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Le royaume des envieux

Les Français jalousent la réussite des uns, convoitent la fortune des autres et dénoncent les petits privilèges qui leur échappent. Ces envieux n’attribuent pas le succès au mérite mais à la chance, voire à l’injustice du système social. Ce qui légitime la haine des riches.


Pourquoi cette animosité envers les riches?

Les Français ont-ils une mauvaise opinion des riches ? Une succession régulière de sondages et d’interventions d’experts dans les médias vont dans ce sens. Et dans l’opinion publique française cette hostilité envers les plus aisés s’accompagne d’une réticence à l’égard de l’économie de marché. Une comparaison est souvent faite avec les « Anglo-Saxons » qui, en adorateurs de Mammon, prôneraient un libéralisme « sauvage » et feraient passer les profits avant les principes moraux. Pour expliquer la pudeur des Français à l’égard de la richesse, on cite l’influence catholique dont la France – aujourd’hui pays laïque – serait encore imprégnée. L’explication est étayée par quelque citation de saint Thomas d’Aquin contre la pratique de l’usure ou une référence à L’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme de Max Weber. Mais cette œuvre a fait l’objet des critiques, entre autres, de Fernand Braudel. Car le capitalisme a commencé en Italie, pays catholique, et dès avant la Réforme. Et si la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, protestants, ont lancé une nouvelle phase de capitalisme commercial, la France catholique n’a pas tardé à les imiter. Mais avant d’aborder d’éventuelles explications, il faut poser deux questions. D’abord, la France est-elle plus « antiriche » en moyenne que d’autres pays ? Après tout, un certain ressentiment contre plus fortuné que soi existe partout. Ensuite, l’animosité des Français par rapport aux riches est-elle inspirée par la haute moralité ou par une basse émotion, à savoir l’envie ? Car selon la définition de d’Alembert : « On est jaloux de ce qu’on possède et envieux de ce que possèdent les autres. »

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Or, les travaux du chercheur indépendant allemand Rainer Zitelmann confirment que, plus que d’autres peuples, les Français conspuent le capitalisme et envient les riches. Zitelmann fonde ses analyses sur 48 sondages internationaux qu’il a commandés entre 2018 et 2023. Une première étude portant sur les attitudes envers le capitalisme dans 34 pays, place la France en sixième position du palmarès de l’esprit anticapitaliste. Le pays le plus procapitaliste est la Pologne, malgré le rôle important qu’y joue le catholicisme. Une autre étude, de 2024, se focalise sur les perceptions populaires des riches dans 13 pays : France, Allemagne, Italie, Espagne, Suède, Pologne, Grande-Bretagne, Chine, Japon, Corée du Sud, Vietnam, Chili et les États-Unis. À partir de questionnaires détaillés et d’une définition précise de « riche », Zitelmann crée pour chaque pays un « coefficient de traits de personnalité des riches ». En termes de vices et de vertus, les fortunés sont perçus le plus positivement en Pologne et au Vietnam, le moins en Espagne. La France et le Royaume-Uni ont le même score et sont légèrement favorables aux riches. Mais c’est quand Zitelmann crée un « coefficient d’envie sociale » que la France se détache du lot. Elle arrive largement en tête des pays où l’on envie la réussite des autres, devant l’Allemagne et la Chine. Les pays les moins envieux sont la Pologne – encore ! – et le Japon. Quand Zitelmann combine les deux coefficients pour créer un indice général, ce sont encore les Français qui portent les riches le moins dans leur cœur.

À qui la faute ?

Comment expliquer que les Français soient les champions de l’envie ? On pourrait accuser les inégalités, mais ces dernières ne sont pas très marquées en France, dont le coefficient de Gini, qui les mesure, est légèrement en dessous de la moyenne de l’UE. C’est que l’envie n’est pas nécessairement corrélée aux disparités économiques. Un homme peut bien envier un voisin qui ne jouit que de quelques privilèges modestes. L’important, c’est que ces privilèges semblent immérités. Car l’envie est une affaire de comparaison et de mérite. Dans son Discours célèbre sur l’inégalité, Rousseau explique la naissance de l’envie – et de la honte – par la vie en société qui fait ressortir les différences de talents entre les individus. La honte empêche les envieux, dont le ressentiment couve secrètement dans leur cœur, de révéler publiquement ce qu’ils ressentent, car ce serait admettre leur infériorité. L’envieux justifie l’hostilité qu’il ressent à l’égard de ceux qui ont réussi en attribuant leur succès à la chance, à l’injustice du système social ou à la tricherie. Comme le dit un personnage de Corneille, « jamais un envieux ne pardonne au mérite ». Or, le libéralisme implique la concurrence, et la concurrence implique des gagnants et des perdants, donc des comparaisons. Si les vraies raisons de la réussite des entrepreneurs et des cadres d’entreprise échappent à beaucoup de Français, c’est parce que le secteur public est si vaste en France, qu’il fausse totalement la donne. Il représente 21 % des travailleurs actifs, contre 11 % en Allemagne ou 15 % aux États-Unis. Les fonctionnaires ne connaissent donc pas bien le secteur privé, se méfient de son succès et veulent en être protégés.

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C’est ici que les rôles de la Révolution et du marxisme dans l’histoire de France sont pertinents. La première montre comment une nouvelle classe dirigeante peut exploiter la haine des riches pour asseoir son pouvoir politique, exemple suivi par tous les autres révolutionnaires. En 1917, Lénine décrivait les riches comme faisant partie de « la vermine » dont il fallait « purger » la Russie. L’envie constitue un levier puissant, car en la réveillant on peut désigner des boucs émissaires. La gauche française n’hésite pas à y avoir recours, de François Hollande qui déclare « je n’aime pas les riches » à Marine Tondelier qui exige « une France sans milliardaires », qualifiés de « vampires ». L’envie est plus souvent une force de destruction qu’une source de motivation positive. Dans son étude de 1966 sur L’Envie, le sociologue Helmut Schoeck fait remarquer que, devant les biens acquis par l’Autre, l’envieux « est presque plus désireux de les détruire que de les acquérir ». La redistribution des richesses que la gauche veut amplifier est autant une façon de punir les riches que de compenser les pauvres. L’envieux préfère même saboter le système économique que relever le défi de la concurrence loyale avec l’autre. Si nous voulons être moins pauvres, arrêtons d’en vouloir à ceux qui ont mieux réussi que nous.

Le mur des comptes

Chaque mois, le vice-président de l’Institut des libertés décode l’actualité économique. Et le compte n’y est pas.


L’euro n’a pas du tout été une réussite pour la France, malgré tout ce que Jean-Claude Trichet, l’ex-président de la Banque centrale européenne (2003-2011) nous a raconté à longueur d’interviews. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le cas de la Suède. En 1993, ce pays a refusé par référendum d’adopter la monnaie unique européenne. Bien lui a pris. Avant cette date, les productions industrielles française et suédoise suivaient une courbe parallèle. Depuis, notre pays a connu une vague ininterrompue de délocalisations, tandis que la Suède est restée une nation manufacturière et a diminué de 50 % son endettement public, avec des comptes courants excédentaires et un budget en équilibre.

La verrerie d’Arc a englouti 250 millions d’euros d’argent public depuis dix ans. En décembre 2014, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, annonçait un accord pour sauver 90 % des 10 520 emplois de l’entreprise. Tout le monde savait qu’il était suicidaire de maintenir de tels effectifs et qu’il valait mieux investir dans de nouveaux fours afin de fabriquer des produits à plus forte valeur ajoutée. Dix ans après, les pouvoirs publics tirent les conséquences de cette décision stupide. Ils viennent d’abandonner 20 % de la créance d’État sur la verrerie et de consentir un nouveau prêt de 30 millions d’euros par l’intermédiaire du Fonds de développement économique et social. Une réindustrialisation de la France qui fonctionne sur ce modèle ne risque pas d’aller très loin…

La société Ynsect a levé, depuis sa création en 2011, plus de 500 millions d’euros pour fabriquer des protéines grâce à des élevages de molitors, ces petits coléoptères communément appelés « vers de farine ». Emmanuel Macron a souvent cité en exemple cette entreprise, basée à Évry, pour vanter notre « souveraineté protéique ». Sans surprise, l’idée de nourrir les humains avec des insectes n’a pas rencontré le succès escompté. La société vient d’être placée en redressement judiciaire.

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L’outil de déclaration fiscale « Gérer mes biens immobiliers » (GMBI), mis au point par le ministère des Finances, s’avère être un échec à plus d’un milliard d’euros. Depuis son lancement en 2023, 24 millions de propriétaires fonciers français ont été appelés à remplir leur formulaire GMBI en ligne. Malheureusement, le logiciel n’était pas au point. Il a fallu recourir massivement à des prestataires externes pour réparer les nombreux bugs. Montant de la facture : 56,4 millions d’euros. Mais ce n’est pas tout. Les erreurs de calcul et les retards causés par ce fiasco technique ont obligé l’État à procéder à des dégrèvements et des remboursements d’un montant de 1,3 milliard d’euros. Un grand bravo aux responsables de ce projet !

Taxer les propriétaires de résidence principale sur la base d’un loyer fictif, voilà l’une des nombreuses idées de génie avancées par le président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Éric Cocquerel. « Le fait d’être logé gratuitement par soi-même », constitue « un loyer imputé », ose-t-il affirmer. Autre proposition absurde du député insoumis : augmenter l’IS (impôt sur les sociétés) de quatre points. Ce qui serait une catastrophe. D’abord parce que, même s’il a été baissé de 33 % à 25 %, notre taux actuel d’IS reste supérieur à la moyenne européenne (22 %). Ensuite parce qu’une surtaxe n’est jamais exceptionnelle en France. Par exemple, la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus), qui devait être appliquée au cours de la seule année fiscale 2011, est toujours en vigueur aujourd’hui. Et la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale), censée disparaître en 2024, vient d’être prolongée jusqu’en 2033.

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Au catalogue des mesures dévastatrices dont rêve la gauche, n’oublions pas non plus la hausse de trois points sur la flat tax. En d’autres termes : faire passer de 30 % à 33 % le taux de prélèvement forfaitaire sur les revenus du capital. Une ineptie ! Pour mémoire, la flat tax a été instaurée il y a sept ans pour contrer les effets très négatifs de la fiscalité du capital précédemment en vigueur sous François Hollande. La taxation « au barème » telle que le président socialiste l’avait promue, avait provoqué une chute des dividendes en France et donc des recettes fiscales. Les actionnaires faisaient le gros dos en attendant des jours meilleurs. Quelle ne fut pas la surprise des observateurs lorsqu’ils virent, à partir de 2017, la flat tax rapporter deux fois plus que le système antérieur ! À noter que la plupart des soi-disant experts qui interviennent sur ce sujet ne savent pas qu’il existe déjà une « surtaxe sur la flat tax ». Le taux est majoré de trois points pour ceux qui déclarent plus de 250 000 euros de revenus annuels, et de quatre points pour plus de 500 000 euros. La fameuse contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.

LFI, l’IA et l’antisémitisme: on passe à autre chose

L’impayable « Insoumise » se livre à un exercice d’équilibriste douteux dans Libération ce matin, et démontre une nouvelle fois que son parti pratique une géométrie variable des indignations. Petite plongée au cœur d’un argumentaire qui défie toute logique !


Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis à l’Assemblée nationale, a livré ses vérités au quotidien Libération avant la marche contre les idées d’extrême droite prévue ce samedi 22 mars[1]. Cet entretien lunaire laisse à se demander s’il relève davantage d’un étalage de mauvaise foi que d’une interview politique. Ainsi, Mathilde Panot s’attache-t-elle à « balayer les accusations d’antisémitisme » en rejetant la faute sur l’extrême droite, coupable de tous les maux, et sur tous ces observateurs politiques à la mémoire vacillante.

On passe à autre chose

S’il y a bien une chose que Madame Panot a comprise, c’est que la meilleure défense reste l’attaque. La polémique sur les affiches ignobles de LFI, qui reprenaient les codes antisémites des années 1930 pour caricaturer Cyril Hanouna ? Elle serait, selon elle, uniquement due au fait que « les médias ont relayé la propagande d’extrême droite ». Il fallait oser. D’ailleurs, à l’en croire, cette affiche ne serait que le fruit du hasard, car générée par une intelligence artificielle. La prochaine fois, on fera donc plus attention… au cas où l’IA serait elle aussi d’extrême droite.

Mais qu’on se rassure, Mathilde Panot dénonce toute forme de « chasse à l’homme ». Ce serait donc encore cette fourbe d’IA qui aurait choisi de coller les portraits de Cyril Hanouna ou Pascal Praud sur ces affiches ? « On passe à autre chose », intime-t-elle délicatement mais fermement. Ne la contrarions pas.

Un racisme peut en cacher un autre

Pour la députée du Val-de-Marne, la droite nationale « reste intrinsèquement antisémite et raciste », et le Rassemblement national cache « une dimension raciste intrinsèque » – les électeurs du RN d’origine étrangère apprécieront. Et si LFI se voit depuis quelques mois affublé d’une étiquette de parti antisémite, ce serait là encore à cause du RN, rien à voir avec le conflit israélo-palestinien.

A relire: Affiche “antisémite” de LFI: selon Mélenchon, c’est la faute à l’extrême droite!

L’absence de LFI à la marche contre l’antisémitisme ? Le parti ne souhaitait pas s’afficher aux côtés de personnalités « peu recommandables », dans une « manifestation qui appelait à combattre un racisme en diffusant un autre racisme ». Que ceux qui trouvent cet argument logique lèvent la main ! La journaliste à qui incombait la pénible tâche de retranscrire ces propos semble ne pas l’avoir fait, puisqu’elle a préféré relever la contradiction avec la participation de LFI à la marche contre l’islamophobie. Traduction : mieux vaut marcher aux côtés de manifestants qui soutiennent désormais les terroristes du Hamas qu’aux côtés de Jordan Bardella ou Marion Maréchal, qui luttent contre l’antisémitisme.

Mais qu’on se rassure encore : LFI est, selon Mathilde Panot, vent debout contre l’antisémitisme. « À quel moment n’a-t-on pas dénoncé un acte antisémite ? », s’insurge-t-elle. Les déclarations de sa collègue Danièle Obono, qui avait qualifié le Hamas de « mouvement de résistance », ou les propos de Thomas Portes affirmant que « les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux Olympiques de Paris », auraient-ils été oubliés ? Si certains qualifient LFI de parti antisémite, ce n’est donc, selon Panot, pas à cause des déclarations de ses membres, mais parce que l’extrême droite aurait besoin d’un bouc émissaire antisémite.

À la question de savoir si, comme Jean-Luc Mélenchon, elle considère l’antisémitisme comme « résiduel », Mathilde Panot prend le taureau par les cornes… et répond à côté : « Les femmes voilées sont attaquées matin, midi et soir à la télévision », et « le racisme pourrit la vie de ce pays ». Pas de réponse, donc. Les Juifs qui craignent LFI et votent pour le RN « se trompent », affirme-t-elle, ajoutant que si le RN progresse dans les sondages, c’est uniquement parce que « les bistrots dans les zones rurales ferment ».

Mathilde Panot envisage enfin un avenir radieux pour son parti, en s’appuyant sur ses sondages personnels au doigt mouillé : « Je ne crois pas » qu’il y ait beaucoup de sympathisants du RN parmi les abstentionnistes, déclare-t-elle. Elle s’appuie également sur des affirmations hasardeuses remettant en cause les fondements mêmes de la géométrie la plus élémentaire : « On est les seuls à avoir des programmes carrés. » Faisant le « pari de l’intelligence humaine », elle conclut que LFI est le seul parti à participer à toutes les mobilisations… sauf lorsqu’il s’agit de marcher contre l’antisémitisme, mais cela, je me répète. Vivement demain !


[1] https://www.liberation.fr/politique/elections/mathilde-panot-face-a-lextreme-droite-le-principal-ennemi-est-la-resignation-20250320_YHJYSG6ARJCBFNIG6ETA6I2Z4Q

Un conclave pour enfumer…

Il semble que le conclave sur la réforme des retraites ne va pas durer… Cette discussion, initiée par François Bayrou, avec pour volonté de discuter sans « tabou » de tous les sujets, n’a pas eu beaucoup d’effets, sinon le retrait progressif de la plupart des syndicats qui participaient aux discussions. Le récent refus du Premier ministre de revenir à un âge légal de départ à la retraite de 62 ans est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, provoquant l’indignation et la colère chez les négociateurs. Un conclave pour rien ? Et si c’était le but…


« Non ! » au retour à un âge de départ à la retraite à 62 ans. Entendre François Bayrou, père spirituel du « en même temps » et incarnation ultime de l’immobilisme politique, prononcer ce simple mot défiait tous les pronostics… De mémoire d’homme (et de femme), qui donc a souvenir d’avoir assisté à une prise de position aussi franche de la part de notre actuel Premier ministre – ou à une prise de position tout court ? Ce vocable choc a d’ailleurs été repris par tous les quotidiens de notre pays tout en se voyant auréolé de jolis guillemets, une rareté pour un seul mot, a fortiori composé d’une malheureuse syllabe. Cela cache forcément quelque chose : ce conclave ne serait-il pas, par le plus grand des hasards, une vaste fumisterie ?

Marylise Léon en a gros sur la patate

Que les âmes sensibles se rassurent, cette épreuve de force a été immédiatement suivie d’un exercice de rétropédalage plutôt maladroit en provenance de Matignon. Selon l’entourage du Premier ministre, il ne s’agirait que de son point de vue, le donner soulignant simplement « l’importance qu’il y a à faire vivre la démocratie sociale »… Ainsi, tout resterait possible, car ce sont bien les organisations syndicales et patronales qui gardent la main, toujours selon l’entourage du Premier ministre.
Ce désormais fameux « Non ! » a suscité de toutes parts des commentaires très virulents. Certains y ont même vu la fin du conclave. Les oppositions et les syndicats se sont relayés pour évoquer tantôt un « scandale », tantôt des « propos incompréhensibles » voire même une preuve que l’on « ne peut pas faire confiance à François Bayrou » (Denis Gravouil, CGT). Jean-Luc Mélenchon, avec l’élégance qu’on lui connait bien, a quant à lui parlé d’un « foutage de gueule ». 

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Soyons sérieux : qui avait imaginé un seul instant qu’un retour sur l’âge de départ à la retraite avait la moindre chance d’aboutir ? Absolument personne, sauf la CGT qui a finalement claqué la porte. Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, est même allée jusqu’à accuser François Bayrou d’avoir « trahi sa parole » mais aussi « des millions de salariés », couplant cette terrible accusation d’une menace aussi glaçante qu’inattendue : une mobilisation. Heureusement, il y a une « adulte dans la pièce » en la personne de Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, selon… Léon Marylise. Mais, qu’on se le tienne pour dit, elle en a « assez » ! Le ton est tout de suite plus sérieux : « Il faut un peu siffler la fin de la récréation » car « on ne fait pas des canons avec des salariés qui sont en souffrance ». La tension monte, puis, le couperet tombe enfin : « On ferme le conclave retraite tel qu’il existe, et on en ouvre un autre ». Le coup est rude.

Des motivations fumeuses

La France, dotée d’un budget qui ne rassure personne, se paie en plus le luxe d’être à la traine sur l’âge de départ à la retraite alors que les autres pays européens procèdent tous à une hausse de celui-ci. L’Allemagne, l’Espagne et les Pays-Bas ont fixé l’âge de départ à 67 ans. L’Italie envisagerait même de faire travailler ses fonctionnaires jusqu’à 70 ans. Imaginez la réaction de nos travailleurs de la Fonction publique… Vite, changeons de sujet !
Mais alors, pourquoi convoquer un conclave alors que tout le monde sait qu’il ne débouchera sur aucune décision majeure ? Pour gagner du temps, pardi ! Car, outre le fait d’avoir tordu le bras du président de la République pour obtenir le poste de Premier ministre au détriment de Sébastien Lecornu (est-on certain que nous ayons gagné au change ?) et d’avoir endormi tout le monde en débitant des discours lénifiants sur Henri IV, le seul fait d’arme de François Bayrou à Matignon à ce jour est d’avoir survécu à la motion de censure déposée à la suite du 49.3 utilisé pour faire passer le budget 2025.

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Ce conclave faisait-il partie d’un deal pour amadouer les troupes socialistes d’Olivier Faure ? Si c’est le cas, comment imaginer que ces dernières aient pu être suffisamment naïves pour imaginer obtenir gain de cause sur un point aussi bloquant que l’âge de départ ? Si la motivation du Premier ministre est clairement de s’accrocher à son poste comme une moule à son rocher, quelle peut bien diable être celle des socialistes à participer à ce conclave ? Outre le goût pour les discussions stériles et interminables cher à tout social-démocrate qui se respecte, on peut se demander si la participation à ce conclave fictif n’est pas pour eux l’occasion de se démarquer d’un Nouveau Front populaire aux fondations friables.
En effet, beaucoup d’électeurs du centre gauche sont complètement perdus au sein de cette coalition aussi absurde qu’opportuniste. Cela n’a pas échappé aux têtes pensantes socialistes qui espèrent se faire bien voir de ces électeurs en vue de municipales qui approchent à grands pas. Les candidats de la gauche molle espèrent peut-être ainsi profiter de ce conclave pour briller et démontrer à cet électorat qu’ils entendent bien gérer leurs villes d’une main de fer dans un gant de velours, comme d’habitude en somme. Des villes qui deviendraient ou resteraient alors des paradis pour les bobos adeptes de chevauchées à dos de trottinettes électriques, de bières sans gluten et de discussions à rallonge sur un monde sans frontières, bien sûr.

Entre l’État de droit et l’État brutal, ne pas oublier l’état de la France…

Ces derniers temps, certains accusent l’État de droit d’être un « État de gauche ». Une poignée de haut magistrats – et leurs idées progressistes – empêcheraient les exécutifs successifs d’exercer pleinement leur pouvoir… Face à ces critiques qui se multiplient, malheureusement, l’État de droit donne souvent la désagréable impression de se refermer sur lui-même en gémissant dans la presse de gauche, observe Philippe Bilger.


Dans Le Monde, le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau affirme qu’il y a « un moment historique où il y a une tension entre deux formes d’État : l’État de droit, où être élu par le peuple ne suffit pas, et l’État brutal… » Il me semble qu’à cette alternative, non pour la détruire mais pour en dénoncer le caractère abrupt et sommaire, on pourrait ajouter : l’état de la France.

Le Monde a réuni quelques personnalités de haut niveau juridique, aussi bien de la Cour de cassation que du Conseil d’État et de la Cour européenne des droits de l’homme, dont André Potocki juge français, l’un de ses membres de 2011 à 2020.

L’initiative est excellente, mais il est difficile d’oublier qu’ils se sont assignés, grâce à (ou à cause de) leurs fonctions un ordre de mission : défendre l’intangibilité de l’État de droit contre certaines attaques politiques qualifiées un peu rapidement, pour les discréditer, de populistes.

Avec cette obligation impérieuse qu’ils se sont prescrite et que Le Monde est ravi de la voir respectée à la lettre, il n’est pas offensant de prendre acte de la formulation de concepts relevant de l’apologie traditionnelle de l’État de droit, dès lors qu’on exclut toute adaptation ou actualisation. Rien ne vient, sur un mode original, surprendre ou convaincre au-delà des nobles poncifs énoncés.

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On étiquette à droite voire à l’extrême droite les sceptiques à l’égard de l’État de droit tel qu’il devrait demeurer sans la moindre modification, sacré en quelque sorte. Gérald Darmanin et Bruno Retailleau sont particulièrement visés. La gauche est effectivement d’autant moins sur cette ligne que les faiblesses régaliennes la préoccupent peu.

Face à cette dénonciation de l’esprit partisan qui rendrait suspecte la moindre critique, est-il permis de s’interroger aussi sur l’idéologie et la conception du droit de l’ensemble de ces juges des hautes juridictions précitées ? Qui peut douter du fait que dans leurs tréfonds intellectuels et leur vision de la société ils n’ont pas intériorisé des éléments qui précèdent le droit qu’ils déclarent pourtant vouloir appliquer en toute objectivité. Je ne suis pas persuadé, pour n’évoquer que lui, que Christophe Chantepy, président de la section du contentieux du conseil d’État, soit délesté de sa sensibilité de gauche quand il s’efforce de n’être irrigué que par l’abstraction du droit administratif…

Je pourrais généraliser cette perception en considérant que le droit pur n’existe pas. Les hommages conventionnels rendus à un État de droit nécessairement fixe, dépendent d’abord des pratiques inspirées par l’humus des citoyens que ces juristes sont en amont.

Aussi, lorsqu’ils viennent, unanimes, s’étonner du fait que beaucoup, citoyens, juristes avertis parfois, analystes, intellectuels plus ou moins engagés osent s’en prendre à certaines de leurs décisions, contester tel ou tel de leurs arrêts, ils devraient plutôt prendre acte de cette hostilité souvent argumentée, se pencher sur leur manière d’appréhender le droit au sein d’une société évolutive, confrontée partout à des défis, des dangers, des désordres chaque jour plus imprévisibles. Et se remettre en question.

Il ne paraît pas iconoclaste d’aspirer à un État de droit qui, tout en conservant son socle fondamental composé de principes sans lesquels la sauvagerie remplacerait notre civilisation (par exemple, être jugé deux fois pour la même infraction ou être condamné alors qu’on est irresponsable pénalement), saurait prendre la mesure des métamorphoses qui pour le meilleur ou pour le pire imposent sinon un autre droit du moins une approche moins théorique.

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Pourquoi ne pas accepter cette évidence que le droit devient une richesse morte s’il n’intègre pas l’utilité sociale, les impératifs du bon sens et, plus globalement, ce qu’il doit y avoir d’intelligemment politique dans toute décision judiciaire quand elle a pour mission de clôturer un débat d’importance ?

Je ne doute pas que certains seront totalement accordés à ce que ces juristes de la Cour de cassation, du conseil d’État et de la CEDH énoncent pour défendre leur conception de l’État de droit qui est d’ailleurs si peu discutée que ce sont les politiques, pourtant dans leur rôle, qui se voient critiqués quand ils émettent des réserves !

Tout ce qu’on est en droit d’exiger est qu’on veuille bien admettre qu’entre l’État de droit et l’État brutal, il y a l’impératif de se soucier de l’état de la France. Cette prise en compte serait sans rapport avec une quelconque brutalité et déconnectée heureusement de l’orthodoxie inaltérable, parfois impuissante, quelquefois provocatrice, d’un État de droit enfermé sur lui-même.

On n’a pas besoin d’hypertrophier les mérites de l’État de droit comme le font ces juristes professionnels, pour être plausible dans l’affirmation d’une volonté tenant ensemble un État de droit pour aujourd’hui et l’état de la France d’aujourd’hui.

MeTooMuch ?

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Dame Sandrine en son tribunal

Les vedettes du cinéma Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Pio Marmaï et Jean-Paul Rouve se sont soumis aux questions de l’inquisitrice MeToo cette semaine, à l’Assemblée nationale.


Au nombre des nostalgies de la gauche française actuelle il y a indéniablement l’Inquisition. L’Inquisition avec ses méthodes, sa pompe, ses œuvres. En l’occurrence, l’affaire a pour cadre « la commission d’enquête parlementaire relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité ».

Qui de mieux pour présider une telle commission que Mme Sandrine Rousseau, grande prêtresse de la croisade MeToo, pourfendeuse ardente de la masculinité et du patriarcat réunis ? Elle a trouvé là un rôle à sa mesure. Juchée à la tribune en dominatrice toisant son monde, elle rayonne, darde ses questions comme on darde les flèches destinées à l’hérétique. On l’imaginerait assez aisément chaussée de cuissarde de cuir noir, sanglée dans un bustier du même métal, avec, posés à portée d’une main un exemplaire très fatigué à force d’usage du Wokisme pour les Nuls, et de l’autre main le fouet de la repentance.

Dominique Besnehard se lève et se casse

Donc, il s’agit de traquer dans l’univers des activités chic et choc évoquées ci-dessus les signes, les traces de manifestations telles que plaisanteries salaces, œillades malsaines, main au popotin, etc. Bien sûr, ces élans hors consentement sont inadmissibles, réprimandables, voire condamnables. Cependant, il y a la loi et les tribunaux – les vrais – pour ce faire. Fallait-il impérativement aller jusqu’à instituer une commission d’enquête parlementaire ? Etait-ce une impérieuse demande de l’électeur au moment où, lors des législatives, il glissait son bulletin dans l’urne ? Poser la question en ces termes dispense évidemment de formuler la réponse.

Toujours est-il que cette commission a lieu et que – on pardonnera cette facilité – Madame la présidente semble y prendre son pied. Me permettrai-je une suggestion : afin de perpétuer son bonheur, ne pourrait-elle enchaîner avec une commission du même tonneau, dédiée cette fois à son petit monde à elle, à la vie parlementaire, une commission explorant et exhumant les pratiques ayant cours dans ce domaine à l’Assemblée, au Sénat dont il ne semble pas que l’allusion graveleuse et le geste leste en aient été totalement expurgés. Du moins si l’on s’en remet aux rumeurs de couloir de ces estimables institutions.

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Cela dit, le casting du petit tribunal de Dame Sandrine a de quoi affrioler les gazettes. Noms connus, vedettes populaires, stars adulées. Or, parfois, cela ne tourne pas aussi bien que la présidente l’espère. Ainsi la révolte, récemment, d’un homme du sérail de grande réputation, Dominique Besnehard qui, réalisant en cours d’audience qu’il se trouvait là non pas seulement pour apporter des éléments de connaissance, mais bel et bien pour passer en jugement, s’est cabré, offusqué : «  Si c’est pour me juger, je me taille ! »

Le festival de cucks

Cependant, d’autres personnalités du milieu ont bien voulu se soumettre, acceptant comparaître de leur plein gré devant le tribunal de Dame Sandrine. Un peu comme on va à Canossa, voyez-vous. Le tribut de la bonne conscience.

Jean Dujardin – qui en la circonstance aurait peut-être dû se souvenir que c’est dans un rôle muet qu’il fut à son meilleur – Gilles Lellouche, Pio Marmaï et Jean-Paul Rouve sont de la distribution. Là, on masque l’effet inquisition en qualifiant l’audition de « table ronde ». Tenue à huis clos, en outre. Cela dit, ils n’ont pas vu ni entendu grand-chose, les quatre comparaissants. « Des plaisanteries qui ont été mal comprises », des comportements un peu « lourds ». Bref, des scories relevant « de vieux réflexes d’un autre monde ». Le monde d’avant Dame Sandrine, on l’aura compris. Il n’est pas exclu qu’eux-mêmes, dans un temps plus ou moins reculé, aient pu avoir eu à essuyer quelques désagréments dans ce registre. Mais désormais on veille au grain. Jean Dujardin, par exemple, n’omet pas de poser au metteur en scène avec qui il s’apprête à tourner la question qui tue : « Est-ce que t’es un connard ? »  Apparemment, aucun n’a répondu par l’affirmative, ce que l’enquête parlementaire n’aurait pas manqué, naturellement, de nous révéler.

Néanmoins, on retiendra que les quatre mousquetaires MeToo compatibles ont pris soin de livrer quelques recommandations : que les règles selon le catéchisme de Dame Sandrine soient lues « à haute voix » (sic) en début de tournage ; que les référents VHSS (violences et harcèlement sexistes et sexuels) chargés du flicage en ces matières sur les plateaux et lieux de tournage soient indépendants de la production ; qu’un meilleur encadrement des fêtes de tournage soit prévu. Et – mesure cette fois de vrai bon sens – que les scènes de sexe soient très précisément décrites, scénarisées, fixées avant leur exécution afin d’éviter tout dérapage, toute mauvaise surprise. Cela est bel et bon. Pour autant était-il absolument indispensable d’en passer par l’Assemblée nationale pour cela ? On en doute. Mais jusqu’où n’irions-nous pas pour que Dame Sandrine, se sentant enfin utile, rayonne de bonheur ?

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Quand l’islamo-gauchisme réserve une salle à l’Assemblée nationale

La députée de droite Hanane Mansouri accuse l’institution d’avoir ouvert ses portes à une réunion très controversée sur l’ « islamophobie » et de fermer les yeux.


Une table ronde pour « comprendre l’islamophobie pour mieux la combattre » a réuni un parterre d’associations de choix à l’invitation du député LFI fiché S du Vaucluse, Raphaël Arnault, le 12 mars à l’Assemblée nationale. Parmi les participants figuraient Les Hijabeuses, qui militent pour le port du voile sur les terrains de sport, accompagnées des Musulmans Étudiants de France, une association étudiante connue pour réclamer des salles de prière à l’université. Cerise sur le gâteau : le CCIE (Conseil contre l’islamophobie en Europe), branche belge du défunt CCIF (Conseil contre l’islamophobie en France), association dissoute par le gouvernement français après l’assassinat de Samuel Paty en raison de l’implication de certains de ses membres dans la campagne de lynchage public du professeur.

https://twitter.com/hanane_mnsr/status/1899840267986915783

Le cadre est posé, restait à choisir la scène. Plutôt que d’organiser cette réunion dans un local LFI, une mosquée, un café ou le siège d’une obscure association, M. Arnault a opté pour le cadre solennel du Palais Bourbon. Une profanation institutionnelle qui illustre, s’il en était encore besoin, la stratégie bien rodée d’agitprop du député antifa d’Avignon.

Quelle indignité !

La députée UDR de l’Isère, élue en juillet dernier, Hanane Mansouri ne s’y est pas trompée. Pour interrompre ce conclave islamo-gauchiste, elle a d’abord écrit à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour tenter d’interdire la réunion : « Il règne au début un certain flou. Dans le même temps, on comprend bien qu’au fond d’elle, la présidente de l’Assemblée n’est pas ravie que cette association puisse être accueillie et joue la carte de l’impuissance juridique. » Melle Mansouri, ciottiste, avait choisi de faire alliance avec le RN pour battre sa rivale du Nouveau Front populaire qui avait bénéficié du retrait de la candidate Renaissance l’été dernier… Aucun trouble à l’ordre public n’ayant été constaté, la présidence, bien que regrettant la tenue de la réunion, a effectivement déclaré ne pas disposer des moyens de l’interdire. Déjà alertée dans la semaine, Yaël Braun-Pivet avait répondu par des gestes évasifs, semblant dire « je n’y peux rien », faute d’éléments tangibles de trouble à l’ordre public. Mais ces éléments sont-ils nécessaires pour interdire une réunion à l’Assemblée ? « La présidence de l’institution a un pouvoir discrétionnaire d’autorisation des réunions », assure la députée.

Qu’à cela ne tienne, Hanane Mansouri a décidé de se rendre à la réunion, armée de son éthique républicaine, d’une page du Journal Officiel et de quelques arguments juridiques : « Je suis allée à la réunion de Raphaël Arnault avec le Journal Officiel mentionnant la dissolution du CCIF. Il m’a fait mettre dehors. » Le symbole est fort : un député de la République chasse une collègue élue d’une réunion où sont accueillies des organisations prônant une islamisation rampante de l’espace public. Et M. Arnault peut compter sur la neutralité bienveillante de son institution : « On pensait que le sketch s’arrêterait là. Mais le lendemain, j’ai reçu un courrier de l’Assemblée nationale me reprochant un comportement indigne, car la présidence avait autorisé la réunion ! » L’indignité, donc, ce n’est pas d’accueillir des groupes liés à un islam politique qui grignote peu à peu le modèle républicain. L’indignité, aux yeux de la présidence macronienne de l’Assemblée, c’est de le dénoncer. On se pince. « Faibles avec les forts, forts avec les faibles », résume la députée.

Soumission et services rendus

Pourquoi une telle sévérité contre Hanane Mansouri, alors que Yaël Braun-Pivet s’était montrée bien plus vigilante par le passé, notamment contre la venue d’un militant du FLPL ? Que s’est-il donc passé depuis ? L’ego du perchoir, peut-être ? Non : Hanane Mansouri a désobéi. Or, Yaël Braun-Pivet n’aime pas l’indiscipline… N’anime-t-elle pas les séances en maîtresse d’école ? Régulièrement, elle sort sa règle et tape. Rappels à l’ordre et sanctions se sont multipliés depuis son entrée en fonction. Son courrier adressé à la députée en témoigne : pédagogique, moralisateur, infantilisant. « L’Assemblée nationale n’est pas un lieu de spectacle et de coups médiatiques, mais une institution qui doit être exemplaire (…) », y lit-on. Il est ensuite demandé à Hanane Mansouri de « respecter les règles en vigueur dans cette institution et de faire en sorte que ce type d’incidents ne se reproduise pas. »

Exemplaire, oui, mais pour qui ? « Pour Yaël Braun-Pivet, LFI peut faire venir des islamistes à l’Assemblée, mais en le dénonçant, c’est moi qui fais honte à notre institution ? Si cette scène que vous déplorez, tout comme moi, a pu se produire, c’est parce que vous l’avez autorisée », a tweeté la députée UDR en réponse. Hanane Mansouri voit derrière ce « zèle étonnant » à protéger certains groupes, un acte politique : « Les macronistes et LFI se sont sauvés les uns les autres pendant les dernières législatives. La présidente paie-t-elle sa dette envers La France insoumise ? »

Soumission

Cette affaire, loin d’être un cas isolé, révèle aussi l’ampleur de la pénétration institutionnelle de l’islamisme dans la société française. Le maillage est global : relais universitaires, relais médiatiques, connexions directes avec les élus d’extrême gauche, comme l’a décrit Florence Bergeaud-Blackler dans ses travaux. « Tout cela fonctionne en réseau. AJ+, par exemple, la branche de la chaîne Al Jazeera, est un média d’apparence wokiste qui diffuse des idées sur les transitions de genre, mais l’objectif reste de déstabiliser la société occidentale pour que tout conservatisme ne soit représenté que par les Frères musulmans » croit savoir Melle Mansouri. Pour la députée, « le CCIE est [par ailleurs] organiquement lié à la confrérie des Frères musulmans. »

Hanane Mansouri paie son engagement au prix fort, en témoignent certains messages qu’elle reçoit notamment via ses comptes X ou Instagram : menaces de mort, insultes racistes. « Arabe de service », « beurette »… Ils évoquent mes proches, expliquent que je suis une traître à la communauté arabo-musulmane. » La députée gêne les islamistes et leurs alliés d’extrême gauche : une Franco-Marocaine qui refuse la soumission contrarie forcément les discours victimaires et communautaristes.

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a également dénoncé la tenue de cette réunion dans un tweet. Mais la députée est dépitée : « Beaucoup de paroles, mais cela fait neuf mois qu’il est ministre de l’Intérieur. Il aurait très bien pu écrire à la présidente pour lui demander de ne pas laisser cette réunion honteuse se tenir. » Derrière les tweets et les discours chocs, il y a finalement peu d’actes. « Il devra un jour choisir. » Dans la course pour l’élection à la présidence des Républicains, Bruno Retailleau est d’ailleurs régulièrement accusé par son rival Laurent Wauquiez d’être corseté à la majorité macroniste par solidarité gouvernementale. Le macronisme préfère baisser pavillon plutôt que de troubler le « front républicain » de second tour. Mais certains députés ont encore l’audace de refuser la taqiya et de dénoncer le scandale.

Du nouveau sur le « génocide » à Gaza

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L’ONU accuse Israël de s’en prendre délibérément à la santé reproductive à Gaza, évoquant des « actes génocidaires ». Selon un rapport publié le jeudi 13 mars, les autorités israéliennes auraient en partie détruit la capacité des Palestiniens de Gaza à avoir des enfants. Israël dément fermement.


Le mot génocide, qui est aujourd’hui le terme le plus violent, le plus ignoble, mais malheureusement le plus efficace pour délégitimer Israël, vient d’être utilisé à son encontre dans un rapport de l’ONU publié le 13 mars 2025.

Ce rapport provient d’une Commission créée par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en 2021 pour enquêter sur la situation dans, je cite, «le territoire palestinien occupé y compris Jérusalem-Est».

Trois membres composent cette commission. Aucun n’est neutre envers Israël. L’indien Miloon Kothari avait écrit que les réseaux sociaux, largement contrôlés par le lobby juif, gênaient son travail, l’Australien Chris Sadone avait dit que les accusations d’antisémitisme étaient lancées au moindre prétexte. Quant à la présidente de la Commission, la Sud-africaine Navi Pillay, originaire de la vile de Durban de funeste mémoire, elle avait laissé, comme Haut Commissaire aux Droits de l’Homme de 2008 à 2014 le souvenir d’une animosité particulièrement marquée contre Israël, dans un environnement où cette animosité est pourtant monnaie courante.

Une méthodologie douteuse

La Commission a déjà publié en 2024 deux rapports sur la situation à Gaza, l’un en juin et l’autre en octobre. Dans le premier rapport, la commission avait procédé à une comparaison entre Israël et le Hamas systématiquement défavorable à Israël, sans jamais qualifier le Hamas autrement que comme un protagoniste légitime. Ainsi, alors qu’Israël est blâmé de ne pas avoir protégé ses citoyens le 7-Octobre, ce qui est un comble de la part d’une telle commission, et que des crimes sexuels sont attribués aux deux parties, pour le Hamas ces crimes  sont considérés comme non prémédités et  non entièrement démontrés, et pour Israël  de crimes planifiés visant à humilier la population gazaouie. La commission avait été scandalisée par les images de Palestiniens en slips, surveillés par l’armée israélienne et elle a longuement repris ce thème dans le rapport actuel, sans  jamais signaler que les ceintures d’explosifs ne sont pas une vue de l’esprit…

A relire: La Cour Pénale Internationale, une belle idée dévoyée

Le rapport d’octobre se concentrait sur les attaques par Israël d’établissements hospitaliers sans jamais mentionner que ces établissements étaient souvent utilisés par le Hamas à des fins bien peu hospitalières. Le rapport actuel y revient.

La méthodologie de l’enquête, même si on l’agrémente de l’utilisation de moyens numériques modernes de reconnaissance d’images, laisse songeur : des interrogateurs à Gaza dont on prétend qu’ils sont objectifs et des témoignages dont il serait malséant de suspecter la véracité. Il y a les accusations de crimes sexuels, c’est-à-dire des situations humiliantes lors d’interrogatoires, de nouveau les prisonniers en slip, les destructions d’hôpitaux, les conditions sanitaires, la famine, sans que jamais la responsabilité du Hamas ne soit évoquée. 

Démonstration absurde

Il y a aussi une pépite: la destruction du principal centre de fertilité in vitro de Gaza. Pourquoi «une pépite»? Parce que sa destruction a entrainé des pertes irréversibles pour la santé reproductive des Palestiniennes, ce qui permet à la commission de qualifier tout particulièrement cette destruction d’acte génocidaire. Tels qu’ils sont définis par la loi internationale, les actes génocidaires peuvent  n’avoir entrainé aucune mort: c’est le cas des transferts forcés d’enfants d’un groupe à un autre groupe, c’est le cas comme ici de mesures aboutissant à entraver les naissances au sein du groupe. 

On perçoit l’absurdité de la démonstration. Peu importe que ce centre de fertilité ait été ou non un centre terroriste, comme d’autres hôpitaux de Gaza l’ont été. Peu importe non plus que ces actes soi-disant génocidaires n’aient pas empêché que dans l’année 2024 il y ait eu 50 000 naissances à Gaza, bien plus que de décès d’enfant gazaouis même en prenant, comme le fait la commission les chiffres de mortalité du Hamas comme parole d’évangile (si je puis dire)…

Les conséquences sont graves. La commission ment en prétendant qu’elle reste sur le plan juridique strict en disant qu’Israël commet des actes génocidaires. Elle va désormais étudier la question de l’intentionnalité, ce qui transforme des actes génocidaires en génocide. Chris Sadone a dit qu’il avait des raisons de penser que cette intention était bien présente, ce qui donne une idée de la conclusion à venir.

Philippe Sands, le juriste international qui a écrit le Retour à Lemberg et qui se méfie du concept de génocide instauré par Lemkin, insiste sur le fait que la Cour Internationale de Justice est extrêmement stricte sur la définition de génocide. La volonté de destruction d’un groupe humain doit être l’intention unique ou massivement prédominante, de la perpétration des «actes génocidaires». Il considère qu’il n’y a aucune chance que cette Cour admette ce terme contre Israël.

Malheureusement, beaucoup de gens de bonne volonté qui pensent à tort qu’elle l’a déjà fait, se sentiront confirmés par cette vicieuse déclaration «d’actes génocidaires». C’est bien là l’objectif que suivent la Commission et le Conseil des Droits de l’Homme… Honte à eux. Ne laissons pas, quant à nous, les gens de bonne volonté être dupes.

Patrons en France: la sinistrose

Difficile de garder le moral quand on est patron en France, pays où les prélèvements obligatoires, les impôts sur la production et les charges patronales sont les plus élevés au monde. L’étymologie latine de sinistre, « sinister – situé à gauche », définit admirablement l’origine politique du problème.


Prétendument envié par le monde entier, le modèle social français ne déchaîne réellement les passions qu’en Afrique et chez les nostalgiques de l’Union soviétique. En tout cas, les patrons français le goûtent peu. Des entrepreneurs mal-pensants se prennent même à rêver que ce chef-d’œuvre connaisse le sort prédit par Louis F. Céline aux débiteurs chroniques : « On ne meurt pas de dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire. » Hélas, on nous prête toujours pour financer nos endémiques « quoi qu’il en coûte » – coûts infligés bien sûr aux entreprises, aux riches et aux générations futures. Entreprendre dans le pays le plus à gauche du monde – à l’exception des dictatures communistes chères à LFI – relève ainsi de l’exploit ou de l’inconscience. Surtout pour un revenu moyen de 4 000 euros brut et soixante-dix heures de boulot par semaine – un seuil de rémunération au-delà duquel François Hollande, humoriste progressiste de 2012 à 2017, situait la richesse.

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L’embarras du choix dans les nuances de rouge

Le plus à gauche du monde ? Vraiment ? Se poser la question, c’est ne pas savoir aligner les différents paramètres qui font de la Gaule cette terre révolutionnaire par essence. Un pays qui entend faire payer les riches – donc les patrons – sans réaliser qu’ils paient déjà, et fort cher. Nulle part ailleurs les prélèvements obligatoires des particuliers, les impôts sur la production ou les charges patronales n’y sont plus élevés. 48 % du PIB pour les prélèvements, contre 41,9 % en moyenne en Europe ; 4 % du PIB soustrait au titre des impôts de production (moitié moins chez nos voisins !) ; les cotisations patronales françaises – 10,2 % du PIB – sont, enfin, à comparer aux 7,4 % de la moyenne européenne. Seule la microscopique Estonie nous prive cette fois de médaille d’or. Et l’on pourrait poursuivre ainsi sur 20 pages. Les fameux « cadeaux aux patrons » dénoncés rituellement par la CGT ne sont que de modiques rabais consentis à des moutons soigneusement tondus. Ce syndicat qui combat « pour une société démocratique, libérée de l’exploitation capitaliste » – sans mentionner d’ailleurs où l’on trouverait trace d’une démocratie non capitaliste, un oubli sans doute – se voit toutefois dépassé sur sa gauche par SUD, un exploit à saluer. Autre signe d’un écosystème politique penchant singulièrement à gauche, la France est cette contrée où le Parti communiste, peu regardant sur les bilans génocidaires des « expériences » russes, chinoises ou cambodgiennes, n’a pas jugé utile de changer de nom contrairement à son homologue italien. Plus fort encore, le PCF est loin d’être le parti le plus à gauche de notre échiquier politique. De ce côté, on y trouve LFI, le NPA, Lutte ouvrière et quelques sectes pour lesquelles les 500 signatures nécessaires à la candidature suprême ne représentent pas un obstacle infranchissable. Quel autre pays moderne peut se payer le luxe de voir défiler sur ses écrans, à l’heure d’une élection cruciale, Mélenchon, Roussel, Poutou, Arthaud ? Ces amoureux transis de la démocratie appellent les travailleurs-travailleuses à retrouver le goût des piques et de la carmagnole – l’embarras du choix dans les nuances du rouge.

Une raisonnable gauche de gouvernement existe bel et bien, elle s’appelle la droite

Rester dans les clous de la doxa socialo-progressiste n’est plus seulement conseillé, mais institutionnalisé. Qui trouve-t-on à la tête de la Cour des comptes, du Conseil d’État ou du Conseil constitutionnel ? Moscovici, Fabius, Tabuteau, tous anciens membres de gouvernements socialistes et désormais en charge du fameux « État de droit » – en l’espèce, plutôt un « État de gauche » auquel on a bien compris qu’il ne fallait pas songer toucher. Les juges y veillent, notamment le Syndicat de la magistrature (un tiers des voix aux élections), auteur du « mur des cons » – dazibao clouant au pilori des parents de victimes qui pensaient « mal », une ignominie. Avoir affaire à un magistrat de cette obédience constitue, on s’en doute, un avantage particulier pour un chef d’entreprise et carrément le gros lot si vous êtes un homme politique classé à droite. Être traîné devant les prud’hommes, c’est avoir deux chances sur trois de perdre lorsqu’on est employeur. La prédilection du Parquet national financier pour les anciens membres du RPR ou du Front national ou les moyens alloués à des pratiques de république bananière pour écarter un candidat à la présidentielle jugé nauséabond constituent des indices supplémentaires du déséquilibre idéologique. Bien que chacun sache que les profs pensent à gauche, que France Inter et tout le service public de l’audiovisuel prêchent à gauche, que la fonction publique (20 % des emplois) en pince pour la gauche et donc que les institutions sont contrôlées par la gauche, les Français n’arrivent pas à se percevoir comme un pays de singuliers gauchistes. Sans doute parce qu’ils votent désormais massivement pour des partis classés à droite, même si cela reste sans effet sur les orientations majeures. Qu’on se rassure en effet, on ne trouve pas que l’extrême gauche sous nos cieux. Une raisonnable gauche de gouvernement existe bel et bien, elle s’appelle la droite. Une fois au pouvoir, elle pratique la même politique que le PS de Mitterrand : plus de dépenses publiques, plus d’impôts, plus d’immigration, moins de prisons. Des marqueurs typiques de la gauche, que ce soit aux États-Unis ou dans le reste de l’Europe, mais chez nous constitutifs du socle commun des partis dits de gouvernement. Avec sa retraite à 60 ans, le Rassemblement national, s’il est bien sociétalement un parti de droite, demeure économiquement un mouvement de gauche à l’échelle européenne. Même l’extrême droite française promet donc des politiques de gauche et reste muette sur le poids de la fonction publique ou l’épaisseur du Code du travail.

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Entreprendre dans cet enfer bureaucratique mérite ainsi tous les superlatifs. Notamment quand l’administration s’applique à retranscrire les directives européennes en les durcissant lorsqu’elles concernent l’environnement ou l’extension infinie des droits individuels. Bernard Arnault pense que le budget Barnier/Bayrou est une invitation à la délocalisation. Dommage qu’il ne soit pas envisageable de délocaliser l’Inspection du Travail en Corée du Nord, la CGT en Chine, LFI au Venezuela ou le Conseil constitutionnel à Cuba.

Le grand remplacement de Louis Boyard

Islamo-gauchisme. Dans le Val-de-Marne, visiblement, Louis Boyard a découvert que la solidarité en politique dure à peu près aussi longtemps qu’une story Instagram… Mais pas d’inquiétude, il reste optimiste: après tout, quoi de mieux qu’une humiliation collective pour souder une équipe en vue de 2026? Céline Pina prédit que ce qui est arrivé à l’Insoumis à Villeneuve-Saint-Georges annonce ce qui arrivera à LFI au niveau national. Analyse.


Dignité, fraternité, solidarité, toussa…

Pauvre Louis Boyard. Il aura appris à ses dépens que ce qu’ont vécu, dans l’histoire, les mouvements gauchistes à chaque fois qu’ils se sont alliés avec des groupes ethnico-religieux, fonctionne à titre individuel. Il vient en effet de se faire éjecter de sa propre liste. L’humiliation est publique et elle fait rigoler tout le landerneau. X s’en donne à cœur joie, moquant l’Insoumis plumé par ses colistiers pour les plus tendres, l’étrillant à coup de « Louis Boyard, victime du racisme anti-blanc » ou « Louis Boyard grand remplacé ». Les plus observateurs ou les plus perfides, selon le point de vue, y joignent une vidéo où on voit Mathilde Panot s’étrangler devant une Rima Hassan tenant un de ses discours nimbé des chatoyantes nuances qui la caractérisent : « L’antiracisme a besoin de visages incarnés, pas de porte-paroles éloignés de ces réalités. » En clair, ouste les Blancs ! Ou quand l’antiracisme remet en place la mécanique du racisme simplement en entortillant les mots comme des nœuds coulants.

Jeu de dupes

Mais revenons à Louis. Lundi 17 mars, le conseil municipal de Villeneuve-Saint-Georges (94) mettait en place les groupes municipaux qui le composent. Et oh surprise ! le seul groupe d’opposition existant, Dignité et Solidarité, ne compte pas Louis Boyard parmi ses membres, pourtant leur tête de liste aux élections municipales. En revanche, la liste citoyenne villeneuvoise, menée par Mamadou Traoré, y figure au complet. Ce n’est pas un revers pour Louis Boyard, c’est une déculottée. Et Louis Boyard, interrogé à ce sujet dans Le Parisien tente une cascade audacieuse pour montrer que ce n’est pas du tout ce qu’on imagine. En gros, « si Mamadou Traoré portera la voix de son groupe au conseil, lui aussi pourra s’exprimer ». On n’en doutait pas, cher Louis, on appelle même cela « la démocratie ». Comme preuve de l’indéfectible lien qui l’unit à ses anciens colistiers, il faut reconnaitre que c’est léger, éthéré même. Un adjectif que jamais je n’aurai cru associer un jour à Louis Boyard.

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Mais pourquoi, sur X, certains internautes ricanent-ils en invoquant la leçon iranienne pour expliquer que ce qui arrive à l’insoumis à Villeneuve-Saint-Georges annonce ce qui arrivera à LFI au niveau national : au jeu de dupes des alliances contre nature, ils seront dévorés. C’est ce qui est arrivé aux opposants communistes au Shah en Iran. Ils se sont alliés avec les islamistes, ont permis l’accession au pouvoir de Khomeini et ont ensuite été éliminés en deux ans par une purge aussi sanglante que féroce. Ils n’ont même pas eu le temps d’imprimer les mémoires occidentales.

Prolétariat de remplacement

La stratégie de LFI, qui consiste à considérer une nation comme un territoire que le plus fort ou le plus déterminé peut emporter, la conduit à n’avoir plus aucune colonne vertébrale autre que le ressentiment. La même fibre qu’exploitent les islamistes. A ce jeu, n’ayant plus d’électorat traditionnel au sens social (le vote ouvrier), le parti de gauche a choisi l’alliance avec la force constituée la plus influente du prolétariat de remplacement qu’ils se sont choisis, donc l’islamisme. Ainsi en misant sur l’immigration, ils ont épousé l’islamisme, lequel n’a pas besoin de l’idéologie marxiste, la religion étant un levier plus efficace sur le public ciblé.

Meeting de la liste d’extrème gauche « Dignité, fierté et solidarité », élection municipale de Villeneuve-Saint-Georges, 23 janvier 2025 © Chang Martin/SIPA

Mamadou Traoré, l’ancien allié de l’Insoumis et chef de file du mouvement citoyen nous est présenté comme la voix des quartiers. Et c’est bien cette plus-value qui lui a valu sa place de second de liste. Quant à son acolyte, Mohamed Ben Yakhlef, il est « très investi sur les sujets liés à l’islam » comme l’écrivent pudiquement les journalistes. Ses positions pro-Hamas ont « fait polémique » : autrement dit, les gens choqués par le fait qu’il défende le Hamas le jour du 7-Octobre et les suivants ont été traités « d’extrême-droite » et de « fascistes » quand l’homme a gardé sa place sur la liste. D’ailleurs, on se souvient que la campagne municipale de cette joyeuse équipe s’était beaucoup concentrée sur le sujet de Gaza, très en phase – on s’en doute – avec les difficultés de cette commune, une des plus pauvres de sa région, et pas du tout en phase avec les obsessions communautaristes et religieuses de certains leaders « de la diversité »…

Personne ne versera une larme sur le fessier endolori de Louis Boyard, mais la question reste posée :  sa situation vaut-elle prédiction ? En attendant, la mésaventure de l’Insoumis illustre ce vieil adage : quand on a accepté de partager un repas avec le diable mieux vaut se munir d’une longue fourchette pour ne pas finir au menu.

Silence coupable

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Le royaume des envieux

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Célébrations de la Journée internationale des travailleurs dans les rues de Nantes, 1er mai 2023 © Sébastien Salom-Gomis / Sipa

Les Français jalousent la réussite des uns, convoitent la fortune des autres et dénoncent les petits privilèges qui leur échappent. Ces envieux n’attribuent pas le succès au mérite mais à la chance, voire à l’injustice du système social. Ce qui légitime la haine des riches.


Pourquoi cette animosité envers les riches?

Les Français ont-ils une mauvaise opinion des riches ? Une succession régulière de sondages et d’interventions d’experts dans les médias vont dans ce sens. Et dans l’opinion publique française cette hostilité envers les plus aisés s’accompagne d’une réticence à l’égard de l’économie de marché. Une comparaison est souvent faite avec les « Anglo-Saxons » qui, en adorateurs de Mammon, prôneraient un libéralisme « sauvage » et feraient passer les profits avant les principes moraux. Pour expliquer la pudeur des Français à l’égard de la richesse, on cite l’influence catholique dont la France – aujourd’hui pays laïque – serait encore imprégnée. L’explication est étayée par quelque citation de saint Thomas d’Aquin contre la pratique de l’usure ou une référence à L’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme de Max Weber. Mais cette œuvre a fait l’objet des critiques, entre autres, de Fernand Braudel. Car le capitalisme a commencé en Italie, pays catholique, et dès avant la Réforme. Et si la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, protestants, ont lancé une nouvelle phase de capitalisme commercial, la France catholique n’a pas tardé à les imiter. Mais avant d’aborder d’éventuelles explications, il faut poser deux questions. D’abord, la France est-elle plus « antiriche » en moyenne que d’autres pays ? Après tout, un certain ressentiment contre plus fortuné que soi existe partout. Ensuite, l’animosité des Français par rapport aux riches est-elle inspirée par la haute moralité ou par une basse émotion, à savoir l’envie ? Car selon la définition de d’Alembert : « On est jaloux de ce qu’on possède et envieux de ce que possèdent les autres. »

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Or, les travaux du chercheur indépendant allemand Rainer Zitelmann confirment que, plus que d’autres peuples, les Français conspuent le capitalisme et envient les riches. Zitelmann fonde ses analyses sur 48 sondages internationaux qu’il a commandés entre 2018 et 2023. Une première étude portant sur les attitudes envers le capitalisme dans 34 pays, place la France en sixième position du palmarès de l’esprit anticapitaliste. Le pays le plus procapitaliste est la Pologne, malgré le rôle important qu’y joue le catholicisme. Une autre étude, de 2024, se focalise sur les perceptions populaires des riches dans 13 pays : France, Allemagne, Italie, Espagne, Suède, Pologne, Grande-Bretagne, Chine, Japon, Corée du Sud, Vietnam, Chili et les États-Unis. À partir de questionnaires détaillés et d’une définition précise de « riche », Zitelmann crée pour chaque pays un « coefficient de traits de personnalité des riches ». En termes de vices et de vertus, les fortunés sont perçus le plus positivement en Pologne et au Vietnam, le moins en Espagne. La France et le Royaume-Uni ont le même score et sont légèrement favorables aux riches. Mais c’est quand Zitelmann crée un « coefficient d’envie sociale » que la France se détache du lot. Elle arrive largement en tête des pays où l’on envie la réussite des autres, devant l’Allemagne et la Chine. Les pays les moins envieux sont la Pologne – encore ! – et le Japon. Quand Zitelmann combine les deux coefficients pour créer un indice général, ce sont encore les Français qui portent les riches le moins dans leur cœur.

À qui la faute ?

Comment expliquer que les Français soient les champions de l’envie ? On pourrait accuser les inégalités, mais ces dernières ne sont pas très marquées en France, dont le coefficient de Gini, qui les mesure, est légèrement en dessous de la moyenne de l’UE. C’est que l’envie n’est pas nécessairement corrélée aux disparités économiques. Un homme peut bien envier un voisin qui ne jouit que de quelques privilèges modestes. L’important, c’est que ces privilèges semblent immérités. Car l’envie est une affaire de comparaison et de mérite. Dans son Discours célèbre sur l’inégalité, Rousseau explique la naissance de l’envie – et de la honte – par la vie en société qui fait ressortir les différences de talents entre les individus. La honte empêche les envieux, dont le ressentiment couve secrètement dans leur cœur, de révéler publiquement ce qu’ils ressentent, car ce serait admettre leur infériorité. L’envieux justifie l’hostilité qu’il ressent à l’égard de ceux qui ont réussi en attribuant leur succès à la chance, à l’injustice du système social ou à la tricherie. Comme le dit un personnage de Corneille, « jamais un envieux ne pardonne au mérite ». Or, le libéralisme implique la concurrence, et la concurrence implique des gagnants et des perdants, donc des comparaisons. Si les vraies raisons de la réussite des entrepreneurs et des cadres d’entreprise échappent à beaucoup de Français, c’est parce que le secteur public est si vaste en France, qu’il fausse totalement la donne. Il représente 21 % des travailleurs actifs, contre 11 % en Allemagne ou 15 % aux États-Unis. Les fonctionnaires ne connaissent donc pas bien le secteur privé, se méfient de son succès et veulent en être protégés.

A ne pas manquer, Jean-Jacques Netter: Le mur des comptes

C’est ici que les rôles de la Révolution et du marxisme dans l’histoire de France sont pertinents. La première montre comment une nouvelle classe dirigeante peut exploiter la haine des riches pour asseoir son pouvoir politique, exemple suivi par tous les autres révolutionnaires. En 1917, Lénine décrivait les riches comme faisant partie de « la vermine » dont il fallait « purger » la Russie. L’envie constitue un levier puissant, car en la réveillant on peut désigner des boucs émissaires. La gauche française n’hésite pas à y avoir recours, de François Hollande qui déclare « je n’aime pas les riches » à Marine Tondelier qui exige « une France sans milliardaires », qualifiés de « vampires ». L’envie est plus souvent une force de destruction qu’une source de motivation positive. Dans son étude de 1966 sur L’Envie, le sociologue Helmut Schoeck fait remarquer que, devant les biens acquis par l’Autre, l’envieux « est presque plus désireux de les détruire que de les acquérir ». La redistribution des richesses que la gauche veut amplifier est autant une façon de punir les riches que de compenser les pauvres. L’envieux préfère même saboter le système économique que relever le défi de la concurrence loyale avec l’autre. Si nous voulons être moins pauvres, arrêtons d’en vouloir à ceux qui ont mieux réussi que nous.

Le mur des comptes

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Emmanuel Macron visite l'entreprise verrière Arc International à Arques © SARAH ALCALAY/SIPA

Chaque mois, le vice-président de l’Institut des libertés décode l’actualité économique. Et le compte n’y est pas.


L’euro n’a pas du tout été une réussite pour la France, malgré tout ce que Jean-Claude Trichet, l’ex-président de la Banque centrale européenne (2003-2011) nous a raconté à longueur d’interviews. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le cas de la Suède. En 1993, ce pays a refusé par référendum d’adopter la monnaie unique européenne. Bien lui a pris. Avant cette date, les productions industrielles française et suédoise suivaient une courbe parallèle. Depuis, notre pays a connu une vague ininterrompue de délocalisations, tandis que la Suède est restée une nation manufacturière et a diminué de 50 % son endettement public, avec des comptes courants excédentaires et un budget en équilibre.

La verrerie d’Arc a englouti 250 millions d’euros d’argent public depuis dix ans. En décembre 2014, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, annonçait un accord pour sauver 90 % des 10 520 emplois de l’entreprise. Tout le monde savait qu’il était suicidaire de maintenir de tels effectifs et qu’il valait mieux investir dans de nouveaux fours afin de fabriquer des produits à plus forte valeur ajoutée. Dix ans après, les pouvoirs publics tirent les conséquences de cette décision stupide. Ils viennent d’abandonner 20 % de la créance d’État sur la verrerie et de consentir un nouveau prêt de 30 millions d’euros par l’intermédiaire du Fonds de développement économique et social. Une réindustrialisation de la France qui fonctionne sur ce modèle ne risque pas d’aller très loin…

La société Ynsect a levé, depuis sa création en 2011, plus de 500 millions d’euros pour fabriquer des protéines grâce à des élevages de molitors, ces petits coléoptères communément appelés « vers de farine ». Emmanuel Macron a souvent cité en exemple cette entreprise, basée à Évry, pour vanter notre « souveraineté protéique ». Sans surprise, l’idée de nourrir les humains avec des insectes n’a pas rencontré le succès escompté. La société vient d’être placée en redressement judiciaire.

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L’outil de déclaration fiscale « Gérer mes biens immobiliers » (GMBI), mis au point par le ministère des Finances, s’avère être un échec à plus d’un milliard d’euros. Depuis son lancement en 2023, 24 millions de propriétaires fonciers français ont été appelés à remplir leur formulaire GMBI en ligne. Malheureusement, le logiciel n’était pas au point. Il a fallu recourir massivement à des prestataires externes pour réparer les nombreux bugs. Montant de la facture : 56,4 millions d’euros. Mais ce n’est pas tout. Les erreurs de calcul et les retards causés par ce fiasco technique ont obligé l’État à procéder à des dégrèvements et des remboursements d’un montant de 1,3 milliard d’euros. Un grand bravo aux responsables de ce projet !

Taxer les propriétaires de résidence principale sur la base d’un loyer fictif, voilà l’une des nombreuses idées de génie avancées par le président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Éric Cocquerel. « Le fait d’être logé gratuitement par soi-même », constitue « un loyer imputé », ose-t-il affirmer. Autre proposition absurde du député insoumis : augmenter l’IS (impôt sur les sociétés) de quatre points. Ce qui serait une catastrophe. D’abord parce que, même s’il a été baissé de 33 % à 25 %, notre taux actuel d’IS reste supérieur à la moyenne européenne (22 %). Ensuite parce qu’une surtaxe n’est jamais exceptionnelle en France. Par exemple, la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus), qui devait être appliquée au cours de la seule année fiscale 2011, est toujours en vigueur aujourd’hui. Et la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale), censée disparaître en 2024, vient d’être prolongée jusqu’en 2033.

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Au catalogue des mesures dévastatrices dont rêve la gauche, n’oublions pas non plus la hausse de trois points sur la flat tax. En d’autres termes : faire passer de 30 % à 33 % le taux de prélèvement forfaitaire sur les revenus du capital. Une ineptie ! Pour mémoire, la flat tax a été instaurée il y a sept ans pour contrer les effets très négatifs de la fiscalité du capital précédemment en vigueur sous François Hollande. La taxation « au barème » telle que le président socialiste l’avait promue, avait provoqué une chute des dividendes en France et donc des recettes fiscales. Les actionnaires faisaient le gros dos en attendant des jours meilleurs. Quelle ne fut pas la surprise des observateurs lorsqu’ils virent, à partir de 2017, la flat tax rapporter deux fois plus que le système antérieur ! À noter que la plupart des soi-disant experts qui interviennent sur ce sujet ne savent pas qu’il existe déjà une « surtaxe sur la flat tax ». Le taux est majoré de trois points pour ceux qui déclarent plus de 250 000 euros de revenus annuels, et de quatre points pour plus de 500 000 euros. La fameuse contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.

LFI, l’IA et l’antisémitisme: on passe à autre chose

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Mathilde Panot à Paris le jour de la Sainte Gonzesse 2025 © Chang Martin/SIPA

L’impayable « Insoumise » se livre à un exercice d’équilibriste douteux dans Libération ce matin, et démontre une nouvelle fois que son parti pratique une géométrie variable des indignations. Petite plongée au cœur d’un argumentaire qui défie toute logique !


Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis à l’Assemblée nationale, a livré ses vérités au quotidien Libération avant la marche contre les idées d’extrême droite prévue ce samedi 22 mars[1]. Cet entretien lunaire laisse à se demander s’il relève davantage d’un étalage de mauvaise foi que d’une interview politique. Ainsi, Mathilde Panot s’attache-t-elle à « balayer les accusations d’antisémitisme » en rejetant la faute sur l’extrême droite, coupable de tous les maux, et sur tous ces observateurs politiques à la mémoire vacillante.

On passe à autre chose

S’il y a bien une chose que Madame Panot a comprise, c’est que la meilleure défense reste l’attaque. La polémique sur les affiches ignobles de LFI, qui reprenaient les codes antisémites des années 1930 pour caricaturer Cyril Hanouna ? Elle serait, selon elle, uniquement due au fait que « les médias ont relayé la propagande d’extrême droite ». Il fallait oser. D’ailleurs, à l’en croire, cette affiche ne serait que le fruit du hasard, car générée par une intelligence artificielle. La prochaine fois, on fera donc plus attention… au cas où l’IA serait elle aussi d’extrême droite.

Mais qu’on se rassure, Mathilde Panot dénonce toute forme de « chasse à l’homme ». Ce serait donc encore cette fourbe d’IA qui aurait choisi de coller les portraits de Cyril Hanouna ou Pascal Praud sur ces affiches ? « On passe à autre chose », intime-t-elle délicatement mais fermement. Ne la contrarions pas.

Un racisme peut en cacher un autre

Pour la députée du Val-de-Marne, la droite nationale « reste intrinsèquement antisémite et raciste », et le Rassemblement national cache « une dimension raciste intrinsèque » – les électeurs du RN d’origine étrangère apprécieront. Et si LFI se voit depuis quelques mois affublé d’une étiquette de parti antisémite, ce serait là encore à cause du RN, rien à voir avec le conflit israélo-palestinien.

A relire: Affiche “antisémite” de LFI: selon Mélenchon, c’est la faute à l’extrême droite!

L’absence de LFI à la marche contre l’antisémitisme ? Le parti ne souhaitait pas s’afficher aux côtés de personnalités « peu recommandables », dans une « manifestation qui appelait à combattre un racisme en diffusant un autre racisme ». Que ceux qui trouvent cet argument logique lèvent la main ! La journaliste à qui incombait la pénible tâche de retranscrire ces propos semble ne pas l’avoir fait, puisqu’elle a préféré relever la contradiction avec la participation de LFI à la marche contre l’islamophobie. Traduction : mieux vaut marcher aux côtés de manifestants qui soutiennent désormais les terroristes du Hamas qu’aux côtés de Jordan Bardella ou Marion Maréchal, qui luttent contre l’antisémitisme.

Mais qu’on se rassure encore : LFI est, selon Mathilde Panot, vent debout contre l’antisémitisme. « À quel moment n’a-t-on pas dénoncé un acte antisémite ? », s’insurge-t-elle. Les déclarations de sa collègue Danièle Obono, qui avait qualifié le Hamas de « mouvement de résistance », ou les propos de Thomas Portes affirmant que « les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux Olympiques de Paris », auraient-ils été oubliés ? Si certains qualifient LFI de parti antisémite, ce n’est donc, selon Panot, pas à cause des déclarations de ses membres, mais parce que l’extrême droite aurait besoin d’un bouc émissaire antisémite.

À la question de savoir si, comme Jean-Luc Mélenchon, elle considère l’antisémitisme comme « résiduel », Mathilde Panot prend le taureau par les cornes… et répond à côté : « Les femmes voilées sont attaquées matin, midi et soir à la télévision », et « le racisme pourrit la vie de ce pays ». Pas de réponse, donc. Les Juifs qui craignent LFI et votent pour le RN « se trompent », affirme-t-elle, ajoutant que si le RN progresse dans les sondages, c’est uniquement parce que « les bistrots dans les zones rurales ferment ».

Mathilde Panot envisage enfin un avenir radieux pour son parti, en s’appuyant sur ses sondages personnels au doigt mouillé : « Je ne crois pas » qu’il y ait beaucoup de sympathisants du RN parmi les abstentionnistes, déclare-t-elle. Elle s’appuie également sur des affirmations hasardeuses remettant en cause les fondements mêmes de la géométrie la plus élémentaire : « On est les seuls à avoir des programmes carrés. » Faisant le « pari de l’intelligence humaine », elle conclut que LFI est le seul parti à participer à toutes les mobilisations… sauf lorsqu’il s’agit de marcher contre l’antisémitisme, mais cela, je me répète. Vivement demain !


[1] https://www.liberation.fr/politique/elections/mathilde-panot-face-a-lextreme-droite-le-principal-ennemi-est-la-resignation-20250320_YHJYSG6ARJCBFNIG6ETA6I2Z4Q

Un conclave pour enfumer…

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Manifestation à l'appel de plusieurs syndicats dont la CGT contre la posture de François Bayrou lors du conclave sur la réforme des retraites, Paris, 20 mars 2025 © OLIVIER JUSZCZAK/SIPA

Il semble que le conclave sur la réforme des retraites ne va pas durer… Cette discussion, initiée par François Bayrou, avec pour volonté de discuter sans « tabou » de tous les sujets, n’a pas eu beaucoup d’effets, sinon le retrait progressif de la plupart des syndicats qui participaient aux discussions. Le récent refus du Premier ministre de revenir à un âge légal de départ à la retraite de 62 ans est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, provoquant l’indignation et la colère chez les négociateurs. Un conclave pour rien ? Et si c’était le but…


« Non ! » au retour à un âge de départ à la retraite à 62 ans. Entendre François Bayrou, père spirituel du « en même temps » et incarnation ultime de l’immobilisme politique, prononcer ce simple mot défiait tous les pronostics… De mémoire d’homme (et de femme), qui donc a souvenir d’avoir assisté à une prise de position aussi franche de la part de notre actuel Premier ministre – ou à une prise de position tout court ? Ce vocable choc a d’ailleurs été repris par tous les quotidiens de notre pays tout en se voyant auréolé de jolis guillemets, une rareté pour un seul mot, a fortiori composé d’une malheureuse syllabe. Cela cache forcément quelque chose : ce conclave ne serait-il pas, par le plus grand des hasards, une vaste fumisterie ?

Marylise Léon en a gros sur la patate

Que les âmes sensibles se rassurent, cette épreuve de force a été immédiatement suivie d’un exercice de rétropédalage plutôt maladroit en provenance de Matignon. Selon l’entourage du Premier ministre, il ne s’agirait que de son point de vue, le donner soulignant simplement « l’importance qu’il y a à faire vivre la démocratie sociale »… Ainsi, tout resterait possible, car ce sont bien les organisations syndicales et patronales qui gardent la main, toujours selon l’entourage du Premier ministre.
Ce désormais fameux « Non ! » a suscité de toutes parts des commentaires très virulents. Certains y ont même vu la fin du conclave. Les oppositions et les syndicats se sont relayés pour évoquer tantôt un « scandale », tantôt des « propos incompréhensibles » voire même une preuve que l’on « ne peut pas faire confiance à François Bayrou » (Denis Gravouil, CGT). Jean-Luc Mélenchon, avec l’élégance qu’on lui connait bien, a quant à lui parlé d’un « foutage de gueule ». 

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Soyons sérieux : qui avait imaginé un seul instant qu’un retour sur l’âge de départ à la retraite avait la moindre chance d’aboutir ? Absolument personne, sauf la CGT qui a finalement claqué la porte. Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, est même allée jusqu’à accuser François Bayrou d’avoir « trahi sa parole » mais aussi « des millions de salariés », couplant cette terrible accusation d’une menace aussi glaçante qu’inattendue : une mobilisation. Heureusement, il y a une « adulte dans la pièce » en la personne de Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, selon… Léon Marylise. Mais, qu’on se le tienne pour dit, elle en a « assez » ! Le ton est tout de suite plus sérieux : « Il faut un peu siffler la fin de la récréation » car « on ne fait pas des canons avec des salariés qui sont en souffrance ». La tension monte, puis, le couperet tombe enfin : « On ferme le conclave retraite tel qu’il existe, et on en ouvre un autre ». Le coup est rude.

Des motivations fumeuses

La France, dotée d’un budget qui ne rassure personne, se paie en plus le luxe d’être à la traine sur l’âge de départ à la retraite alors que les autres pays européens procèdent tous à une hausse de celui-ci. L’Allemagne, l’Espagne et les Pays-Bas ont fixé l’âge de départ à 67 ans. L’Italie envisagerait même de faire travailler ses fonctionnaires jusqu’à 70 ans. Imaginez la réaction de nos travailleurs de la Fonction publique… Vite, changeons de sujet !
Mais alors, pourquoi convoquer un conclave alors que tout le monde sait qu’il ne débouchera sur aucune décision majeure ? Pour gagner du temps, pardi ! Car, outre le fait d’avoir tordu le bras du président de la République pour obtenir le poste de Premier ministre au détriment de Sébastien Lecornu (est-on certain que nous ayons gagné au change ?) et d’avoir endormi tout le monde en débitant des discours lénifiants sur Henri IV, le seul fait d’arme de François Bayrou à Matignon à ce jour est d’avoir survécu à la motion de censure déposée à la suite du 49.3 utilisé pour faire passer le budget 2025.

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Ce conclave faisait-il partie d’un deal pour amadouer les troupes socialistes d’Olivier Faure ? Si c’est le cas, comment imaginer que ces dernières aient pu être suffisamment naïves pour imaginer obtenir gain de cause sur un point aussi bloquant que l’âge de départ ? Si la motivation du Premier ministre est clairement de s’accrocher à son poste comme une moule à son rocher, quelle peut bien diable être celle des socialistes à participer à ce conclave ? Outre le goût pour les discussions stériles et interminables cher à tout social-démocrate qui se respecte, on peut se demander si la participation à ce conclave fictif n’est pas pour eux l’occasion de se démarquer d’un Nouveau Front populaire aux fondations friables.
En effet, beaucoup d’électeurs du centre gauche sont complètement perdus au sein de cette coalition aussi absurde qu’opportuniste. Cela n’a pas échappé aux têtes pensantes socialistes qui espèrent se faire bien voir de ces électeurs en vue de municipales qui approchent à grands pas. Les candidats de la gauche molle espèrent peut-être ainsi profiter de ce conclave pour briller et démontrer à cet électorat qu’ils entendent bien gérer leurs villes d’une main de fer dans un gant de velours, comme d’habitude en somme. Des villes qui deviendraient ou resteraient alors des paradis pour les bobos adeptes de chevauchées à dos de trottinettes électriques, de bières sans gluten et de discussions à rallonge sur un monde sans frontières, bien sûr.

Entre l’État de droit et l’État brutal, ne pas oublier l’état de la France…

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Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau et le ministre de la Justice Gérald Darmanin, Assemblée nationale, 19 mars 2025 © ISA HARSIN/SIPA

Ces derniers temps, certains accusent l’État de droit d’être un « État de gauche ». Une poignée de haut magistrats – et leurs idées progressistes – empêcheraient les exécutifs successifs d’exercer pleinement leur pouvoir… Face à ces critiques qui se multiplient, malheureusement, l’État de droit donne souvent la désagréable impression de se refermer sur lui-même en gémissant dans la presse de gauche, observe Philippe Bilger.


Dans Le Monde, le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau affirme qu’il y a « un moment historique où il y a une tension entre deux formes d’État : l’État de droit, où être élu par le peuple ne suffit pas, et l’État brutal… » Il me semble qu’à cette alternative, non pour la détruire mais pour en dénoncer le caractère abrupt et sommaire, on pourrait ajouter : l’état de la France.

Le Monde a réuni quelques personnalités de haut niveau juridique, aussi bien de la Cour de cassation que du Conseil d’État et de la Cour européenne des droits de l’homme, dont André Potocki juge français, l’un de ses membres de 2011 à 2020.

L’initiative est excellente, mais il est difficile d’oublier qu’ils se sont assignés, grâce à (ou à cause de) leurs fonctions un ordre de mission : défendre l’intangibilité de l’État de droit contre certaines attaques politiques qualifiées un peu rapidement, pour les discréditer, de populistes.

Avec cette obligation impérieuse qu’ils se sont prescrite et que Le Monde est ravi de la voir respectée à la lettre, il n’est pas offensant de prendre acte de la formulation de concepts relevant de l’apologie traditionnelle de l’État de droit, dès lors qu’on exclut toute adaptation ou actualisation. Rien ne vient, sur un mode original, surprendre ou convaincre au-delà des nobles poncifs énoncés.

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On étiquette à droite voire à l’extrême droite les sceptiques à l’égard de l’État de droit tel qu’il devrait demeurer sans la moindre modification, sacré en quelque sorte. Gérald Darmanin et Bruno Retailleau sont particulièrement visés. La gauche est effectivement d’autant moins sur cette ligne que les faiblesses régaliennes la préoccupent peu.

Face à cette dénonciation de l’esprit partisan qui rendrait suspecte la moindre critique, est-il permis de s’interroger aussi sur l’idéologie et la conception du droit de l’ensemble de ces juges des hautes juridictions précitées ? Qui peut douter du fait que dans leurs tréfonds intellectuels et leur vision de la société ils n’ont pas intériorisé des éléments qui précèdent le droit qu’ils déclarent pourtant vouloir appliquer en toute objectivité. Je ne suis pas persuadé, pour n’évoquer que lui, que Christophe Chantepy, président de la section du contentieux du conseil d’État, soit délesté de sa sensibilité de gauche quand il s’efforce de n’être irrigué que par l’abstraction du droit administratif…

Je pourrais généraliser cette perception en considérant que le droit pur n’existe pas. Les hommages conventionnels rendus à un État de droit nécessairement fixe, dépendent d’abord des pratiques inspirées par l’humus des citoyens que ces juristes sont en amont.

Aussi, lorsqu’ils viennent, unanimes, s’étonner du fait que beaucoup, citoyens, juristes avertis parfois, analystes, intellectuels plus ou moins engagés osent s’en prendre à certaines de leurs décisions, contester tel ou tel de leurs arrêts, ils devraient plutôt prendre acte de cette hostilité souvent argumentée, se pencher sur leur manière d’appréhender le droit au sein d’une société évolutive, confrontée partout à des défis, des dangers, des désordres chaque jour plus imprévisibles. Et se remettre en question.

Il ne paraît pas iconoclaste d’aspirer à un État de droit qui, tout en conservant son socle fondamental composé de principes sans lesquels la sauvagerie remplacerait notre civilisation (par exemple, être jugé deux fois pour la même infraction ou être condamné alors qu’on est irresponsable pénalement), saurait prendre la mesure des métamorphoses qui pour le meilleur ou pour le pire imposent sinon un autre droit du moins une approche moins théorique.

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Pourquoi ne pas accepter cette évidence que le droit devient une richesse morte s’il n’intègre pas l’utilité sociale, les impératifs du bon sens et, plus globalement, ce qu’il doit y avoir d’intelligemment politique dans toute décision judiciaire quand elle a pour mission de clôturer un débat d’importance ?

Je ne doute pas que certains seront totalement accordés à ce que ces juristes de la Cour de cassation, du conseil d’État et de la CEDH énoncent pour défendre leur conception de l’État de droit qui est d’ailleurs si peu discutée que ce sont les politiques, pourtant dans leur rôle, qui se voient critiqués quand ils émettent des réserves !

Tout ce qu’on est en droit d’exiger est qu’on veuille bien admettre qu’entre l’État de droit et l’État brutal, il y a l’impératif de se soucier de l’état de la France. Cette prise en compte serait sans rapport avec une quelconque brutalité et déconnectée heureusement de l’orthodoxie inaltérable, parfois impuissante, quelquefois provocatrice, d’un État de droit enfermé sur lui-même.

On n’a pas besoin d’hypertrophier les mérites de l’État de droit comme le font ces juristes professionnels, pour être plausible dans l’affirmation d’une volonté tenant ensemble un État de droit pour aujourd’hui et l’état de la France d’aujourd’hui.

MeTooMuch ?

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Dame Sandrine en son tribunal

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La députée d'extrème gauche Sandrine Rousseau, Paris, 20 février 2025 © OLIVIER JUSZCZAK/SIPA

Les vedettes du cinéma Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Pio Marmaï et Jean-Paul Rouve se sont soumis aux questions de l’inquisitrice MeToo cette semaine, à l’Assemblée nationale.


Au nombre des nostalgies de la gauche française actuelle il y a indéniablement l’Inquisition. L’Inquisition avec ses méthodes, sa pompe, ses œuvres. En l’occurrence, l’affaire a pour cadre « la commission d’enquête parlementaire relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité ».

Qui de mieux pour présider une telle commission que Mme Sandrine Rousseau, grande prêtresse de la croisade MeToo, pourfendeuse ardente de la masculinité et du patriarcat réunis ? Elle a trouvé là un rôle à sa mesure. Juchée à la tribune en dominatrice toisant son monde, elle rayonne, darde ses questions comme on darde les flèches destinées à l’hérétique. On l’imaginerait assez aisément chaussée de cuissarde de cuir noir, sanglée dans un bustier du même métal, avec, posés à portée d’une main un exemplaire très fatigué à force d’usage du Wokisme pour les Nuls, et de l’autre main le fouet de la repentance.

Dominique Besnehard se lève et se casse

Donc, il s’agit de traquer dans l’univers des activités chic et choc évoquées ci-dessus les signes, les traces de manifestations telles que plaisanteries salaces, œillades malsaines, main au popotin, etc. Bien sûr, ces élans hors consentement sont inadmissibles, réprimandables, voire condamnables. Cependant, il y a la loi et les tribunaux – les vrais – pour ce faire. Fallait-il impérativement aller jusqu’à instituer une commission d’enquête parlementaire ? Etait-ce une impérieuse demande de l’électeur au moment où, lors des législatives, il glissait son bulletin dans l’urne ? Poser la question en ces termes dispense évidemment de formuler la réponse.

Toujours est-il que cette commission a lieu et que – on pardonnera cette facilité – Madame la présidente semble y prendre son pied. Me permettrai-je une suggestion : afin de perpétuer son bonheur, ne pourrait-elle enchaîner avec une commission du même tonneau, dédiée cette fois à son petit monde à elle, à la vie parlementaire, une commission explorant et exhumant les pratiques ayant cours dans ce domaine à l’Assemblée, au Sénat dont il ne semble pas que l’allusion graveleuse et le geste leste en aient été totalement expurgés. Du moins si l’on s’en remet aux rumeurs de couloir de ces estimables institutions.

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Cela dit, le casting du petit tribunal de Dame Sandrine a de quoi affrioler les gazettes. Noms connus, vedettes populaires, stars adulées. Or, parfois, cela ne tourne pas aussi bien que la présidente l’espère. Ainsi la révolte, récemment, d’un homme du sérail de grande réputation, Dominique Besnehard qui, réalisant en cours d’audience qu’il se trouvait là non pas seulement pour apporter des éléments de connaissance, mais bel et bien pour passer en jugement, s’est cabré, offusqué : «  Si c’est pour me juger, je me taille ! »

Le festival de cucks

Cependant, d’autres personnalités du milieu ont bien voulu se soumettre, acceptant comparaître de leur plein gré devant le tribunal de Dame Sandrine. Un peu comme on va à Canossa, voyez-vous. Le tribut de la bonne conscience.

Jean Dujardin – qui en la circonstance aurait peut-être dû se souvenir que c’est dans un rôle muet qu’il fut à son meilleur – Gilles Lellouche, Pio Marmaï et Jean-Paul Rouve sont de la distribution. Là, on masque l’effet inquisition en qualifiant l’audition de « table ronde ». Tenue à huis clos, en outre. Cela dit, ils n’ont pas vu ni entendu grand-chose, les quatre comparaissants. « Des plaisanteries qui ont été mal comprises », des comportements un peu « lourds ». Bref, des scories relevant « de vieux réflexes d’un autre monde ». Le monde d’avant Dame Sandrine, on l’aura compris. Il n’est pas exclu qu’eux-mêmes, dans un temps plus ou moins reculé, aient pu avoir eu à essuyer quelques désagréments dans ce registre. Mais désormais on veille au grain. Jean Dujardin, par exemple, n’omet pas de poser au metteur en scène avec qui il s’apprête à tourner la question qui tue : « Est-ce que t’es un connard ? »  Apparemment, aucun n’a répondu par l’affirmative, ce que l’enquête parlementaire n’aurait pas manqué, naturellement, de nous révéler.

Néanmoins, on retiendra que les quatre mousquetaires MeToo compatibles ont pris soin de livrer quelques recommandations : que les règles selon le catéchisme de Dame Sandrine soient lues « à haute voix » (sic) en début de tournage ; que les référents VHSS (violences et harcèlement sexistes et sexuels) chargés du flicage en ces matières sur les plateaux et lieux de tournage soient indépendants de la production ; qu’un meilleur encadrement des fêtes de tournage soit prévu. Et – mesure cette fois de vrai bon sens – que les scènes de sexe soient très précisément décrites, scénarisées, fixées avant leur exécution afin d’éviter tout dérapage, toute mauvaise surprise. Cela est bel et bon. Pour autant était-il absolument indispensable d’en passer par l’Assemblée nationale pour cela ? On en doute. Mais jusqu’où n’irions-nous pas pour que Dame Sandrine, se sentant enfin utile, rayonne de bonheur ?

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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Quand l’islamo-gauchisme réserve une salle à l’Assemblée nationale

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Le député d'extrème gauche Raphaël Arnault à l'Assemblée, 11 mars 2025 © JEANNE ACCORSINI/SIPA

La députée de droite Hanane Mansouri accuse l’institution d’avoir ouvert ses portes à une réunion très controversée sur l’ « islamophobie » et de fermer les yeux.


Une table ronde pour « comprendre l’islamophobie pour mieux la combattre » a réuni un parterre d’associations de choix à l’invitation du député LFI fiché S du Vaucluse, Raphaël Arnault, le 12 mars à l’Assemblée nationale. Parmi les participants figuraient Les Hijabeuses, qui militent pour le port du voile sur les terrains de sport, accompagnées des Musulmans Étudiants de France, une association étudiante connue pour réclamer des salles de prière à l’université. Cerise sur le gâteau : le CCIE (Conseil contre l’islamophobie en Europe), branche belge du défunt CCIF (Conseil contre l’islamophobie en France), association dissoute par le gouvernement français après l’assassinat de Samuel Paty en raison de l’implication de certains de ses membres dans la campagne de lynchage public du professeur.

https://twitter.com/hanane_mnsr/status/1899840267986915783

Le cadre est posé, restait à choisir la scène. Plutôt que d’organiser cette réunion dans un local LFI, une mosquée, un café ou le siège d’une obscure association, M. Arnault a opté pour le cadre solennel du Palais Bourbon. Une profanation institutionnelle qui illustre, s’il en était encore besoin, la stratégie bien rodée d’agitprop du député antifa d’Avignon.

Quelle indignité !

La députée UDR de l’Isère, élue en juillet dernier, Hanane Mansouri ne s’y est pas trompée. Pour interrompre ce conclave islamo-gauchiste, elle a d’abord écrit à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour tenter d’interdire la réunion : « Il règne au début un certain flou. Dans le même temps, on comprend bien qu’au fond d’elle, la présidente de l’Assemblée n’est pas ravie que cette association puisse être accueillie et joue la carte de l’impuissance juridique. » Melle Mansouri, ciottiste, avait choisi de faire alliance avec le RN pour battre sa rivale du Nouveau Front populaire qui avait bénéficié du retrait de la candidate Renaissance l’été dernier… Aucun trouble à l’ordre public n’ayant été constaté, la présidence, bien que regrettant la tenue de la réunion, a effectivement déclaré ne pas disposer des moyens de l’interdire. Déjà alertée dans la semaine, Yaël Braun-Pivet avait répondu par des gestes évasifs, semblant dire « je n’y peux rien », faute d’éléments tangibles de trouble à l’ordre public. Mais ces éléments sont-ils nécessaires pour interdire une réunion à l’Assemblée ? « La présidence de l’institution a un pouvoir discrétionnaire d’autorisation des réunions », assure la députée.

Qu’à cela ne tienne, Hanane Mansouri a décidé de se rendre à la réunion, armée de son éthique républicaine, d’une page du Journal Officiel et de quelques arguments juridiques : « Je suis allée à la réunion de Raphaël Arnault avec le Journal Officiel mentionnant la dissolution du CCIF. Il m’a fait mettre dehors. » Le symbole est fort : un député de la République chasse une collègue élue d’une réunion où sont accueillies des organisations prônant une islamisation rampante de l’espace public. Et M. Arnault peut compter sur la neutralité bienveillante de son institution : « On pensait que le sketch s’arrêterait là. Mais le lendemain, j’ai reçu un courrier de l’Assemblée nationale me reprochant un comportement indigne, car la présidence avait autorisé la réunion ! » L’indignité, donc, ce n’est pas d’accueillir des groupes liés à un islam politique qui grignote peu à peu le modèle républicain. L’indignité, aux yeux de la présidence macronienne de l’Assemblée, c’est de le dénoncer. On se pince. « Faibles avec les forts, forts avec les faibles », résume la députée.

Soumission et services rendus

Pourquoi une telle sévérité contre Hanane Mansouri, alors que Yaël Braun-Pivet s’était montrée bien plus vigilante par le passé, notamment contre la venue d’un militant du FLPL ? Que s’est-il donc passé depuis ? L’ego du perchoir, peut-être ? Non : Hanane Mansouri a désobéi. Or, Yaël Braun-Pivet n’aime pas l’indiscipline… N’anime-t-elle pas les séances en maîtresse d’école ? Régulièrement, elle sort sa règle et tape. Rappels à l’ordre et sanctions se sont multipliés depuis son entrée en fonction. Son courrier adressé à la députée en témoigne : pédagogique, moralisateur, infantilisant. « L’Assemblée nationale n’est pas un lieu de spectacle et de coups médiatiques, mais une institution qui doit être exemplaire (…) », y lit-on. Il est ensuite demandé à Hanane Mansouri de « respecter les règles en vigueur dans cette institution et de faire en sorte que ce type d’incidents ne se reproduise pas. »

Exemplaire, oui, mais pour qui ? « Pour Yaël Braun-Pivet, LFI peut faire venir des islamistes à l’Assemblée, mais en le dénonçant, c’est moi qui fais honte à notre institution ? Si cette scène que vous déplorez, tout comme moi, a pu se produire, c’est parce que vous l’avez autorisée », a tweeté la députée UDR en réponse. Hanane Mansouri voit derrière ce « zèle étonnant » à protéger certains groupes, un acte politique : « Les macronistes et LFI se sont sauvés les uns les autres pendant les dernières législatives. La présidente paie-t-elle sa dette envers La France insoumise ? »

Soumission

Cette affaire, loin d’être un cas isolé, révèle aussi l’ampleur de la pénétration institutionnelle de l’islamisme dans la société française. Le maillage est global : relais universitaires, relais médiatiques, connexions directes avec les élus d’extrême gauche, comme l’a décrit Florence Bergeaud-Blackler dans ses travaux. « Tout cela fonctionne en réseau. AJ+, par exemple, la branche de la chaîne Al Jazeera, est un média d’apparence wokiste qui diffuse des idées sur les transitions de genre, mais l’objectif reste de déstabiliser la société occidentale pour que tout conservatisme ne soit représenté que par les Frères musulmans » croit savoir Melle Mansouri. Pour la députée, « le CCIE est [par ailleurs] organiquement lié à la confrérie des Frères musulmans. »

Hanane Mansouri paie son engagement au prix fort, en témoignent certains messages qu’elle reçoit notamment via ses comptes X ou Instagram : menaces de mort, insultes racistes. « Arabe de service », « beurette »… Ils évoquent mes proches, expliquent que je suis une traître à la communauté arabo-musulmane. » La députée gêne les islamistes et leurs alliés d’extrême gauche : une Franco-Marocaine qui refuse la soumission contrarie forcément les discours victimaires et communautaristes.

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a également dénoncé la tenue de cette réunion dans un tweet. Mais la députée est dépitée : « Beaucoup de paroles, mais cela fait neuf mois qu’il est ministre de l’Intérieur. Il aurait très bien pu écrire à la présidente pour lui demander de ne pas laisser cette réunion honteuse se tenir. » Derrière les tweets et les discours chocs, il y a finalement peu d’actes. « Il devra un jour choisir. » Dans la course pour l’élection à la présidence des Républicains, Bruno Retailleau est d’ailleurs régulièrement accusé par son rival Laurent Wauquiez d’être corseté à la majorité macroniste par solidarité gouvernementale. Le macronisme préfère baisser pavillon plutôt que de troubler le « front républicain » de second tour. Mais certains députés ont encore l’audace de refuser la taqiya et de dénoncer le scandale.

Du nouveau sur le « génocide » à Gaza

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Des Palestiniens regardent la télévision en attendant l’annonce imminente d’un accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël à Khan Younès, dans le centre de la bande de Gaza, le mercredi 15 janvier 2025 © Jehad Alshrafi/AP/SIPA

L’ONU accuse Israël de s’en prendre délibérément à la santé reproductive à Gaza, évoquant des « actes génocidaires ». Selon un rapport publié le jeudi 13 mars, les autorités israéliennes auraient en partie détruit la capacité des Palestiniens de Gaza à avoir des enfants. Israël dément fermement.


Le mot génocide, qui est aujourd’hui le terme le plus violent, le plus ignoble, mais malheureusement le plus efficace pour délégitimer Israël, vient d’être utilisé à son encontre dans un rapport de l’ONU publié le 13 mars 2025.

Ce rapport provient d’une Commission créée par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en 2021 pour enquêter sur la situation dans, je cite, «le territoire palestinien occupé y compris Jérusalem-Est».

Trois membres composent cette commission. Aucun n’est neutre envers Israël. L’indien Miloon Kothari avait écrit que les réseaux sociaux, largement contrôlés par le lobby juif, gênaient son travail, l’Australien Chris Sadone avait dit que les accusations d’antisémitisme étaient lancées au moindre prétexte. Quant à la présidente de la Commission, la Sud-africaine Navi Pillay, originaire de la vile de Durban de funeste mémoire, elle avait laissé, comme Haut Commissaire aux Droits de l’Homme de 2008 à 2014 le souvenir d’une animosité particulièrement marquée contre Israël, dans un environnement où cette animosité est pourtant monnaie courante.

Une méthodologie douteuse

La Commission a déjà publié en 2024 deux rapports sur la situation à Gaza, l’un en juin et l’autre en octobre. Dans le premier rapport, la commission avait procédé à une comparaison entre Israël et le Hamas systématiquement défavorable à Israël, sans jamais qualifier le Hamas autrement que comme un protagoniste légitime. Ainsi, alors qu’Israël est blâmé de ne pas avoir protégé ses citoyens le 7-Octobre, ce qui est un comble de la part d’une telle commission, et que des crimes sexuels sont attribués aux deux parties, pour le Hamas ces crimes  sont considérés comme non prémédités et  non entièrement démontrés, et pour Israël  de crimes planifiés visant à humilier la population gazaouie. La commission avait été scandalisée par les images de Palestiniens en slips, surveillés par l’armée israélienne et elle a longuement repris ce thème dans le rapport actuel, sans  jamais signaler que les ceintures d’explosifs ne sont pas une vue de l’esprit…

A relire: La Cour Pénale Internationale, une belle idée dévoyée

Le rapport d’octobre se concentrait sur les attaques par Israël d’établissements hospitaliers sans jamais mentionner que ces établissements étaient souvent utilisés par le Hamas à des fins bien peu hospitalières. Le rapport actuel y revient.

La méthodologie de l’enquête, même si on l’agrémente de l’utilisation de moyens numériques modernes de reconnaissance d’images, laisse songeur : des interrogateurs à Gaza dont on prétend qu’ils sont objectifs et des témoignages dont il serait malséant de suspecter la véracité. Il y a les accusations de crimes sexuels, c’est-à-dire des situations humiliantes lors d’interrogatoires, de nouveau les prisonniers en slip, les destructions d’hôpitaux, les conditions sanitaires, la famine, sans que jamais la responsabilité du Hamas ne soit évoquée. 

Démonstration absurde

Il y a aussi une pépite: la destruction du principal centre de fertilité in vitro de Gaza. Pourquoi «une pépite»? Parce que sa destruction a entrainé des pertes irréversibles pour la santé reproductive des Palestiniennes, ce qui permet à la commission de qualifier tout particulièrement cette destruction d’acte génocidaire. Tels qu’ils sont définis par la loi internationale, les actes génocidaires peuvent  n’avoir entrainé aucune mort: c’est le cas des transferts forcés d’enfants d’un groupe à un autre groupe, c’est le cas comme ici de mesures aboutissant à entraver les naissances au sein du groupe. 

On perçoit l’absurdité de la démonstration. Peu importe que ce centre de fertilité ait été ou non un centre terroriste, comme d’autres hôpitaux de Gaza l’ont été. Peu importe non plus que ces actes soi-disant génocidaires n’aient pas empêché que dans l’année 2024 il y ait eu 50 000 naissances à Gaza, bien plus que de décès d’enfant gazaouis même en prenant, comme le fait la commission les chiffres de mortalité du Hamas comme parole d’évangile (si je puis dire)…

Les conséquences sont graves. La commission ment en prétendant qu’elle reste sur le plan juridique strict en disant qu’Israël commet des actes génocidaires. Elle va désormais étudier la question de l’intentionnalité, ce qui transforme des actes génocidaires en génocide. Chris Sadone a dit qu’il avait des raisons de penser que cette intention était bien présente, ce qui donne une idée de la conclusion à venir.

Philippe Sands, le juriste international qui a écrit le Retour à Lemberg et qui se méfie du concept de génocide instauré par Lemkin, insiste sur le fait que la Cour Internationale de Justice est extrêmement stricte sur la définition de génocide. La volonté de destruction d’un groupe humain doit être l’intention unique ou massivement prédominante, de la perpétration des «actes génocidaires». Il considère qu’il n’y a aucune chance que cette Cour admette ce terme contre Israël.

Malheureusement, beaucoup de gens de bonne volonté qui pensent à tort qu’elle l’a déjà fait, se sentiront confirmés par cette vicieuse déclaration «d’actes génocidaires». C’est bien là l’objectif que suivent la Commission et le Conseil des Droits de l’Homme… Honte à eux. Ne laissons pas, quant à nous, les gens de bonne volonté être dupes.

Patrons en France: la sinistrose

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Pont-de-Claix, 26 novembre 2024 : trente-cinquième jour de grève des salariés de l'usine Vencorex, en redressement judiciaire et cible d'une offre de reprise par le groupe chinois Wanhua. Soumises à des charges patronales parmi les plus élevées d'Europe, les entreprises françaises sont sous pression... © Mourad Allili/SIPA

Difficile de garder le moral quand on est patron en France, pays où les prélèvements obligatoires, les impôts sur la production et les charges patronales sont les plus élevés au monde. L’étymologie latine de sinistre, « sinister – situé à gauche », définit admirablement l’origine politique du problème.


Prétendument envié par le monde entier, le modèle social français ne déchaîne réellement les passions qu’en Afrique et chez les nostalgiques de l’Union soviétique. En tout cas, les patrons français le goûtent peu. Des entrepreneurs mal-pensants se prennent même à rêver que ce chef-d’œuvre connaisse le sort prédit par Louis F. Céline aux débiteurs chroniques : « On ne meurt pas de dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire. » Hélas, on nous prête toujours pour financer nos endémiques « quoi qu’il en coûte » – coûts infligés bien sûr aux entreprises, aux riches et aux générations futures. Entreprendre dans le pays le plus à gauche du monde – à l’exception des dictatures communistes chères à LFI – relève ainsi de l’exploit ou de l’inconscience. Surtout pour un revenu moyen de 4 000 euros brut et soixante-dix heures de boulot par semaine – un seuil de rémunération au-delà duquel François Hollande, humoriste progressiste de 2012 à 2017, situait la richesse.

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L’embarras du choix dans les nuances de rouge

Le plus à gauche du monde ? Vraiment ? Se poser la question, c’est ne pas savoir aligner les différents paramètres qui font de la Gaule cette terre révolutionnaire par essence. Un pays qui entend faire payer les riches – donc les patrons – sans réaliser qu’ils paient déjà, et fort cher. Nulle part ailleurs les prélèvements obligatoires des particuliers, les impôts sur la production ou les charges patronales n’y sont plus élevés. 48 % du PIB pour les prélèvements, contre 41,9 % en moyenne en Europe ; 4 % du PIB soustrait au titre des impôts de production (moitié moins chez nos voisins !) ; les cotisations patronales françaises – 10,2 % du PIB – sont, enfin, à comparer aux 7,4 % de la moyenne européenne. Seule la microscopique Estonie nous prive cette fois de médaille d’or. Et l’on pourrait poursuivre ainsi sur 20 pages. Les fameux « cadeaux aux patrons » dénoncés rituellement par la CGT ne sont que de modiques rabais consentis à des moutons soigneusement tondus. Ce syndicat qui combat « pour une société démocratique, libérée de l’exploitation capitaliste » – sans mentionner d’ailleurs où l’on trouverait trace d’une démocratie non capitaliste, un oubli sans doute – se voit toutefois dépassé sur sa gauche par SUD, un exploit à saluer. Autre signe d’un écosystème politique penchant singulièrement à gauche, la France est cette contrée où le Parti communiste, peu regardant sur les bilans génocidaires des « expériences » russes, chinoises ou cambodgiennes, n’a pas jugé utile de changer de nom contrairement à son homologue italien. Plus fort encore, le PCF est loin d’être le parti le plus à gauche de notre échiquier politique. De ce côté, on y trouve LFI, le NPA, Lutte ouvrière et quelques sectes pour lesquelles les 500 signatures nécessaires à la candidature suprême ne représentent pas un obstacle infranchissable. Quel autre pays moderne peut se payer le luxe de voir défiler sur ses écrans, à l’heure d’une élection cruciale, Mélenchon, Roussel, Poutou, Arthaud ? Ces amoureux transis de la démocratie appellent les travailleurs-travailleuses à retrouver le goût des piques et de la carmagnole – l’embarras du choix dans les nuances du rouge.

Une raisonnable gauche de gouvernement existe bel et bien, elle s’appelle la droite

Rester dans les clous de la doxa socialo-progressiste n’est plus seulement conseillé, mais institutionnalisé. Qui trouve-t-on à la tête de la Cour des comptes, du Conseil d’État ou du Conseil constitutionnel ? Moscovici, Fabius, Tabuteau, tous anciens membres de gouvernements socialistes et désormais en charge du fameux « État de droit » – en l’espèce, plutôt un « État de gauche » auquel on a bien compris qu’il ne fallait pas songer toucher. Les juges y veillent, notamment le Syndicat de la magistrature (un tiers des voix aux élections), auteur du « mur des cons » – dazibao clouant au pilori des parents de victimes qui pensaient « mal », une ignominie. Avoir affaire à un magistrat de cette obédience constitue, on s’en doute, un avantage particulier pour un chef d’entreprise et carrément le gros lot si vous êtes un homme politique classé à droite. Être traîné devant les prud’hommes, c’est avoir deux chances sur trois de perdre lorsqu’on est employeur. La prédilection du Parquet national financier pour les anciens membres du RPR ou du Front national ou les moyens alloués à des pratiques de république bananière pour écarter un candidat à la présidentielle jugé nauséabond constituent des indices supplémentaires du déséquilibre idéologique. Bien que chacun sache que les profs pensent à gauche, que France Inter et tout le service public de l’audiovisuel prêchent à gauche, que la fonction publique (20 % des emplois) en pince pour la gauche et donc que les institutions sont contrôlées par la gauche, les Français n’arrivent pas à se percevoir comme un pays de singuliers gauchistes. Sans doute parce qu’ils votent désormais massivement pour des partis classés à droite, même si cela reste sans effet sur les orientations majeures. Qu’on se rassure en effet, on ne trouve pas que l’extrême gauche sous nos cieux. Une raisonnable gauche de gouvernement existe bel et bien, elle s’appelle la droite. Une fois au pouvoir, elle pratique la même politique que le PS de Mitterrand : plus de dépenses publiques, plus d’impôts, plus d’immigration, moins de prisons. Des marqueurs typiques de la gauche, que ce soit aux États-Unis ou dans le reste de l’Europe, mais chez nous constitutifs du socle commun des partis dits de gouvernement. Avec sa retraite à 60 ans, le Rassemblement national, s’il est bien sociétalement un parti de droite, demeure économiquement un mouvement de gauche à l’échelle européenne. Même l’extrême droite française promet donc des politiques de gauche et reste muette sur le poids de la fonction publique ou l’épaisseur du Code du travail.

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Entreprendre dans cet enfer bureaucratique mérite ainsi tous les superlatifs. Notamment quand l’administration s’applique à retranscrire les directives européennes en les durcissant lorsqu’elles concernent l’environnement ou l’extension infinie des droits individuels. Bernard Arnault pense que le budget Barnier/Bayrou est une invitation à la délocalisation. Dommage qu’il ne soit pas envisageable de délocaliser l’Inspection du Travail en Corée du Nord, la CGT en Chine, LFI au Venezuela ou le Conseil constitutionnel à Cuba.

Le grand remplacement de Louis Boyard

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Le député d'extrème gauche Louis Boyard, image d'archive © ISA HARSIN/SIPA

Islamo-gauchisme. Dans le Val-de-Marne, visiblement, Louis Boyard a découvert que la solidarité en politique dure à peu près aussi longtemps qu’une story Instagram… Mais pas d’inquiétude, il reste optimiste: après tout, quoi de mieux qu’une humiliation collective pour souder une équipe en vue de 2026? Céline Pina prédit que ce qui est arrivé à l’Insoumis à Villeneuve-Saint-Georges annonce ce qui arrivera à LFI au niveau national. Analyse.


Dignité, fraternité, solidarité, toussa…

Pauvre Louis Boyard. Il aura appris à ses dépens que ce qu’ont vécu, dans l’histoire, les mouvements gauchistes à chaque fois qu’ils se sont alliés avec des groupes ethnico-religieux, fonctionne à titre individuel. Il vient en effet de se faire éjecter de sa propre liste. L’humiliation est publique et elle fait rigoler tout le landerneau. X s’en donne à cœur joie, moquant l’Insoumis plumé par ses colistiers pour les plus tendres, l’étrillant à coup de « Louis Boyard, victime du racisme anti-blanc » ou « Louis Boyard grand remplacé ». Les plus observateurs ou les plus perfides, selon le point de vue, y joignent une vidéo où on voit Mathilde Panot s’étrangler devant une Rima Hassan tenant un de ses discours nimbé des chatoyantes nuances qui la caractérisent : « L’antiracisme a besoin de visages incarnés, pas de porte-paroles éloignés de ces réalités. » En clair, ouste les Blancs ! Ou quand l’antiracisme remet en place la mécanique du racisme simplement en entortillant les mots comme des nœuds coulants.

Jeu de dupes

Mais revenons à Louis. Lundi 17 mars, le conseil municipal de Villeneuve-Saint-Georges (94) mettait en place les groupes municipaux qui le composent. Et oh surprise ! le seul groupe d’opposition existant, Dignité et Solidarité, ne compte pas Louis Boyard parmi ses membres, pourtant leur tête de liste aux élections municipales. En revanche, la liste citoyenne villeneuvoise, menée par Mamadou Traoré, y figure au complet. Ce n’est pas un revers pour Louis Boyard, c’est une déculottée. Et Louis Boyard, interrogé à ce sujet dans Le Parisien tente une cascade audacieuse pour montrer que ce n’est pas du tout ce qu’on imagine. En gros, « si Mamadou Traoré portera la voix de son groupe au conseil, lui aussi pourra s’exprimer ». On n’en doutait pas, cher Louis, on appelle même cela « la démocratie ». Comme preuve de l’indéfectible lien qui l’unit à ses anciens colistiers, il faut reconnaitre que c’est léger, éthéré même. Un adjectif que jamais je n’aurai cru associer un jour à Louis Boyard.

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Mais pourquoi, sur X, certains internautes ricanent-ils en invoquant la leçon iranienne pour expliquer que ce qui arrive à l’insoumis à Villeneuve-Saint-Georges annonce ce qui arrivera à LFI au niveau national : au jeu de dupes des alliances contre nature, ils seront dévorés. C’est ce qui est arrivé aux opposants communistes au Shah en Iran. Ils se sont alliés avec les islamistes, ont permis l’accession au pouvoir de Khomeini et ont ensuite été éliminés en deux ans par une purge aussi sanglante que féroce. Ils n’ont même pas eu le temps d’imprimer les mémoires occidentales.

Prolétariat de remplacement

La stratégie de LFI, qui consiste à considérer une nation comme un territoire que le plus fort ou le plus déterminé peut emporter, la conduit à n’avoir plus aucune colonne vertébrale autre que le ressentiment. La même fibre qu’exploitent les islamistes. A ce jeu, n’ayant plus d’électorat traditionnel au sens social (le vote ouvrier), le parti de gauche a choisi l’alliance avec la force constituée la plus influente du prolétariat de remplacement qu’ils se sont choisis, donc l’islamisme. Ainsi en misant sur l’immigration, ils ont épousé l’islamisme, lequel n’a pas besoin de l’idéologie marxiste, la religion étant un levier plus efficace sur le public ciblé.

Meeting de la liste d’extrème gauche « Dignité, fierté et solidarité », élection municipale de Villeneuve-Saint-Georges, 23 janvier 2025 © Chang Martin/SIPA

Mamadou Traoré, l’ancien allié de l’Insoumis et chef de file du mouvement citoyen nous est présenté comme la voix des quartiers. Et c’est bien cette plus-value qui lui a valu sa place de second de liste. Quant à son acolyte, Mohamed Ben Yakhlef, il est « très investi sur les sujets liés à l’islam » comme l’écrivent pudiquement les journalistes. Ses positions pro-Hamas ont « fait polémique » : autrement dit, les gens choqués par le fait qu’il défende le Hamas le jour du 7-Octobre et les suivants ont été traités « d’extrême-droite » et de « fascistes » quand l’homme a gardé sa place sur la liste. D’ailleurs, on se souvient que la campagne municipale de cette joyeuse équipe s’était beaucoup concentrée sur le sujet de Gaza, très en phase – on s’en doute – avec les difficultés de cette commune, une des plus pauvres de sa région, et pas du tout en phase avec les obsessions communautaristes et religieuses de certains leaders « de la diversité »…

Personne ne versera une larme sur le fessier endolori de Louis Boyard, mais la question reste posée :  sa situation vaut-elle prédiction ? En attendant, la mésaventure de l’Insoumis illustre ce vieil adage : quand on a accepté de partager un repas avec le diable mieux vaut se munir d’une longue fourchette pour ne pas finir au menu.

Silence coupable

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