes. Ils expriment néanmoins leur volonté d’affirmer leur souveraineté en matière d’immigration. Il appartient aux Français de décider qui ils acceptent et qui ils refusent sur leur territoire.

On a entendu Edwy Plenel et d’autres figures de gauche dire que Mayotte et les Comores sont ethniquement un même peuple et que la frontière était une absurdité. Que vous inspirent de tels propos ?

J’observe chez les « belles âmes » de la gauche morale une méconnaissance patente de l’histoire, de la sociologie, de la linguistique et de la géographie du canal du Mozambique. Il n’y a pas dans cette partie du monde de peuple comorien. Il y a un peuple grand-comorien qui s’exprime dans une langue en tout point identique à celle des populations de la côte tanzanienne, mais aussi un peuple anjouanais, un peuple mohélien, un peuple malgache et un peuple français représenté par les Mahorais qui s’expriment tant en dialecte swahili qu’en dialecte malgache et en français. Surtout, j’ai découvert avec stupéfaction que cette gauche morale avait une conception ethnique de la nation, ce qui la rend finalement plus proche des idéologues nazis que des penseurs des Lumières. Toute ma vie, je me battrai contre cette conception nauséabonde de la Nation.

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D’où ce paradoxe : sur les plateaux TV, on a vu des Blancs accuser de racisme des Noirs musulmans qui souhaitent réguler l’immigration à Mayotte…

La gauche morale et l’extrême gauche ne savent plus où elles habitent ! Leur seule boussole est désormais la défense permanente et systématique des étrangers, surtout si ceux-ci sont en infraction au regard du droit. Les victimes, comme les Mahorais qui subissent les conséquences de l’immigration clandestine massive, sont traitées de bourreaux et les bourreaux sont protégés comme des victimes. Cette gauche à l’envers, qui insulte, au sens propre, tous ceux qui ne pensent pas comme elle, est en collapsus intellectuel. Elle est totalement aspirée par le marketing électoral des stratèges du Parti démocrate américain des années 1990. Ils sont passés de Karl Marx à Hillary Clinton. Tout un parcours !

Vous êtes député LR. La départementalisation du territoire sous Sarkozy a-t-elle selon vous permis de réguler le phénomène ? N’a-t-elle pas créé un appel d’air ?

Absolument pas ! Les trois principaux appels d’air à l’immigration clandestine sont l’accès à la nationalité, l’accès à l’école gratuite pour tous et l’accès à la santé gratuite pour tous. Les origines de la pression migratoire sont donc totalement extérieures à la départementalisation. Ce qui a rendu la situation explosive, ce sont la volonté délibérée, sous François Hollande, de laisser se développer la submersion migratoire de Mayotte à partir de 2012, l’activité ambiguë du Quai d’Orsay et l’échec de l’indépendance des Comores. Nous pouvons donc parachever la départementalisation, tout en coupant les trois principales pompes aspirantes de l’immigration. C’est même un devoir républicain.

Quand Mélenchon se bat la coulpe

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Dans une relative indifférence médiatique, le lider maximo vient de s’excuser publiquement d’avoir soutenu les émeutes de banlieue en juin dernier. Mais ne comptez pas non plus sur lui pour s’assagir complètement. Ses fans lui en voudraient trop.


En 1901, dans Que faire, Lénine écrivait une formule connue de tous les militants d’extrême gauche chevronnés, à commencer par les trotskistes : « Ce qui serait terrible, ce serait l’obstination dans l’erreur, une fausse honte à la reconnaître et à la corriger. »  Lundi dernier à Paris, on peut supposer que Jean-Luc Mélenchon s’est récité à lui-même ces quelques mots canoniques avant de concéder, au détour d’un discours en hommage à Salvador Allende, ses coupables errances durant les récentes émeutes de banlieue.

Le sens de la litote

« N’oublions pas non plus nos erreurs, a-t-il lancé. Je parle des miennes, et de celles de quelques-uns d’entre nous ici, d’avoir cru que la violence de guérilla urbaine pouvait venir à bout d’un régime, et que c’était une méthode qui pouvait avoir du succès. » Une allusion tout à fait implicite à la complaisance qui a été la sienne au début de l’été, quand la violence s’est déchaînée dans les rues de nos cités, avec plus 2 500 bâtiments dégradés, dont seules les écoles et les médiathèques méritaient, à ses yeux, d’être épargnées.

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Passons sur son sens de la litote – car ils ne sont pas seulement “quelques-uns” à avoir fauté : tous les cadres de La France insoumise, sans exception (sans doute quelques-uns étaient-ils terrorisés), ont accepté sans broncher les outrances du leader historique. Et reconnaissons les faits: celui qui est aujourd’hui président de l’Institut La Boétie vient de faire son mea culpa, et a reconnu en toute transparence que son refus d’appeler au calme en juin dernier était un message d’approbation, si ce n’est d’encouragement.

Pour se donner le beau rôle, l’ex-lambertise, qui arborait ce jour-là une surprenante cocarde tricolore à la boutonnière au lieu de son habituelle triangle rouge de déporté politique, a même surenchéri : « Je dis aux plus jeunes d’entre nous: ne commettez pas la même erreur que nous, souvenez-vous que rien ne vaut au-dessus de la démocratie et de la mobilisation populaire. Rien n’est plus fort que la volonté des masses quand elle s’exprime par une volonté politique et l’installation d’un pouvoir légal. »  N’en jetez plus.

Fabien Roussel ? Beaucoup trop violent pour Mélenchon

Trois jours plus tard, Jean-Luc Mélenchon enfonçait d’ailleurs le clou (certes pour contrarier ses alliés communistes – on ne se refait pas) en condamnant sur X/Twitter « l’initiative violente » du secrétaire national du PCF Fabien Roussel, qui venait d’appeler sur France Info à se rassembler devant les préfectures, voire à les « envahir » en guise de protestation contre la « vie chère ». Pour un peu, on reconnaîtrait à l’ancien député de Marseille le droit de dire : « la République c’est moi ».

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Mais revenons au discours de lundi dernier. Évidemment, devant un parterre d’huiles du mouvement, parmi lesquelles Mathilde Panot, Jean-Luc Mélenchon ne pouvait se contenter d’un simple repentir. Il devait quand même à ses admirateurs un ou deux de ces déhanchés qui ont fait sa réputation. N’a-t-il pas promis jadis qu’il était “le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas” ? Alors, tel Johnny Hallyday entonnant “Allumer le feu” à la fin d’un concert, l’Insoumis a repris le show habituel, a insulté Emmanuel Macron et Elisabeth Borne, attaquant carrément leur physique, les taxant de “visage bestial”, les comparant à Augusto Pinochet. Rien que ça ! Comment ça, vous dites qu’il est un Donald Trump de gauche ? A moins, que vous ne pensiez à la “culture du harcèlement” ?

La parole est à la défense. Dans Napoléon le petit, Victor Hugo écrivait: « La tribune française, c’est la bouche ouverte de l’esprit humain, faisant le chaos pour en tirer la vie, faisant la révolution pour en tirer la République. » Tant qu’il reste sur une estrade à distribuer des noms d’oiseaux, Jean-Luc Mélenchon ne fait pas de mal à grand monde. Un psychanalyste saluerait sans doute les effets salutaires d’une telle parole cathartique sur les deux publics cibles de l’extrême gauche : le personnel de l’Education nationale et la jeunesse des banlieues, deux populations particulièrement sensibles à la puissance du verbe – Médine ne dirait pas le contraire. Un publicitaire, lui, conseillerait peut-être à La France insoumise d’imiter le logo en forme de mégaphone du Nouveau Parti anticapitaliste et d’adopter enfin l’emblème qu’elle mérite: un bâton de guignol.

Que faire ?: La lutte décisive

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Et ainsi de suite

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Mathilde Panot: quand la tentative de récupérer le combat des Iraniennes tourne au fiasco

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La chef de file des Insoumis à l’Assemblée nationale a osé reprendre le slogan « Femme, Vie, Liberté » des femmes iraniennes en lutte contre les mollahs. Mais, peut-on vraiment prétendre être du côté de la malheureuse Mahsa Amini sans évoquer l’islam, l’islamisme ou même le voile ? Et en pourfendant le reste du temps « l’islamophobie » supposée de notre République laïque ? Céline Pina dénonce une hypocrisie. Pire, une tartufferie.  


À la LFI, ils osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnait. Nouvel épisode en date : après avoir servi la soupe à Médine, l’islamiste qui s’ignore, Mathilde Panot essaie de récupérer le très populaire combat des Iraniennes. Le problème c’est que lorsqu’on est en pleine dissonance cognitive, ce n’est pas sa vertu que l’on montre mais son hypocrisie que l’on exhibe.

Cette récupération politique, qui émane d’un parti défendant l’abaya, ne passe pas

Cela fait un an que Mahsa Amini est morte sous les coups de la police de la vertu pour un voile mal ajusté. Depuis, les Iraniennes ont montré ce qu’était réellement le voile : un outil d’ensevelissement de la femme, qui l’infériorise et témoigne de son impureté. Le voile n’est pas un vêtement, c’est un marqueur et aujourd’hui un marqueur du pouvoir et de l’emprise des islamistes. Le voile est le symbole de l’oppression des Iraniennes et leur choix de l’ôter, l’affirmation de leur volonté de retrouver leur liberté.

Il était donc très agaçant de voir les têtes d’affiches de LFI poser avec leur petit panneau « Femme, Vie, Liberté » en réussissant l’exploit de ne jamais mentionner le voile (pourtant au cœur de ce combat) ni l’islam, ni l’islamisme.

Les coutures grossières de l’islamo-gauchisme

Il fallait oser ? Mathilde Panot l’a fait. Et elle s’est pris une volée de bois vert, les internautes lui rappelant que dans un tweet récent, datant du 8 septembre, elle avait dénoncé, en anglais, l’ « islamophobie » de la France, car celle-ci « combattait le port du voile ». Le tout dans le cadre de la défense du port de l’abaya, autre marqueur islamiste, que certains tentent ici d’imposer dans les salles de classe des collèges et lycées.

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Autre élément amusant : une note de contexte a été ajouté au tweet racoleur de la député qui souligne encore plus la fourberie de sa posture ; en effet celle-ci pose, poing levé, avec une image de Mahsa Amini voilée. Or, c’est en ôtant leur hidjab que les Iraniennes expriment leur révolte. Avoir choisi une image de la femme qui l’incarne portant le voile a été perçu par beaucoup comme le révélateur inconscient de la déloyauté de LFI dans ce combat.

Défendre une vision rétrograde de l’islam en France, pour faire semblant de la combattre en Iran, est déjà assez détestable. Mais à cela s’ajoute le fait de prôner l’émancipation pour les femmes iraniennes, tout en la refusant de fait à la femme musulmane française. Celle-ci doit bien baigner dans son élément communautaro-islamiste et porter scrupuleusement son voile, faute de quoi LFI se verrait orpheline de combat victimaire et ne pourrait intenter de procès en islamophobie au pays, à sa droite ou à ses actuels dirigeants centristes.

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Sacrifier les femmes musulmanes pour s’attirer les bonnes grâces des barbus et pouvoir hurler à l’oppression et au racisme, voilà le vrai combat de Mathilde Panot et compagnie. Finalement, le petit bourgeois blanc LFI du XXIème siècle qui sait ce qui est mieux pour le « racisé », ressemble beaucoup au colonialiste blanc du XIXème qui savait ce qui était bon pour les colonisés… C’est toute l’ironie de l’histoire.

Silence coupable

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Joss Beaumont est de retour!

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« Le Professionnel », film de Georges Lautner, revient ce soir sur France 3 à 21 h 10


Fallait-il le stopper ? C’est peut-être la seule question que les fans de Belmondo se posent aujourd’hui. La seule question qui hante les adolescents des années 1980. Sur le rebord d’une fenêtre du château de Maintenon, l’auxiliaire Farges n’a pas tremblé. Il a tiré en rafale. Objet de colloques et de controverses, la fin du Professionnel a-t-elle une portée tragique ou rédemptrice ? Est-ce une victoire de la raison d’État ou un plaidoyer pour la parole donnée ? Cette quête suicidaire et méthodique est-elle une manière de retrouver l’honneur perdu d’un patriote, dernier baroud avant extinction ou une spirale vaine et désespérée, éloge d’une violence sans fin ? Au-delà des interrogations, des interprétations diverses, du caractère anar-droitard, splendide de dérision et de nihilisme, ce film de 1981 luit dans la nuit noire. Combien de temps encore sera-t-il diffusé à la télévision française, d’habitude si vigilante à gommer les aspérités du monde d’avant et les outrances verbales ? Un jour, nous aurons droit à un appareil critique lourd et bavard pour désamorcer certains propos décomplexés et le second degré libertarien qui irriguent cette farce policière à visée comico-tragique.

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Le Professionnel, c’est une borne, plutôt une frontière, il y a un avant et un après Professionnel. Nous sommes au théâtre français sous la direction de Rémy Julienne, un mélange des genres qui n’a pas vocation à éduquer, sensibiliser, alerter le public sur les dérives du monde occidental, juste divertir à coups de dérapages et de bons mots, de castagne et d’envolées lyriques, de filles en nuisette et d’agents spéciaux, de gros flingues et d’hélico. Le dialogue d’Audiard trop écrit, assurément jubilatoire et un brin forcé, est compensé par les tête-à-queue d’une Fiat 131 Supermirafiori rouge. Le Professionnel assume ouvertement une nostalgie française, ce fond de sauce que l’on voudrait diluer à l’eau contrite d’un progressisme aveuglant.

Lautner, amuseur amusé, ne se prive d’aucune pichenette, il dégaine les moments de bravoure avec une virtuosité rieuse : le coup de la baignoire, la « presse démocratique », les barbouzes blousés, une bavure déguisée en machination à moins que ce ne soit l’inverse, l’esprit « espionnage et châtaignes », le ministre forcément pusillanime, le colonel démissionnaire, la pute au grand cœur et la fidélité au « Service Action », dernière astuce pour calmer la rancœur d’un fonctionnaire émérite abandonné dans l’enfer du Malagawi. Pourquoi aime-t-on tant ce film « décadent » à la bande-son magnétique et au pessimisme suintant ?

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Parce que le commandant Beaumont est fidèle à une France qui l’a trahi, à la fois cible mouvante et ange vengeur, emphatique et lucide sur sa propre destinée. Revenu des morts, il adresse un solde de tout compte à sa patrie. Il dit merde aux donneurs d’ordre. Parce que Jean-Paul porte un improbable blouson de cuir aux manches détachables et des médailles militaires à même le torse, qu’il est déniaisé de tout discours officiel, que son entêtement a quelque chose de beau et de gratuit, qu’il fut peut-être le seul acteur de sa génération à nous réjouir autant par sa puissance physique que par sa liberté langagière, parce qu’il avait l’avantage de la surprise dans les couloirs d’un palace. Qu’avec lui, enfin, les planqués, les satisfaits, les serviles, les coteries et les faux durs étaient tancés vigoureusement. Parce qu’il était gamin et d’humeur amère dans sa folle échappée. Parce que « le régime biribi avait dû le galvaniser » selon son instructeur et qu’il était ce condensé de muscles et d’ironie dans un pays qui commençait tout juste à avoir peur de son ombre et à s’auto-flageller. Et puis, on aime Le Professionnel aussi pour cette galerie des glaces réfléchissantes, une série de portraits baroques et d’attitudes désuètes, enfouie dans notre histoire personnelle, les longues jambes de Doris Frederiksen dans la suite Victor Hugo, la diction sacerdotale du Président N’Djala, un Pierre Vernier gélatineux, une Elisabeth Margoni à l’érotisme maternel suffocant, un Michel Beaune liquéfié par son déshonneur, un Bernard-Pierre Donnadieu qui chute malencontreusement sur l’arête d’un billard, un Jean Desailly à la rosette fanée, un Robert Hossein sublime d’assurance (« C’est un drôle de flic, un sale con, mais un flic maousse ») et puis les épaisses montures de Cyrielle Clair au saut du lit comme un moment de douceur arraché à la laideur des temps obscurs. On se souviendra longtemps de son regard et de son nom de fiction, elle s’appelait Alice Ancelin. Ce soir, nous serons devant notre poste car lorsque la machine est emballée, personne ne stoppe Joss Beaumont.

Monsieur Nostalgie

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Ma dernière séance : Marielle, Broca et Belmondo

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Couple mal assorti cherche sortie

L’Opéra-Garnier ouvre la saison lyrique parisienne avec Don Pascuale, irrésistible « dramma buffo » de Donizetti


Pas de morte saison pour Gaetano Donizetti. L’Opéra-Bastille, en février dernier, accueillait dans ses murs la huitième reprise de l’immortel Lucia di Lammermoor, dans une mise en scène d’Andrei Serban millésimée… 1995 ! Cette fois, l’Opéra-Garnier ouvre la saison lyrique parisienne avec Don Pascuale, irrésistible « dramma buffo » du compositeur prolifique dont ce n’est jamais que le soixante huitième opéra : Donizetti n’en écrira plus que deux encore avant de passer l’arme à gauche.

Composition prétendument expédiée en moins de deux semaines – le maître se plaisait à répandre le mythe d’une éblouissante facilité, propre à son génie – créé à Paris en 1843, ce petit joyau de commedia dell’arte, traversé d’un humour doux amer, s’exporta aussitôt avec succès, triomphant dans toutes les salles européennes. Sur un livret de Giovanni Ruffini (1807-1881) tellement remanié par le compositeur que le poète en vint à exiger le retrait de son nom, l’intrigue oppose Don Pascuale, un pingre mais riche barbon un peu puéril, pressé de convoler avec une demoiselle dans la fleur de l’âge, à son neveu Ernesto qu’il menace de déshériter s’il épouse une jeune veuve, Norina. Organisé par son ami le docteur Malatesta, un faux mariage finira par convaincre le vieillard dupé à repousser avec effroi son projet matrimonial. D’un bout à l’autre, cette comédie aux accents mélancoliques est un ravissement.  

Troisième reprise d’une production millésimée 2019, la mise en scène inventive et minimaliste de Damiano Michieletto transpose l’action à l’époque du smartphone, des incrustations d’images sur fond vert et des intérieurs high tech. Don Pascuale partage avec sa bonne un « ça m’suffit » à l’ameublement plouc à souhait, que son épouse toute neuve, Norina, dissimulée sous le pseudonyme de Sofronia pour se transformer illico en harpie dissipatrice, réaménagera en loft dispendieux. Meurtri, humilié, pressuré, le mari ne songe plus dès lors qu’à se débarrasser de cette mégère : le but est atteint ; le stratagème aboutit à un mariage plus « décent » : entre jeunes gens. La morale est sauve.

Laurent Naouri © Bernard Martinez

Les effets spéciaux de l’écran géant qui place en gros plan, sur un fond en incrustation vidéo, le visage filmé de Norina permet à Julie Fuchs de déployer son talent comique hors pair, avec force mimiques que le spectateur détaille à loisir. La soprano française – qu’on a déjà entendu l’an passé en Gulietta dans Les Capulets et les Montaigu – accuserait-elle, décidément, une certaine fatigue ? Vibrato distendu, aigus difficiles, projection trop courte – la chanteuse (qui succède à Nadine Sierra puis à Pretty Yende) n’était pas à son meilleur au soir de la première. Tel n’est pas le cas de Laurent Naouri, qui remplace quant à lui Michel Pertusi dans le rôle-titre, tandis que le baryton Florian Sempey, qui campait déjà le docteur Malatesta en 2018 et 2019, et qu’on a pu entendre cette année même dans Roméo et Juliette, endosse le personnage avec brio. Dans le rôle d’Ernesto, le ténor René Barbera qui l’an passé incarnait le comte Almaviva du Barbier de Séville avec la même force jaillissante et cuivrée.

Rien, dans les faiblesses (passagères ?) d’une partie de la distribution, qui ne porte fondamentalement atteinte à la vivacité désopilante d’un spectacle musicalement magistral, sous la baguette transalpine de Speranza Scappucci. Elle dirigeait déjà à Paris Les Capulets… l’an passé. Agée de 50 ans, invitée pour la saison 2025 au Royal Opera House de Londres, c’est la « cheffe » qui monte. Qu’on se le dise.      


Don Pasquale. Opéra en trois actes de Donizetti. Direction Speranza Scappucci. Mise en scène Damiano Michieletto. Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris. Avec Laurent Naouri (Don Pasquale), Florian Sempey (Dottor Malatesta), Julie Fuchs (Norina), Slawomir Szychowiak (le notaire).

Palais Garnier. Les 20, 22, 25 septembre, 5, 11, 13 octobre à 19h30.
Durée du spectacle : environ 2h35     

Le spectacle lamentable de Lampedusa n’a que trop duré!

Seule face au douloureux dossier humain de l’immigration illégale, l’Italie réclame la solidarité de ses voisins. Comment mettre fin au drame des migrants clandestins qui affluent sur nos côtes ? voilà la question que devrait se poser François Gemenne du GIEC, plutôt que d’insulter Marion Maréchal !


Quel spectacle lamentable, indigne d’un débat intellectuel censé promouvoir la tolérance des idées, que d’entendre et voir, sur le plateau de télévision d’une importante chaîne française d’information, LCI, un éminent rapporteur du GIEC, François Gemenne, également directeur de l’Observatoire Hugo (dédié aux migrations environnementales) à l’Université de Liège, se livrer sans scrupules ni vergogne, pensant contredire ainsi son adversaire politico-idéologique, à une insulte d’infâme teneur sexiste.

L’insulte sexiste à l’encontre de Marion Marechal

Car c’est bien ce à quoi cet irrespectueux politologue belge s’est adonné sans la moindre nuance, pas plus tard que ce 15 septembre, en y accusant sommairement, en guise de seul argument pour étayer son point de vue, Marion Maréchal d’avoir – je cite –  « sauté dans le premier avion pour faire sa pin-up à Lampedusa ». Aussi pitoyable qu’indigent, en plus de sa manifeste goujaterie, ce type d’invective !

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Entendons-nous, afin de ne point prêter le flanc à je ne sais quelle autre malveillante ou absurde critique : je ne connais pas, personnellement, Marion Maréchal, ni ne l’ai même jamais rencontrée ou simplement croisée ; quant au parti, « Reconquête ! », dont elle est la vice-présidente (sous l’égide d’Éric Zemmour) et pour lequel elle conduira la liste aux prochaines élections européennes de 2024, c’est peu dire qu’il ne répond guère aux exigences de mon engagement politique, pas plus qu’il ne correspond, à bien des égards (dont celui, précisément, de l’immigration), à mes valeurs morales ou mes principes philosophiques. A fortiori, ma vision de l’humanisme ! Mais enfin : tel n’est pas, en ce cas, la question !

La solitude de l’Italie face aux lacunes de l’Europe

Car si je prends ici le risque – j’en suis conscient au vu de la malhonnêteté intellectuelle, sinon du dogmatisme sectaire, de bon nombre de nos prétendus « débatteurs », souvent férus de vaines polémiques, au sein de la plupart des médias français – de défendre, en cette tribune, Marion Maréchal lors de ce fameux déplacement sur l’île de Lampedusa, située encore plus au sud que les côtes tunisiennes, c’est qu’elle a eu objectivement raison, et c’est là un mérite non négligeable, d’y dénoncer publiquement, non sans faire preuve là d’une indéniable dose de courage, « l’hypocrisie », sinon l’inertie ou même l’indifférence, des instances européennes face à la solitude de l’Italie en ce dramatique dossier, tant sur le plan humain que social ou politique, qu’est celui  de l’immigration en provenance principalement, et massivement, d’Afrique subsaharienne.

Un cri d’alarme

Davantage : ce cri d’alarme qu’a ainsi lancé à juste titre Marion Maréchal par rapport à ce manque patent de solidarité, voire de simple compassion, de la part de l’Union Européenne face à l’Italie, ainsi livrée à elle-même et comme abandonnée de toutes parts en ce dossier particulièrement douloureux, plus encore que complexe, je le fais également mien, moi qui, bien que de culture française (par ma mère), suis aussi, par la nationalité de mon père, un citoyen italien, et donc détenteur, comme tel, d’un passeport lui-même également italien !

Car s’il est exact que j’aime passionnément la France, dont la langue comme la culture ont forgé mon esprit, sinon les lumières de ma raison, (« ma patrie, ce sont les livres » fait opportunément dire, à ce propos, la grande Marguerite Yourcenar, dans ses Mémoires d’Hadrien, à son héros littéraire), il n’en demeure pas moins vrai que l’Italie, par le sang qui coule dans mes veines, reste particulièrement chère à mon cœur.

C’est dire si je n’aime guère voir souffrir ainsi aujourd’hui, par cette solitude dans laquelle l’Europe la plonge aussi injustement depuis de longues et cruelles années, l’ancestrale patrie ou, mieux, l’historique berceau de l’humanisme le plus généreux, universaliste et éclairé tout à la fois, de Léonard de Vinci à Giordano Bruno, en passant par l’immense et érudit Pic de la Mirandole !

Un épouvantable et gigantesque cimetière marin

D’où, en guise de conclusion, cet appel que je lance, moi aussi, à l’Europe : il est de son devoir moral, tel un impératif catégorique kantien, de venir enfin en aide, sans plus attendre ni tergiverser face à l’urgence de la situation tout autant qu’à l’ampleur de cette tragédie, à l’Italie, qui, seule, ne peut plus supporter effectivement, par-delà ses admirables efforts aussi bien que sa bonne volonté en la matière, le colossal fardeau, pour certes nécessaire qu’il soit sur le plan humain, de cette entreprise titanesque qu’est celle de porter bien évidemment secours aux dizaines, sinon centaines, de milliers de désespérés qui, fuyant leur pays, la misère, la guerre, la famine ou la dictature, affluent au péril de leur vie mais quasi quotidiennement désormais, par vagues successives et pratiquement ininterrompues, au milieu de cet épouvantable et vaste cimetière marin qu’est aussi devenue malheureusement aujourd’hui, par incurie politique, égoïsme nationaliste, racisme systémique, calcul économique ou banditisme organisé, la Méditerranée !

Le réel oblige Macron à parler une langue qu’il ne maîtrise pas

N’en déplaise à la Macronie, la société ouverte et consumériste n’est pas celle que désirent les gens ordinaires, attachés aux liens familiaux, locaux, traditionnels. Le paradis diversitaire exalté par le fanatisme progressiste ne fait pas rêver la France profonde.


Emmanuel Macron n’a plus les mots, tant le réel lui échappe. Dans Le Figaro Magazine du 4 août, le chef de l’État a soudainement découvert l’urgence de « faire nation », comme on fait la tambouille : un cache-misère semblable au « vivre-ensemble », terme qu’il dit pourtant « ne pas aimer ». Or, comment faire nation sous la tutelle d’un président qui défend la souveraineté européenne, le consommateur remplaçable et qui récuse l’idée de préférence nationale ? Les progressistes de l’après-guerre se pensaient malins en s’affirmant « citoyens du monde ». Ils moquaient les ploucs attachés à leur patrie, leurs traditions, leurs morts. « Pétainistes ! », « Fascistes ! » : ces injures restent celles des perroquets du mondialisme heureux. Ils accablent ceux qui persistent à se réclamer d’une continuité historique et d’une défiance face à l’immigration musulmane de masse. Macron est de cette lignée hors-sol : il a voulu opposer universalisme et nationalisme, progressisme et populisme. Il se croyait porté par un mouvement de fond appelé à en finir avec les peuples enracinés et les nostalgies de la France sentimentale. Mais c’est une réaction inverse qui partout dans le monde se confirme, avec le réveil des nations et des souverainetés. Le réel oblige Macron à parler une langue qu’il ne maîtrise pas.

Une France éclatée est vouée à disparaitre

C’est pourquoi le recentrage présidentiel sur la nation est un leurre. Sa conversion fait écho à celle, aussi peu crédible, de Jacques Attali : après avoir fait l’éloge du nomadisme et de la société sans frontières, celui-ci affirme désormais, dans un entretien à Livre noir : « Il y a clairement une demande générale de sauver l’identité française.[…] Il faut à tout prix défendre la langue française et l’enseignement de la culture française. » Mazette ! Cela fait un demi-siècle que des lanceurs d’alerte enfoncent ces clous, en se faisant étiqueter « extrême droite » par les laborantins de l’homme technique et indifférencié. C’est Macron qui, le 28 août 2018, en visite au Danemark, récitait : « Le vrai Danois n’existe pas. Il est déjà européen. C’est vrai aussi pour les Français. » Faire nation ne veut rien dire dans la bouche de celui qui dit en même temps vouloir poursuivre « une politique de peuplement » et persiste à affirmer faussement, dans le même Fig Mag : « Nous avons toujours été un pays d’immigration et nous continuerons de l’être. » La France de Macron fait nation comme une pension de famille fait famille. Relire Bossuet : « Le propre de l’unité est d’exclure. » Une France éclatée est vouée à disparaître. Rien n’arrêtera son saccage tant que ceux qui la maltraitent resteront au pouvoir.

A lire aussi : Petit manifeste pour le droit à la continuité historique

N’en déplaise à la Macronie soutenue par la classe financière et le système technocratique, une société ouverte et consumériste n’est pas celle que désirent les gens ordinaires. Ceux-ci restent attachés aux liens familiaux, locaux, traditionnels. Ils sont réceptifs au bon sens et au pragmatisme. Le paradis diversitaire chanté par le progressisme exalté ne fait pas rêver la France profonde. Elle se sait fragile et craint pour sa survie. Le même cauchemar totalitaire d’un monde technique et indifférent à l’homme, qui a imposé ses effrayantes tyrannies au XXe siècle, se redessine dans le mépris porté à l’âme des peuples. Or c’est cette part intime, rejetée par les faux « humanistes », qui devient une donnée politique nouvelle en imposant l’identité nationale comme un sujet central. Michel Auboin, ancien préfet chargé de l’intégration, confirme ce sursaut existentiel: « Une majorité de Français qui partagent la même histoire forment la majorité silencieuse d’un pays qui feint de les ignorer[1]. » C’est à ces oubliés, ces dizaines de millions de « Français de souche », voués à être remplacés par des peuples exotiques, qu’il revient de prendre la parole pour dire d’où ils viennent, qui ils sont, et surtout, où ils ne veulent pas aller. En l’occurrence, ils refusent la contre-société islamisée qui s’épanouit sous Macron.

À dire vrai, Emmanuel Macron n’est pas le seul coupable. L’indifférence portée à la nation et à son peuple est une trahison partagée par de nombreux dirigeants, à commencer par ceux de la droite. Prononcer le mot « France » leur est encore une épreuve. En janvier 2003, Alain Juppé, président de l’UMP, trouvait moderne de proposer, pour les deux peuples, la double nationalité franco-allemande, en balayant les sentiments d’appartenance. En mai 2015, les fondateurs du parti LR expliquaient pour leur part : « Nous souhaitons nous appeler Les Républicains car nous défendons avant tout l’identité républicaine », déclaration commune de Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet. Alors à l’UMP, Bruno Le Maire déclarait à la même époque : « Je me battrai contre ceux de ma famille politique qui disent que la question identitaire est prioritaire. » Tirant le bilan de son débat sur l’identité nationale lancé en 2009, Nicolas Sarkory déclarait le 7 avril 2015,devant la commission exécutive de l’UMP : « Je n’aurais pas dû parler d’identité nationale, mais dire que je voulais défendre les valeurs de la République. » L’évocation de la République et de ses valeurs est un procédé de faussaire : il sert à ne pas évoquer la France, ses états d’âme et son déclin, de peur de faire le jeu de l’« extrême droite ».

A lire aussi : Emmanuel Macron est-il jaloux de ses ministres?

L’« initiative politique d’ampleur » annoncée par le chef de l’État passera à côté du sujet si elle doit persister dans une communication brouillonne appelant à l’ « apaisement » tout en écartant de l’« arc républicain »les mouvements politiques (LFI, RN, Reconquête, etc.) qui n’ont pas l’heur de plaire à la Macronie. Le pouvoir, isolé, doit accepter d’entendre les plaintes des Français oubliés, sommés de taire leurs inquiétudes existentielles au nom de la religion dévoyée des droits de l’homme. Rien ne serait plus révoltant, de la part d’un pouvoir se réclamant de la concorde et de la non-discrimination, que de chercher à étouffer encore davantage l’« homme réel ». Il est vrai que, derrière la menterie du « faire nation », s’observe une nation qui se défait.


[1]. Le défi d’être français, Presses de la Cité, 2023.

Le défi d'être Français

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Immigration et travail: à se taper la tête contre les murs

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Immigration. Quand ils ne parviennent pas à recruter dans les métiers « en tension », les patrons ne sont évidemment pas opposés à la régularisation des sans-papiers. Le billet de Sophie de Menthon, qui défend un meilleur accueil des « gentils » et réclame qu’on éloigne enfin les « méchants »!


Au moment où le débarquement de migrants à Lampedusa occupe tous les esprits, il faudrait tout de même que l’on fasse un jour preuve de bon sens, et que le gouvernement commence à réfléchir, en toute objectivité, à régler les problèmes intérieurs qui sont les nôtres, en particulier celui du rapport entre immigration et emploi.
Besoin de logique, besoin de justice, besoin de pédagogie, en oubliant les hystériques du racisme sur le sujet et les extrêmes de tous bords.
Commençons par le commencement, et changeons une loi scélérate :
Pour un sans-papier, sur le territoire français, il faut travailler en toute illégalité, au moins deux ans et présenter 24 bulletins de salaire pour obtenir le droit de rester en France et de continuer à travailler. Donc, concrètement, le gouvernement encourage le travail illégal et le récompense. Qui peut m’expliquer ? Cela fait trop longtemps que dure cette schizophrénie, dans l’indifférence, l’hypocrisie, les contradictions, les incohérences et les dédales administratifs. STOP ! Cette situation aberrante touche un grand nombre de secteurs, actuellement en manque cruel de main-d’œuvre (restauration, nettoyage, bâtiment, sécurité, aide à domicile…). Dans le BTP, en région parisienne, un salarié sur deux est sans-papier.

Métiers en tension

C’est ce qu’on appelle « les métiers en tension ». Et bien sûr, non, virer tous les étrangers ne fera pas occuper ces emplois par des chômeurs français ! Cet état de fait suscite l’incompréhension totale des chefs d’entreprises, des syndicats et de ceux qui se plongent dans cette problématique insoluble. Alors, on fait semblant : le patron fait semblant ou ne reconnaît pas les faux papiers… mais il fait tout bien par ailleurs: il déclare le salarié, paie les charges, respecte le droit du travail. Même chose pour son salarié en situation irrégulière, et tout cela fonctionne à la satisfaction de tout le monde depuis le recrutement jusqu’à… un contrôle plus poussé. Par ailleurs, il faut arrêter de prétendre que ces salariés étrangers sont sous-payés : ils sont soumis a minima au SMIC et au Code du travail comme tous les autres, avec les mêmes droits. Nous cherchons des gens qui veulent et peuvent travailler, et nous les traitons convenablement, revendiquent les « coupables ».  

A lire aussi, Gabriel Robin: Lampedusa: un jour sans fin

Que les politiques fassent perdurer cette situation est une honte nationale. Qui mettra fin à ce système hypocrite et incohérent ? Le TRAVAIL doit être la clé du droit de séjour en France. Un travailleur étranger qui obtient un contrat de travail en bonne et due forme devrait pouvoir bénéficier d’un permis de séjour adapté, sur le modèle de la « Green Card » aux USA, ce qui permettrait à ce travailleur de bénéficier d’une carte de résident en France et d’y séjourner légalement le temps de son contrat de travail. Et, bien sûr, sans avoir le droit de faire venir sa famille ou alors dans des conditions à déterminer (que personne n’a le courage de déterminer). Par ailleurs, ne confondons pas « permis de séjour » lié au travail et régularisation complète.

Sophie de Menthon ne manque pas d’air

La pauvreté intellectuelle et morale de ceux qui ne « pensent » pas mais jonglent avec une bouillie idéologique sur ce sujet, entraine l’inéluctable et stupide tarte à la crème du « légaliser serait un appel d’air ».
Non ! Car cette régularisation est uniquement pour ceux qui travaillent déjà officiellement et donc sont intégrés. On pourrait très bien aussi, par la suite, ne laisser entrer en France à l’avenir que ceux qui sont munis d’une promesse d’embauche contrôlée avec permis de séjour le temps du contrat; le contrat terminé, l’immigré aurait deux mois pour retrouver un nouveau contrat et sinon il rentre dans son pays. Mais, direz-vous, de toute façon, on ne renvoie personne ou si peu… En tout cas, il serait urgent de renvoyer les individus qui posent un problème, ce serait déjà formidable. Actuellement, concernant la question migratoire, on mélange malheureusement tout, selon sa couleur politique: les sans-papiers, les cas sociaux à la rue, les sans boulot, les drogués, les caïds des banlieues, les vrais réfugiés, le regroupement familial (à arrêter ou limiter de toute urgence), les boat people, etc. Ce ne doit évidemment pas être le même traitement dans chaque cas, et je parle bien dans cette tribune des travailleurs. La « nouvelle loi immigration » a comme socle l’entreprise, mais bien sûr avec la menace coutumière de l’amende (4000€ pour emploi illégal, et 8000 si récidive). Qu’est-ce que cela résout?

A lire aussi : «Nous demandons la suppression du droit du sol à Mayotte»

Ah si ! une innovation importante : les patrons devront désormais prendre sur le temps de travail de leurs salariés pour que ceux-ci apprennent le français ! Sauvés ? Cette nouvelle loi me fait l’impression d’un simple camouflage de notre situation migratoire qui ne touche pas aux sujets fondamentaux. Quid des cadeaux présidentiels faits à certains pays en autorisant un nombre déterminé d’émigrés (je pense à l’Algérie) ? Quid des expulsions ? Quid du laxisme et de la lenteur de la justice ? Certes, il convient de lutter contre l’emploi caché non déclaré, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Le vrai scandale, c’est l’emploi « illégal » tel que je l’évoquais; car l’illégalité, répétons-le encore et encore, est promue par l’État qui martèle que pour avoir le droit de travailler, il faut d’abord travailler sans en avoir le droit. À se taper la tête contre les murs, oui.

La France sens dessus dessous !

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Lampedusa: un jour sans fin

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Ile de Lampedusa, Italie, 16 septembre 2023 © Cecilia Fabiano/LaPresse cecilia/SIPA

Les bateaux ne cessent d’arriver dans l’île italienne, distante de moins de 200 km des côtes tunisiennes. Gérald Darmanin annonce ce matin qu’il refusera l’accueil en France des clandestins débarqués à Lampedusa. Cet après-midi, on apprend qu’un centre d’accueil va être installé à Menton (06). Analyse.


Le nom Lampedusa fut longtemps connu comme celui porté par l’écrivain Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Ce prince et Grand d’Espagne fit dire à son personnage Tancredi cette phrase depuis tombée dans le langage courant : « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change ». Les images qui nous parviennent de la petite île de Lampedusa résonnent ici avec cruauté. Oui, si nous voulons que l’Europe reste telle qu’elle est, il faut que les politiques migratoires des États membres changent… et radicalement.

Depuis son accession au pouvoir, Giorgia Meloni a voulu jouer selon les règles de l’Union européenne. Comme rappelé dans un précédent article, l’Italie est un pays particulièrement vieillissant, même selon les standards continentaux. Sa natalité en berne l’oblige à trouver des solutions, notamment pour combler le vide de main d’œuvre dans les « petits métiers ». Pas de quoi toutefois expliquer la vague sans précédent d’arrivées irrégulières qui s’abat sur les côtes transalpines d’une botte plus que jamais flanc sud de l’Europe. Ainsi, le nombre de migrants illégaux a explosé depuis janvier 2023, atteignant des records sans précédents. Pour tout dire, sur dix personnes arrivées illégalement en Europe en 2023, huit sont passées par l’Italie.

La présidente du Conseil des ministres italien Giorgia Meloni, Rome, 8 mai 2023 © LaPresse/Roberto Monaldo/Shutter/SIPA

Le départ français du Sahel produit déjà ses effets

Entre le lundi 11 et le mercredi 13 septembre, ce sont plus de 199 bateaux chargés de 8 500 personnes à leur bord qui ont accosté à Lampedusa. Les images qui nous parviennent montrent une île devenue Camp des Saints, submergée de jeunes hommes africains majoritairement venus du Sahel quand ils provenaient plutôt autrefois du Golfe de Guinée.

Les déstabilisations du Mali puis du Burkina-Faso et du Niger commencent déjà à produire leurs effets. Les mercenaires russes sont débordés, de même que les forces militaires locales. Il est d’ailleurs tout à fait envisageable que ces masses d’hommes soient instrumentalisées contre l’Europe, ayant pour double effet de nous menacer et de vider un peu une région littéralement surpeuplée avec le plus haut taux de fécondité au monde.

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En 2019, une Giorgia Meloni en campagne, sous l’influence de Luigi di Maio, affirmait munie d’un billet de Franc CFA : « C’est ce qu’on appelle le franc CFA. C’est la monnaie coloniale que la France imprime pour 14 nations africaines, à laquelle elle applique le seigneuriage et en vertu de laquelle elle exploite les ressources de ces nations ». On passera sur le mensonge et la bêtise de la déclaration initiale, aucun pays bénéficiant de ce taux de change ne semblant vouloir le quitter, pas même ceux qui usent et abusent de la francophobie d’État, et Giorgia Meloni ayant depuis mis de l’eau dans son vin. Mais cette phrase en dit tout de même long sur l’inculture totale d’une bonne part des Européens s’agissant de l’Afrique et de ses dynamiques historiques.

Le départ de la France du Sahel n’est une bonne nouvelle pour aucun habitant du Vieux continent, surtout pour l’Italie. L’immigration était déjà très difficilement contrôlable, elle pourrait devenir demain impossible à juguler. Giorgia Meloni a engagé des réformes d’envergure depuis le début de l’année. Elle a notamment mis en place l’Etat d’urgence migratoire et grandement limité le régime de « protection spéciale renforcée ». Pourtant, toutes ces mesures ne suffisent pas à faire face à cette invasion quotidienne. Les bateaux ne cessent d’arriver.

Une Europe ouverte aux quatre vents

Ils auraient d’ailleurs tort de se priver, tant l’Europe est pour eux un Eldorado. La télévision burkinabaise le rappelait encore récemment, comme pour mieux encourager les candidats à l’exil : la France offre absolument tout. Couverture-maladie, accueil, aides en tous genres, protections des ONG et de la Justice, et même de l’argent de proche en espèces sonnantes et trébuchantes. Les appels d’air sont si nombreux qu’il semble vain d’en dresser de nouveau la liste par le menu. Giorgia Meloni n’a aucun atout dans son jeu pour enrayer cette spirale infernale.


Quand l’Europe est envahie, elle ne propose pas d’expulser mais de « répartir » les migrants clandestins. Démonstration est désormais faite : on ne peut pas régler ce problème en restant dans les clous. Matteo Salvini l’avait d’ailleurs en partie compris… ce qui entraina sa condamnation par la justice de son pays pour avoir tenté de refouler les bateaux…

Des solutions existent. Meloni avait d’ailleurs entamé des démarches intelligentes auprès de la Tunisie de Kaïs Saïed, démarches sabordées par les manœuvres de la gauche italienne et du Parlement européen. Notons d’ailleurs que les bateaux sont partis de Sfax, avec très certainement l’assentiment au moins tacite des autorités locales. Comment leur en vouloir ?

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Eux aussi subissent ce qui peut désormais être appelé une invasion. Si nous ne les aidons pas financièrement, ils ne feront pas le travail à notre place.

Un blocus naval ?

En sus d’une collaboration avec le Maghreb, les États européens doivent réviser drastiquement leur législation et réduire le pouvoir de nuisance des associations d’aides à l’immigration. C’est un impératif. N’en doutez point: tous ces militants pensent comme Jean-Luc Mélenchon, lequel vient de déclarer qu’une fois élu, il entamerait une « vague de régularisations massives ». Au fond, il est à se demander si l’emploi de la force n’est pas désormais nécessaire. Un blocus naval semble une solution « démagogique », mais comment faire autrement quand des milliers d’hommes débarquent sans nous demander l’autorisation, avec la complicité de passeurs et d’ONG qui les amènent en Europe en connaissance de cause, conscients de notre impuissance, de notre enchainement à des valeurs d’accueil qui se retournent désormais contre nous ?

Il s’agit d’un combat littéralement existentiel qui demande un effort spécifique de chaque État membre ainsi que de l’Union européenne toute entière. Nous ne devons plus céder au chantage émotionnel de l’extrême gauche. Quel message envoyons-nous au reste du monde quand nous montrons que 8 000 pauvres hères peuvent ainsi défier l’un des continents les plus riches ? Mateusz Morawiecki a raison de tancer l’Allemagne, Donald Tusk et Manfred Weber: il faut dire stop à l’immigration illégale. Quant à nous Français, il serait temps que nous mettions enfin nos actes en rapport avec nos discours. Gérald Darmanin a dit ce matin même à la radio que la France n’accepterait pas de migrants arrivés à Lampedusa. En début d’après-midi, nous apprenions qu’un centre d’accueil allait être installé à Menton, joyau de la Côte d’Azur. Plus tard, il sera trop tard.

Le Camp des Saints ; précédé de Big Other

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Le non du peuple

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Harcèlement, violence, lâcheté et morgue administrative: la chaîne fatale

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Le ministre de l'Education Gabriel Attal, Châteauneuf-en-Thymerais (28), 15 septembre 2023 © ISA HARSIN/SIPA

Nicolas N*** est donc mort, pendu à une taie de traversin. Les courriers échangés entre ses parents et le rectorat de Versailles sont éloquents sur bien des points, dit notre chroniqueur : refus d’entendre, refus de voir, refus de dire, enseignants et administratifs sont le parfait exemple de la sagesse orientale et du déni français.


L’affaire commence au mois de mars. Charline Avenel, amie personnelle d’Emmanuel Macron (elle appartient à cette cuvée « Léopold Sedar Senghor » de l’ENA qui est l’équivalent en macronie de ce que fut la promotion Voltaire en hollandie) était encore rectrice de Versailles —, elle n’est partie que l’été dernier pantoufler dans un organisme lucratif. Mais les faits remontent encore plus loin : depuis des mois Nicolas N***, jeune Guadeloupéen scolarisé dans un lycée professionnel de Poissy, dans les Yvelines, était harcelé par deux petites racailles. Du genre sans doute qui n’aime pas les Noirs, même si Nicolas avait le teint fort clair. Un gentil garçon, assidu, attentif, et qui croyait, a expliqué sa mère, en la justice des adultes.

Eh bien il a vu ce qu’étaient les enfants — « cet âge et sans pitié », disait fort bien La Fontaine — et ce que sont les adultes. Et il ne l’a pas supporté. Il avait changé d’établissement début septembre (alors même qu’Attal souhaitait que ce soient les harceleurs qui soient déplacés), il était retombé du haut de ses illusions, il n’est pas allé au bout de la première semaine de la rentrée. Même s’il avait d’autres soucis, ce fut sans doute la goutte d’eau qui, au dernier moment, pousse l’esprit à parier sur la mort, comme dit Camus.

La culpabilité change de camp

Du côté des copains, rien que de très ordinaire. « T’es nul, t’es moche, ta mère est une pute, ta sœur aussi, … » — on connaît le refrain. C’est du côté des adultes que les dysfonctionnements les plus criants ont vu le jour. Entre les profs qui n’ont pas voulu voir (le prof principal arguant que les altercations avaient eu lieu hors établissement, désolé, faites-vous péter la gueule dans l’enceinte du bahut, et une autre témoin des invectives mais qui a prudemment choisi de ne pas intervenir), le proviseur qui a émis un doute préalable (il évoque « une situation ressentie comme harcelante » afin d’éviter le mot harcèlement, qui est un délit punissable, depuis mars 2022, de dix années de prison, ne dramatisons pas…) et le rectorat enfin qui pour défendre ses agents, comme la loi lui en fait l’obligation, menace carrément de porter plainte pour plainte abusive (la famille avait déposé une main courante), précisant que le tarif d’une telle médisance est de cinq ans de prison et 45 000€ d’amende, les parents de Nicolas ont eu l’embarras du choix, entre couardise, morgue, et violence de l’appareil d’État. Même soutenu par ses parents, que vouliez-vous que fasse un jeune homme qui a dû se sentir méprisé et abandonné par ceux-là mêmes sur lesquels il comptait ? La culpabilité avait changé de camp (voir le courrier reproduit en bas de page).

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Sur les réseaux sociaux, il est des enseignants qui tentent de justifier l’attitude de leurs collègues. Esprit de corps des minables. Ils sont de la même race que ceux qui, à Conflans, refusent que leur collège prenne le nom de Samuel-Paty. Même s’il est des plaintes abusives, parfois même des agressions de parents tout à fait injustifiées, il faut tout prendre au sérieux, quand on sait qu’à la clef il y a un suicide possible. C’est fragile, un gamin.

En 45 ans, j’ai eu à intervenir deux fois sur des faits de harcèlement. La première fois, c’était sous mes yeux : j’ai pris le harceleur par l’oreille, en lui expliquant que s’il bougeait je la lui arrachais, et je l’ai traîné chez le principal. Mais j’ai la carrure pour ça. La seconde fois, nous avons réagi en bloc, obtenu immédiatement l’exclusion temporaire des harceleurs, et en conseil de discipline, leur radiation des concours qu’ils préparaient.

Le proviseur prudent toujours en place

Le plus beau, si je puis dire, c’est que ces enseignants aveugles enseignent toujours. Que ce proviseur prudent est toujours en place. Que l’administratif pète-sec qui a écrit au nom de l’institution n’a pas été suspendu : il sera peut-être déplacé sur un poste équivalent, le temps de se faire oublier. Et que les deux crapules qui harcelaient Nicolas ont fait une rentrée normale dans leur lycée. Leur statut nouveau leur a sans doute valu une promotion dans la voyoucratie locale.

C’est toute une chaîne de responsables qu’il faut traîner devant les tribunaux pour comportements ayant entraîné la mort sans intention de la donner, propos racistes (je ne peux croire que la couleur de peau de Nicolas n’a pas joué un rôle dans ce harcèlement, il y a des ethnies entières en banlieue qui détestent les Noirs) et non-assistance à personne en danger. Alors, chers collègues adeptes du « pas de vagues », vous arrivez toujours à vous regarder dans un miroir le matin ?

Le fait est qu’il devrait y avoir une enquête de police — automatique après un suicide — et surtout une enquête administrative pour démêler le vrai du faux. Il y a des plaintes pour harcèlement qui n’ont d’autre raison que d’obtenir un changement d’établissement. J’aimerais croire que des sanctions seront prises, quand on aura établi que des dysfonctionnements graves ont eu lieu. Mais j’en doute — ou alors, dans tant de temps, que la mort du gamin se sera diluée dans les espaces bureaucratiques. « Bonne justice est prompte », disait Henri IV. Oui, mais ça, c’était avant.


Suicide de Nicolas: l’opinion veut des têtes maintenant, celle de Charline Avenel…

Chaque matin, Elisabeth Lévy donne son avis sur l’actualité dans la matinale de Sud Radio, après le journal de 8 heures.

«Nous demandons la suppression du droit du sol à Mayotte»

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Mansour Kamardine, député LR de la 2e circonscription de Mayotte. © Hannah Assouline

Sans maîtrise de ses frontières (maritimes), Mayotte connaît une explosion migratoire et une flambée de violences sans précédent. Pour enrayer ce cycle infernal, Gérald Darmanin a lancé en avril l’opération Wuambushu. Mansour Kamardine, député LR de ce 101e département français, applaudit mais attend encore plus de fermeté.


Causeur. Quel était le contexte de l’opération Wuambushu ?

Mansour Kamardine. L’opération de reconquête des territoires perdus et de restauration de l’État de droit à Mayotte a été lancée dans un contexte particulièrement tendu. La multiplication des agressions barbares contre les personnes et les biens par des hordes de jeunes sauvageons d’origine étrangère avait créé un climat de terreur sur l’ensemble du département et la population, qu’elle soit française ou étrangère en situation régulière, voulait une reprise en main ferme des questions régaliennes.

En quoi consiste précisément l’opération ?

Elle s’articule autour de trois axes : le démantèlement des bandes criminelles, la destruction de l’habitat illégal dangereux et indigne, et l’amplification de la reconduite à la frontière des clandestins, pour la plupart comoriens. Les objectifs du premier axe ont été atteints, puisque 75 bandes criminelles ont été démantelées et leurs chefs présentés à la justice. Le travail se poursuit pour neutraliser les réseaux criminels transnationaux de trafics d’êtres humains et leurs complices locaux. La destruction de bidonvilles a pris un sérieux retard en raison d’un véritable harcèlement judiciaire orchestré par les obsédés des droits des clandestins, qui sont des associations subventionnées et appuyées par des magistrats, adhérant notamment au Syndicat de la magistrature. Néanmoins, nous avons bon espoir que l’objectif de récupération des terrains spoliés soit atteint à la fin de l’année. En ce qui concerne le troisième axe, les manœuvres des autorités comoriennes, amplifiées par le manque de fermeté et d’habileté du Quai d’Orsay, ont conduit à un important « retard à l’allumage », mais les reconduites de clandestins ont retrouvé un rythme conséquent.

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Pouvez-vous nous rappeler les règles de naturalisation, dérogatoires au droit commun national, en vigueur sur l’île ?

Depuis 2018, un enfant né de parents étrangers peut obtenir la nationalité française à 18 ans à condition d’avoir vécu en France pendant au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans (comme en métropole) et à la condition supplémentaire de démontrer que l’un de ses parents était en situation régulière sur le territoire français depuis au moins trois mois au moment de sa naissance. Le gouvernement envisage de porter à douze mois le temps de présence légale d’au moins l’un des parents avant la naissance de la personne concernée. Nous demandons davantage, soit purement et simplement la suppression du droit du sol à Mayotte, afin de réserver l’acquisition de la nationalité française à la filiation et à la naturalisation, comme c’était le cas à Mayotte avant 1994.

La métropole peut-elle s’inspirer de l’exemple de Mayotte dans sa propre lutte contre l’immigration illégale ?

Pourquoi pas ! En effet, la situation actuelle de Mayotte est une fenêtre ouverte sur un avenir possible en métropole. Si nous n’arrivons pas à maîtriser nos frontières sur une île de 374 km², située à 70 km de pleine mer des côtes des Comores, où vivent 800 000 personnes, comment pourrions-nous maîtriser nos frontières européennes, avec Gibraltar qui se trouve à seulement 14 km de l’Afrique et de ses 1,2 milliard d’habitants ? Si nous échouons à Mayotte, nous échouerons en Europe. Nos compatriotes, dans leur immense majorité, ne sont ni racistes ni xénophobes. Ils expriment néanmoins leur volonté d’affirmer leur souveraineté en matière d’immigration. Il appartient aux Français de décider qui ils acceptent et qui ils refusent sur leur territoire.

On a entendu Edwy Plenel et d’autres figures de gauche dire que Mayotte et les Comores sont ethniquement un même peuple et que la frontière était une absurdité. Que vous inspirent de tels propos ?

J’observe chez les « belles âmes » de la gauche morale une méconnaissance patente de l’histoire, de la sociologie, de la linguistique et de la géographie du canal du Mozambique. Il n’y a pas dans cette partie du monde de peuple comorien. Il y a un peuple grand-comorien qui s’exprime dans une langue en tout point identique à celle des populations de la côte tanzanienne, mais aussi un peuple anjouanais, un peuple mohélien, un peuple malgache et un peuple français représenté par les Mahorais qui s’expriment tant en dialecte swahili qu’en dialecte malgache et en français. Surtout, j’ai découvert avec stupéfaction que cette gauche morale avait une conception ethnique de la nation, ce qui la rend finalement plus proche des idéologues nazis que des penseurs des Lumières. Toute ma vie, je me battrai contre cette conception nauséabonde de la Nation.

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D’où ce paradoxe : sur les plateaux TV, on a vu des Blancs accuser de racisme des Noirs musulmans qui souhaitent réguler l’immigration à Mayotte…

La gauche morale et l’extrême gauche ne savent plus où elles habitent ! Leur seule boussole est désormais la défense permanente et systématique des étrangers, surtout si ceux-ci sont en infraction au regard du droit. Les victimes, comme les Mahorais qui subissent les conséquences de l’immigration clandestine massive, sont traitées de bourreaux et les bourreaux sont protégés comme des victimes. Cette gauche à l’envers, qui insulte, au sens propre, tous ceux qui ne pensent pas comme elle, est en collapsus intellectuel. Elle est totalement aspirée par le marketing électoral des stratèges du Parti démocrate américain des années 1990. Ils sont passés de Karl Marx à Hillary Clinton. Tout un parcours !

Vous êtes député LR. La départementalisation du territoire sous Sarkozy a-t-elle selon vous permis de réguler le phénomène ? N’a-t-elle pas créé un appel d’air ?

Absolument pas ! Les trois principaux appels d’air à l’immigration clandestine sont l’accès à la nationalité, l’accès à l’école gratuite pour tous et l’accès à la santé gratuite pour tous. Les origines de la pression migratoire sont donc totalement extérieures à la départementalisation. Ce qui a rendu la situation explosive, ce sont la volonté délibérée, sous François Hollande, de laisser se développer la submersion migratoire de Mayotte à partir de 2012, l’activité ambiguë du Quai d’Orsay et l’échec de l’indépendance des Comores. Nous pouvons donc parachever la départementalisation, tout en coupant les trois principales pompes aspirantes de l’immigration. C’est même un devoir républicain.

Quand Mélenchon se bat la coulpe

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Jean-Luc Mélenchon au Plessis-Pâte (91), 15 septembre 2023 © MPP/SIPA

Dans une relative indifférence médiatique, le lider maximo vient de s’excuser publiquement d’avoir soutenu les émeutes de banlieue en juin dernier. Mais ne comptez pas non plus sur lui pour s’assagir complètement. Ses fans lui en voudraient trop.


En 1901, dans Que faire, Lénine écrivait une formule connue de tous les militants d’extrême gauche chevronnés, à commencer par les trotskistes : « Ce qui serait terrible, ce serait l’obstination dans l’erreur, une fausse honte à la reconnaître et à la corriger. »  Lundi dernier à Paris, on peut supposer que Jean-Luc Mélenchon s’est récité à lui-même ces quelques mots canoniques avant de concéder, au détour d’un discours en hommage à Salvador Allende, ses coupables errances durant les récentes émeutes de banlieue.

Le sens de la litote

« N’oublions pas non plus nos erreurs, a-t-il lancé. Je parle des miennes, et de celles de quelques-uns d’entre nous ici, d’avoir cru que la violence de guérilla urbaine pouvait venir à bout d’un régime, et que c’était une méthode qui pouvait avoir du succès. » Une allusion tout à fait implicite à la complaisance qui a été la sienne au début de l’été, quand la violence s’est déchaînée dans les rues de nos cités, avec plus 2 500 bâtiments dégradés, dont seules les écoles et les médiathèques méritaient, à ses yeux, d’être épargnées.

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Passons sur son sens de la litote – car ils ne sont pas seulement “quelques-uns” à avoir fauté : tous les cadres de La France insoumise, sans exception (sans doute quelques-uns étaient-ils terrorisés), ont accepté sans broncher les outrances du leader historique. Et reconnaissons les faits: celui qui est aujourd’hui président de l’Institut La Boétie vient de faire son mea culpa, et a reconnu en toute transparence que son refus d’appeler au calme en juin dernier était un message d’approbation, si ce n’est d’encouragement.

Pour se donner le beau rôle, l’ex-lambertise, qui arborait ce jour-là une surprenante cocarde tricolore à la boutonnière au lieu de son habituelle triangle rouge de déporté politique, a même surenchéri : « Je dis aux plus jeunes d’entre nous: ne commettez pas la même erreur que nous, souvenez-vous que rien ne vaut au-dessus de la démocratie et de la mobilisation populaire. Rien n’est plus fort que la volonté des masses quand elle s’exprime par une volonté politique et l’installation d’un pouvoir légal. »  N’en jetez plus.

Fabien Roussel ? Beaucoup trop violent pour Mélenchon

Trois jours plus tard, Jean-Luc Mélenchon enfonçait d’ailleurs le clou (certes pour contrarier ses alliés communistes – on ne se refait pas) en condamnant sur X/Twitter « l’initiative violente » du secrétaire national du PCF Fabien Roussel, qui venait d’appeler sur France Info à se rassembler devant les préfectures, voire à les « envahir » en guise de protestation contre la « vie chère ». Pour un peu, on reconnaîtrait à l’ancien député de Marseille le droit de dire : « la République c’est moi ».

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Mais revenons au discours de lundi dernier. Évidemment, devant un parterre d’huiles du mouvement, parmi lesquelles Mathilde Panot, Jean-Luc Mélenchon ne pouvait se contenter d’un simple repentir. Il devait quand même à ses admirateurs un ou deux de ces déhanchés qui ont fait sa réputation. N’a-t-il pas promis jadis qu’il était “le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas” ? Alors, tel Johnny Hallyday entonnant “Allumer le feu” à la fin d’un concert, l’Insoumis a repris le show habituel, a insulté Emmanuel Macron et Elisabeth Borne, attaquant carrément leur physique, les taxant de “visage bestial”, les comparant à Augusto Pinochet. Rien que ça ! Comment ça, vous dites qu’il est un Donald Trump de gauche ? A moins, que vous ne pensiez à la “culture du harcèlement” ?

La parole est à la défense. Dans Napoléon le petit, Victor Hugo écrivait: « La tribune française, c’est la bouche ouverte de l’esprit humain, faisant le chaos pour en tirer la vie, faisant la révolution pour en tirer la République. » Tant qu’il reste sur une estrade à distribuer des noms d’oiseaux, Jean-Luc Mélenchon ne fait pas de mal à grand monde. Un psychanalyste saluerait sans doute les effets salutaires d’une telle parole cathartique sur les deux publics cibles de l’extrême gauche : le personnel de l’Education nationale et la jeunesse des banlieues, deux populations particulièrement sensibles à la puissance du verbe – Médine ne dirait pas le contraire. Un publicitaire, lui, conseillerait peut-être à La France insoumise d’imiter le logo en forme de mégaphone du Nouveau Parti anticapitaliste et d’adopter enfin l’emblème qu’elle mérite: un bâton de guignol.

Que faire ?: La lutte décisive

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Et ainsi de suite

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Mathilde Panot: quand la tentative de récupérer le combat des Iraniennes tourne au fiasco

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La députée d'extrême gauche Mathilde Panot. Photo: Twitter

La chef de file des Insoumis à l’Assemblée nationale a osé reprendre le slogan « Femme, Vie, Liberté » des femmes iraniennes en lutte contre les mollahs. Mais, peut-on vraiment prétendre être du côté de la malheureuse Mahsa Amini sans évoquer l’islam, l’islamisme ou même le voile ? Et en pourfendant le reste du temps « l’islamophobie » supposée de notre République laïque ? Céline Pina dénonce une hypocrisie. Pire, une tartufferie.  


À la LFI, ils osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnait. Nouvel épisode en date : après avoir servi la soupe à Médine, l’islamiste qui s’ignore, Mathilde Panot essaie de récupérer le très populaire combat des Iraniennes. Le problème c’est que lorsqu’on est en pleine dissonance cognitive, ce n’est pas sa vertu que l’on montre mais son hypocrisie que l’on exhibe.

Cette récupération politique, qui émane d’un parti défendant l’abaya, ne passe pas

Cela fait un an que Mahsa Amini est morte sous les coups de la police de la vertu pour un voile mal ajusté. Depuis, les Iraniennes ont montré ce qu’était réellement le voile : un outil d’ensevelissement de la femme, qui l’infériorise et témoigne de son impureté. Le voile n’est pas un vêtement, c’est un marqueur et aujourd’hui un marqueur du pouvoir et de l’emprise des islamistes. Le voile est le symbole de l’oppression des Iraniennes et leur choix de l’ôter, l’affirmation de leur volonté de retrouver leur liberté.

Il était donc très agaçant de voir les têtes d’affiches de LFI poser avec leur petit panneau « Femme, Vie, Liberté » en réussissant l’exploit de ne jamais mentionner le voile (pourtant au cœur de ce combat) ni l’islam, ni l’islamisme.

Les coutures grossières de l’islamo-gauchisme

Il fallait oser ? Mathilde Panot l’a fait. Et elle s’est pris une volée de bois vert, les internautes lui rappelant que dans un tweet récent, datant du 8 septembre, elle avait dénoncé, en anglais, l’ « islamophobie » de la France, car celle-ci « combattait le port du voile ». Le tout dans le cadre de la défense du port de l’abaya, autre marqueur islamiste, que certains tentent ici d’imposer dans les salles de classe des collèges et lycées.

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Autre élément amusant : une note de contexte a été ajouté au tweet racoleur de la député qui souligne encore plus la fourberie de sa posture ; en effet celle-ci pose, poing levé, avec une image de Mahsa Amini voilée. Or, c’est en ôtant leur hidjab que les Iraniennes expriment leur révolte. Avoir choisi une image de la femme qui l’incarne portant le voile a été perçu par beaucoup comme le révélateur inconscient de la déloyauté de LFI dans ce combat.

Défendre une vision rétrograde de l’islam en France, pour faire semblant de la combattre en Iran, est déjà assez détestable. Mais à cela s’ajoute le fait de prôner l’émancipation pour les femmes iraniennes, tout en la refusant de fait à la femme musulmane française. Celle-ci doit bien baigner dans son élément communautaro-islamiste et porter scrupuleusement son voile, faute de quoi LFI se verrait orpheline de combat victimaire et ne pourrait intenter de procès en islamophobie au pays, à sa droite ou à ses actuels dirigeants centristes.

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Sacrifier les femmes musulmanes pour s’attirer les bonnes grâces des barbus et pouvoir hurler à l’oppression et au racisme, voilà le vrai combat de Mathilde Panot et compagnie. Finalement, le petit bourgeois blanc LFI du XXIème siècle qui sait ce qui est mieux pour le « racisé », ressemble beaucoup au colonialiste blanc du XIXème qui savait ce qui était bon pour les colonisés… C’est toute l’ironie de l’histoire.

Silence coupable

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Joss Beaumont est de retour!

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D.R.

« Le Professionnel », film de Georges Lautner, revient ce soir sur France 3 à 21 h 10


Fallait-il le stopper ? C’est peut-être la seule question que les fans de Belmondo se posent aujourd’hui. La seule question qui hante les adolescents des années 1980. Sur le rebord d’une fenêtre du château de Maintenon, l’auxiliaire Farges n’a pas tremblé. Il a tiré en rafale. Objet de colloques et de controverses, la fin du Professionnel a-t-elle une portée tragique ou rédemptrice ? Est-ce une victoire de la raison d’État ou un plaidoyer pour la parole donnée ? Cette quête suicidaire et méthodique est-elle une manière de retrouver l’honneur perdu d’un patriote, dernier baroud avant extinction ou une spirale vaine et désespérée, éloge d’une violence sans fin ? Au-delà des interrogations, des interprétations diverses, du caractère anar-droitard, splendide de dérision et de nihilisme, ce film de 1981 luit dans la nuit noire. Combien de temps encore sera-t-il diffusé à la télévision française, d’habitude si vigilante à gommer les aspérités du monde d’avant et les outrances verbales ? Un jour, nous aurons droit à un appareil critique lourd et bavard pour désamorcer certains propos décomplexés et le second degré libertarien qui irriguent cette farce policière à visée comico-tragique.

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Le Professionnel, c’est une borne, plutôt une frontière, il y a un avant et un après Professionnel. Nous sommes au théâtre français sous la direction de Rémy Julienne, un mélange des genres qui n’a pas vocation à éduquer, sensibiliser, alerter le public sur les dérives du monde occidental, juste divertir à coups de dérapages et de bons mots, de castagne et d’envolées lyriques, de filles en nuisette et d’agents spéciaux, de gros flingues et d’hélico. Le dialogue d’Audiard trop écrit, assurément jubilatoire et un brin forcé, est compensé par les tête-à-queue d’une Fiat 131 Supermirafiori rouge. Le Professionnel assume ouvertement une nostalgie française, ce fond de sauce que l’on voudrait diluer à l’eau contrite d’un progressisme aveuglant.

Lautner, amuseur amusé, ne se prive d’aucune pichenette, il dégaine les moments de bravoure avec une virtuosité rieuse : le coup de la baignoire, la « presse démocratique », les barbouzes blousés, une bavure déguisée en machination à moins que ce ne soit l’inverse, l’esprit « espionnage et châtaignes », le ministre forcément pusillanime, le colonel démissionnaire, la pute au grand cœur et la fidélité au « Service Action », dernière astuce pour calmer la rancœur d’un fonctionnaire émérite abandonné dans l’enfer du Malagawi. Pourquoi aime-t-on tant ce film « décadent » à la bande-son magnétique et au pessimisme suintant ?

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Parce que le commandant Beaumont est fidèle à une France qui l’a trahi, à la fois cible mouvante et ange vengeur, emphatique et lucide sur sa propre destinée. Revenu des morts, il adresse un solde de tout compte à sa patrie. Il dit merde aux donneurs d’ordre. Parce que Jean-Paul porte un improbable blouson de cuir aux manches détachables et des médailles militaires à même le torse, qu’il est déniaisé de tout discours officiel, que son entêtement a quelque chose de beau et de gratuit, qu’il fut peut-être le seul acteur de sa génération à nous réjouir autant par sa puissance physique que par sa liberté langagière, parce qu’il avait l’avantage de la surprise dans les couloirs d’un palace. Qu’avec lui, enfin, les planqués, les satisfaits, les serviles, les coteries et les faux durs étaient tancés vigoureusement. Parce qu’il était gamin et d’humeur amère dans sa folle échappée. Parce que « le régime biribi avait dû le galvaniser » selon son instructeur et qu’il était ce condensé de muscles et d’ironie dans un pays qui commençait tout juste à avoir peur de son ombre et à s’auto-flageller. Et puis, on aime Le Professionnel aussi pour cette galerie des glaces réfléchissantes, une série de portraits baroques et d’attitudes désuètes, enfouie dans notre histoire personnelle, les longues jambes de Doris Frederiksen dans la suite Victor Hugo, la diction sacerdotale du Président N’Djala, un Pierre Vernier gélatineux, une Elisabeth Margoni à l’érotisme maternel suffocant, un Michel Beaune liquéfié par son déshonneur, un Bernard-Pierre Donnadieu qui chute malencontreusement sur l’arête d’un billard, un Jean Desailly à la rosette fanée, un Robert Hossein sublime d’assurance (« C’est un drôle de flic, un sale con, mais un flic maousse ») et puis les épaisses montures de Cyrielle Clair au saut du lit comme un moment de douceur arraché à la laideur des temps obscurs. On se souviendra longtemps de son regard et de son nom de fiction, elle s’appelait Alice Ancelin. Ce soir, nous serons devant notre poste car lorsque la machine est emballée, personne ne stoppe Joss Beaumont.

Monsieur Nostalgie

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Ma dernière séance : Marielle, Broca et Belmondo

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Couple mal assorti cherche sortie

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"Don Pasquale", Opéra en trois actes de Donizetti, Opéra de Paris 23-24 © Franck Ferville / OnP

L’Opéra-Garnier ouvre la saison lyrique parisienne avec Don Pascuale, irrésistible « dramma buffo » de Donizetti


Pas de morte saison pour Gaetano Donizetti. L’Opéra-Bastille, en février dernier, accueillait dans ses murs la huitième reprise de l’immortel Lucia di Lammermoor, dans une mise en scène d’Andrei Serban millésimée… 1995 ! Cette fois, l’Opéra-Garnier ouvre la saison lyrique parisienne avec Don Pascuale, irrésistible « dramma buffo » du compositeur prolifique dont ce n’est jamais que le soixante huitième opéra : Donizetti n’en écrira plus que deux encore avant de passer l’arme à gauche.

Composition prétendument expédiée en moins de deux semaines – le maître se plaisait à répandre le mythe d’une éblouissante facilité, propre à son génie – créé à Paris en 1843, ce petit joyau de commedia dell’arte, traversé d’un humour doux amer, s’exporta aussitôt avec succès, triomphant dans toutes les salles européennes. Sur un livret de Giovanni Ruffini (1807-1881) tellement remanié par le compositeur que le poète en vint à exiger le retrait de son nom, l’intrigue oppose Don Pascuale, un pingre mais riche barbon un peu puéril, pressé de convoler avec une demoiselle dans la fleur de l’âge, à son neveu Ernesto qu’il menace de déshériter s’il épouse une jeune veuve, Norina. Organisé par son ami le docteur Malatesta, un faux mariage finira par convaincre le vieillard dupé à repousser avec effroi son projet matrimonial. D’un bout à l’autre, cette comédie aux accents mélancoliques est un ravissement.  

Troisième reprise d’une production millésimée 2019, la mise en scène inventive et minimaliste de Damiano Michieletto transpose l’action à l’époque du smartphone, des incrustations d’images sur fond vert et des intérieurs high tech. Don Pascuale partage avec sa bonne un « ça m’suffit » à l’ameublement plouc à souhait, que son épouse toute neuve, Norina, dissimulée sous le pseudonyme de Sofronia pour se transformer illico en harpie dissipatrice, réaménagera en loft dispendieux. Meurtri, humilié, pressuré, le mari ne songe plus dès lors qu’à se débarrasser de cette mégère : le but est atteint ; le stratagème aboutit à un mariage plus « décent » : entre jeunes gens. La morale est sauve.

Laurent Naouri © Bernard Martinez

Les effets spéciaux de l’écran géant qui place en gros plan, sur un fond en incrustation vidéo, le visage filmé de Norina permet à Julie Fuchs de déployer son talent comique hors pair, avec force mimiques que le spectateur détaille à loisir. La soprano française – qu’on a déjà entendu l’an passé en Gulietta dans Les Capulets et les Montaigu – accuserait-elle, décidément, une certaine fatigue ? Vibrato distendu, aigus difficiles, projection trop courte – la chanteuse (qui succède à Nadine Sierra puis à Pretty Yende) n’était pas à son meilleur au soir de la première. Tel n’est pas le cas de Laurent Naouri, qui remplace quant à lui Michel Pertusi dans le rôle-titre, tandis que le baryton Florian Sempey, qui campait déjà le docteur Malatesta en 2018 et 2019, et qu’on a pu entendre cette année même dans Roméo et Juliette, endosse le personnage avec brio. Dans le rôle d’Ernesto, le ténor René Barbera qui l’an passé incarnait le comte Almaviva du Barbier de Séville avec la même force jaillissante et cuivrée.

Rien, dans les faiblesses (passagères ?) d’une partie de la distribution, qui ne porte fondamentalement atteinte à la vivacité désopilante d’un spectacle musicalement magistral, sous la baguette transalpine de Speranza Scappucci. Elle dirigeait déjà à Paris Les Capulets… l’an passé. Agée de 50 ans, invitée pour la saison 2025 au Royal Opera House de Londres, c’est la « cheffe » qui monte. Qu’on se le dise.      


Don Pasquale. Opéra en trois actes de Donizetti. Direction Speranza Scappucci. Mise en scène Damiano Michieletto. Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris. Avec Laurent Naouri (Don Pasquale), Florian Sempey (Dottor Malatesta), Julie Fuchs (Norina), Slawomir Szychowiak (le notaire).

Palais Garnier. Les 20, 22, 25 septembre, 5, 11, 13 octobre à 19h30.
Durée du spectacle : environ 2h35     

Le spectacle lamentable de Lampedusa n’a que trop duré!

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La présidente du conseil de l'Union européenne Ursula von der Leyen et la présidente du Conseil italien Giorga Meloni, Lampedusa, 17 septembre 2023 © Cecilia Fabiano/AP/SIPA

Seule face au douloureux dossier humain de l’immigration illégale, l’Italie réclame la solidarité de ses voisins. Comment mettre fin au drame des migrants clandestins qui affluent sur nos côtes ? voilà la question que devrait se poser François Gemenne du GIEC, plutôt que d’insulter Marion Maréchal !


Quel spectacle lamentable, indigne d’un débat intellectuel censé promouvoir la tolérance des idées, que d’entendre et voir, sur le plateau de télévision d’une importante chaîne française d’information, LCI, un éminent rapporteur du GIEC, François Gemenne, également directeur de l’Observatoire Hugo (dédié aux migrations environnementales) à l’Université de Liège, se livrer sans scrupules ni vergogne, pensant contredire ainsi son adversaire politico-idéologique, à une insulte d’infâme teneur sexiste.

L’insulte sexiste à l’encontre de Marion Marechal

Car c’est bien ce à quoi cet irrespectueux politologue belge s’est adonné sans la moindre nuance, pas plus tard que ce 15 septembre, en y accusant sommairement, en guise de seul argument pour étayer son point de vue, Marion Maréchal d’avoir – je cite –  « sauté dans le premier avion pour faire sa pin-up à Lampedusa ». Aussi pitoyable qu’indigent, en plus de sa manifeste goujaterie, ce type d’invective !

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Entendons-nous, afin de ne point prêter le flanc à je ne sais quelle autre malveillante ou absurde critique : je ne connais pas, personnellement, Marion Maréchal, ni ne l’ai même jamais rencontrée ou simplement croisée ; quant au parti, « Reconquête ! », dont elle est la vice-présidente (sous l’égide d’Éric Zemmour) et pour lequel elle conduira la liste aux prochaines élections européennes de 2024, c’est peu dire qu’il ne répond guère aux exigences de mon engagement politique, pas plus qu’il ne correspond, à bien des égards (dont celui, précisément, de l’immigration), à mes valeurs morales ou mes principes philosophiques. A fortiori, ma vision de l’humanisme ! Mais enfin : tel n’est pas, en ce cas, la question !

La solitude de l’Italie face aux lacunes de l’Europe

Car si je prends ici le risque – j’en suis conscient au vu de la malhonnêteté intellectuelle, sinon du dogmatisme sectaire, de bon nombre de nos prétendus « débatteurs », souvent férus de vaines polémiques, au sein de la plupart des médias français – de défendre, en cette tribune, Marion Maréchal lors de ce fameux déplacement sur l’île de Lampedusa, située encore plus au sud que les côtes tunisiennes, c’est qu’elle a eu objectivement raison, et c’est là un mérite non négligeable, d’y dénoncer publiquement, non sans faire preuve là d’une indéniable dose de courage, « l’hypocrisie », sinon l’inertie ou même l’indifférence, des instances européennes face à la solitude de l’Italie en ce dramatique dossier, tant sur le plan humain que social ou politique, qu’est celui  de l’immigration en provenance principalement, et massivement, d’Afrique subsaharienne.

Un cri d’alarme

Davantage : ce cri d’alarme qu’a ainsi lancé à juste titre Marion Maréchal par rapport à ce manque patent de solidarité, voire de simple compassion, de la part de l’Union Européenne face à l’Italie, ainsi livrée à elle-même et comme abandonnée de toutes parts en ce dossier particulièrement douloureux, plus encore que complexe, je le fais également mien, moi qui, bien que de culture française (par ma mère), suis aussi, par la nationalité de mon père, un citoyen italien, et donc détenteur, comme tel, d’un passeport lui-même également italien !

Car s’il est exact que j’aime passionnément la France, dont la langue comme la culture ont forgé mon esprit, sinon les lumières de ma raison, (« ma patrie, ce sont les livres » fait opportunément dire, à ce propos, la grande Marguerite Yourcenar, dans ses Mémoires d’Hadrien, à son héros littéraire), il n’en demeure pas moins vrai que l’Italie, par le sang qui coule dans mes veines, reste particulièrement chère à mon cœur.

C’est dire si je n’aime guère voir souffrir ainsi aujourd’hui, par cette solitude dans laquelle l’Europe la plonge aussi injustement depuis de longues et cruelles années, l’ancestrale patrie ou, mieux, l’historique berceau de l’humanisme le plus généreux, universaliste et éclairé tout à la fois, de Léonard de Vinci à Giordano Bruno, en passant par l’immense et érudit Pic de la Mirandole !

Un épouvantable et gigantesque cimetière marin

D’où, en guise de conclusion, cet appel que je lance, moi aussi, à l’Europe : il est de son devoir moral, tel un impératif catégorique kantien, de venir enfin en aide, sans plus attendre ni tergiverser face à l’urgence de la situation tout autant qu’à l’ampleur de cette tragédie, à l’Italie, qui, seule, ne peut plus supporter effectivement, par-delà ses admirables efforts aussi bien que sa bonne volonté en la matière, le colossal fardeau, pour certes nécessaire qu’il soit sur le plan humain, de cette entreprise titanesque qu’est celle de porter bien évidemment secours aux dizaines, sinon centaines, de milliers de désespérés qui, fuyant leur pays, la misère, la guerre, la famine ou la dictature, affluent au péril de leur vie mais quasi quotidiennement désormais, par vagues successives et pratiquement ininterrompues, au milieu de cet épouvantable et vaste cimetière marin qu’est aussi devenue malheureusement aujourd’hui, par incurie politique, égoïsme nationaliste, racisme systémique, calcul économique ou banditisme organisé, la Méditerranée !

Le réel oblige Macron à parler une langue qu’il ne maîtrise pas

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Emmanuel Macron aux côtés de Jacques Attali en 2007. ©SIPA

N’en déplaise à la Macronie, la société ouverte et consumériste n’est pas celle que désirent les gens ordinaires, attachés aux liens familiaux, locaux, traditionnels. Le paradis diversitaire exalté par le fanatisme progressiste ne fait pas rêver la France profonde.


Emmanuel Macron n’a plus les mots, tant le réel lui échappe. Dans Le Figaro Magazine du 4 août, le chef de l’État a soudainement découvert l’urgence de « faire nation », comme on fait la tambouille : un cache-misère semblable au « vivre-ensemble », terme qu’il dit pourtant « ne pas aimer ». Or, comment faire nation sous la tutelle d’un président qui défend la souveraineté européenne, le consommateur remplaçable et qui récuse l’idée de préférence nationale ? Les progressistes de l’après-guerre se pensaient malins en s’affirmant « citoyens du monde ». Ils moquaient les ploucs attachés à leur patrie, leurs traditions, leurs morts. « Pétainistes ! », « Fascistes ! » : ces injures restent celles des perroquets du mondialisme heureux. Ils accablent ceux qui persistent à se réclamer d’une continuité historique et d’une défiance face à l’immigration musulmane de masse. Macron est de cette lignée hors-sol : il a voulu opposer universalisme et nationalisme, progressisme et populisme. Il se croyait porté par un mouvement de fond appelé à en finir avec les peuples enracinés et les nostalgies de la France sentimentale. Mais c’est une réaction inverse qui partout dans le monde se confirme, avec le réveil des nations et des souverainetés. Le réel oblige Macron à parler une langue qu’il ne maîtrise pas.

Une France éclatée est vouée à disparaitre

C’est pourquoi le recentrage présidentiel sur la nation est un leurre. Sa conversion fait écho à celle, aussi peu crédible, de Jacques Attali : après avoir fait l’éloge du nomadisme et de la société sans frontières, celui-ci affirme désormais, dans un entretien à Livre noir : « Il y a clairement une demande générale de sauver l’identité française.[…] Il faut à tout prix défendre la langue française et l’enseignement de la culture française. » Mazette ! Cela fait un demi-siècle que des lanceurs d’alerte enfoncent ces clous, en se faisant étiqueter « extrême droite » par les laborantins de l’homme technique et indifférencié. C’est Macron qui, le 28 août 2018, en visite au Danemark, récitait : « Le vrai Danois n’existe pas. Il est déjà européen. C’est vrai aussi pour les Français. » Faire nation ne veut rien dire dans la bouche de celui qui dit en même temps vouloir poursuivre « une politique de peuplement » et persiste à affirmer faussement, dans le même Fig Mag : « Nous avons toujours été un pays d’immigration et nous continuerons de l’être. » La France de Macron fait nation comme une pension de famille fait famille. Relire Bossuet : « Le propre de l’unité est d’exclure. » Une France éclatée est vouée à disparaître. Rien n’arrêtera son saccage tant que ceux qui la maltraitent resteront au pouvoir.

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N’en déplaise à la Macronie soutenue par la classe financière et le système technocratique, une société ouverte et consumériste n’est pas celle que désirent les gens ordinaires. Ceux-ci restent attachés aux liens familiaux, locaux, traditionnels. Ils sont réceptifs au bon sens et au pragmatisme. Le paradis diversitaire chanté par le progressisme exalté ne fait pas rêver la France profonde. Elle se sait fragile et craint pour sa survie. Le même cauchemar totalitaire d’un monde technique et indifférent à l’homme, qui a imposé ses effrayantes tyrannies au XXe siècle, se redessine dans le mépris porté à l’âme des peuples. Or c’est cette part intime, rejetée par les faux « humanistes », qui devient une donnée politique nouvelle en imposant l’identité nationale comme un sujet central. Michel Auboin, ancien préfet chargé de l’intégration, confirme ce sursaut existentiel: « Une majorité de Français qui partagent la même histoire forment la majorité silencieuse d’un pays qui feint de les ignorer[1]. » C’est à ces oubliés, ces dizaines de millions de « Français de souche », voués à être remplacés par des peuples exotiques, qu’il revient de prendre la parole pour dire d’où ils viennent, qui ils sont, et surtout, où ils ne veulent pas aller. En l’occurrence, ils refusent la contre-société islamisée qui s’épanouit sous Macron.

À dire vrai, Emmanuel Macron n’est pas le seul coupable. L’indifférence portée à la nation et à son peuple est une trahison partagée par de nombreux dirigeants, à commencer par ceux de la droite. Prononcer le mot « France » leur est encore une épreuve. En janvier 2003, Alain Juppé, président de l’UMP, trouvait moderne de proposer, pour les deux peuples, la double nationalité franco-allemande, en balayant les sentiments d’appartenance. En mai 2015, les fondateurs du parti LR expliquaient pour leur part : « Nous souhaitons nous appeler Les Républicains car nous défendons avant tout l’identité républicaine », déclaration commune de Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet. Alors à l’UMP, Bruno Le Maire déclarait à la même époque : « Je me battrai contre ceux de ma famille politique qui disent que la question identitaire est prioritaire. » Tirant le bilan de son débat sur l’identité nationale lancé en 2009, Nicolas Sarkory déclarait le 7 avril 2015,devant la commission exécutive de l’UMP : « Je n’aurais pas dû parler d’identité nationale, mais dire que je voulais défendre les valeurs de la République. » L’évocation de la République et de ses valeurs est un procédé de faussaire : il sert à ne pas évoquer la France, ses états d’âme et son déclin, de peur de faire le jeu de l’« extrême droite ».

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L’« initiative politique d’ampleur » annoncée par le chef de l’État passera à côté du sujet si elle doit persister dans une communication brouillonne appelant à l’ « apaisement » tout en écartant de l’« arc républicain »les mouvements politiques (LFI, RN, Reconquête, etc.) qui n’ont pas l’heur de plaire à la Macronie. Le pouvoir, isolé, doit accepter d’entendre les plaintes des Français oubliés, sommés de taire leurs inquiétudes existentielles au nom de la religion dévoyée des droits de l’homme. Rien ne serait plus révoltant, de la part d’un pouvoir se réclamant de la concorde et de la non-discrimination, que de chercher à étouffer encore davantage l’« homme réel ». Il est vrai que, derrière la menterie du « faire nation », s’observe une nation qui se défait.


[1]. Le défi d’être français, Presses de la Cité, 2023.

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