C’est France 3 Picardie qui nous l’apprend, un agriculteur retraité, Henri Carton, 73 ans, a reçu une convocation du commissaire de Laon. On avait cru dans un premier temps à une plainte du Président de la République pour offense au Chef de l’Etat. On s’en étonnait, ce genre de plainte devant demeurer enfouie dans les heures les plus sombres de la présidence de Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait assigné un citoyen qui avait eu le mauvais goût de brandir une pancarte « Casse-toi pov’con » sur le passage présidentiel.

Henri Carton, lui, a suscité quelques centaines de lettres de retraités agricoles remplies de miettes de pain, afin de symboliser le niveau de leurs pensions. Le parquet a été saisi afin de savoir quels terroristes pouvaient bien attenter ainsi à l’honneur du Président. Par qui ? Les services de sécurité de l’Elysée ? Le secrétariat général ? Le Président lui-même était-il au courant ? En tout état de cause, si Henri Carton explique que l’offense à chef d’Etat a bien été évoquée, le procureur de Laon nie que des poursuites aient pu être envisagées au Château.

Et cela, en dépit du fait que la célèbre anaphore du candidat Hollande ne comprenait pas la ligne suivante : « Moi, Président, je ne déposerai pas plainte contre les citoyens de mon pays ». L’honneur est sauf.

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David Desgouilles
est blogueur et romancier.Responsable du blog politique "Antidote" sur Causeur.fr, il a grenouillé un peu dans la politique, surtout pendant les années 90. Derniers livres parus : Dérapage (Édition du Rocher) / Le bruit de la douche (Édition Michalon)