Eclipsés, les bagarres politiques du week-end, le Salon de l’Agriculture, la victoire française contre l’Ecosse à Murrayfield, ou le dévissage des qataris du PSG en L1 (et je ne vous parle pas du premier tour de la présidentielle sénégalaise) : tout le monde parle du triomphe de The Artist aux Oscars, et des aventures hollywoodiennes de Thomas Langmann, Michel Hazanavicius, Jean Dujardin et Bérénice Béjo. Certes, il s’agit là de vrais grands talents qui, au-delà de leurs indéniables capacités, ont réalisé la prouesse qui consiste à aller très loin avec une idée somme toute assez courte. Chapeau l’Artiste donc !

Business is business, on ne reprochera pas ici aux frères Weinstein, détenteurs des droits US de The Artist, d’avoir utilisé des méthodes très américaines pour ajouter ces cinq oscars-là aux 80 qu’ils ont déjà décrochés, et d’avoir pour ce faire mobilisé des moyens eux aussi dignes de la superpuissance du cinéma.

En revanche on peut et on doit reprocher à la presse française d’avoir succombé à ce blitz promotionnel au point d’occulter le fait que, face au magnifique Billy Cristal, il y avait d’autres compatriotes dans la salle ! C’est le cas la directrice artistique Anne Seibel, justement nommée aux Oscars pour son travail sur Midnight in Paris de Woody Allen. Et il y avait aussi Alain Gagnol, nommé avec Jean-Loup Felicioli, dans la catégorie du meilleur film d’animation pour l’excellent Une vie de chat. Pas de chance pour ces trois Français-là, leur pays aura été fort avare en encouragements, voire carrément muet.

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