Après le massacre de Quentin Deranque à Lyon, la France Insoumise n’envisage pas d’exclure le député Raphaël Arnault, dont l’assistant parlementaire dort actuellement en prison.
Quels que soient les cas de figures au second tour des élections présidentielles, Jean-Luc Mélenchon, s’il peut envisager de franchir le premier tour, ne peut en aucun cas espérer l’emporter au second. Même dans le cas d’une confrontation avec Jordan Bardella, il est assuré de perdre avec 10 ou 15 points de retard. On peut reprocher beaucoup de choses à Jean-Luc Mélenchon, sauf d’être un sot et de méconnaître le jeu électoral français. Il sait à quoi s’en tenir.
Bordelisation à tous les étages
Alors à quoi pense-t-il depuis cinq ans, depuis qu’il a engagé une stratégie hyperclivante ? Il pense au troisième tour, évidemment. Et il fait le pari que le deuxième verra triompher le candidat du Rassemblement national. Le troisième tour se jouera dans la rue et il le sait. C’est pourquoi sa stratégie n’est pas électorale mais révolutionnaire. Ou plus exactement, il veut se servir des élections pour apparaître comme l’opposant le plus rupturiste face au Rassemblement national, pour ensuite mener la charge révolutionnaire contre le futur gouvernement…
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A quoi pense-t-il quand il fait du groupuscule de la Jeune Garde un allié de la France Insoumise et de son chef un député à l’Assemblée nationale ? Il pense à la rue dans laquelle il faudra faire régner la menace politique en quadrillant les lieux symboliques avec ses miliciens…
A quoi pense-t-il quand il renonce à rassembler la gauche pour se faire élire au second tour ? Il pense à l’avant-garde bolchévique qui prend le pouvoir par la rue, par la grève générale ou par un putsch coordonné face à un pouvoir désemparé ou déconsidéré…
Génocidaires partout
A quoi pense-t-il quand il désigne comme fasciste, comme génocidaire, ou comme néo-nazi à peu près tout le personnel politique à droite d’EELV ? Il pense à se façonner auprès d’une jeunesse inculte et de bourgeois pleins de culpabilité une image de résistant face à l’hydre fasciste imaginaire, face au retour de la bête immonde…
A quoi pense-t-il quand il se laisse aller ou favorise les prises de paroles antisionistes (voire antisémites) dans son parti ? Il sait que la population immigrée en France a besoin d’un bouc émissaire pour catalyser son ressentiment post-colonial. Que « l’ambiance » médiatique, le fond de l’air, a besoin d’un génocide pour mieux dénoncer les « génocidaires », leurs alliés et les alliés de leurs alliés.
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A quoi pense-t-il quand il promeut la créolisation ou dresse les perspectives de la Nouvelle France ? A quoi pense-t-il quand il parle de lui-même comme d’un « maghrébin » ? Il pense au grand remplacement qu’il appelle de ses vœux. Il pense à ce nouveau peuple immigré sur lequel il compte pour imposer à un peuple français qu’il juge dégénéré (des abrutis, quasiment1) ou indigne de lui, sa nouvelle République.
Alors non, Jean-Luc Mélenchon ne pense pas gagner les élections. Alors non, il ne rassemblera pas la gauche contre la droite ou l’extrême droite. Alors non, il n’y pense même pas. Tout son projet s’inscrit dans une logique révolutionnaire. Provoquer et faciliter l’arrive de l’extrême droite au pouvoir pour mieux installer un pouvoir de type bolchévique en France ensuite. Un pouvoir révolutionnaire qui se parera des vertus de l’antifascisme pour installer un régime totalitaire. Un régime qui s’emparera des esprits, du récit national et des leviers de pouvoir pour installer son emprise. Jean-Luc Mélenchon pense à la violence comme prolongement de la politique. Il pense à Hébert, à Marat, à Carrier. Il pense aux septembriseurs, il pense aux canonnades de Bellecourt ou aux noyades de Nantes… Et quand on pense à lui, on pense à la Terreur.
- « Je ne peux pas survivre quand il y a que des blonds aux yeux bleus… c’est au-delà de mes forces » déclarait Mélenchon en février 2013 au Maroc. Puis : « Quand on est arrivés en France, c’était l’horreur pour nous […] un coin perdu de la Normandie, le pays de Caux, où les gens n’avaient jamais vu personne, [où] hélas pour eux, les malheureux, souffraient d’un alcoolisme épouvantable. […] La France des campagnes était extraordinairement arriérée par rapport au Maroc des villes. » ↩︎




