Déploiement des forces irakiennes à Qayyarah, sur le front Sud de la bataille de Mossoul, 22 octobre 2016

Nous n’en sommes, au moment où nous écrivons ces lignes, qu’à la bande-annonce, mais la bataille de Mossoul, à l’issue de laquelle les forces du Bien devraient écraser celles du Mal, retranchées dans la deuxième ville d’Irak depuis plus de deux ans, promet un spectacle exceptionnel, qui hissera son principal interprète, le président des Etats-Unis, Barack Obama, au rang de star planétaire juste avant qu’il quitte la Maison blanche. Tel est, en tout cas, l’objectif d’une opération de communication d’ampleur inégalée orchestrée par Washington à la veille de l’assaut final sur Mossoul.

Le premier président noir de la plus grande puissance planétaire pourra alors  quitter les avant-postes de la scène politique mondiale sous les acclamations, après avoir défait les barbares de Daesh dans le lieu même où il avait subi, durant l’été 2014, la pire humiliation. Ses alliés du gouvernement de Bagdad, dont les troupes étaient formées, conseillées et encadrées par des militaires US avaient détalé comme des lapins, abandonnant à quelques milliers de djihadistes de Daesh une ville de deux millions d’habitants et sa région, la province de Ninive. Ces derniers s’emparaient alors de l’armement lourd (chars, canons, munitions de toute nature), du trésor estimé à 200 millions de dollars entreposés dans la succursale de Mossoul de la banque nationale d’Irak. Dans les mois et les années qui suivent, Daesh ponctionne à son profit l’essentiel des richesses des territoires conquis, qui alimentent des trafics de toute nature : le pétrole, abondant dans la région, qui transite par camions citernes vers la Turquie alors complice, le coton, les antiquités et même les salaires des fonctionnaires toujours versés par le gouvernement de Bagdad. Les membres des minorités non sunnites (chrétiens, yézidis) sont sommées soit de se convertir, soit de payer un lourd tribut, et sont massacrés ou réduits en esclavage s’ils résistent.

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