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Pâté en croûte, le retour…

Le billet sarcastique de Dominique Labarrière


Pâté en croûte, le retour…
Le Chef Guillaume Gomez presente le pâté en croute au veau et foie gras de l'Elysée, 22 décebmre 2018 © WITT/SIPA

Le monde entier nous l’envie.


Tout n’est donc pas foutu au royaume de la gastronomie patrimoniale franco-française ! Voilà que le cher vieux pâté en croûte fait son grand retour dans les assiettes et la faveur de nos concitoyens. Comme dirait l’autre : symboliquement au moins, ça nous cause !

Reconquête gastronomique

Les dictatures véganisantes, diététisantes, écologisantes, toutes plus culpabilisantes les unes que les autres n’auront finalement pas eu sa peau. On s’en réjouit. Car voilà bien aussi, du même coup, que la traditionnelle expression « casser la croûte » retrouve des couleurs, reprend tout son sens. Il y avait bien sûr celle du pain, de croûte, mais elle aussi était ces dernières décennies en grave perte de vitesse face à la déferlante du paveton tout mou du burger et du très pâteux sandwich SNCF.

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La reconquête culturelle par la bouffe, nos élites n’y avaient pas pensé. Les populations, si. (Il est toujours sain, en prétendue démocratie, que le dernier mot revienne au peuple, n’est-ce pas…)

La résurgence du pâté en croûte, c’est le retour d’un plat de résistance. Doublement, en fait. Plat de résistance parce que, mine de rien, ça tient au corps. Résistance surtout parce que cette réhabilitation m’a tout l’air d’une sorte de pied de nez adressé à cette bien-bouffance qui est à nos estomacs ce que la bien-pensance est à nos neurones. Inutile, je pense, de développer…

On le croyait ringard…

Un reportage de TF1 dans le 13 heures de ce 18 février se faisait l’écho en effet, de cette remontada inattendue.

De grands chefs parlent à présent dudit pâté avec des étoiles (Michelin) dans les prunelles. Des artisans charcutiers malins en font leur cheval de bataille pour s’imposer sur les étals et les rayons partout en France. Sous la croûte, ils osent des saveurs nouvelles, nous apprend-on. Bon. Pour ma part, je m’en tiendrai à ce qu’y fourraient ma grand-mère et surtout – n’en ayant probablement pas terminé avec mon Œdipe – ma chère maman.

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Cela dit, j’en suis à présent à envisager de monter une pétition nationale afin que le pâté en croûte à la française soit inscrit au patrimoine culturel universel des Nations Unies, enfin ce genre de truc, comprenez-vous. Encore faudrait-il pour cela que nous sachions nous en réapproprier la maîtrise, car, figurez-vous, lors des cinq derniers championnats du monde de la spécialité, ce sont des chefs japonais qui l’ont emporté. Voulez-vous que je vous dise : j’en ai ri jaune…

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Ex-prof de philo, auteur, conférencier, chroniqueur. Dernière parution : « Je suis Solognot mais je me soigne » éditions Héliopoles, 2025

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