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L’argent du leurre

L’illusion décroissantiste d’un onusien


L’argent du leurre
Le Belge Olivier De Schutter, rapporteur spécial aux Nations Unies. DR.

Olivier De Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains, appartient à cette catégorie d’experts qui, bien au chaud dans les institutions internationales, expliquent au reste du monde que la prospérité matérielle serait un leurre.

Comme il l’avance, dans un récent entretien au magazine Socialter, « la croissance du PIB ne permet pas […] de sortir les populations de la misère ». À l’écouter, il faudrait donc faire comme si, historiquement, l’effondrement de la mortalité infantile, l’allongement de l’espérance de vie et la sortie de centaines de millions de personnes de la pauvreté n’avaient rien à voir avec la croissance ! Pour essayer de donner un semblant de pertinence à cette thèse saugrenue, De Schutter distingue la « bonne » croissance – celle des pays pauvres, mais à condition qu’elle ne soit pas fondée sur l’extraction des ressources naturelles – et la croissance « suicidaire » dans les pays riches, qui auraient dépassé un mystérieux seuil où les avantages de la croissance seraient inférieurs à ses coûts environnementaux. Or ce ne sont pas les pays pauvres qui sont protégés des problèmes environnementaux et des aléas climatiques, mais les pays riches. Quant à la ritournelle contre la croissance « extractiviste », elle oublie que la prospérité implique l’extraction de ressources. Il est également facile pour un expert d’avancer, sur le papier, que la croissance économique ne serait qu’un caprice culturel ou une idéologie à dépasser. Mais il n’est pas sûr que les pauvres de ce monde l’entendent de cette oreille.

De Schutter a donc tout faux. Venant d’un quidam, on aurait pu passer ses erreurs sous silence. Mais son label onusien donne du prestige à des positions qui ne sont que des invitations à renoncer : renoncer à la prospérité, renoncer à l’innovation, renoncer à sortir les miséreux de leur condition. Pour qui croyait que l’ONU devait œuvrer au développement des sociétés humaines, force est donc de constater qu’elle se livre implicitement à une promotion de la pauvreté.

Janvier 2026 – #141

Article extrait du Magazine Causeur




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Essayiste et philosophe des sciences

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